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Argot classique
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B

Baba

Pour ébahi, — dans le jargon du peuple ; en ôtant la première et les deux dernières lettres et doublant la syllabe BA.

Baba

Étonné, surpris, ne savoir quoi répondre.

Il était tellement épaté, qu’il en est resté baba.

Babanquer

Vivre. Synonyme de bien banqueter (Argot des voleurs). N.

Babillante

Lettre.

Babillard

Livre.

Babillard

Livre.

Babillard

Du papier.

Babillard

Livre.

Babillard

Journal. — Griffonneur de babillards, journaliste.

Babillard

Journal, Livre, Confesseur. Avocat. Placet. Lettre délibération. Griffonneur de babillards, journaliste.

Babillard

Aumônier de prison. Allusion à ce qu’il babillarde sans cesse sans que son inlerloculeur lui réponde (Argot des voleurs). N.

Babillard

Livre imprimé. On dit aussi : bavard (Argot des voleurs).

Babillard

Papier (à écrire).

Babillard, llarde

Livre, lettre — Babiller : Lire. — Comparaison d’une lecture au babillage d’une personne qui cause sans s’arrêter.

Ma largue part pour Versailles aux pieds de Sa Majesté ; elle lui fonce un babillard pour me faire défourailler.

Vidocq.

Babillard : Confesseur (Vidocq). — Allusion aux efforts persuasifs des aumôniers de prison vis-à-vis de leur troupeau.

Babillarde

Lettre, épître.

Babillarde

Lettre.

Babillarde

Lettre, épître.

Babillarde

Lettre.

Babillarde

Montre, pendule.

Babillarde

Lettre. Montre.

Babillarde

Montre. Allusion à son tic-tac qui malgré sa monotonie babille et égaie la solitude (Argot des voleurs).

Babillarde

Lettre.
— T’en fais du chi-chi dans la menteuse de babillarde (Argot des voleurs).

Babillarde

Lettre.

Dans le courrier de ce matin, j’avais douze babillardes.

Babillarde

Lettre.

Babillarder

Écrire (Argot des voleurs).

Babillarder

Écrire une lettre.

Babillaudier

Libraire.

Babiller

Lire.

Babilleuse

Bibliothèque.

Babilleuse (la)

Bibliothèque. Allusion aux livres babillards qu’elle contient (Argot des voleurs).

Babines (les)

Les grandes lèvres de la nature de la femme.

Les deux babines un peu retroussées et colorées d’un rouge attrayant qui passe un peu au dehors entre les cuisses.

Mililot.

Babouin

Petit bouton qui vient sur les lèvres, après avoir bu dans un verre malpropre ou après quelqu’un de malsain ou simplement parce qu’on est malsain soi-même. — Chez beaucoup de femmes, signe précurseur de l’indisposition mensuelle. Vient du vieux mot français babou, jeu d’enfants qui consistait à faire la moue.

Babouine

Bouche. Babouiner, manger.

Bac

Baccarat. — Abrév.

La musique n’arrivant pas, on a taillé un petit bac pour prendre patience.

A. Second.

Bac

Baccarat, nom d’un jeu de cartes.

Ce serait bien le diable s’il parvenait à organiser de petits bacs à la raffinerie.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Baccante

Barbe, favoris. Il en est qui écrivent : bacchantes, c’est l’orthographe que je donne qui est la bonne. Pour favoris, on dit aussi : côtetettes (Argot des voleurs). N.

Bacchantes (les)

La barbe et principalement les favoris, — dans le jargon des voleurs. (Rien des prêtresses de Bacchus.) C’est un jeu de mots un peu forcé sur bâche et dont a été formé bacchantes ; mot à mot : celles qui couvrent.

Bacchantes (les)

Les favoris, la barbe.

Baccon

Pourceau.

Baccon

Pourceau.

Baccon

Cochon (Argot des voleurs).

Bachasse

Galère.

Bachasse

Galère. — Augmentatif de bac : bateau.

En bachasse tu pégrenneras jusqu’au jour du décarement.

Vidocq.

Bachasse

Travaux forcés, — dans l’ancien argot.

Bachasse

Travaux forcés.

Bache

Casquette. Elle abrite la tête comme la bâche les voitures (Argot des voleurs).

Bâche

Casquette. Elle couvre la tête comme la bâche couvre la marchandise.

Bâche

Enjeu, — dans l’ancien argot des Grecs. — Faire les bâches, bachotter, établir des paris entre compères dans le but d’exploiter des dupes. Allusion à la grosse toile nommée bâche qui sert à garantir une marchandise. La bâche garantit le floueur contre les mauvaises chances du jeu.

Bâche

Drap, — dans le jargon des troupiers, qui ne couchent pas précisément dans de la batiste. — Se bâcher, se mettre dans la bâche, se coucher.

Bâche

Casquette. Enjeu. Faire les bâches, bâchotter, se dit de grecs qui simulent entre eux des paris dans le but de tromper des dupes.

Bâche

Casquette.

Bâche

Casquette.

Bacher

Se coucher (Argot des voleurs).

Bâcher

Se coucher. — Il est tard, je vais me bâcher.

Bâcher

Se coucher.

Bâcher (se)

Se coucher, dormir.

Bacho

Baccalauréat. — Bachelier. — Passer son bacho, passer son baccalauréat. — Piocher son bacho, travailler à son baccalauréat.

Bachot

Cette abréviation de bachelier désigne à la fois le bachelier, l’aspirant bachelier, l’examen du baccalauréat et enfin la pension spéciale où on se prépare à cet examen. V. Les Institutions de Paris. Bachotteur : Grec chargé du rôle de compère dans une partie de billard à quatre. Il règle la partie, tient les enjeux ou baches et paraît couvrir la dupe de sa protection. Les deux autres grecs sont l’emporteur chargé de lier conversation avec la dupe pour l’amener dans les filets de ses compagnons et la bête qui fait exprès de perdre au début pour l’allécher (Vidocq).

Bachotier

Préparateur au baccalauréat.

Bachotteur

Grec, floueur. — Dans une partie de cartes ou de billard, le bachotteur remplit le rôle de compère. Il flatte la dupe, la conseille et contribue à la faire plumer.

Bacler

Fermer.

Bacler

Fermer (Vidocq) — (Vieux mot). V. Roquefort.

Bacler

Faire vite, à la hâte une chose qui demanderait à être soignée. Un maire pressé bacle un mariage, un médecin bacle un pansement, un auteur dramatique bacle une pièce. Mot à mot bacler : se dépêcher (Argot du peuple).

Bacler

Faire vite une chose qui demanderait des soins.

Bâcler

Fermer.

Bâcler

Fermer.

Bâcler

Faire quelque chose.

Bacon ou baccon

Porc.

Bacreuse

Poche, — dans le jargon des ouvriers.

Bacreuse

Poche.

Baderne

Vieil imbécile.

Badigeon

Fard. — C’est le pigmentum de Pline, le fucus de Cicéron. — Se coller du badigeon, se farder.

Badigeonner

Mettre du fard. C’est ce que Racine appelle :

Réparer des ans l’irréparable outrage.

Se badigeonner, se farder.

Badigeonner la femme au puits

Mentir. Mot à mot : farder la vérité au moyen d’un coup de badigeon. La femme au puits, c’est la vérité, — dans le jargon des voleurs qui se sont quelque peu frottés au mur de la littérature.

Badigeonner la femme au puits

Farder la vérité. On sait que la vérité sort nue d’un puits ; la badigeonner c’est mentir (Argot des voleurs).

Badigeonner la femme du puits

Mentir.

Badigeonner une femme

La baiser, — en employant le blaireau et la peinture à la colle que l’on sait.

Je veux qu’on me paye, moi ! je veux qu’on me badigeonne, moi ! et que l’on me donne des gants.

Lemercier de Neuville.

Badigoince

Joue. — Se caler les badigoinces, manger.

Badinage

(que l’on peut prononcer à l’allemande : patinage.) Ce n’est pas autre chose que la préface de la fouterie elle-même :

Cessez ce badinage, Henri, ou je sonne pour appeler mes gens, et vous faire jeter à la porte.

Ponson.

Rions, plaisantons, badinons, mais n’allons pas plus loin.

Henry Monnier.

On fut obligé de la marier plus tôt qu’on ne pensait, parce qu’en badinant avec son accordé, elle devint grosse.

Tallemant de Réaux.

Nanon surtout, et c’était grand dommage,
N’avait encor tâté du badinage.

Grécourt.

Il se servit de l’heure du berger.
Et commençait l’amoureux badinage.

La Fontaine.

De notre amoureux badinage
Ne gardez pas le témoignage,
Vous me feriez trop de jaloux.

Parny.

Badines

Jambes.

Un gros terrier, sortant d’une porte cochère, avait voulu lui boulotter les badines.

(La Petite Lune, 1879.)

Badinguet, Badingue

Sobriquet donné à Louis Napoléon. Il paraît que c’était le nom du maçon sous les habits duquel le prince s’évada du fort de Ham.

Ce fut dans cet accoutrement qu’il traversa trois cours, des haies de soldats, des groupes de geôliers et de maçons. Au moment de sortir, il avait excité la curiosité assez inquiète de deux de ces derniers, qui paraissaient étonnés de ne pas le connaître, quand l’un d’eux dit à l’autre : Non, ce n’est pas Berton, c’est Badinguet. Et c’est de là qu’est venu ce nom depuis si populaire.

(Ph. Audebrand, Illustration du 1er septembre 1877.)

Badinguiste

Terme de mépris dont se servent les ennemis du régime impérial pour désigner un partisan de Napoléon III, quand ils ont l’aménité de ne pas lui donner du « badingouin, du badingueusard ou du badin-goinfre. »

Le 4 septembre ne fut-il pas pour les badingoinfres, la plus inespérée des solutions.

(G. Guillemot, le Mot d’Ordre du 5 septembre 1877.)

Badouillard

« Pour être badouillard, il fallait passer trois ou quatre nuits au bal, déjeuner toute la journée et courir en costume de masque dans tous les cafés du quartier latin jusqu’à minuit. »

Privat d’Anglemont.

Badouiller : Faire le badouillard. Badouillerie : Art de badouiller.

La Badouillerie est la mort des sociétés de tempérance.

1844, Cat. poissard.

Badouillard

Viveur, épicurien, ami des plaisirs, de la bonne chère et des bals publics. Le Badouillard, une des nombreuses incarnations du Bousingot, s’est épanoui de 1840 à 1860. La société des Badouillards fut, dans le principe, composée d’étudiants. Pour faire partie de cette société, il fallait subir honorablement certaines épreuves. Il y avait celle du dîner, de l’ingurgitation du Champagne, du punch et des liqueurs fortes, de l’engueulement, du duel, des nuits passées, du bal. Celui qui sortait triomphant de cette série d’épreuves, dont la santé et souvent la raison étaient les enjeux, celui-là était proclamé : « Badouillard. »

Le foyer de l’Opéra était envahi par une multitude de charmants cureurs d’égouts, de délicieux badouillards.

(Musée Philipon, les bals masqués.)

Grande charte des badouillards. Art. 2. — Tout badouillard qui ne sera pas ivre en entrant au bal, sera privé de ses droits civils.

(Physiologie du Carnaval, 1842.)

Badouillarde

Femelle du badouillard.

Toute badouillarde devra prouver à la société que, des pieds à la tête, elle ne possède aucune infirmité.

(Physiologie du Carnaval, 1842.)

Badouille

Homme qui, dans son ménage, ne porte culotte que nominalement.

Badouiller

Courir les bals publics, les lieux de débauche, dans le jargon des viveurs d’il y a trente ans.

Baffre

Soufflet. — Coller une baffre, donner un soufflet.

Baffre

Coup. Soufflet.

Baffre

Un coup de poing sur la figure. Dans le peuple, cette expression est remplacée par celle-ci :
— Je vais te coller un pain sur la gueule.
— Je vais le fourrer une bègne que tu n’en verras que du feu (Argot du peuple). N.

Baffre

Gifle.

Il m’a tellement fait de niches que je lui ai flanqué des baffres.

Bâffre

Gifle, coup.

Baffrer

Manger.

Baffrer

Manger avec une grande avidité (Argot du peuple).

Baffrer

Gifler.

— Si tu ne restes pas tranquille, je vais te baffrer.

Celui qui mange goulûment baffre, c’est un baffreur.

Bâffrer

Manger goulûment.

Bafouiller

Bredouiller.

Bafouiller

S’embarquer dans un discours et mélanger les phrases de façon à les rendre incompréhensibles. Vouloir faire le beau parleur et s’exprimer difficilement. Dans le peuple on appelle celui qui bafouille un bafouilleur et on lui offre un démêloir (Argot du peuple).

Bafouiller

Rendre incompréhensible une conversation en s’exprimant difficilement. Un musicien bafouille lorsqu’il exécute mal un morceau de musique.

Bafouiller

S’embrouiller en parlant.

Bafouilleur

Bredouilleur. — Bafouilleuse, bredouilleuse.

Bagasse

Vieux mot pour désigner une putain :

…La plus grande bagasse de la ville.

Brantôme.

O Dieu ! que l’homme est malheureux qui épouse de telles chiennes et bagasses.

Tournebu.

Bagatelle

Amour.

Bagatelle

La femme honnête n’aime pas son mari uniquement pour la bagatelle.

Bagatelle (faire la)

Faire l’amour. Quand la maquilleuse de brèmes tire les cartes à une jeune fille et que l’as de pique sort, elle lui annonce qu’elle fera la bagatelle (Argot des filles).

Bagatelle (la)

Le plaisir vénérien, la plus sérieuse des occupations de l’espèce humaine. — L’expression appartient à l’argot des filles qui, elles, n’attachent aucune importance à l’amour.

Si j’effleure, dit-elle,
L’asphalte du trottoir,
C’est pour la bagatelle :
Entrez dans mon boudoir.

A. Montémont.

Bagatelle (la)

Sacrifice à Vénus. — Faire la bagatelle, sacrifier à Vénus.

Bagnenaudes

Poches. Expression usitée chez les marbriers, surtout les samedis avant la paye.
— J’ai dix ronds qui se baladent dans mes baguenaudes, les mettons-nous dans le commerce ? (chez le mastroquet voisin) (Argot du peuple).

Bagnole

Petite chambre malpropre.

Bagnole

Mauvaise voiture. Chambre malpropre.

Bagnole

Bouge, masure. Se dit également d’une vieille voiture qui gémit sur ses ressorts rouillés et cahote le voyageur (Argot du peuple). N.

Bagnole

Vieille voiture.

Bagnolle

Voiture de place.

Bagof, bête-à-chagrin

Revolver.

Bagotier

Celui qui suit les voitures chargées de bagages de la gare à destination, dans l’espoir qu’on lui fera monter les colis à domicile.

Bagotier

Homme qui courre après les fiacres pour monter les malles.

Bagou

« Ce mot, qui désignait autrefois l’esprit de répartie stéréotypée, a été détrôné par le mot blague. »

Balzac.

Bagou, Bague : Nom propre (Vidocq). Du vieux mot bagouler : parler. V. Lacombe.

Bagou

Facilité d’élocution pour ne rien dire, éloquence factice qui en impose aux sots. Les charlatans ont du bagou, soit qu’ils parlent sur la place publique, soit qu’ils débitent leurs boniments du haut d’une tribune. Le bagou n’est que la fausse monnaie du véritable esprit de repartie. Il a été détrôné par sa sœur la blague.

Bagou

Bavardage plein de hardiesse et d’effronterie.

Bagou, Bague

Nom propre, dans le jargon des voleurs.

Bagoul

Nom.

Bagouler

Nommer.

Bague

On se sert quelquefois de ce mot pour désigner les parties naturelles de la femme :

Il s’en alla chercher une place éloignée
Pour enfiler la bague et rembourrer le bas
De celle qu’il avait choisie pour ses ébats.

Théophile.

Carvel, j’ai pitié de ton cas,
Tiens cette bague et ne la lâches ;
Car tandis qu’au doigt tu l’auras,
Ce que tu crains point ne sera.

La Fontaine.

…Du chevalier s’est accusée, qui, comme l’autre, l’avait bien baguée.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Baguenaude

Poche. — Baguenaude à sec, poche vide. — Baguenaude ronflante, poche garnie d’argent.

Baguenaude

Poche. Baguenaude ronflante, poche pleine d’argent.

Baguenaude

Poche.

Baguenauder

Se promener, flâner, paresser, — dans le jargon des voyous. C’est-à-dire avoir les mains dans les baguenaudes, dans les poches.

Baguenauder

Flâner, errer par les chemins sans avoir un but déterminé. Être longtemps sans ouvrage (Argot du peuple).

Baguenauder

Flâner.

Baguenaudes

Les poches.

Les baguenaudes de mon sérouel sont déglinguées, j’ai paumé un linvé.

Baguette

Le membre viril, avec lequel on mène les femmes qui ne sont pas sages en frappant sur leur ventre comme sur un tambour.

Dans un coin ell’ tient les baguettes
Des deux tambours du régiment.

Béranger.

Baguette du fourrier

Le galon d’or qu’il porte au haut du bras. Est-ce pour cela que lorsqu’il n’est que brigadier, on le traite volontiers de tambour ?

Bahut

La nature de la femme, dans laquelle l’homme serre — pour un instant — sa pine, comme chose précieuse.

Dans son bahut je flottais bien au large.

(Chanson anonyme moderne.)

Bahut

Institution académique.

Je te croyais au bahut Rabourdon. Jamais j’aurais pensé qu’t’étais devenu potache. Et Furet, as-tu de ses nouvelles ? en v’là un bahuteur. Il a fait la moitié des bahuts au Marais et une douzaine au moins dans la banlieue.

Les Institutions de Paris, 1858.

Quelques fils de famille disent, par extension : le bahut paternel, en parlant du logis de leurs auteurs. Bahut spécial : École de Saint-Cyr.

L’École de Saint-Cyr ! j’ai le bonheur d’être admis à ce bahut spécial.

La Cassagne.

Bahuter : Faire tapage. Terme propre aux élèves de Saint-Cyr. Pour eux, « ceci est bahuté » veut dire aussi : « Ceci a le chic troupier. » Bahuteur : Tapageur.

Cette écorce rude et sauvage qui allait au bahuteur de Saint-Cyr.

La Barre.

Vient du vieux mot bahutier.

Quand un homme fait plus de bruit que de besogne, on dit qu’il fait comme les bahutiers. Car en effet les bahutiers, après avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutiles avant que d’en cogner un autre.

Bahut

École, pensionnat, — dans le jargon des écoliers. — École de Saint-Cyr.

On est heureux en sortant du bahut d’avoir sa chambre, son ordonnance, son cheval.

(Vte Richard, Les Femmes des autres, 1880.)

Bahut

Mobilier. — Bazarder tout le bahut, vendre tout le mobilier.

Bahut

École. Mobilier.

Bahutée (tenue)

Tenue très soignée, tenue élégante, — dans le jargon des troupiers.

Bahuter

Faire du tapage. Au XVIIe siècle, ce mot signifiait faire plus de bruit que de besogne, par allusion aux ouvriers bahuteurs ou layetiers, « lesquels, après avoir cogné un clou, donnent plusieurs coups de marteau inutiles, avant d’en cogner un autre. ».

(Ch. Nisard, Parisianismes.)

Bahuter la pine (se)

Masturber, ou bander fortement.

Car nos coursiers, par l’odeur excités,
Au grand galop se bahutaient la pine
Et tour à tour inondaient les pavés.

Anonyme.

Bahuteur

Écolier turbulent, mauvais écolier que l’on change souvent de pension.

Baigne dans le beurre

Souteneur.

Baigne dans le beurre

On sait que le maquereau maître d’hôtel est appelé par les ménagères : la mort au beurre. Rothschild aussi baigne dans le beurre, mais par la richesse (Argot du peuple).

Baigne-dans-le-beurre

Souteneur de filles. Allusion au beurre dont le maquereau est friand, à ce que prétendent les gourmets.

Baigneuse

Tête.

Baigneuse

Tête.

Baigneuse

Chapeau de femme (Vidocq). — Du nom d’une coiffure à la mode vers la fin du siècle dernier.

Baignoire à bon dieu

Le calice. Cette figure peint bien l’hostie consacrée baignant dans le saint-ciboire (Argot des voleurs).

Baignoire à Bon-Dieu

Calice.

Bailler au tableau

« Terme de coulisses qui s’applique à un acteur, qui voit au tableau la mise en répétition d’une pièce dans laquelle il n’a qu’un bout de rôle. »

(A. Bouchard, La Langue théâtrale, 1878.)

Baillive

Nom donné anciennement à une maîtresse de maison de filles. Les variantes de l’époque étaient : Supérieure, maman, abbesse, maquerelle. La dernière a surnagé jusqu’à nous.

Bain (aller au)

Se promener.

Bain (prendre un)

Boire beaucoup, — dans le jargon des ivrognes. C’est un amarre que j’attends pour aller prendre un bain. Nous avons pris un fameux bain.

Bain de pied

Excédent de liquide versé à dessein dans une tasse ou dans un verre ; il déborde et fait prendre au récipient un bain de pied dans la soucoupe.

Bain qui chauffe

Soleil ardent qui sera suivi de pluie.

Bain-de-pied

Excédant qui tombe d’un petit verre de liqueur dans la soucoupe. — Excédent de café qui inonde la soucoupe. — Une demi-tasse, sans bain-de-pied.

Baisé

Dupé.

Baiser

Verbe excessivement actif, que l’humanité passa son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins. — Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.

…Et l’homme marié
Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié.

Protat.

…Le galant, en effet,
Crut que par là baiserait la commère.

La Fontaine.

Parbleu, qu’un autre la baise.
J’aime mieux baiser mes sœurs.

Collé.

Chaud de boisson, certain docteur en droit,
Voulant un jour baiser sa chambrière,
Fourbit très bien d’abord le bon endroit.

Piron.

Baiser (quelqu’un)

Le tromper.

Baiser (se faire)

Se laisser tromper grossièrement, se laisser voler. — Être baisé, être trompé, avoir le dessous dans une affaire d’amour, dans une affaire quelconque, dans une partie de jeu. « — Capitaine ! — Commandant ? — Vous allez faire la partie de la colonelle ; attention ! pas de blagues, pas de mots risqués. — Ayez pas peur… je veux que le tonnerre de N. D. D. m’emporte si… » On joue : Le capitaine (annonçant :) — « Le roi, (entre ses dents :) un foutu gueux. » — La colonelle : « La dame de pique. » — Le capitaine : « Je lui fends le c… (d’une voix de stentor :) atout, ratatout, le poil de mes… moustaches et je prends tout… vous êtes baisée, ma petite mère. »

Baiser à blanc

Se branler, — ce qui est une façon de baiser sans femme, quand on est homme, sans homme quand on est femme.

Baiser à l’œil

Ne rien payer pour jouir d’une femme galante, comme font les greluchons.

Quand on est jeune on doit baiser à l’œil ;
À soixante ans la chose est chère et rare ;
Aux pauvres vieux l’amour devient avare.

(Chanson d’étudiants.)

Baiser à la florentine

Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement d’hoirie.

Baiser à la papa

Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.

Baiser à vit sec

Ne pas décharger dans la matrice de la femme, qui, à cause des enfants ou seulement par goût particulier, préfère manger le poisson sans la sauce.

Ainsi, femme qui dit que le vit sec est bon
Voudrait ôter la sauce et le sel au jambon,
Ce qu’il est de plus doux en toute la nature
Et qui donne la vie à toute créature.

Mililot.

Baiser en épicier

Faire l’amour purement et simplement, comme un devoir, comme une presque corvée, — et non pas en levrette, non pas à la paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale : la femme dessous et l’homme dessus.

Quel moyen puis-je employer
Pour plaire à mon Antoinette ?
Je la baise en épicier…
Le bougre lui fait minette.

Gustave Nadaud.

Baiser en pigeon

Faire une langue, comme fut baisée — d’abord — la Vierge Marie.

Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.

Brantôme.

Baiser la camarde

Mourir.

Baiser le cul de la vieille

Ne pas marquer un seul point dans une partie de cartes.

Baiser le cul de la vieille

Joueur déveinard qui perd la partie sans marquer un point. Dans le peuple on dit aussi : passer sous la table (Argot du peuple).

Baiser ou foutre à couillons rabattus, ou comme un dieu

Avec énergie, sans songer au mari que l’on cocufie ni aux enfants que l’on procrée, — comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et comme toutes les femmes voudraient bien être foutues.

Et maintenant, gonzesse, que je t’ai foutue à couillons rabattus, comme tu n’es pas foutue d’être foutue jamais de ta garce de vie…..

Lemercier de Neuville.

Les hommes, lorsqu’ils ont foutu
À double couillon rabattu,
Se lavent dans une terrine.

Dumoulin-Darcy.

Madame Durut, sentant les approches du suprême bonheur, se livre au transport, et, s’agitant à l’avenant, s’écrie : Foutre ! c’est trop de plaisir ! il fout comme un Dieu !

A. de Nerciat.

Baiser ou foutre à la dragonne ou en maçon

Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

Baiser ou foutre à la paresseuse

Se placer derrière une femme que l’on veut baiser, couché sur le côté comme elle, entrecroiser mutuellement les cuisses, insinuer doucement l’outil dans le trou qui l’attend, et besogner sans effort.

Celui dont la pine est mollasse, filandreuse,
Et lente à décharger, fout à la paresseuse.

Louis Protat.

Baiser ou foutre en aisselle

Tirer un coup dans le pli formé par le dessous du bras et de l’épaule.

En aisselle, en tétons, le Turc met son braqmard.

Louis Protat.

Baiser ou foutre en cygne

Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda, à genoux et ses jambes sur les épaules.

Baiser ou foutre en levrette

Baiser une femme in more — du prince de Canino.

En levrette est encore un moyen fort joli
Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli.

Louis Protat.

Baiser ou foutre en tétons

Décharger dans cette petite vallée formée par les deux tétons et qu’on peut rendre aussi étroite qu’on veut en les rapprochant avec les mains.

Baiser sur le pouce

Tirer un coup précipitamment, là où l’on se trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.

Je t’ai baisée sur le pouce, ça ne compte pas : nous recommencerons sur le lit, quand ton mari sera à son bureau.

Seigneurgens.

Baiseur, baiseuse

Synonyme presque décent de Fouteur, fouteuse.

Je ne suis rien qu’un ivrogne,
Quoiqu’on m’estime baiseur.

(Parnasse des Muses)

Point d’éloges incomplets,
S’écriera cette brunette,
À moins de douze couplets,
Au diable une chansonnette !
Quoi ! douze, ou rien ? dit un sot.
Oui, c’est l’humeur de Margot
Nous t’en promettons treize :
Viens, Margot, viens qu’on te baise.

Béranger.

Baiseuses, balots

Lèvres.

Baisser la tête

Perdre au jeu, être vaincu dans une partie de cartes. (Jargon des marins.) — Baisse la tête, tu as perdu.

Baisser une espace qui lève

Dans les ateliers de typographie, quand un camarade envoie chercher un litre par l’apprenti, il le met sous son rang — le prote n’aime pas que l’on boive pendant le travail ; — il verse une rasade et fait dire au copain qu’il veut régaler :
— Viens donc baisser une espace qui lève. Synonyme de lever le coude (Argot d’imprimerie). N.

Baïté

Maison, équivalent de boîte (?).

Jorne et sorgue, tu poisseras boucart et baïte chenument.

Vidocq.

Bajoues

La face. Les voleurs emploient cette expression pour grimaces (Argot des voleurs).

Bal

Prison. — Poteaux de bal, amis de prison. Bal est l’apocope de ballon qui a la même signification en argot.

Bal

Prison.

Bal (aller au)

Le peloton de punition est peut-être, entre toutes, la peine la plus redoutée du troupier. Cela n’a, en effet, rien d’agréable de manœuvrer deux ou trois heures, sans arrêt aucun, en ayant la figure en plein vent ou en plein soleil, ou bien encore le nez cloué au mur ! Quand un homme puni se rend à cet exercice si cordialement détesté, — dérision amère ! — il va au bal.

Bal (donner le)

Donner une volée de coups.

Mme Angot : — Ouin, quand j’ t’aurons encore donné l’ bal.

(Le nouveau Vadé.)

Bal (donner le)

Donner des coups (ils font danser).

Balade

s. f. « Promenade, flânerie », dit Alfred Delvau. C’est vrai ; mais, pour les typographes, la balade est quelque chose de plus ; c’est une promenade au bout de laquelle il y a un déjeuner, un dîner, ou tout au moins un rafraîchissement ; c’est aussi la promenade au hasard et sans but déterminé ; mais il arrive presque toujours que l’un des baladeurs a une idée lumineuse et entraîne ses camarades dans quelque guinguette renommée.

Balade

Promenade, flânerie.

Je m’aboule pour une balade.

(Huysmans, Les sœurs Vatard, 1879.)

Faire la balade, être en balade, se promener.

Balade

Promenade. Se balader.

Balader

Promener, flâner.

Balader

Choisir, chercher, — dans le jargon des voleurs.

Balader

Promener.

Où vas-tu ? — Tu vois, je vais me balader.

Balader (se)

Flâner. — Diminutif du vieux mot baler : se divertir, se remuer. V. Roquefort.

Je suis venu me balader sur le trottoir où j’attends Millie.

Monselet.

Balader : Choisir, chercher (Vidocq). — Même racine. Le choix comporte toujours un déplacement. Baladeuse : Coureuse.

Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà tout.

Nerval.

Balader (se)

v. pr. Flâner, se promener sans but déterminé.

Balader, se balader

Marcher, se promener. Ce mot avait, il y a quelques années, le sens de ne rien faire, se croiser les bras. Autrefois on appelait baladinages les danses du peuple.

Baladeur

Flâneur, rôdeur.

Baladeur

adj. Qui aime à se balader, à faire une balade.

Baladeur

Flâneur. — Baladeuse, coureuse de plaisirs.

Baladeuse

Fille de mauvaise vie, — par allusion à la boutique roulante des marchandes des quatre saisons.

Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà tout.

Gérard De Nerval.

Baladeuse

Voiture de bimbelotier forain. (L. Larchey)

Balai

Gendarme (Vidocq). — On appelle de même raclette une ronde de police ; elle racle les gens que la gendarmerie balaie.

Balai

Dernier omnibus qui rentre au dépôt, — dans le jargon des conducteurs d’omnibus. Ils appellent l’avant-dernière voiture : le manche.

Balai

Gendarme, agent de police, — dans le jargon des camelots et des marchands ambulants.

Balai

Gendarme.

Balai de l’estomac

Épinard.

Balai neuf (faire)

Être rempli de zèle ; bien faire son service ; contenter ses maîtres les premiers jours, — en parlant d’un nouveau domestique.

Balancé

Être renvoyé de sa place.
— J’ai balancé ma femme elle était par trop rasante (Argot du peuple). N.

Balancé (être)

Renvoyé d’une place.

Balance de boucher

Fille publique, — parce qu’elle pèse toutes sortes de viandes, des quéquettes de jouvenceaux, des courtes de maçons, des pines d’Auvergnats et des vits de maquereaux.

Balancer

Remuer.

Balancer

Renvoyer.

Balancer

Jeter.

Balancer

Chasser, renvoyer d’un emploi.

Balancer

Jeter au loin. On sait que l’action de balancer imprime plus de force à une projection. V. Litrer. Balancer, envoyer à la balançoire : Congédier, renvoyer.

Elle m’a traité de mufle. — Alors il faut la balancer.

Monselet.

Je l’envoie à la balançoire.

Id.

On dit aussi exbalancer :

Je vais les payer et les exbalancer à la porte.

Vidal, 1833.

Balancer son chiffon rouge : Parler, remuer la langue. — Balancer sa canne : Devenir voleur. — C’est-à-dire jeter la canne de l’homme qui marche dans l’unique but de se promener. — Balancer ses halènes : Cesser de voler, jeter ses outils de voleur. — Balancer une lazagne : Adresser une lettre. — Balancer ses chasses : Regarder à droite et à gauche. Balancement :

Le conducteur appelle son renvoi de l’administration un balancement.

Hilpert.

Balançoire : mensonge, conte en l’air.

Non, monsieur ! je n’avais pas fait un accroc. — C’est une balançoire.

P. de Kock.

Balancer

Jeter au loin, renvoyer, envoyer promener.

Quand votre femme vous ennuie… Toc ! on la balance.

(E. Grangé et Lambert-Thiboust. La Mariée du Mardi-Gras.)

Balancer

Voir balanstiquer.

Balancer la tinette

Vider le baquet aux excréments, — dans le jargon des troupiers. — Quitter un endroit, vider les lieux, jeu de mots facile à saisir.

Balancer le chiffon rouge

Parler. Le chiffon rouge figure la langue. Allusion de couleur. Mot à mot : lancer la langue.

Balancer le chiffon rouge

Parler.

Balancer le chinois (se)

Jouer avec son membre pour jouir, le faire dodeliner de la tête, comme un poussah, jusqu’à ce que, l’érection arrivant, il se tienne roide comme la justice et pleure silencieusement toutes les larmes de son œil unique.

Balancer le chinois (se)

Se livrer à l’onanisme.

Balancer les châssis

Regarder de tous les côtés, jeter les yeux à droite et à gauche, — dans le jargon des voleurs.

Balancer les châssis

Regarder vivement de tous les côtés, par ex. en faisant le guet.

Balancer sa canne

Passer du vagabondage au vol.

Balancer sa canne

Passer du vagabondage au vol. C’est le Rubicon du vagabond.

Balancer sa largue

Se débarrasser de sa maîtresse, — dans l’argot des filles et des maquereaux.

Balancer ses alênes

Quitter le métier de voleur. Deux escarpes sont embusquées au coin d’une rue ; de loin, ils voient passer un garçon de recettes, une lourde sacoche sur l’épaule. — Quel dommage, dit l’un, que l’on ne puissse effaroucher son pognon. Je balancerai mes alênes et j’irai vivre honnête dans mon patelin (Argot des voleurs).

Balancer ses halènes

Se retirer du commerce du vol. Mot à mot : jeter ses halènes, ses outils.

Balancer son rondin

Aller au cabinet. Allusion à la forme ronde des excréments (Argot du peuple). N.

Balancer un homme

Le quitter, soit parce qu’il ne vous donne pas assez d’argent, soit parce qu’il vous ennuie.

Toujours d’avance exigeras
Qu’il fasse tinter son argent ;
Sinon tu le balanceras…
On ne vit pas de l’air du temps.

(Parnasse satyrique.)

Balancer une femme

La renvoyer comme Abraham Agar, soit parce qu’elle devient gênante, soit parce qu’elle est trop libertine.

Elle m’a traité de mufle. — Alors, il faut la balancer.

Charles Monselet.

Balanceur de braise

Changeur.

Balanceur de braise

Changeur. Allusion à l’argent qui ne fait que passer par ses mains, il le balance aussi facilement qu’il le reçoit (Argot des voleurs). N.

Balanceur de lazagne

Écrire une lettre d’une prison et l’adresser à quelqu’un (Argot des voleurs). V. Arcasineur.

Balanceur de tinettes

Auxiliaires des prisons qui vident les tinettes. Quand elles sont pleines de rnouscaille, elles sont lourdes ; ils impriment un balancement pour les vider : Une, deux et trois. C’est fait. Les troupiers disent : Passer la jambe à Jules. Quand la tinette déborde un loustic s’écrie :
— Prenez-la par les oreilles.
Dans le peuple on dit : Passer la jambe à Thomas (Argot du peuple).

Balançoir, balançon

Barreau de fenêtre (Vidocq). — Est-ce parce que les prisonniers s’y cramponnent parfois en se balançant ?

Balançoire

Mensonge, mystification.

Tout est ici balançoire ou ficelle.
Sages Mentors, ne vous en offensez ;
Depuis le haut, jusqu’au bas de l’échelle,
Nous balançons ou sommes balancés.

(Les Balançoires de la jeunesse, 1861.)

Envoyer à la balançoire, envoyer au diable.

Balançoires

Simagrées que fait une fille qui ne veut pas être baisée, mais qui veut bien être payée ; promesses de jouissances qu’elle fait au miché racolé par elle.

Car je connais ces balançoires,
Je suis roublard,
Et j’ pourrais écrir’ les mémoires
Du lupanar.

Lemercier de Neuville.

Balançon

Marteau de fer, — dans le jargon des voleurs.

Balançon

Marteau de fer.

Balançon

Marteau. Pour frapper vigoureusement il faut balancer son marteau par le manche (Argot des voleurs). N.

Balançon

Marteau.

Balandrin

Balle de colporteur.

Balanstiquer

Jeter. C’est une amplification de balancer : se débarrasser de quelque chose qui gène, ou d’une personne dont on a assez (Argot des voleurs). N.

Balanstiquer

Jeter, se débarrasser d’une chose dont on ne veut pas ou plus. On balanstique sa maîtresse ; on balanstique un vieux chapeau.

Balanstiquer

Chasser, jeter.

Balarou

Nom donné aux cochers de fiacre.

Balauder

Mendier.

Balayé

On balaye une foule à coups de canon. On balaye des ouvriers qui ne font pas l’affaire du patron. On balaye la femme quand elle devient par trop gênante. Balayé : synonyme de nettoyage (Argot du peuple). N.

Balayer

Renvoyer.

Il est l’heure de fermer la boutique, Il faut balayer les clients.

Balayer les planches

Jouer dans une pièce qui sert de lever de rideau, — dans le jargon des comédiens.

Ayez donc du talent… pour balayer les planches.

(Ed. Brisebarre et Eug. Nus, La Route de Brest, acte IV, scène 1.)

Balayer ses enfants

Enlever avec un balai ou avec un torchon les gouttes de sperme qu’on a laissées tomber sur le parquet en se branlant ou en baisant une femme sur une chaise.

Balayeuse

Jupe à traîne dont la mode a suivi celle des crinolines. Fausse jupe garnie de dentelles et cousue après la robe, mode de 1876-1879.

Balayeuse

Femme qui porte une longue jupe de robe dont elle balaie le pavé. On les a aussi appelées : « La joie des balayeurs. »

Balcon (avoir du monde au)

Femme qui possède des seins volumineux (Argot du peuple). V. Capitonnée.

Balcon (faire le)

Moyen ingénieux employé par les filles pour faire savoir à leurs abonnés qu’elles sont visibles : — il leur suffit de mettre au balcon une chaise sur laquelle sera déposée une chemise ou une jupe commencée… puis de retirer le tout quand le client est entré.

Je vous dis que vous faites la fenêtre ; on vous a vue au balcon.
— Ah ! M. le commissaire, comme on vous a trompé : je ne vais jamais à ce bal là.

J. Ch.

Balcon (il y a du monde au)

Locution qui sert à désigner une femme avantagée sous le rapport de la gorge.

Balconnier

Orateur qui parle du haut d’un balcon à une foule plus ou moins en délire ; vocable dont, pendant quelque temps, ont abusé les adversaires politiques de M. Gambetta pour le désigner.

Balconnière

Demoiselle sans préjugés qui, du haut de sa fenêtre, appelle le client.

Baleine

Lame, vague de la mer.

Veux-tu fermer la bouche, braillard, lui dit Simon, ou tu avaleras la première baleine qui tombera à bord.

(E. Sue, Atar-Gull, 1832.)

Baleine (rire comme une)

Rire à gorge déployée, en montrant une large bouche.

Balinstriquer

Assassiner. Jeter de haut.

Baliverne

Écuelle. Salade.

Ballabile

Art de mettre en scène des masses chorégraphiques, et d’en composer la figuration.

Perrot était de première force sur le ballabile.

(Ch. de Boigne.)

Ballade, Goguette balladeuse

« C’est la chanson courant de salle en salle, sans domicile fixe, s’installant aujourd’hui là, demain ici, évitant avec soin la périodicité et l’œil des agents. »

(Eug. Imbert, La Goguette et les goguetiers, 1873.)

Ballader

Promener.

Balladeur

Paresseux, flâneur.

Balladeuses (les)

Testes, — dans l’argot des barrières.

Ballant

Bras, — dans le jargon des barrières. Les voyous marchent les bras ballants ; d’où le surnom.

Balle

Franc.

Balle

Franc.

Balle

Un franc, pièce de vingt sous.

Balle

Une livre ou un franc.

Balle

Tête. — Comme Boule et Coloquinte, balle est une allusion à la rondeur de la tête. Une bonne balle est une tête ridicule. Une rude balle est une tête énergique et caractérisée.

Une balle d’amour est une jolie figure.

Vidocq.

Être rond comme une balle, c’est avoir bu et mangé avec excès. Balle : Franc. — Allusion à la forme ronde d’une pièce de monnaie.

Je les ai payées 200 fr. — Deux cents balles, fichtre !

De Goncourt.

Balle de coton : Un coup de poing. — Allusion aux gants rembourrés des boxeurs.

Il lui allonge sa balle de coton, donc qu’il lui relève le nez et lui crève un œil.

La Correctionnelle.

Balle

Ballet.

Balle

Secret.

S’il crompe sa Madeleine, il aura ma balle (s’il sauve sa Madeleine, il aura mon secret.)

(Balzac.)

Mot à mot ; ce qui est caché dans ma balle, dans ma tête. — Faire la balle de quelqu’un, suivre les instructions de quelqu’un.

Fais sa balle, dit Fil-de-Soie.

(Balzac, La Dernière incarnation.)

Balle

Figure, tête, physionomie.

Oh c’tte balle !

(Th. Gauthier, Les Jeunes-France.)

Balle

Pièce d’un franc. Une balle, un franc. Cinq balles, cinq francs.

Balle

Occasion. Rater sa balle, manquer une bonne occasion.

Balle

Secret. Physionomie. Pièce d’un franc. Occasion.

Balle

Celle femme me botte, elle fait ma balle (Argot du peuple). V. Blot.

Balle

Chose qui convient qui plaît, qui fait l’affaire.

ça fait ma balle.

Balle

Visage, celui qui a une bonne figure a une bonne balle.

Balle (enfant de la)

S. m. Ouvrier compositeur dont le père était lui-même typographe, et qui, depuis son enfance, a été élevé dans l’imprimerie. L’origine de cette expression, qui est passée dans la langue vulgaire, est assez peu connue. Elle vient de ce que, avant l’invention des rouleaux, on se servait, pour encrer les formes, de tampons ou balles.

Balle (faire la)

Suivre les instructions données, Signifie aussi convenir : cela fait ma balle, cela me convient.

Balle (rond comme)

Pleinement repu. Être rond comme balle, c’est avoir à peine la force de bouger, tant on a bu et mangé.

Balle élastique (faire)

Manquer de vivres.

Balles

Les testicules, à cause de leur forme : c’est avec eux qu’on fusille les femmes — à bout portant.

Ballochard

Celui qui a des balloches.

Balloches

Les testicules. — Ce mot vient, soit du verbe ballocher — qui, en argot, veut dire tripoter — soit du fruit du Bélocier, qui portait autrefois le même nom, ou à peu près le même nom, et qui présente en effet une certaine analogie avec la forme des couilles.

Un médisant dit que l’abbé auquel elle vouloit boire, — qui, à la vérité, avait en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires… en descendant d’un bellocier, c’est un prunier sauvage, — s’appelait monsieur de Non Sunt.

(Contes d’Eutrapel.)

Balloches

Il y a quarante ans, avant que les magasins des Phares de la Bastille n’existassent et que le canal Saint-Martin ne fût couvert, il y avait sur la place des saltimbanques, prestidigitateurs et marchands de chansons. Il y en avait un, entre autres, qui, à chaque loterie qu’il faisait, ne manquait jamais de dire, lorsqu’il lui restait deux numéros à placer :

J’en ai deux ; qui veut mes deux. Madame, prenez mes deux, j’aimerais être comme Abélard, ne plus en avoir.

Ballon

Derrière. — Enlever le ballon : Donner un coup de pied au derrière.

Inutile de faire remarquer l’analogie qu’il y a ici entre la partie du corps ainsi désignée et une peau gonflée de vent qu’on relève du pied.

F. Michel.

Ballon

Derrière. — Enlever le ballon, donner un coup de pied au derrière.

Ballon

Postiche en crinoline qui avantage les femmes par derrière.

On a beau dire, Paméla ; femme sans ballon, oiseau sans plume.

(Grévin.)

Ballon

Prison. — Être en ballon, être en prison. C’est une variante d’être emballé, et une allusion à l’état de l’aéronaute entre ciel et terre, c’est-à-dire mis dans l’impossibilité de s’échapper de la nacelle.

Ballon

Le postérieur. Être ballon, être enlevé par la police.

Ballon

Prison. Allusion à la forme sphérique de Mazas (Argot des voleurs). N.

Ballon

Postérieur copieux. Je vais t’enlever le ballon, pour coup de pied dans le derrière (Argot du peuple).

Ballon

Prison.

D’où viens-tu ? — Je sors du ballon.

Ballon

Prison.

Ballon (avoir du)

Se dit d’une femme qui a des fesses énormes, naturelles ou artificielles, comme en ont aujourd’hui, grâce à la crinoline, les Parisiennes, élégantes Vénus hottentotes.

Ballon (carguer son)

Relever ses jupes. Les jours où il lansquine, il y a un tas de pantes à reluquer les flûtes des gonzesses qui carguent leurs ballons. Les jours de pluie, il y a un tas d’imbéciles occupés à regarder les jambes des femmes qui relèvent leurs jupes.

Ballon (gonfler son)

Commencer à donner des signes de grossesse. — Quand ma tortue aura fini de gonfler son ballon.

Ballon (monter en)

C’est une vexation qu’au régiment on fait subir à un nouveau venu. Dans les régiments de cavalerie, les lits sont adossés à une cloison en planches, appelée le bas-flanc par analogie avec les cloisons de bois qui séparent les chevaux ; cette cloison ne monte pas jusqu’au plafond. Pendant la nuit, on entoure le lit du patient au moyen de deux cordes à fourrages qui font nœud coulant, puis au signal : « Comptez-vous quatre, » quatre hommes tirent les cordes passées sur le bas-flanc, et la victime enlevée se trouve bientôt suspendue à deux ou trois mètres, quelquefois le lit sens dessus dessous ; ce qui ne lasse pas d’être fort amusant, pour ceux qui ont organisé cette aimable farce.

Ballon, le ballonné

« C’est la danse qui bondit et rebondit, qui vole, c’est Taglioni. »

(Ch. de Boigne.)

Ballonné

Emprisonné. — Soufflé par les roublards et ballonné à la pointue, pris par les agents de police et enfermé au dépôt de la préfecture.

Ballot

Niais. On dit aussi paquet.

Ballot, Ballottage

Manque d’ouvrage, — dans le jargon des tailleurs. — Il y a du ballot, il n’y a pas d’ouvrage.

Balloter

Manquer d’ouvrage.

Balloter

Jeter, — dans le jargon des voleurs. — Balloter un client avalant, jeter un homme à l’eau après l’avoir volé. Avalant vient d’aval ; le corps suit le cours de l’eau.

Balloter, balanstiquer

Jeter. Balloter un client avalant. Jeter à l’eau l’homme que l’on a volé.

Ballottes (les)

Les testicules, petites balles avec lesquelles les femmes aiment à jouer et à jouir ; quelquefois les tétons des femmes ou le maniement de cul, tétons, etc.

Elle lui met la main sur les ballottes qu’il a au-dessous de cet engin et les soulève mignardement en les passant et repassant doucement entre les doigts.

Mililot.

Les deux tétons, jolies ballottes du plaisir.

(Moyen de parvenir.)

Ils virent en leur présence ballotter leurs femmes sans y pouvoir apporter aucun remède.

(Les Caquets de l’accouchée.)

Balluchon

Paquet.

Balochard

Personnage de carnaval, à la mode dans les bals masqués de 1840 à 1850.

C’était une variété de chicard avec un feutre défoncé pour casque.

(L. Larchey)

Chicard, le grand Chicard, l’empereur du carnaval, le protecteur de la confédération des flambards et balochards.

(Musée Phtlipon.)

Balochard

Fainéant.

Balochard, balochard

« Le balochard représente surtout la gaîté du peuple ; c’est l’ouvrier spirituel, insouciant, tapageur, qui trône à la barrière. »

T. Delord.

Pardon ! pardon ! Louise la Balocheuse, De t’oublier, toi, tes trente printemps, Ton nez hardi, ta bouche aventureuse, Et tes amants plus nombreux que tes dents.

Nadaud.

Le carnaval parisien a eu aussi ses costumes de balochard. c’était la tenue de chicard, avec un feutre défoncé pour casque.

Balocher

« C’est quelque chose de plus que flâner. C’est l’activité de la paresse, l’insouciance avec un petit verre dans la tête. »

T. Delord.

Balocher : S’occuper d’affaires véreuses. — Vidocq.

Balocher

Courir les bals à l’époque où fleurissaient balochards et balocheuses.

Balocher

Dérober, faire des affaires illicites.

Balouf

Excessif. C’est, sans doute, une altération de balourd. — Une raclée balouf, — dans le jargon des voleurs.

Balouf

Hardi, fort.

Balthazar

Repas plantureux. — Allusion biblique.

Je vais me donner une bosse et faire un balthazar intime.

Murger.

Balthazar

Festin, grand repas.

Baluchon

Paquet.

Baluchon

Paquet.

Baluchon

Paquet (Vidocq). — Diminutif de Ballot.

Baluchon

Petit paquet. — Enlever le baluchon.

Voyons, laisse là ton baluchon.

(Huysmans, Marthe.)

Baluchon

Petit paquet que les compagnons portaient jadis au bout d’un bâton sur l’épaule, en faisant leur tour de France. Ce baluchon contenait leurs vêtements. La coutume s’est perpétuée dans le peuple : des outils et la blouse de travail en paquet composent un baluchon (Argot du peuple).

Baluchon

Paquet de hardes.

Prends ton baluchon et décanille d’ici.

Baluchon

Paquet de peu d’importance.

Baluchoner

Faire des paquets.

Le voleur gui ne trouve pas d’argent dans une maison ou il s’est introduit fait des paquets de linge et vêtements, baluchone.

Bamban

Boîteux.

Banban

Personne de petite taille aux membres noués. — Allusion au dandinement particulier de la marche.

J’entrai chez Dinah, jolie petite brune un peu banban.

Mogador.

Banban

Boiteux, boiteuse. Le banban, la banban.

Banc (envoyer au)

Congédier, renvoyer. (V. Envoyer au blanc.)

Banc (pied de)

Sergent, — dans le jargon des troupiers.

Banc de terre neuve

De la Bastille à la Madeleine, et de Belleville à Montparnasse, on y pèche la morue sans hameçons (Argot du peuple).

Banc du ciel

En terme de carrier, c’est le lit de pierre d’en haut.

Bancal

Sabre courbe. — Allusion aux jambes arquées du bancal.

Voilà M. Granger qui apporte le bancal.

Gavarni.

Bancal

Sabré recourbé ; par allusion à sa forme.

Banco (faire)

Tenir tous les enjeux qui sont opposés par le banquier. — Terme de lansquenet.

Certains joueurs arrivent avec dix louis dans leur poche ; ils font des banco de cent, deux cents, trois cents louis.

Karr.

Bande (coller sous)

Acculer dans une situation difficile — Terme de billard.

Bande (coller sous)

Mettre quelqu’un dans une situation difficile, — réduire son contradicteur au silence. — Allusion à l’embarras du joueur de billard dont la bille touche la bande.

Bande à l’aise

Homme mou, sans énergie. Homme froid avec les femmes, celui qui marque 0 au thermomètre, de l’amour. « Non possumus, » voilà leur devise, à eux aussi.

Bande à l’aise

N’en prendre qu’à son temps et n’en faire qu’à sa volonté. Dans le peuple on emploie cette expression par ironie vis à vis d’un vieillard qui, au lieu de remiser son fiacre, court après les filles (Argot du peuple). N.

Bande à part (faire)

Fuir ses camarades d’atelier, aller boire et manger seul. Synonyme d’ours (Argot du peuple).

Bande d’air

Frise peinte en bleu pour figurer le ciel dans les décors de théâtre.

Bande sur l’affiche

Bande de papier que les directeurs font coller sur l’affiche, annonçant le spectacle du jour, afin d’indiquer au public un changement par suite de l’indisposition subite d’un artiste ou parfois relâche. Se dit par analogie dans le peuple pour indiquer qu’une femme a son échéance de fin de mois. Il y a une bande sur l’affiche pour relâche (Argot du peuple). N.

Bande-à-l’aise

Homme qui n’est que médiocrement porté par son tempérament vers les choses de la fouterie, et qui bande plus volontiers avec son cerveau qu’avec son membre — comme la plupart des écrivains.

Qu’on me baise,
Mon con, Nicaise,
Se présente à toi… ;
Viens, bande-à-l’aise,
Vite, mets-le-moi.

Piron.

Monsieur dit des bons mots souvent,
Mais monsieur bande rarement ;
Monsieur a de l’esprit : j’en suis
Bien aise, bien aise,
Mais comme la peste, je fuis
Un bande-à-l’aise !

Collé.

Bander

Être en érection, avoir envie de baiser une femme lorsqu’on est homme, ou un homme lorsqu’on est pédéraste. C’est l’arrigere (relever, hausser, dresser) des Latins.

Qu’on le passe aux verges,
Dit Vénus à part ;
Qu’il soit de ma bande
Banni sans retour :
Jamais il ne bande.

(Les Archers de l’Amour.)

Y bande encore… est-y gentil !

Henry Monnier.

Tout vis-à-vis,
Je vends des vits
Toujours bandants.

Collé.

— On a étendu la signification de ce mot, purement vénérienne, et on s’en sert maintenant au propre et au figuré : au propre, comme il vient d’être dit, au figuré, pour indiquer la violente envie qu’on a d’une chose. Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimité du duc d’Orléans, qui voulait et n’osait pas être criminel, dit : « Ce d’Orléans est un Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n’ose le décharger. Ignavum equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus est. »

Bander (faire)

Provoquer l’érection de l’homme par des discours libertins ou par des attouchements autour des parties sexuelles.

L’air est plein d’odeurs spermatiques
Qui font bander les plus usés,
Et font sortir de leurs boutiques
Les bourgeois les plus empesés.

(Parnasse satyrique.)

Bander comme un carme

Bander très fort, comme savaient bander jadis les carmes, chaux ou déchaux, — chauds surtout, — grâce à la continence qu’ils étaient forcés d’observer.

Bander de la gorge

Se dit d’une femme dont les seins se durcissent et se dressent sous l’impression du désir ou du plaisir.

Bander la caisse

Se sauver en emportant la caisse. — Allusion à la bande de papier que les directeurs de théâtre font coller sur les affiches pour cause de relâche.

Bander la caisse

Se sauver avec l’argent de la caisse.

Bander son arc

Bander, — le membre viril étant pris pour flèche et la nature de la femme pour cible.

Alors, bandant mon arc sous un autre balcon,
Je ne daignerai plus, vers le but de ton con,
Lancer la flèche de ma pine.

Emmanuel Des Essarts.

Bandocher

Avoir des velléités d’érection ; n’être pas en train ; bander faiblement, difficilement.

…Elle recréait son impotente lubricité en lui chatouillant le scrotum et les testicules, ce qui le faisait bandocher.

(Anti-Justine, p. 123.)

Bandru

Fil.

Bannette

Tablier.

Bannette

Tablier.

Bannière

Chemise. Quand tu auras fini de te promener en bannière. On dit également : bannière volante.

Bannière

Sac. On dit de celui qui se promène en chemise : il se trimballe en bannière. Allusion aux pans de la chemise qui flottent au vent. On dit aussi : Se promener en panais (Argot du peuple).

Bannière

Chemise.

Banque

s. f. Paye des ouvriers. Le prote fait la banque aux metteurs en pages, qui à leur tour la font aux paquetiers. Ce mot entre dans plusieurs locutions. Par exemple on dit : La banque a fouaillé, pour indiquer que le patron n’a pas payé au jour dit. Être bloqué à la banque, c’est ne rien recevoir. Faire banque blèche s’emploie dans le même sens.

Banque

Troupe de théâtre, — dans l’ancien, argot des comédiens.

Le gonze qui est à votre ordre est-il de la banque ? Celui qui est à côté de vous est-il un comédien ?

(Mémoires de Dumesnil.)

Banque

Ruse, frime.

C’est une banque.

(Scribe, L’honneur de ma fille, 1836.)

Banque

Métier du saltimbanque.

Banque

Association entre escrocs. Art de flouer son prochain. Faire une banque, combiner une escroquerie.

Banque

Paye des ouvriers typographes.

Banque

Troupe de théâtre. Métier de saltimbanque. Ruse, frime. Paye des ouvriers typographes. Association entre voleurs : Faire une banque, être de la banque.

Banque

Les voleurs qui se partagent le produit d’un vol emploient cette expression (Argot des voleurs).

Banque

Les forains propriétaires des grandes baraques, Pezon, Bidel, Marquetti, Corvi, sont ce que l’on nomme dans les fêtes la Banque, parce qu’ils sont riches.

Banque (en tailler une)

Tenir les cartes au jeu de baccara. Mot à mot : Être le banquier (Argot des joueurs).

Banque (être de la)

Être de complicité dans un vol ; avoir droit, comme complice, aux dividendes provenant d’une escroquerie.

Banque (faire la)

Faire mousser la marchandise, — dans le jargon des camelots.

Banque (la faire)

Le samedi, les ouvriers typographes se partagent le prix du travail de la semaine (Argot d’imprimerie).

Banque (la grande)

Baraque des grands forains dans le monde des saltimbanques qui a, connue partout, ses matadors et ses miséreux (Argot des saltimbanques).

Banque (la)

Le monde des forains.

Banque blèche (faire)

Ne pas toucher de banque (paye), — dans le jargon des typographes.

Banquet

Banquier.

Banquette

Menton (Vidocq). — La saillie du menton forme en effet une banquette au bas du visage.

Banquette

Menton. — Allusion à la forme du menton.

Banquette

Menton.

Banquette

Le menton. Allusion à ce qu’il avance sur le visage (Argot du peuple). N.

Banquiste

Opérateur.

Banquiste

Saltimbanque. Tout individu dont le commerce n’est établi qu’en vue de faire des dupes est un banquiste. Le grand rendez-vous des banquistes est à la Bourse.

Banquiste

Saltimbanque. Escroc. Compère, complice.

Banquiste

Charlatan. Tous ceux qui fardent la vérité sont des banquistes, à quelque classe de la société qu’ils appartiennent. Tous les banquistes ne sont pas sur des tréteaux (Argot du peuple).

Banquistes

Voir banque.

Baptême

Tête.

Baptême

La tête. Le mastroquet baptise son vin. Le peuple, qui a horreur de l’eau, dit des vins baptisés : Ils sont chrétiens. Le buveur fait sa tête (Argot du peuple). N.

Baptême (se mettre sur les fonts du)

Se mettre dans l’embarras.

Nous ne voulons enquiller chez aucun tapissier, c’est se mettre sur les fonts du baptême.

(Vidocq).

Pour comprendre ce terme, il faut savoir que Parrain veut dire témoin à charge. C’est donc s’exposer au parrain que se mettre sur les fonts du baptême.

Baptisé à l’eau de morue

Se dit de celui qui a toujours soif.

Baptisé au sécateur

Juif. Allusion à l’opération de la circoncision que subissent les nouveaux-nés suivant le rite juif (Argot du peuple). N.

Baptisé au sécateur

Israélite, allusion à l’opération de la circoncision.

Baptisé d’eau de morue

Ne pas avoir de chance. Homme ou femme à qui rien ne peut réussir. Ce qui équivaut à deveine salée, par allusion à l’eau dans laquelle la morue a été dessalée (Argot du peuple). N.

Baquet

La nature de la femme dans laquelle l’homme décharge ses ordures liquides :

… Dans le baquet desquelles il eût volontiers lavé son vit.

(Contes de la reine de Navarre.)

Baquet

Blanchisseuse. On dit aussi : Baquet insolent. On sait que ces dames ne mâchent pas leurs paroles. Quand une ménagère, par économie, va laver son linge au lavoir, les professionnelles l’appellent : graillonneuse ou noyeuse d’étrons. Ce sont les plus mignonnes de leurs déjections (Argot du peuple).

Baquet (insolent, à deux pattes)

Blanchisseuse.

Baquet de science

Baquet dont se servent les cordonniers, les forgerons.

Si tu ne veux pas marcher mieux que ça, je te f… dans le baquet de science.

(Le Sublime.)

Baquet insolent

Baquet de blanchisseuse. — La blanchisseuse elle-même. — Habituées à voir tant de saletés, ces dames ne se privent pas d’en dire, et leurs insolences sont capitonnées de grossièretés ordurières.

Baquet insolent

Laveuse qui n’a généralement pas des mots recherchés lorsqu’elle se dispute.

Baquet insolent ou insolpé

Blanchisseuse.

Baquet-insolent

Blanchisseuse.

Bar-de-tir

Un bas de chausse.

Barant

Ruisseau, — dans l’ancien argot.

Baraque

Terme de mépris pour désigner une maison, un magasin, un établissement. Baraque, le magasin dont le patron paye mal ses commis ; baraque, l’administration qui surmène ses employés ; baraque, la maison où les domestiques ne peuvent pas voler à leur aise.

Baraque

Chevron, — dans le jargon du régiment. Par abréviation de baraquement, campement. — Un vieux pied de banc à trois baraques..

Baraque

Pupitre d’écolier.

Sa baraque, en étude, ressemble à ces sacs-bazars qui donnaient tant d’originalité à nos zouaves de l’expédition de Crimée.

(Les Institutions de Paris, 1808.)

Baraque

Chevron ; peut-être en raison de sa forme de V renversé, imitant un toit.

Baraque

Maison construite en plâtre, en torchis, provisoirement. Maison où la patronne va par méfiance au marché avec sa bonne. Maison où l’on enferme le vin et les liqueurs. Maison où l’on chipote sur tout, où l’on rogne même la nourriture.
— Tenez, voilà mon tablier, je n’en veux plus de votre baraque, j’en ai plein le dos (Argot du peuple).

Baratter

Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est du fromage.

Barbaque

Viande (Argot des voleurs). V. Bidoche.

Barbaque

Viande.

N’allons pas dans ce restaurant : il y a de la mauvaise barbaque.

Barbaque

Viande de mauvaise qualité.

Barbaudier

Gardien.

Barbaudier

Portier.

Barbaudier

Guichetier (Vidocq). — Il est chargé du barbot des prisonniers.

Barbaudier

Guichetier.

Barbaudier de castu

Gardien d’un hôpital.

Barbaudier de castu

Gardien d’hôpital.

Barbaudier, barbotier

Guichetier. — Barbaudier de castu, concierge d’hôpital. Il est chargé de fouiller, barboter les visiteurs.

Barbautier

Gardien de prison.

Barbautiers

Gardiens de prison. Cette expression vient-elle de ce qu’ils sont chargés de garder les barbotteurs ? Vient-elle de ce qu’ils barbottent les prisoimiers confiés à leur garde ? (Argot des voleurs). N.

Barbe

s. f. La barbe dit l’auteur de Typographes et gens de lettres, c’est ce moment heureux, ce moment fortuné, qui procure au malheureux une douce extase et lui fait oublier ses chagrins, ses tourments et sa casse ! Que ne trouve-t-on, pas dans cette dive bouteille ? Pour tous, elle est un soulagement aux travaux ennuyeux ; pour quelques-uns moyen de distraction ; d’autres y cherchent l’oubli, un certain nombre l’espérance.

La barbe a des degrés divers. Le coup de feu est la barbe commençante. Quand l’état d’ivresse est complet, la barbe est simple : elle est indigne quand le sujet tombe sous la table, cas extrêmement rare. Il est certains poivreaux qui commettent la grave imprudence de promener leur barbe à l’atelier ; presque tous deviennent alors Pallasseurs, surtout ceux qui sont taciturnes à l’état sec.

Barbe

Ivresse, dans le jargon des ouvriers. — Prendre une barbe, se griser. Avoir sa barbe, être soûl.

Barbe

Beau mâle, gars solide.
— Mon homme est un rude barbe.
Il y a des barbes qui, dans certains quartiers, sont en réputation comme autrefois les terreurs (Argot des filles et des souteneurs).

Barbe

Vieux. Par corruption on dit : birbe. On appelle les vieux de 1848 qui survivent : des vieilles barbes (Argot du peuple).

Barbe

Ennuyer quelqu’un en lui causant est lui faire la barbe ; on dit aussi raser.

Barbe (avoir de la)

Locution usitée dans le jargon des gens de lettres, pour désigner une vieille histoire qui a couru toute la Presse. — Histoire qui a une barbe de sapeur, histoire très vieille, très connue.

Barbe (avoir la)

Être ivre.

Barbe (en prendre une)

Se pocharder. Dans les imprimeries quand un camarade a pris une barbe, on dit aussi qu’il était chargé à cul. Allusion au cheval qui ne peut pas avancer quand sa charge est trop lourde (Argot d’imprimerie).

Barbe (prendre la)

S’enivrer.

La Saint-Jean d’hiver, la Saint-Jean d’été, la Saint-Jean-Porte-Latine, le moment qui commence les veillées, celui qui les voit finir, sont autant d’époques où (pour les compositeurs d’imprimerie) il est indispensable de prendre là barbe.

Ladimir.

Barbe (vieille)

Et vieille barbe démocratique, pour désigner un vétéran de la démocratie. Raspail a été souvent appelé « vieille barbe » par ses adversaires politiques. Ennemie de toute inovation comme de toute transaction, la vieille barbe repousse l’opportunisme et ne connaît que le catéchisme des républicains de 1818. Elle n’a jamais voulu se laisser raser par aucun des gouvernements qui se sont succédé depuis cette époque.

M. Madier-Montjau lutte comme une vieille barbe qu’il est, à coups de théories déclamatoires.

(Figaro du 21 janvier 1879.)

Vieille barbe est synonyme de ganache.

Invitez là tous les fossiles
Remis à neuf et rempaillés
Les vieilles barbes indociles,
Fourbus, casses, crevés, rouilles.

(Le Triboulet, du 29 fév. 1880.)

C’est encore ce vieux père Blanqui, qui sera toujours le modèle des vieilles barbes.

(Le Triboulet, du 6 juin 1880.)

Barbe à poux

Barbe de capucin, barbe en broussaille, longue, sale et crasseuse, dans laquelle jamais le peigne ne pénêtre ; les poux peuvent y nicher à l’aise sans crainte d’être dérangés (Argot du peuple). N.

Barbe de la femme (la)

Les poils de sa motte, — qu’elle se garde bien de couper et encore moins d’épiler, à l’exemple des femmes d’Orient :

Sur ta laine annelée et fine
Que l’art toujours voulut raser ;
O douce barbe féminine !
Reçois mon vers comme un baiser.

Th. Gauthier.

Barbe, barbeau, barbillon

Souteneur.

Barbe, barbiset, barbeau, bouffeur de blanc

Homme qui vit de la prostitution.

Barbeau

Souteneur de filles ; membre de la grande famille des maquereaux — qui n’a rien de commun, que le nom, avec la grande famille des scombéroïdes.

Pègr’ et barbeaux, aboulez au Sauvage ;
Et sans traquer livrez-vous au plaisir ;
On aurait tort de vouloir être sage,
Puisqu’après tout, on sait qu’il faut roidir.

A. Dumoulin.

Barbeau, barbillon

Souteneur de filles. Encore un mot emprunté à l’ichthyologie pour désigner cette intéressante classe d’industriels.

Barbèque

Viande, — dans le jargon des voleurs.

Barbèque

Viande.

Barber

Voir Barbe.

Tais-toi, tu nous barbes ou rases.

Ce mot probablement vient de ce que les barbiers sont raseurs en paroles lorsqu’ils vous font la barbe.

Barber

Ennuyer.

Barberot

Barbier (Vidocq). Dimin. de barbier.

Barberot

Barbier.

Barbet (le)

Le diable, — dans le jargon des voleurs.

Barbichon

Capucin. Allusion à ce que ces religieux laissent croître leur barbe (Argot des voleurs). N.

Barbill ou barbillon

Qui reçoit de l’argent d’une prostituée.

Barbillon

Souteneur de filles.

Barbillon

Souteneur de filles ; homme qui vend sa protection aux putains. — Du moment qu’il a été convenu qu’on appellerait ces drôles-là maquereaux, comme le maquereau est un poisson, on les a appelés aussi d’autres noms de poissons ; on les a même appelés poissons purement et simplement.

Quoi ! pour aller danser, ma chère,
Tu abandonnes le persil,
Et de ton barbillon de père,
Tu ne conserve aucun souci.

A. Dumoulin.

Barbillon

Souteneur de filles (Vidocq). — Équivalent de poisson.

Barbillon

Souteneur. Diminutif de brochet, quoiqu’ils soient aussi voraces l’un que l’autre pour dévorer la recette de la marmite (Argot des souteneurs).

Barbillon

Synonyme de barbize.

Barbillon de Beauce

Légumes. Les voleurs disent également : barbillon de Varenne pour navet. Cette dernière expression est des plus anciennes ; on lit en effet dans le dictionnaire d’Olivier Chéreau : barbillons de Varanne (Argot des voleurs).

Barbillons de Beauce

Légumes. — Barbillons de Varenne, navets.

Barbillons de Beauce

Légumes.

Barbillons de varenne

Navets.

Barbise

Apprenti souteneur. Il en existe qui n’ont pas quinze ans et qui macrotent déjà les petites bouquetières, quelquefois leurs sœurs (Argot des souteneurs). N.

Barbiset

Diminutif de barbe. Plus jeune et moins en faveur (Argot des voleurs). N.

Barbiste

Élève de l’institution Sainte-Barbe.

Il va sans dire que les anciens barbistes font élever leurs fils à Sainte-Barbe.

(Scribe, Maurice.)

Barbiste

Ouvrier typographe qui prend souvent des barbes, c’est-à-dire qui se grise souvent ; ouvrier qui procède par séries soulographiques, — dans le jargon des typographes.

Barbize

Souteneur.

Barbot

Canard (Vidocq). — L’acte est mis pour l’acteur. Barbot : Fouille. — Allusion à la main fouillant une poche, comme un bec de canard barbotte dans un trou.

Je fis le barbot et je m’emparai de quelques pièces de vingt et quarante francs.

Canler.

Barbot

Souteneur voleur. — Un voleur est un barbot, les barbots (souteneurs) sont en général des barboteurs.

Barbot (vol au)

Vol dans les poches.

Barbot, vol au barbot

Vol exécuté dans les poches du prochain. — Faire le barbot, fouiller dans les poches.

Barbote

Visite pratiquée sur la personne des détenus, au moment de leur incarcération.

Barbote

Visite sur la personne des détenus.

Barboter

v. a. Voler des sortes dans la casse de ses camarades. Se dit souvent à la place de fricoter et de piller.

Barboter

Fouiller dans les poches du voisin ou de la voisine. Les voleurs barbotent beaucoup dans les omnibus. Ils fouillent dans la poche d’autrui comme les canards dans les ruisseaux.

Barboter

Fouiller dans les affaires d’autrui ; voler : pêcher en eau trouble.

Barboter

Fouiller, prendre.

On m’a barboté mon blavin.

Barboteur

s. m. Synonyme de fricoteur et de pilleur de boîtes.

Barboteur, barboteuse

Celui, celle qui cultive l’art du barbot. — Barboteur de campagne, voleur de nuit.

Barboteuse

Prostituée voleuse.

Barbotier

Canapé.

Barbotier (un)

Un canard.

Barbotin

Produit de vol.

Barbots

Voleurs (Argot des voleurs). La romance du pègre dit :

Pègres et barbots, rappliquez au Sauvage
Et sans traquer livrez vous au plaisir.
On aurait tort de vouloir être sage
Puisqu’après tout on sait qu’il faut mourir.

Barbotter

Fouiller.

Barbotter

Fouiller.

Barbotter

Voler (Vidocq). — Mot à mot : faire le barbot.

Tous deux en brav’s nous barbottions, D’or et d’billet nous trouvons un million.

Paillet.

Barbotter

Fouiller les poches de quelqu’un. C’est une spécialité qui demande une certaine adresse. La ménagère souvent la nuit, pendant que son mari sommeille, pratique, sans mandat, une visite domiciliaire dans les poches du dormeur (Argot du peuple).

Barbottier

Canapé (Argot des voleurs). N.

Barbue

Plume (Vidocq). — Allusion aux barbes de plume. V. Arguemine.

Barbue

Plume.

Barbue

Plume. Allusion à la barbe des anciennes plumes d’oie (Argot des voleurs).

Barda

Sac.

Barda

Havresac du troupier. C’est probablement de barda que vient le mot barder. La hauteur d’un sac de zouave est connue, il n’a pas plus à porter qu’un soldat d’infanterie ; mais, comme il a l’habitude du voyage, il ne met rien dans le sac, mais tout dessus, de façon que la Charge porte sur les épaules et non sur les reins. Dans le temps, un zouave avait toujours sur son sac un rouleau contenant son linge, un pantalon de drap, une couverture, son manteau, une toile et demie pour camper à deux, un bâton, quatre piquets, une paire de souliers, huit jours de vivres de réserve, soit quatre pains, et un des ustensiles de cuisine et sa gamelle individuelle ; avec les cent cartouches, le fusil, et quelques petits Souvenirs de famille conservés précieusement dans le sac, ça finissait par barder.

Bardache

Pédéraste actif ou passif, au choix — des autres.

C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.

La Popelinière.

Le capitan était bardache :
Godefroy, seigneur de Bouillon,
L’encula dans une patache.

B. de Maurice.

Bardeau

s. m. Casseau contenant diverses sortes d’un même caractère.

Barder

Bâiller, entrebâiller. Exemple : Une poche barde quand elle est pleine de quelques objets.

Barder

Être lourd.

J’ai coltiné toute la journée des colis qui bardaient.

Baril de moutarde

Derrière.

Baromètre

La médaille des députés. Pour le coiffeur ou l’ouvrier chapelier qui quitte son rasoir ou balance son tablier par un caprice du suffrage universel, la médaille qu’il a dans sa poche marque le beau fixe pendant quatre ans. Elle est pour lui le baromètre du bonheur (Argot du peuple). N.

Baron de la Crasse

Se disait au XVIIIe siècle d’un homme grotesque et ridicule dans sa mise, d’un homme qui singeait les gens de qualité. Poisson a laissé une comédie sous le titre du Baron de la Crasse.

Baron de la grasse

Individu malpropre, sale, puant, dégoûtant, ne se débarbouillant, suivant une vieille expression, que lorsqu’il pleut (Argot du peuple).

Barouf (faire du)

Faire du tapage.

Barraque

Jeu de hasard. Ce jeu se joue sur un billard ordinaire avec un appareil spécial. Un joueur tient la queue, les parieurs sont divisés en deux camps ; il s’agit de mettre une bille désignée dans une des cavités de l’appareil. La barraque est un jeu prohibé parce que l’on peut avec habileté voler facilement (Argot des joueurs). N.

Barre

Aiguille.

Barre

Aiguille (Argot des voleurs). N.

Barré

Taisez-vous, en voilà assez. Fermez çà, barré. Barrée (la rue est). Elle l’est, en ellet, pour ceux qui n’y peuvent passer à cause d’un créancier récalcitrant. On dit aussi : on pave (Argot du peuple).

Barre (compter à la, tenir sa comptabilité à la)

Ce genre de comptabilité, encore en usage chez quelques marchands de vins, consiste à marquer chaque objet de consommation au moyen d’une barre faite à la craie sur une ardoise. Au noble jeu de tourniquet, l’ardoise marche un train d’enfer, et quelquefois, dans sa précipitation, le marchand de vin aligne quelques barres de plus.

Barré (être)

Individu bouché, crédule, ignorant, qui comprend difficilement. Mot à mot : il a la cervelle barrée (Argot du peuple).

Barrée (la)

Échelle. Allusion aux échelons que forment les barreaux (Argot des voleurs). V. Montante.

Barrer

Quitter son ouvrage. — Réprimander. Se barrer, s’en aller, — dans le jargon des ouvriers.

Barrer

Réprimander.

Barrer

Quitter, s’en aller, quitter sa maîtresse est la barrer.

Nous ne nous aimons plus, barrons. — Il est tard, barrons, allons-nous-en.

Barrer (se)

Se défendre.

Barres (se rafraîchir les)

Boire, — dans le jargon des soldats de cavalerie.

Bas (le)

La nature de la femme, à cause de sa situation.

Gargamelle commença à se porter mal du bas.

Rabelais.

Elle s’accointa de l’un des clercs, lequel par aventure lui mettait l’intelligence de ces mots en la tête par le bas.

Bonaventure Desperriers.

Bas de buffet

Injure à l’adresse des vieilles femmes prétentieuses qui se maquillent outrageusement. Pour accentuer on dit : vieux bas de buffet (Argot du peuple).

Bas de buffet (vieux)

Vieillard ridicule, vieille femme à prétentions.

Bas de soie à un cochon (ça lui va comme des)

Locution populaire qui veut dire : Ça ne lui va pas du tout, ça produit sur lui le plus mauvais effet. — Le sifflet d’ébéne, rien que ça de chic ! ça te va comme des bas de soie à un cochon.

Bas du cul

Petite femme. Dans le peuple, pour bien caractériser sa petitesse, on dit : quand elle pète elle fait des ronds dans le sable (Argot du peuple).

Bas du cul (Monsieur, Madame)

Homme noué, femme nouée. Celui, celle dont le buste trop long est disproportionné avec les jambes. On dit encore : Avoir le derrière dans les talons.

Bas du… derrière

Homme de petite taille.

Trois pouces de jambes et le… derrière tout de suite.

Bas percé

Sans le sou.

Bas percé

Être à fond de cale, à bout de ressources. Allusion aux bas percés qui indiquent la misère (Argot du peuple). V. Lac.

Bas quelque part (avoir un vieux)

Avoir des économies. Les gens de la campagne placent encore leurs économies dans des bas ; de là l’expression.

Bas-off

Adjudant de Saint-Cyr et Polytechnique.

Bas-off, Bazof

Adjudant sous-officier de l’École polytechnique ; c’est-à-dire bas-officier, par apocope dont les élèves font grand usage. Ainsi : bibli, biblo, pour bibliothèque ; colo, géné, corri, salle de récré, amphi, pour colonel, général, corridor, salle de récréation, amphithéâtre.

Les sept punis, roulés dans leurs draps, ainsi que des fantômes d’opérette, emboîtant le pas du bazof.

(R. Maizeroy, La Vie moderne, 15 sep. 1879.)

Basane

Peau du corps humain. Amadou. Faire une basane. Défier du geste.

Basane

Peau. Les tabliers des forgerons se nomment basane (Argot du peuple).

Basane

Taper sa cuisse en faisant avec la main un geste significatif et dire : « Tiens, voilà pour toi, ou va porter ça à ton capitaine », est tailler une basane.

Basane (tailler une)

Geste grossier qu’explique d’une manière assez pittoresque le libellé de punition suivant, dont on nous garantit l’authenticité : Untel, quatre jours de salle de police, ordre du sous-officier X…, a répondu à ce sous-officier en lui taillant une basane : la main appliquée sur la braguette du pantalon, et lui faisant décrire une conversion à gauche, arec le pouce pour pivot et le petit doigt pour aile marchante.

Basarder

Vendre.

Basarder

Vendre.
— Je basarde mes frusques, mon mobilier.
Basarder veut dire aussi renvoyer :
— Je basarde ma maîtresse (Argot du peuple).

Basarder

Vendre.

Je vais basarder mes bois (meubles) à un aminche (ami).

Bascule

Guillotine. — Basculer, guillotiner.

Bascule

La guillotine. Allusion à la planche qui bascule pour pousser le condamné sous la lunette (Argot des voleurs).

Bascules

Épaules (Argot des voleurs). V. Porte turbin. N.

Basourdi

Abattu.

Basourdir

Tuer.

Basourdir

Tuer.

Basourdir

Abattre, frapper quelqu’un.

Basourdir

Assommer (Vidocq). — Abrév. d’abasourdir.

Basse

Terre. Elle est surtout basse pour les paysans. — « La terre est basse » dit-on, proverbialement dans le Midi, lorsqu’un travail exige beaucoup de fatigue.

Basse

La terre.

Basse (la)

La terre. Pour qualifier un fainéant qui ne veut pas travailler on dit : il a les côtes en long, ce qui l’empêche de se baisser. La terre est trop basse (Argot du peuple). N.

Basse (la)

La terre.

Bassin

La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop souvent.

J’eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.

Tabarin.

Bassin

s. m. Homme ennuyeux. Ce mot appartient aussi à l’argot parisien et n’est pas spécial à la typographie : Tais-toi, vieux bassin. On dit aussi bassinoire.

Bassin

Insipide, ennuyeux (Argot du peuple). V. Bassinoire.

Bassin

Individu ennuyeux.

Bassin, bassinoire

Importun.

Allons, vieux bassin, Avez-vous fini vos manières.

Becquet, chanson.

Bassiner : Importuner.

Il me bassine, cet avoué.

Labiche.

Bassinoire : Grosse montre de cuivre. — Moins le manche, elle offre un diminutif assez exact de la bassinoire classique.

C’était une vénérable montre de famille, dite bassinoire en langage familier.

Champfleury.

Bassin, Bassinoire

Individu ennuyeux, qui a le talent de tous agacer les nerfs.

Bassinant

Ennuyant.

Si Pierre vient, dis-lui que je n’y suis pas, il est bassinant commt un boisseau de puces.

Bassiner

Ennuyer fortement. La conversation de quelqu’un qui vous bassine produit sur les nerfs le mouvement monotone de la bassinoire passée et repassée sur les draps de lit pour les chauffer. — Dans le glossaire génevois de M. J. Humbert. ce mot et le précédent ont la même signification que chez nous. À qui la paternité : à Genève ou à Paris ?

Bassinet (cracher au)

Donner de l’argent de mauvaise grâce. Autrefois à l’église, et encore aujourd’hui, les offrandes, au moment de la quête, sont déposées dans un plat de métal, dans un bassin. — Cracher au bassinet. Avouer, se décider à parler.

Une fois ! deux fois ! tu ne veux pas cracher au bassinet ?

(J. Lermina, Les Chasseurs de femmes, 1879.)

Bassinoire

Montre d’argent très large et très épaisse, montre de paysan.

Bassinoire

Individu qui répète cent fois la même chose pour ne rien dire (Argot du peuple).

Bassinoire

Celui qui répète plusieurs fois la même chose pour ne rien dire.

Basta

Assez, — de l’espagnol. On dit aussi Barka, — de l’arabe.

Bastimage

Travail, — dans le jargon des voleurs.

Bastimage

Travail.

Bastinguer (se)

Se cacher, — dans le jargon des marins.

Bastos ?

(Puisque vous m’offrez de passer l’été à la campagne et que vous me donnez à choisir entre Vaux et Houilles, je vous assure, mon ami, que de ces deux localités j’aime mieux Vaux qu’Houilles.)

Bastringue

Scie pour scier le fer.

Bastringue

Étui conique en fer d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, contenant un passe-port, de l’argent, des ressorts de montres assez dentelés pour scier un barreau de fer, un passe-port, de l’argent, etc. — Vidocq — Les malfaiteurs, sur le point d’être pris, cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, mais il doit être introduit par le gros bout. Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un prisonnier périt il y a quelques années de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.

Bastringue

Vacarme. — Faire du bastringue.

Bastringue

Lime, scie. — Étui dans lequel les récidivistes serrent les outils nécessaires à leur évasion, tels que lime, scie, ressort de montre. De là l’habitude qu’on a dans les prisons, lors de la visite, au moment de l’arrivée du prévenu ou du condamné, de le faire complètement déshabiller et de lui administrer une forte claque sur le ventre, dans le but de s’assurer s’il a un bastringue sous lui.

Bastringue

Lime, scie, outils d’évasion renfermés dans un étui. Guinguette et bal de barrière.

Bastringue

Bal de bas étage où se donne rendez-vous la canaille du quartier dans lequel il est situé. Bastringue, faire du bruit, du tapage. Quand l’homme rentre au logis, un peu humecté et qu’il casse la vaisselle, la ménagère, furieuse, lui dit :
— T’as pas bientôt fini ton bastringue, sale chameau ? (Argot du peuple).

Bastringue

Bal de bas étage.

Bastringue

Étui en ivoire ou en argent que les voleurs tiennent constamment caché dans leurs intestins et qui peut contenir jusqu’a 800 francs en or ; ainsi, lors qu’ils se trouvent arrêtés, ils ne sont jamais sans argent. Il y a des bastringues qui contiennent tournevis, scies et monture. Avec une scie semblable, votre serviteur a scié un barreau de la grosseur de ceux des prisons en trente-six heures. Cet étui est bien connu dans les prisons centrales, mais il est difficile de le trouver, le voleur le retire le soir de sa cachette pour le remettre le matin où il reste toute la journée. Il y a une chanson sur les prisons centrales où il est dit :

Un surveillant vous fait regarder à terre En vous disant : Baissez-vous à moitié ; Il vous palpe et regarde le derrière, Dans la maison, c’est l’usage de fouiller.

Bastringue

Bal de bas étage.

Bastringuer

Danser, courir les bals. — Bastringueur, bastringueuse, coureur, coureuse de bals publics.

Bat-flancs (sauter le)

Sauter les murs du quartier, après l’appel du soir.

Bataclan

Outils de malfaiteurs (Argot des voleurs) V. Agobilles.

Bataclan

Mobilier. Les jours de terme les ouvriers disent :
— Nous déménageons le bataclan, ou bien : nous enlevons le Saint-Frusquin (Argot du peuple).

Bataclan

Tout ce que l’on possède, meubles et autres objets.

J’ai emporté tout mon bataclan dans une voiture à bras.

Bataille

Sous-entendu amoureuse. L’acte vénérien, d’où nous sortons lassés, mais non rassasiés ; vaincus faute de munitions, mais non dégoûtés. — On dit aussi : Jouer à la bataille.

La lance au poing il lui présente la bataille.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Lors s’écrie en riant : Je vois en ce réduit
Un lit,
Qui servira toute la nuit
De champ à sanglante bataille.

La Fontaine.

Bataille (chapeau en)

Chapeau à cornes tombant sur chaque oreille. Mis dans le sens contraire, il est en colonne. Terme de manœuvres militaires.

Les uns portent d’immenses chapeaux en bataille, les autres de petits chapeaux en colonne.

La Bédollière.

Bataille de Jésuite ?

Cinq contre un.

Bataille des Jésuites

Exercice de l’onanisme. La variante est : Cinq contre un.

Bataille des jésuites

Habitudes de masturbation. Dans les ateliers, quand un apprenti reste trop longtemps au cabinet, un ouvrier dit à un autre apprenti :

— Vas donc voir s’il ne se fait pas sauter la cervelle.

L’allusion est transparente (Argot du peuple).

Bataille des jésuites, cinq contre un (faire la)

Se masturber, les jésuites ayant inventé le plaisir solitaire — après Onan.

Bate (du)

Matière d’or ou d’argent, bijou de prix, — dans l’argot des voleurs. — Ton oignon est en toc. — Non, c’est du bate.

Bate (faire)

Arrêter, — dans le jargon des voleurs. C’est-à-dire « faire beau » pour… la police.

Bate, batif, bative

Beau, belle, joli, jolie. Tout ce qui est bien est bate pour le peuple. C’est une, déformation de beau. C’est rien bate, c’est très joli. — Être de la bate, être dans une bonne position, être heureux ; on disait autrefois : être de la fête, être de la bonne. — Lorsque les filles soumises sont envoyées, après la visite, à Saint-Lazare, pour y être soignées, elles ont coutume de dire : Le printemps est de la bate, tout est en fleur.

Bateau

Soulier très large. — Avec de pareils bateaux, vous pouvez traverser l’eau sans crainte, dit-on aux gens chaussés de larges souliers.

Bateau

Monter un bateau à quelqu’un est de lui dire souvent une chose qui n’est pas. Synonyme de scie.

Bateau (monter un)

Faire une mauvaise plaisanterie, chercher à tromper, — dans le jargon des voyous ; formule empruntée aux saltimbanques. C’est une déformation de l’ancien batte, battage qui veut dire en argot menterie. La variante mener en bateau est plus particulièrement usitée chez les voleurs dans un sens analogue, c’est-à-dire donner le change, chercher à égarer la justice en lui faisant prendre une fausse piste.

Bateau (Monter un)

Faire une mauvaise plaisanterie, chercher à tromper. Mener en bateau, faire des promesses, causer pour détourner l’attention.

Bateau, bastaud

Soulier.

Batelage

Fourberie, mensonge ; d’où est dérivé la batterie des voleurs modernes.

Cependant, par ce batelage, ils amassèrent quantité d’argent.

(Ablancourt, Dialogues de Lucien, 1637.)

Batelage est resté dans la langue régulière pour désigner le métier de bateleur.

Batelée

Foule, réunion de gens qui ne se connaissent pas.

Batelier

Battoir de blanchisseuse, — dans le jargon des voleurs.

Bater l’âne

Faire l’acte vénérien. — L’expression date probablement du conte de La Fontaine, le Bât, — imité de Béroalde de Verville.

Bath

Remarquable. — Terme contemporain du papier anglais dit papier bath, qui fut notre premier papier à lettre. Sans l’h final, nous aurions vu là une abrév. de batif. V. ce mot.

Nous avons fait un lansquenet un peu bath cette nuit.

Vitu.

Bath

Joli, bon, beau. Un bon patron est bath. Du bon vin est bath. Le bon fricot est bath. Être bien, c’est être bath.

Bath

Bien, beau.

Bath au pieu

Femme qui a des qualités extraordinaires au lit (pieu). Terme employé par les passionnés qui, généralement, s’y connaissent (Argot des souteneurs).

Bath au pieu

Une femme ou un homme ayant des petits talents de société est bath au pieu ; on dit aussi : il sait y faire.

Bath aux pommes

Tout ce qu’il y a de mieux, le nec plus ultra en toutes choses (Argot du peuple).

Bath, batif

Beau. Or ou argent. Bath à faire, bon à voler. Bath au pieu, galant. Être de la bath, être heureux.

Bâti

Membré convenablement : se dit en parlant d’un homme qui a tout ce qu’il faut pour faire jouir une femme.

La résistance est nulle, ou très légère ;
Tu vois pourtant comme je suis bâti.

Parny.

Bâti de boue et de crachat

Bâti à la hâte, sans solidité, en parlant d’une maison, d’une bicoque, d’un ouvrage de maçonnerie. On devrait bien étendre l’expression jusqu’à certains personnages politiques.

Batiau

s. m. Le jour du batiau est celui où le compositeur fait son bordereau et arrête son compte de la semaine ou de la quinzaine. Parler batiau, c’est parler des choses de sa profession, c’est-à-dire pour les typographes des choses de l’imprimerie.

Batiau

Préparation au salé. Aligner son batiau, s’arranger pour obtenir une bonne paye, — dans l’argot des typographes. (A. Delvau) Parler batiau, c’est parler des choses de sa profession, c’est-à-dire des choses de l’imprimerie. (Boutmy, Les Typographes parisiens, 1874.)

Batif

Quelque chose de tout neuf.

Batif

Neuf (Vidocq). — Corruption de battant.

Batif ou bative

Beau tout ce qu’il y a d’admirable, de supérieur, de merveilleux.
— J’ai un homme, y en a pas de pareil, il est bath (Argot des filles).

Batifouiller

S’embrouiller, patauger, dire des bêtises ou des naïvetés.

Bâtiment (être du)

Exercer la même profession.

Il (le rapin) conquiert le droit de traiter avec mépris tout individu qui n’est pas du bâtiment.

(L. Leroy, Artistes et rapins.)

Bâtir

Mettre en page. — Bâtir la deux, caser sur la forme les paquets qui constitueront la seconde page d’un journal.

Batir sur le devant

Être enceinte. — L’allusion est facile à saisir (Argot du peuple). V. Avaler le pépin.

Bâtir sur le devant

Prendre du ventre.

Bâtir sur le devant

Prendre du ventre. (Chez une femme, être enceinte).

Baton

Juge de paix (Argot des voleurs). N.

Bâton

Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui donnent la dureté du bois — dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient si fort dessus qu’elles finissent par le casser.

Vous connaissez, j’en suis certaine,
Derrière un petit bois touffu,
Dans le département de l’Aisne,
Le village de Confoutu.
Par suite d’un ancien usage
Qui remonte au premier humain,
Tout homme y fait pèlerinage,
La gourde et le bâton en main.

Eugène Vachette.

Bâton (faire)

Bander.

Le temps… où la première guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.

Lemercier de Neuville.

J’crois ben qu’ la seul’ médecine
Qui pourrait m’ guérir tout d’ bon
Et m’empécher d’fair’ bâton,
Ce s’rait d’ fair’ sombrer ma pine,
Capitain’, dans un pied d’con.

G. De La Landelle.

Bâton à un bout

Le membre viril, — le seul bâton qui n’ait qu’un bout, en effet.

C’est le bâton à un bout qui me pend entre les jambes.

Rabelais.

Bâton creux

Fusil.

Bâton de cire, Bâton de chaise

Jambe, — dans le jargon des voleurs, et bâton de tremplin chez les saltimbanques.

Bâton de cire, de chaise

Jambe.

Bâton de maréchal

Manche à balai.

Bâton de sucre de pomme (le)

Le membre viril, — à cause de sa forme, de sa longueur et du goût sucré qu’il a en fondant de plaisir dans la bouche de la femme qui le suce.

Fillettes, qui mourez d’ennui
Et languissez dans la retraite,
Pour mieux dormir toute la nuit,
Il faut employer ma recette :
Si vous désirez un amant,
Si tout bas votre cœur le nomme,
À vos maux il faut un calmant…
Prenez bien vite, mon enfant,
Un bâton de sucre de pomme.

Dumoulin — Darcy.

Bâton de zan

Celui qui porte une soutane ; un nègre est aussi un bâton de zan.

Bâton merdeux

Personne sans cesse de mauvaise humeur. — C’est un bâton merdeux, on ne sait par quel bout le prendre.

Bâton pastoral

Le membre viril, — avec lequel nous conduisons des troupeaux de femmes au bonheur.

Le simple maniement volontaire d’une main blanche et délicate qui se promène autour de leur bâton pastoral, est suffisant pour leur expliquer tous les mouvements du cœur de leur dame.

Mililot.

Il lui montre son bâton pastoral tout rougeâtre et enflé.

Noel Du Fail.

Batouse

Toile (Vidocq). Batouse battante : Toile neuve. — On dit communément battant neuf pour neuf.

Batouse

Toile neuve, de batousier (tisserand).
— J’ai une rouillarde en batouse toute battante (neuve) (Argot des voleurs). V. Rouillarde.

Batousier

Voleur de toile ou de linge que les blanchisseurs de la campagne font sécher dans les prairies ou sur les haies (Argot des voleurs).

Batouze

Toile.

Batouze

Toile.

Batouze

Toile.

Batouze

Toile. — Batouzier, tisserand, — dans le jargon des voleurs.

Batouze

Toile.

Batouze toute battante

Toile neuve.

Batouzier

Tisserand.

Batouzier

Tisserand.

Batt

adv. Très bien. Peu usité. Orthographe douteuse.

Battage

Menée astucieuse.

Battage

s. m. Plaisanterie, mensonge ; synonyme de montage.

Battage

Abordage commis par malveillance ; bordée d’injures lancées d’un canot à l’autre, farces de mauvais goût faites aux paisibles bourgeois en pleine Seine, — dans le jargon des canotiers.

Battage

Se moquer de quelqu’un, dire ce que l’on ne pense pas.
— C’est du battage il n’est pas plus malade que moi (Argot du peuple).

Battage

Dire une chose qu’on ne pense pas est du battage. Celui qui fait le malade, c’est du battage.

Battage

Mensonge, fausseté.

Battage, batte

Menterie. — Monter un battage, mentir.

Battage, batterie

Menterie.

Battancourt

Soulier (Argot des voleurs). V. Ripatons.

Battandier

Mendier (Argot des voleurs). V. Aller à la chasse avec un fusil de toile.

Battant

Cœur (Vidocq). — Mot imagé. C’est le cœur à son état ordinaire. Il ne mérite pas encore le nom de palpitant.

Battant

Neuf, luisant de propreté. La langue régulière a le mot « battant neuf. »

Battant

Cœur. — Estomac.

Battant

Cœur. Langue. Neuf : tout battant neuf.

Battant

Le cœur (Argot des voleurs). V. Grand ressort.

Battant

L’estomac.
— J’ai le ventre creux, rien à me coller dans le battant (Argot du peuple).

Battant

Le cœur ; on dit aussi le palpitant.

Battant (le) le bocal

L’estomac.

Battant, battante

Chose neuve. On dit dans le peuple à tout bout de champ :

— Elle est battante, neuve.

C’est un double emploi (Argot du peuple). N.

Battante

Cloche. — Langue.

Battante

Cloche.

Battaqua

Femme malpropre.

Battaudier

Mendiant.

Batterie

Mensonge (Vidocq). — Allusion aux batteries d’artillerie dont le jeu est souvent caché. On dit de même usuellement démasquer ses batteries — Un faiseur de batteries s’appelle un batteur. Battre : Contrefaire, mot à mot : faire une batterie. — Ce verbe a un peu le même sens dans l’expression actuelle : battre froid. Battre job, battre comtois : Faire le niais (Vidocq). — V. Job, comtois. — Battre morasse : Crier à l’aide, mot à mot : crier à la mort, à l’assassin. — Battre a un autre sens dans Battre son quart (V. Quart), et Battre sa flème : Ne rien faire. — Il a ironiquement le sens actif.

Batterie de cuisine

L’appareil de la mastication et de la déglutition.

Batteur

Un désœuvré, fainéant, tapageur, coureur des rues.

Batteur

Menteur.

Batteur

s. m. Qui fait des mensonges, des battages.

Batteur

Menteur. Escroc. Normand.

Batteur d’antif

Indicateur de vols, courtier en vols.

Batteur de beurre

Agent de change, — dans l’argot des voleurs.

Batteur, batteuse de dig-dig

Faux épileptique, fausse épileptique, qui simule une attaque chez un bijoutier ou simplement sur la voie publique, pour exploiter la charité des passants.

Battoir

Main large, main de claqueur, sonore comme un battoir de blanchisseuse.

Dieu ! la belle tragédienne ! En avant les battoirs !

L. Reybaud.

Battoirs

Mains. — Faire trimer les battoirs, applaudir bruyamment, à la manière des claqueurs, comme si l’on se servait de battoirs pour le linge.

Battoirs

Les mains, allusion au bruit que font les blanchisseuses avec leur battoir ; quand les claqueurs applaudissent trop bruyamment, les voyous logés au poulailler crient : Remisez donc vos battoirs (Argot du peuple).

Battoirs

Les mains.

Battre

Dissimuler.

Battre

Dissimuler, — dans le jargon des saltimbanques.

Battre comptois

Faire le niais, l’imbécile.

Battre comtois

Faire le niais, l’imbécile.

Battre comtois

Faire le niais.

Battre comtois

Servir de compère, — dans le même jargon (des saltimbanques). — Prêcher le faux pour savoir le vrai, — dans le jargon des voleurs.

Battre comtois

Service de compère. Dire le faux pour savoir le vrai. Mentir.

Battre comtois

Un compère bat comtois en demandant un gant devant une baraque de lutteur. Les spectateurs le prennent pour un adversaire sérieux : dans l’arène il se laisse tomber. Un accusé bat comtois en feignant de ne pas comprendre les questions du juge d’instruction. Une femme bat comtois lorsqu’elle vient de coucher avec son amant et qu’elle jure à son mari en rentrant qu’elle lui est fidèle (Argot du peuple).

Battre comtois

Faire semblant d’ignorer une chose que l’on sait est battre comtois. Dans les fêtes, aux abords des baraques de lutteurs, il y a toujours des spectateurs qui demandent un gant ou caleçon pour lutter avec le plus fort de la troupe ; on s’imagine que c’est un adversaire sérieux, mais ce n’est qu’un compère qui bat comtois, et qui se laisse toujours tomber pour avoir sa revanche à la représentation suivante afin d’attirer le public. Un voleur bat comtois lorsqu’il ne veut pas comprendre les questions qu’on lui fait et ne dit pas ce qu’il pense. Une femme bat comtois lorsqu’elle fait des infidélités à son homme et qu’elle jure qu’elle lui est fidèle.

Battre comtois

Faire le compère.

Battre de l’œil

Agoniser.

Battre de la fausse monnaie

Battre sa femme (Argot du peuple). N.

Battre des ailes

Faire de grands gestes sans mesure, — dans le jargon du théâtre.

Saint-Léger est doué d’un aplomb sterling… et il bat des ailes… faut voir !

(Musée Philipon, théâtre de Bourg-en-Bresse.)

Battre des bancs

Mentir, nier.

Battre en grange et vanner à la porte

C’est une façon comme une autre de ne pas augmenter le nombre de ses enfants.

Battre en ruine

Visiter, — dans l’argot des voleurs. Battre en ruine la cambuse, visiter la chambre. Les voleurs visitent dans le but de dévaliser.

Battre en ruine

Être fouillé.

Battre entiffe

Fair le le niais, l’imbécile.
— Tu battras entiffe quand le quart te demandera comment tu as rousti la tocante à ta dabe (Argot des voleurs).

Battre Job

Faire le niais. Job est pour jobard, par apocope.

Battre job

Dissimuler.

Battre l’antif

Marcher, s’enfuir.

Battre l’antiffe, battre l’estrade

Marcher.

Battre l’antiffe, battre l’estrade

Marcher.

Battre l’œil (s’en)

S’en moquer.

Battre la breloque

Les tapins, au régiment, battent la breloque pour annoncer l’heure de la soupe. Une pendule détraquée qui marche comme les montres marseillaises, lesquelles abattent l’heure en quarante cinq minutes, bat la breloque. Avoir le coco fêlé, ne plus savoir ce que l’on fait, avoir des moments d’absence, c’est battre la breloque. On dit également : battre la campagne (Argot du peuple).

Battre la caisse

Être en quête d’argent.

Battre la campagne

Être à l’agonie.

Battre la couverte

Dormir, — dans le jargon des troupiers, C’est-à-dire : rabattre la couverte.

Battre la générale, battre le tambour

Trembler, — claquer des dents. — Oudin (Curiosités françaises) donne : Battre le tambour avec les dents.

Battre la muraille

En terme soulographique « battre la muraille » annonce un état d’ivresse plus prononcé que celui qui se traduit par le festonnage. L’ivrogne heurte tantôt la muraille, tantôt il piétine dans le ruisseau. Le trottoir, quelquefois la rue, n’est pas assez large pour lui.

Battre la semelle

Courir le monde.

Je pris une ferme résolution de m’en aller battre la semelle.

(Buscon.)

Les ouvriers cordonniers se sont, les premiers, servis de cette expression, pour dire aller travailler de ville en ville. (V. Saint-Crépin.)

Battre la semelle

Dans les grands froids les troupiers battent la semelle pour se réchauffer les pieds, soit qu’ils, frappent sur le sol, soit qu’ils frappent en cadence semelles contre semelles (Argot des troupiers).

Battre la semelle

Arpenter le trottoir, faire les cent pas en attendant quelqu’un (Argot du peuple).

Battre la semelle

Se dit d’une femme sans homme qui, à l’instar de certain photographe, opère elle même. Elle bat la semelle mais ne frappe pas aussi fort que le cordonnier sur son pavé (Argot du peuple). N.

Battre lacouverture

Ne savoir que faire et rester couché toute la journée (Argot des troupiers).

Battre le beurre

Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l’y agiter avec énergie comme dans une baratte.

D’un moule à merde il fait un moule à pine
Et bat le beurre au milieu d’un étron.

(Parnasse satyrique XIXe siècle.)

Battre le beurre

Vendre et acheter à la criée les fonds publics à la Bourse, — dans le jargon des voyous. — Est-ce une allusion au bruit de la baratte ? Est-ce une assimilation du terme : faire son beurre, retirer un profit de. En effet les agents de change font le beurre des spéculateurs, sans oublier de faire aussi le leur.

Battre le beurre

Mener une vie déréglée. Spéculer a la bourse.

Battre le briquet

v. Heurter la lettre au composteur avant de l’y laisser tomber. MM. les compositeurs ne sont pas exempts de tics dans l’accomplissement de leur tâche. Il en est de très préjudiciables à la rapidité du travail et conséquemment au gain qui en résulte. Quelques compositeurs mettent en mouvement tous leurs membres, tandis que le bras droit seul doit agir ; d’autres s’y reprennent à deux fois pour saisir la lettre ; d’autres piétinent ; mais le défaut le plus commun est de battre le briquet.

Battre le briquet

Heurter la lettre au composteur avant de l’y laisser tomber, — argot des typographes. (Boutmy.)

Battre le briquet

Marcher les genoux en dedans.

Battre le briquet

Frotter en marchant les deux jambes de son pantalon l’une contre l’autre (Argot du peuple).

Battre le briquet

Frotter les genoux ou talons en marchant est battre le briquet.

Battre le Job

Ne pas savoir son rôle, perdre la mémoire, — dans le jargon du théâtre. (Manuel des coulisses, 1826.)

Battre le job

V. Battre comtois.

Battre les fesses (s’en)

S’en moquer. C’est le précurseur de s’en battre la paupière.

Le roi dit : Je m’en bats les fesses.

(Searron, Virgile travesti, L. 7.)

On disait aussi : S’en brimbaler tes fesses.

Battre morasse

Crier au secours.

Battre sa flème

Courir le guilledou, aller dans les quartiers où la femme donne le plus.

Eh bien ! puisque je suis en train de battre ma flème, je vais connaître cette maison.

Lemercier de Neuville.

Battre sa flemme

Flâner. La variante est : Battre la semelle.

Battre son quart

Se dit des filles de bordel, qui descendent à tour de rôle, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, sur le trottoir, où elles raccrochent les passants.

Dorante, en se promenant devant la maison au grand numéro, croise Sylvia, qui bat son quart.

Lemercier de Neuville.

Battre son quart

Aller et venir sur la voie publique pour raccrocher, — dans le jargon des filles.

Battre son quart

Chez les filles, raccrocher.

Battre un ban au miché

Le préparer à la jouissance suprême par des attouchements habiles et souvent répétés.

Je sais attacher un ruban
Selon la grosseur d’une pine ;
Au miché je sais battre un ban,
Je sais tortiller de l’échine.

(Parnasse satyrique.)

Battre un dig-dig

Simuler une fausse attaque d’épilepsie sur la voie publique. L’homme qui pratique ce truc pour donner à l’attaque simulée l’apparence de la vérité, se met préalablement dans la bouche un morceau de savon. En le mâchonnant le savon mousse et lui amène l’écume aux lèvres comme si l’attaque était naturelle. Les batteurs de dig-dig font souvent de fortes recettes (Argot des voleurs).

Battre un quart

Dire des sornettes, faire des contes à endormir, — dans l’ancien argot.

Battre une basane

Geste familier aux gamins qui se frappent la cuisse du revers de la main droite. Ce geste veux dire : Merde (Argot du peuple).

Bauce

Patron.

Bauce ou bausse

Patron. Dans toutes les chapelleries de France on emploie ce terme (Argot des chapeliers).

Bauche

Cartes à jouer.

Baucher

Moquer.

Baucher (se)

Se moquer. C’est le verbe se gausser estropié pour les besoins de l’argot.

Baude

Vér.

Baude

Vér…

Baude

Mal vénérien.

Baude

Vérole (Vidocq). — Du vieux mot baut joyeux. V. Lacombe Du Cange. — La baude serait donc la joyeuse, ou plutôt le mal de la joie.

Baude

Maladie vénérienne. Ce qui reste de la fréquentation des ribaudes.

Baude

Syphilis.

Baude (la)

La vérole. — dans l’argot des voleurs, qui se rapproche plus qu’on ne croit du vieux langage, puisqu’on trouve dans Eutrapel : « Je cuidai avoir le baut, c’est-à-dire avoir gagné le mal padouan. » — Baude ne serait-il pas une syncope de ribaude ?

Baudrouillard

Fuyard. — Baudrouiller, fuir.

Baudrouiller

Filer.

Baudrouiller

Se promener, filer.

Baudru

fouet.

Baudru

Fouet.

Baudru

Fouet.

Baudru

Fouet. — Corruption du vieux mot baudre : courroie, baudrier. V. Roquefort.

Baudruche

Pellicule de boyau de mouton, que l’on neutralise pour en faire des choses très utiles : — des capotes anglaises.

Bauge

Coffre.

Bauge

Coffre.

Bauge

Coffre.

Bauge

Ventre.

Bauge

Malle. Coffre-fort.

Baume d’acier

Instrument de chirurgie.

Baume de vie (ou de vit)

La semence de l’homme, — que donne le vit et qui donne la vie.

C’était pour ce procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait avec art ce baume précieux qui donne la vie.

(Félicia.)

Bausse

Patron. Bausse fondu, failli.

Bausse fondu

Chef d’établissement qui a fait de mauvaises affaires.

Bausse, bausseresse

Patron, patronne. — Bourgeois, bourgeoise.

Bausser

Travailler, — dans le jargon des maçons.

Bavard

Avocat.

Bavard (le)

Le feuillet de punition, qui suit toujours le dossier du militaire et raconte à ses chefs les fautes passées.

Bavarde

Langue, bouche. — Boucler sa bavarde, remiser sa bavarde, coucher sa bavarde, se taire.

Bavarde (la)

La bouche.

Bavaroise au lard

Absinthe épaisse à couper au couteau (Argot du peuple). N.

Bavaroise aux choux

Un verre d’absinthe et orgeat mêlés.

Bavasser

Personnage qui ne sait ce qu’il dit, qui bavasse à tort et à travers. Mot à mot baver des paroles vides de sens (Argot du peuple). N.

Bavasser

Parler à tort et à travers.

Baver

Bavarder, bredouiller, s’embrouiller dans ses discours. Le mot date de 1754.

Baver

Railler, médire, — dans le jargon des filles.

Baver des clignots

Pleurer. Le peuple plus expressif dit : chier des chasses (Argot du peuple). V. ce mot.

Baveux

Du savon.

Baveux

Les camelots qui vendent du savon à détacher sont des baveux.

Baveux

Savon.

Bayafe

Pistolet.

On peut remoucher les bayafes. Alors le taffetas les fera dévider et tortiller la planque où est le carle.

Vidocq.

Bazar

Bordel, — qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.

Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.

Lemercier de Neuville.

Bazar

Maison chétive, ou mal distribuée.

Petit bazar entre cour et jardin.

Labiche.

Bazar : Mobilier.

J’ai vendu la moitié de mon bazar pour payer le médecin.

E. Sue.

Mot contemporain de notre entrée en Afrique. Bazarder : Vendre.

J’ai bazardé mon pantalon.

Les Tribunaux.

Bazar

Maison de tolérance. Terme de mépris pour désigner une maison, un établissement quelconque. Envoyer promener tout le bazar, envoyer promener toute la maison.

Bazar

Mobilier, vêtements. — Laver tout le bazar, vendre tout le mobilier.

Bazar

Or étranger, or à bas titre, — dans le jargon des bijoutiers.

Bazarder

Se défaire d’un objet. — Bazarder son mobilier, vendre son mobilier. — Dans l’argot du régiment, bazarder c’est vendre ses effets de linge et de chaussures.

Au bataillon d’Afrique, la fréquence de ce délit en fait une vertu de corps. Tout conscrit doit, au moins, vider une fois son havre-sac.

(A. Camus, Les Bohèmes du drapeau.)

Bazardier

« C’est le petit commerçant qui loue à la journée le rez-de-chaussée d’un immeuble à peine achevé, moyennant une redevance généralement assez modique, qui varie suivant Je quartier. »

(Elie Frébault, Les Industriels du macadam, 1868.)

Bazenne

Amadou.

Bê ! bê !

Cri d’appel, imitant le bêlement du mouton, que poussent, dans quelques ateliers au coup de quatre heures, les imprimeurs et conducteurs altérés.

Bé, béard

Calme, tranquille. Renvoyé bé, acquitté.

Bé, Berri

Hotte de chiffonnier. C’est le terme générique dont se servent les chiffonniers pour désigner leur hotte.

Bé, berri

Hotte du chiffonnier.

Beau

Homme à la mode.

Le beau de l’Empire est toujours un homme long et mince, qui porte un corset et qui a la croix de la Légion d’honneur.

Balzac.

Il y a les ex-beaux et les beaux du jour.

Beau corps (elle a un)

Se dit de toute femme laide de visage, quand on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous les jours.

Beau temps tombe par morceaux (le)

Il pleut, — dans le jargon des troupiers.

Beauté vénale

Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle devrait donner pour rien, — l’homme, après tout, ne faisant pas payer les services de sa pine, qui valent bien ceux du con.

O vous, vénales beautés
À l’humeur aventurière,
Vainement vous présentez
Le devant ou le derrière
À l’abbé
La Bédollière,
L’abbé
Qui sera flambé.

Émile De La Bédollière.

Beautés occidentales

Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les beautés orientales.

Beautés postérieures

Les fesses.

Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette… et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.

(Mon noviciat.)

Bébé

Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux hommes avec qui elles baisent, — maquereaux ou michés.

Théodore, c’est mon bébé ; M. Martin, c’est mon monsieur.

Lemercier de Neuville.

Un mot dont on nous favorise,
Mot aux nourrices dérobé,
C’est, aurait-on la barbe grise :
— Comment ça va ? Bonjour, bébé.

Fr De Courcy.

Bébé

Poupard. — De l’anglais baby.

Emma arriva le lendemain, au sortir du bal de la Porte Saint-Martin, en costume de bébé.

Ces Dames, 1860.

Bébé sert aussi de mot d’amitié. — Tu sais, mon petit homme, que je n’ai plus un sou, et que ton petit bébé ne doit pas rester sans espèces. — Id.

Bebose

Femme.

Bec

Bouche. — Casser, chelinguer du bec : Avoir mauvaise haleine. — Rincer le bec : Faire boire. — Faire le bec : Donner des instructions. — Avoir du bec : Être éloquent. — Tortiller du bec : Manger. — River le bec : Faire taire. — Fin bec : Gourmand.

Bec

Bouche, langue, langage, visage.

Quand ma muse est échauffée, elle n’a pas tant mauvais bec.

(St-Amand.)

Passer devant le bec, ne pas participer à. Les bons morceaux lui passent devant le bec. — Trouilloter du bec, sentir mauvais de la bouche. Et les variantes : Schlinguer, puer repousser du bec, — avoir la rue du bec mal pavée, manquer de dents. — Se rincer le bec, boire. River le bec, imposer silence. Taire son bec, ne plus parler.

Voyons M’me Rabat-Joie, tais ton bec !… et qu’on vienne baiser son vainqueur !

(Gavarni.)

Bec (le)

La bouche.

Bec de gaz

Agent de police.

Bec de gaz

Sergent de ville. Il éclaire les malfaiteurs quand il n’est pas chez le marchand de vins en train d’étouffer un glacis (Argot des souteneurs). N.

Bec de gaz

À la manille aux enchères, quand le joueur auquel le point est adjugé rencontre un jeu sur lequel il ne comptait pas dans les mains d’un de ses adversaires, il dit : J’ai rencontré un bec de gaz (Argot du peuple). N.

Bec, bécot

Bouche.

Bec, Beq

Bois à graver, — dans le jargon des graveurs sur bois. — Ourler le bec, finir un travail.

Bécane

Machine à vapeur. Locomotive, — dans le jargon des ouvriers du fer.

Bécane

Machine. Locomotive. Bicycle.

Bécane

Mauvaise machine à vapeur rafistolée par les Auvergnats de la rue de Lappe, qui marche comme une montre réparée par un charron (Argot du peuple). V. Seringue.

Bécane

Bicyclette.

Bécane

Machine.

Bécasse

Femme sotte.

Becfigue de cordonnier

Oie, dinde.

Béché

Mépriser quelqu’un.

Bécher

Faire des cancans.

Bécher

Médire.

Bêcher

Charger, accabler de paroles, de sottises, etc.

Bêcher

Battre, dire du mal. Vient du vieux mot béchier : frapper du bec (Du Cange).

Je suis comme je suis, c’est pas une raison pour me bêcher.

Monselet.

Avocat bécheur : Magistrat chargé du ministère public. Il bêche le prévenu.

Bêcher

v. a. Dire du mal de quelqu’un ; faire des cancans sur son compte. Ce mot, dont le sens est à peu près le même que celui de « casser du sucre », n’est pas particulier au langage des typographes, non plus que cette dernière expression.

Bêcher

Dire du mal. On bêche surtout ses amis. — Mot à mot : travailler quelqu’un ou quelque chose comme on travaille la terre, à coups de bêche.

Bêcher

Critiquer, médire.

Bêcher

Abimer, vilipender quelqu’un.

Bêcher

Blaguer, débiner.

Bécher en douce

Blaguer un ami doucettement mais lui dire de dures vérités sous des apparences de bonhomie (Argot du peuple).

Bêcher en douce

Être ironique. On dit aussi blaguer en douceur.

Becheur

Moqueur.

Bécheur

Avocat général. Il bêche le prévenu pour le faire condamner quand même. Pour l’avocat bêcheur il n’y a pas d’innocents (Argot des voleurs).

Ou le bêcheur commence à jaspiner.

Bêcheur

Le procureur du roi, le ministère public, l’avocat du roi.

Bêcheur

Avocat chargé de soutenir l’accusation, — dans le jargon des voleurs.

Bêcheur

Le ministère public. Gascon.

Bêcheur

Celui qui bêche, Voir bêcher.

Bêcheur (avocat)

L’avocat général.

Bêcheur, bêcheuse

Excellent petit camarade, bonne petite camarade, qui ne perd pas une occasion de dire du mal des amis et connaissances.

Bécot

Petit baiser pris du bout des lèvres avec la prestesse de l’oiseau qui donne son coup de bec.

Encore un bécot.

Champfleury.

Bécot

Bouche, baiser.
— Mon petit homme, donne-moi un bécot.
Embrasse-moi (Argot des filles).

Bécot

Embrasser.

Donnez-moi un bécot.

Bécot (donner un)

Baiser la tête d’un vit comme on baise le bec d’une clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller longtemps : d’abord moderato, puis allegretto, vivace… chaque pause vaut un soupir.

Et quand je lui donne un bécot,
Comme il lève la tête,
Jacquot !

Al. Dalès.

Bécoter

Donner des bécots.

Tiens, j’effarouche les tourtereaux… On se bécotait ici.

Cormon.

Becotter

Embrasser.
— C’est dégoûtant ! Ces jeunes mariés se bécottent toute la journée (Argot du peuple).

Bécotter

Donner des bécots.

Petit bossu
Noir et tortu,
Qui me bécottes
Et fripes mes cottes ;
Petit bossu, noir et tortu,
De me baiser, finiras-tu ?

Béranger.

Bécotter

Embrasser.

Ils sont jeunes, ils passent leur temps à se bécotter.

Becquant

Poulet, — dans le jargon des voleurs.

Becquants

Oiseaux.

Becquetance

Nourriture.

Becqueter

Manger avec faim.

Becqueter

Manger. De bec.

J’ai vendu ce que j’avais pour becqueter.

Lynol.

Becqueter

v. a. Manger ; synonyme de boulotter.

Becqueter

Manger.

Becqueter

Manger.
— J’ai encore cent ronds à becqueter. Viens-tu manger une friture à Auteuil (Argot du peuple).

Becqueter

Manger.

Becqueter, Béquiller

Manger. — Mot à mot : jouer du bec.

Bedon

Gros ventre. En Normandie on dit bedolle pour bedon (Argot du peuple).

Bedon

Le ventre.

Allume (regarde) lago (là) le gonce (l’homme) ; ce bedon, on dirait une vessie à saindoux.

Bedonner

Prendre du ventre.

Bée

Hotte de chiffonnier.

Beefsteack à corbeau

Vieille fille publique qui a servi de litière à tout un régiment de cuirassiers (Argot du peuple). N.

Beefsteack à Macquart

Macquart est l’équarrisseur qui a la spécialité d’abattre les vieux chevaux, les carnes hors de service (Argot du peuple).

Beffeur (c’est un)

Homme qui fait des dupes. Homme d’affaires marron. Ses clients le sont plus souvent que lui (Argot des voleurs).

Bègue

Avoine, — dans le jargon des voleurs.

Bègue

Avoine. Bézigue.

Bègue, bèze

Bezigue, jeu de cartes. — Jouer au bègue, quarante de bègue, jouer au bezigue, quarante de bezigue.

Béguin

Passion. — Vient du mot béguin : chaperon, coiffure. Allusion semblable à celle qui fait appeler coiffée une personne éprise.

Il y a bel âge que je ne pense plus à mon premier béguin.

Monselet.

Béguin

Tête.

Tu y as donc tapé sur le béguin.

Robert Macaire, 1836.

Béguin

Tête. C’est la tête prise pour le bonnet. Caprice amoureux. — Avoir un béguin, être épris de.

Moi, monsieur, j’ai un béguin pour les hommes rassis et pas trop spirituels… Aussi vous me plaisez.

(Almanach du Charivari, 1880.)

Béguin

Tête. Caprice amoureux.

Béguin

Petit serre-tête en toile que l’on met sur la tête des enfants nouveau-nés (Argot des nourrices). V. Avoir un béguin.

Béguin

Être amoureux d’une femme ou d’une chose.

J’ai un béguin pour cette femme. — Allons en ce café, j’ai un béguin pour cet établissement.

Béguin veut aussi dire aimer à… l’œil, sans que ça coûte.

Beguin (avoir le)

Aimer quelqu’un.

Béguin (avoir un)

Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.

Ah ! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin pour toi, va !

Lemercier de Neuville.

Béguin carabiné

Avoir un amour de première force auquel il est impossible de résister (Argot du peuple). N.

Beigne

Soufflet, contusion. — Donner, flanquer, recevoir, encaisser une beigne.

À une lettre près, c’est ainsi qu’on écrivait ce mot au XVIe siècle, et il avait la même signification. On disait mieux : bigne.

(Ch. Nisard, de l’Étymologie française.)

Se me dévoyé au iront faire une beigne.

(Anciennes poésies françaises, Eglogue sur le retour de Bacchus.)

Beigne

Coup. Soufflet.

Bélant

Un mouton.

Belêt

Cheval destiné à l’équarisseur, — dans le jargon des maquignons.

Belette

V. Blanchisseuse.

Belge

Pipe en terre fabriquée en Belgique.

C’était le long des murs de la chambre, le plus beau musée de belges et de marseillaises culottées.

(Ed. et J. de Concourt, Une Voiture de masques.)

Belgique (la fuite en)

Départ précipité à l’étranger pour cause de soustraction. La plupart des caissiers infidèles, les banqueroutiers, s’en vont à tire-d’aile vers des climats hospitaliers. La Belgique, pays limitrophe, a été choisie de préférence.

Bélier

Cocu (Vidocq). — Allusion aux cornes symboliques du cocuage.

Bélier

Mari trompé. Délicate allusion aux cornes du bélier.

Beliner

Faire l’acte vénérien, l’acte bestial par excellence, — belluinus.

Bellauder

Mendier.

Belle

Occasion. Revanche. Servi de belle, arrêté à faux. Être de belle, n’avoir pas de charge à redouter en justice.

Belle (faire la)

Jouer une troisième partie qui décidera quel sera le vainqueur des deux adversaires ayant perdu chacun une manche (Argot du peuple).

Belle (jouer la)

Tout risquer d’un seul coup. — On sait que deux joueurs jouent la belle (partie), lorsque après avoir gagné chacun une partie, ils conviennent d’en jouer une décisive.

Belle (la)

Troisième partie, partie décisive aux cartes, au billard, à un jeu quelconque, lorsque chacun des adversaires est manche à manche. — Faire la belle.

Il est essentiel qu’il (le commis-voyageur) laisse gagner la belle à son antagoniste.

(Code du commis voyageur, 1830)

Belle de nuit

Rôdeuse de pavé, coureuse de bastringues.

Belle de nuit

Fille publique déjà vieille qui raccroche la nuit parce que la nuit tous les chats sont gris. Cette expression est ancienne. Vers 1850, on chantait dans une revue intitulée : Vive la Joie et les Pommes de terre représentée aux Folies-Dramatiques, à l’ancien boulevard du Temple.

Tous les soirs l’amateur contemple
Les belles de nuit qui s’font voir,
Sur le boulevard du Temple.

(Argot du peuple).

Belle en cuisses

Galanterie que les gens du peuple adressent volontiers à une femme — dont ils n’ont pas encore relevé la robe.

J’ prendrais bien quéque chose, moi… Et toi, la belle en cuisses ?

Lemercier de Neuville.

Belle enfant

Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en âge de faire l’enfant, ou de faire un enfant.

Ma belle enfant !

Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et impossibles, depuis la Pie voleuse, jusqu’à la Grâce de Dieu, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme mademoiselle Georges : — La belle enfant !

Belle sous le linge (être)

Ne rien perdre de ses séductions en se mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.

Il y avait à côté de son nom : bonne créature, assez belle sous le linge, mais gauche et sans mouvement.

La Popelinière.

Belle-petite

« On ne dit plus : cocotte, en parlant des impures, on dit : belle-petite : c’est le vocable réeemment adopté. »

(Figaro du 25 août 1878.)

Beluter

Faire l’acte copulatif, pendant lequel on remue beaucoup, — volutare.

Belzigues

Lunettes.

Bénard

Pantalon, — dans le jargon des Desgrieux de barrière, du nom du tailleur.

— J’aurai besoin d’un bénard neuf dimanche pour aller guincher à Idalie.

Bénard

Pantalon dit à pieds d’éléphant ou bénard, étroit des genoux et large des pieds, dont le tailleur Bénard, rue du Faubourg-Saint-Antoine, avait le renom pour la fabrication. À une époque, tous les mauvais sujets portaient la cotte à la Bénard.

Bénard

Pantalon.

Bénédiction de parade

Coup de pied au derrière. Allusion aux coups de pied dont se gratifient MM. les saltimbanques, au moment de la parade.

Bénef

Bénéfice.

Un billet, mon maître, moins cher qu’au bureau ! Deux francs cinquante de bénef !

Second.

Bénef

Bénéfice. — Se retirer du jeu avec du bénef. — Avoir un petit bénef dans une affaire.

Beni-coco (être de la tribu des)

Être un imbécile, un niais.

Bénir des pieds

Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur bénédiction urbi et orbi.

Bénissage

Louange banale distribuée aux mauvais et aux médiocres comme aux bons.

Bénisseur

Père de comédie, père noble. Ce n’est pas un homme, c’est un ruisseau.

Bénisseur

Faux-bonhomme à qui les promesses et les éloges ne coûtent rien, mais incapable de rendre jamais le moindre service à personne. Les bénisseurs forment une nombreuse classe dans la société, et quiconque a eu besoin sérieusement d’un service, s’est heurté neuf fois sur dix à des bénisseurs.

Bénisseur

Critique qui abuse du bénissage.

Bénisseur

Homme qui trouve toujours tout très bien et n’a jamais une parole amère pour personne. Le critique H. de Lapommeraye fut et restera le plus illustre bénisseur du siècle (Argot du peuple).

Bénitier

La nature de la femme, que nous emplissons de sperme bénit — par elle.

Je crois bien que notre gros vicaire
Aura mis le doigt au bénitier.

Béranger.

… Aussi, ma foi,
Laissez-moi mettre un doigt
Au bénitier de ma belle Lise.

Emm. Delorme.

Benoit

Maquereau. Benoit, dans le langage populaire, est synonyme d’imbécile, de niais, n’en déplaise à ceux qui portent ce nom. Il veut dire aussi maquereau, dans le monde des filles (Argot des souteneurs). N.

Benoît

Souteneur.

Béquet

s. m. Hausse en papier que l’imprimeur ajoute à la mise en train ou place sous un cliché. Composition de quelques lignes. Ce mot est emprunté au langage des cordonniers pour lesquels il signifie Petit morceau de cuir joint à la semelle.

Béquet

Petite planche à graver, ouvrage de peu d’importance, — dans le jargon des graveurs sur bois.

Béquet

Retouche faite à une pièce ou à un acte, raccord, — dans le jargon des acteurs.

Béquet

Le passifleur met des béquets, des pièces, aux vieux souliers ; il en existe qui arrivent à une perfection si grande qu’il est impossible de découvrir la pièce (Argot du peuple).

Béquet

Terme d’imprimerie. Petits paquets de composition pour ajouter ou compléter un grand paquet. En corrigeant un article, on ajoute des petits béquets à droite et à gauche pour le corser (Argot d’imprimerie).

Bèqueter

Manger.

Il ne me reste qu’une thune pour bèqueter cette semaine.

Béquillard

Vieillard. — Boiteux.

Béquillard

Bourreau. Béquillarde, guillotine.

Béquillard

Bourreau.

Béquillarde

Potence, guillotine.

Béquillards (les)

Vieillards infirmes et mendiants que la police arrête quotidiennement et qu’elle est forcée de relâcher faute de délit. Ainsi nommés parce qu’ils ont des béquilles ou qu’ils boitent s’appuyant sur une canne (Argot des voleurs). N.

Béquille

Potence.

Béquille

Potence (Vidocq). — La potence ressemble à une béquille. — Béquiller : Pendre. V. Farre.

Béquille du père Banaba (la)

Le membre viril de tous les hommes, sur lequel s’appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employée dès l’époque de la régence dans de nombreuses chansons.

J’ai perdu ma béquille,
S’écriait Barnaba ;
Quelle est l’honnête fille
Qui la rapportera ?

Collé.

Marc une béquille avoit
Faite en fourche, et de manière
Qu’à la fois elle trouvoit
L’œillet et la boutonnière.

Grécourt.

Béquiller

Manger sans besoin.

Béquiller

Manger.

Béquiller

Manger. Même étymologie que Becqueter.

C’est égal, je lui ai envoyé un coup de tampon sur le mufle qu’il ne pourra ni béquiller, ni licher de quinze jours.

Th. Gautier.

Béquiller

Pendre. Manger.

Béquiller

Manger (Argot des voleurs). V. Becqueter.

Béquiller

Voir bèqueter.

Béquilleur

Bourreau.

Berbuante

Une bague.

Bercer

Chloroformiser pour voler.

Bercycotier

Marchand de vin à Bercy, trafiquant de vins à Bercy, courtier en vins.

Berdouillard

Ventru. Berdouille, ventre.

Berdouille

Ventre.

Berdouille

Ventre.
— Que boulottes-tu donc, mon vieux, pour avoir une sacrée berdouille comme ça ?
On dit aussi bedaine (Argot du peuple).

Bérengérisme

En être atteint, c’est une maladie bien désagréable. Le Père la Pudeur qui fonctionne au bal de l’Elysée-Montmartre, bérengérise les danseuses qui lèvent la jambe à hauteur de l’œil sans pantalon :
— Veux-tu cacher ton prospectus ? dit le vieil empêcheur de danser en rond.
— Ça m’est recommandé par mon médecin de lui laire prendre l’air, répond la Môme Cervelas (Argot du peuple). N.

Berge

Année, — dans l’argot des voleurs.

Berge

Année.

Berge

Brigadier. Pour distinguer un sous-ordre, on ne dit pas un sous-brigadier mais par abréviation un S. B. (Argot des agents de police). N.

Berge

Année.
— Je tire cinq berges à la Centrousse de Melun (Argot des voleurs).

Berge

Année.

J’ai été sapé à cinq berges pour un vague qui ne m’a rapporté que peau.

Berge

Année.

Bergère

s. f. Dans la langue typographique, comme dans les autres argots ce mot désigne une femme.

Bergeronnette

Maîtresse. V. Biche.

Bergeronnette

Année. Diminutif de berge (Argot des voleurs).

Bérgosse

Mouton.

Béri

Genre de tunique.

Berline

Couverture (Argot des voleurs). N.

Berline

Couverture.

Berline de commerce

Petit commis de magasin. Berline de comme, par abréviation.

Berline de commerce

Commis-voyageur (Argot des voleurs).

Berlingot

Le membre viril.

Berlo

Celui qui louche est berlo. Se dit aussi de celui qui a la vue basse.

Berlu

Aveugle.

Berlu

Aveugle.

Berlu

Aveugle.

Berlue

Couverture (Vidocq).

Berlue

Couverture.

Berlue, berline

Couverture.

Bernard

Postérieur.

Bernard (aller voir)

Aller aux lieux d’aisance. Allusion irrévérencieuse à saint Bernard, représenté ordinairementavec des tablettes à la main. Parti du séminaires le mot s’est répandu dans le monde de la bourgeoisie. Par altération, les personnes du sexe faible disent volontiers : « Aller voir madame Bernard, aller voir comment se porte madame Bernard. »

Bernique

Non. Je ne veux pas. On dit aussi Bernique Sansonnet (Argot du peuple). V. Brenicle.

Berribono

Naïf, — dans le jargon des voleurs.

Berry

Capote d’études à l’École polytechnique.

Toujours plus ou moins culottée, veuve d’un certain nombre de boutons.

La Bédollière.

Berry

Capote d’étude des élèves de l’école polytechnique.

Bertelo

Vingt sous.

Bertelo

Pièce d’un franc.

Bertelo

Pièce d’un franc.

Bertelo

Un franc (Argot des voleurs).

Bertrand

Fripon dupé par son complice. — La fable connue de Bertrand et Raton, et le drame de l’Auberge des Adrets, ont mis ce terme à la mode.

Il s’était posé à mon endroit en Robert Macaire, me laissant le rôle désobligeant de Gogo ou de Bertrand.

E. Sue.

Berzélius

Montre, — dans le jargon des élèves du cours de mathématiques spéciales.

Besace

Tétons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles se touchent ; ou bien le ventre d’une fille enceinte.

Finalement, v’la Boniface
Qui s’ présente et veut m’épouser :
Comme il faut qu’ chacun port’ sa b’sace,
Je m’ promets bien d’ l’utiliser.
Un mal de cœur, suit’ d’un’ scène amoureuse,
Rendit bientôt ma position chanceuse…

Ph. Vionet.

Besef

Beaucoup.

Besogne

L’acte vénérien, que nous accomplissons sans douleur — mais non sans fatigue. C’est ce que Fourier appelle le travail attrayant.

Quand ils ont bien travaillé et qu’ils sont saouls de la besogne.

Tabarin.

De le faire cent coups, voire à beau cul levé,
Avec votre Brillant, qui besogne en crevé.

Trotterel.

La belle en train de bien apprendre,
Serrait Lucas, qui, las de besogner,
Par un air abattu lui fit assez comprendre
Qu’on ne peut toujours enseigner.

VIDA.

Besouille

Ceinture, — dans le jargon des voleurs.

Besouille

Ceinture.

Bessons

Les deux seins (Argot des voleurs).

Bestialité

Crime honteux que l’on commet avec une bête.

« Rien ne fut plus commun au moyen-âge que ce crime que l’on punissait de mort quand il était patent et confirmé par le tribunal. — Les registres du Parlement sont remplis de ces malheureux qu’on brûlait avec leur chien, avec leur chèvre, avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie ! — On aurait volontiers pardonné à la bête plutôt qu’à l’homme ; mais on la tuait de peur qu’elle ne vint à engendrer un monstrueux assemblage de la bête et de l’homme. »

Pierre Dufour.

La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale de l’homme, Sainte est embestialisée… ensinginée.

Alfred De Musset. (Gamiani.)

Béta

Niais, crétin, superlatif d’imbécile (Argot du peuple).

Bêtasse

Mou, flasque (Argot du peuple).

Bête

Voir bachotteur.

Bête

Floueur qui, dans une partie de cartes ou de billard, allèche la dupe, en perdant quelques coups. Il fait la bête.

Bête

Vache, — dans le jargon des bouchers.

Un boucher ne dit jamais : j’ai acheté une vache, mais bien : j’ai acheté une bête.

(É. de la Bédollière.)

Bête

Compère qui allèche la dupe en perdant quelques coups au jeu.

Bête (la)

La femme, — après l’homme.

Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme.

Boileau.

Si je veux croire les railleurs,
Elle a fort peu de cheveux à la tête ;
Les sujets qu’on en dit ne sont pas les meilleurs ;
Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête,
Mais elle en a beaucoup ailleurs
Où elle est souvent arrosée
Par la plus douce des liqueurs.

(Le Zombi du grand Pérou.)

Ciel ! poursuit-il, quand est-ce qu’on
Pourra désabuser le monde
De foutre ces bêtes à con
Des animaux le plus immonde.

Collé.

Bête à bon dieu

V. Bête à pain.

Bête à chagrin

Une femme légitime. Quand elle est acariâtre, et elle l’est souvent par les nécessités de la vie, on lui donne ce nom peu aimable (Argot du peuple). N.

Bête à chagrin

Femme.

Bête à cornes

Fourchette, — dans le jargon des voleurs.

Bête à cornes

Fourchette (Argot des voleurs). N.

Bête à deux dos (faire la)

Faire l’acte vénérien, pendant lequel les deux fouteurs, cellés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que des dos. — L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais après lui, et, après Rabelais, Shakespeare — dans la première scène d’Othello :

Your daughter and the Moor are now making the beast with two backs…

On s’en sert toujours avec avantage dans la conservation.

Bête à pain

Homme bon et simple. Mot à mot : bon comme du bon pain (Argot du peuple).

Bête rouge

Républicain avancé, l’ancien démoc-soc, le radical de nos jours, ainsi désigné par ceux qu’il appelle des réac.

Le correspondant de l’Univers, que l’on n’accusera pas d’être une « bête rouge », écrit à son journal, etc.

(Petit Parisien, du 22 août 1877.)

Bête-à-cornes

Fourchette.

Bête-à-pain

Bête au superlatif. On dit encore : bête comme un chou, bête comme ses pieds, bête comme les pieds de cet homme, bête à manger du foin, bête à payer patente.

Bête-à-pain

Homme. Entreteneur.

Betinet

Queue rouge. Le peuple donne ce nom aux paillasses qui font le boniment sur les places publiques ou devant les baraques de saltimbanques pour amasser la foule. L’un d’eux fut célèbre sous le nom de Bétinet, de 1840 à 1850, sur la place de la Bastille. Il était renommé pour ses bêtises stupéfiantes (Argot du peuple).

Bêtises (dire des)

Tenir des propos grivois. — Passer des paroles à l’action, c’est faire des bêtises.

Bêtises (dire)

Tenir des propos gaillards, qui font rougir — et godiller — les dames.

Bêtises (faire des)

Patiner une femme, peloter un homme : baiser ; sodomiser.

Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon ; si nous voulons, nous ferons des bêtises.

Henry Monnier.

Lors le prélat, relevant son étole,
Après m’avoir caressé le menton,
M’ fit des bétis’s au pied du Capitole :
J’ai, mes amis, toujours été cochon.

(Parnasse satyrique.)

Bettander

Mendier.

Betterave

Nez gros et rouge, nez d’ivrogne.

Beuglant

Café chantant.

Nous allâmes au beuglant, c’est-à-dire au café chantant… Vous devez juger par le nom donné à cet établissement que les chants des artistes sont fort peu mélodieux.

Les Étudiants, 1860.

Beuglant

Café-concert. Le premier café-concert auquel on a infligé ce surnom fut le café des Folies-Dauphine, fréquenté par les étudiants.

Nous voici au café beuglant, ainsi nommé dans le quartier parce que, dans le principe, les artistes beuglaient leurs chansons.

(Marc Constantin, Hist. des cafés-concerts.)

Beuglant

Café-concert de dernier ordre. Beuglante, chanteuse de café-concert.

Beuglant

Café chantant où les spectateurs chantent en chœur avec les artistes. Les deux plus célèbres furent le Beuglant de la rue Contrescarpe et le Divan japonais de Jehan Sarrazin (Argot du peuple).

Beuglant

Concert où il y a de mauvais artistes et où les spectateurs chantent avec eux.

Beuglant

Café-concert.

Beugler

Pleurer.

Beugler

Enfant qui crie à en perdre haleine.
— As-tu fini de beugler, horrible crapaud (Argot du peuple).

Beugler

Crier.

Il ne parle pas, il beugle comme un veau.

Beurlot

Maître cordonnier, d’une petite maison. — Beurloquin, patron d’une maison de chaussures de dernier ordre.

Beurre

Argent. — V. Graisse.

Nous v’là dans le cabaret
À boire du vin clairet,
À ct’heure
Que j’ons du beurre.

Chansons, Avignon, 1813.

Beurre

Argent.

Beurre

Argent (monnaie). Synonymes : braise, carme, nerf, blé, monarque, galette, carle, pognon, michon, cercle, pilon, douille, sauvette, billes, blanc, mitraille, face, philippe, métal, dalles, pèze, pimpions, picaillon, noyaux, quibus, quantum, cuivre, vaisselle de poche, zozotte, sonnettes, auber, etc. Milled, 1.000 fr. Demi-sac, 500 fr. Pile, mètre, tas, livre, 100 fr. Demi-jetée, 50 fr. Signe, cigale, brillard, œil-de-perdrix, nap, 20 fr. Demi-signe, 10 fr. Tune, palet, dringue, gourdoche, 5 fr. Escole, escaletta, 3 fr. Lévanqué, arantequé, larante, 2 fr. Linvé, bertelo, 1 fr. Grain, blanchisseuse, crotte de pie, lisdré, 50 cent. Lincé, 25 cent. Lasqué, 20 cent. Loité, 15 cent. Lédé, 10 cent. (Voir largonji). Fléchard, rotin, dirling, broque, rond, pétard, 5 cent. Bidoche, 1 cent.

Beurre

Bénéfice. Une bonne qui fait danser l’anse du panier fait son beurre. Un commerçant qui fait ses affaires fait son beurre. Un domestique qui vole ses maîtres sur le prix des achats fait son beurre. Le domestique, né à Lisieux, qui n’est pas arrive après vingt ans de Service à se faire des rentes parce que son maître, né à Falaise, est plus Normand que lui, n’a pas fait son beurre.

Beurre (au prix où est le)

Dans un moment où tout est si cher. D’abord employée pour désigner la cherté de certains vivres dont la préparation culinaire exige beaucoup de beurre, l’expression s’est étendue à tout objet d’un prix trop élevé pour la bourse de l’acheteur.

Beurre (comme un, c’est un)

Parfait, très bon, très bien.

Beurre (faire son)

Tirer profit de ; gagner. — Pour l’employé, c’est une bonne place qui lui permet de prélever un bénéfice plus ou moins licite ; pour l’administrateur d’une grande compagnie, ce sont « les tours de bâton », c’est le « pot de vin » ; pour la cuisinière, c’est le résultat de la danse du panier ; pour la fille entretenue, c’est le fruit de la générosité de « Monsieur ».

Beurre (gros comme deux liards de)

Tout petit, avorton. — C’est gros comme deux liards de beurre et ça pense déjà aux femmes.

Beurre d’oreilles

Sécrétion des oreilles.

Beurre dans les épinards (en avoir ou en mettre)

Bourgeois qui augmente sa fortune par tous les moyens possibles. On sait que les cuisiniers appellent les épinards la mort au beurre, parce qu’ils en absorbent considérablement. L’allusion est facile à comprendre (Argot du peuple).

Beurre demi-sel

Demoiselle qui n’a eu encore que deux ou trois amants.

Beurre noir (œil au)

Œil poché. Allusion à la couleur d’un œuf au beurre noir.

Beurre sur la tête (avoir du)

Avoir la conscience chargée de crimes. — Les voleurs juifs disent en hébreu :

Si vous avez du beurre sur la tête, n’allez pas au soleil ; il fond et tache.

(Vidocq.)

Beurre sur la tête (avoir du)

Avoir la conscience chargée de méfaits.

Beurrier

Banquier, financier.

Beurrier

Banquier.

Bezef

Beaucoup, — dans le jargon des troupiers retour d’Afrique.

Bézef

Beaucoup, — de l’arabe.

Bi-annuel

Poêle, ainsi nommé par les troupiers parce que, dans certains régiments, une chambrée de quarante hommes n’a droit aux bienfaits du poêle que tous les deux ans. Les pelotons de rangs pairs peuvent se chaufferies années paires, et les pelotons de rangs impairs, les années impaires. Il y en a ainsi pour tout le monde… en attendant un peu.

Biancher

Payer, solder quelqu’un, délier sa bourse.

Biard

Côté.

Bibard, biberon

Ivrogne (d’Hautel).

Par rapport à ces vieux bibards d’invalides.

La Bédollière.

C’est un fameux biberon. Quand on lui demande quel temps il fait, il vous répond : Il fait soif.

Vidal, 1833.

Bibarder

Vieillir dans la misère. (A. Delvau)

Bibarder

Vieillir.
— C’est extraordinaire comme les chagrins te font bibarder.
Bibarder veut aussi dire boire.
— Bibardons-nous une tasse ? (Argot du peuple).

Bibasse

Vieille femme.

Bibasse

Vieille femme. Arrivée à un certain âge, la femme c’est comme les vieux souliers, ça boit ; elle bibasse dans les bars (Argot du peuple).

Bibasse

Vieux, âgé.

Bibasse

Vieille femme.

Bibasse (la)

s. f. Nom familier sous lequel était désignée la Société typographique de Lyon.

Bibasserie

Vieillesse.

Bibassier

s. m. Qui a l’habitude de boire, de bibasser (du latin bibere) ; ivrogne. Signifie plutôt maintenant radoteur, maussade, tatillon, gourgousseur : Vieux bibassier, va !

Bibassier

Synonyme de bibasse.

Bibassier, Biberon

Vieil ivrogne. À aussi le sens de maniaque, grognon, méticuleux, tatillon, — dans le jargon des typographes. M. Décembre-Alonnier (Typographes et gens de lettres) orthographie bibacier. — Biberon est un vieux mot français.

À toi gentil Anacréon,
Doit son plaisir le biberon,
Et Bacchus te doit ses bouteilles.

(Ronsard, Ode gauloise.)

Bibassier, bibon, birbe, birbette

Vieux.

Bibasson

Les vieilles femmes comme il y en a chez le père Lunette et au Château-Rouge sont des bibassons, surtout lorsqu’elles se livrent à la boisson.

Bibasson, bibassier

Vieillard (Argot du peuple). V. Birbe.

Bibelot

s. m. En imprimerie, on donne ce nom aux travaux de peu d’importance, tels que factures, adresses, étiquettes, prospectus, circulaires, lettres de mariage, billets de mort, etc. Ces travaux sont aussi appelés bilboquets, et mieux ouvrages de ville.

Bibelot

Objet de peu de volume et peu de valeur. Objet de peu de volume et de beaucoup de valeur. En général, tous les menus objets, plus ou moins artistiques, depuis les bijoux anciens jusqu’aux vieilles seringues prétendues historiques, prennent la dénomination très élastique de « bibelots ».

J’ai été aussi fort bousculé par mon propriétaire, auquel je dois deux termes, et il m’a fallu vendre toutes sortes de bibelots pour m’acquitter d’un.

(H. Murger, Lettres.)

Les deux peuples les plus passionnés, aujourd’hui, pour les bibelots sont le Français et le Chinois, — signe de décadence, — prétendent les philosophes. Pour satisfaire à toutes les exigences, il s’est établi des fabriques de vieux neuf qui déversent journellement leurs produits à l’hôlel Drouot.

Bibelotage

Petit trafic, échange de marchandises.

Bibelotier

s. m. C’est l’ouvrier spécial chargé de faire les bibelots. Pour lui, les règles adoptées en typographie sont lettre morte. Il doit avant tout s’assimiler et faire ressortir l’idée du client, sans s’inquiéter des règles ordinaires. Le bibelotier est le metteur en œuvre des puffistes et des charlatans du jour. Il est l’inventeur de ces réclames bizarres qui forcent l’attention ; c’est lui qui a imaginé la disposition des billets de la loterie du lingot d’or et autres balançoires.

Bibelots

Toute sorte d’outils.

Bibelotter (se)

Se soigner.

Biberon

Pochard qui boit comme une éponge, sans soif. Mot à mot : il tète ou suce tous les liquides possibles (Argot du peuple). V. Suce-Canelle.

Biberon

Individu qui boit sans besoin et qui tette n’importe quel liquide.

Bibi

Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des vieillards — le giton du Satyricon, le Ganymède de Jupiter, l’officiosus des bains publics, à Rome ; ou mignon de dame.

Bibi

Petit chapeau de femme.

Malaga portait de jolis bibis.

Balzac.

Bibi

Nom d’amitié donné à l’homme ou à la femme dont on est coiffé.

Paul, mon bibi, j’ai bien soif. — Déjà ?

Montépin.

Bibi

Nom d’amitié donné indistinctement aux gens et aux bêtes, ou qu’on s’octroie à soi-même. — « C’est à Bibi ça. »

J’aime pas qu’on fasse des manières avec Bibi.

(X. de Montépin, Le Fiacre n° 13.)

Bibi

Fausse clé de petit calibre.

Bibi

Chapeau haute forme, — dans le jargon des ouvriers. La mode exige aujourd’hui que les chapeaux d’hommes soient pourvus de très petits bords ou, mieux, soient dépourvus de bords. — J’ai lâché le bibi, j’ai arboré le chapeau haute forme.

Bibi

Nom donné aux chapeaux de femmes, vers la fin du règne de Louis-Philippe, parce que ces coiffures étaient très petites.

Dans le vieux patois bourguignon, on désignait par bibi un petit objet, de quelque nature que ce soit, servant d’amusette aux enfants.

(Ch. Nisard.)

Bibi

Lignard.

Bibi

Instrument de cambrioleur (Argot des voleurs). V. Tâteuse.

Bibi (à)

Expression équivalente à celle-ci : À Charenton ! Bibi est ici l’abréviation de Bicêtre, asile d’aliénés pour les fous qui ne peuvent payer de pension. On envoie à Bibi ceux dont les pallas sont ou paraissent insensés.

Bibi (à)

À Bicêtre. On envoie à Bibi, asile des aliénés non payants, celui qui, dans la conversation, lance quelque grosse bêtise, tient un propos extravagant.

Bibi, débridoir

Fausse clé.

Bibine

Sœur de charité, — dans le jargon des voleurs.

Bibine

Bière, — dans le jargon des voyous.

Bibine

Cabaret. Espèce de taverne où vont manger et boire les pauvres diables qui n’ont que trois ou quatre sous à dépenser par jour. Bibine signifie débine.

On en compte plusieurs sur la rive gauche, aux environs de la place Maubert… Il est des bibines aristocratiques. Rue de Bièvre, à la Taverne anglaise : la canette y coûte 10 centimes.

(Imbert, À travers Paris inconnu.)

Bibine

Sœur de charité. Bière de basse qualité. Mauvais petit cabaret.

Bibine

Assommoir de bas étage, où tous les liquides les plus étranges, connue jadis à la bibine du Lapin blanc chez le père Mauras, sont servis aux consommateurs (Argot du peuple). V. Assommoir.

Bibine

Un liquide de mauvaise qualité ou pas frais, c’est de la bibine.

Bibine

Assommoir, mauvaise bière.

Bibite

Le membre viril — quand il n’est plus ou quand il n’est pas encore assez viril.

Ta pine n’est plus qu’une humble bibite
Indigne d’entrer dans mon entonnoir.

Anonyme.

… Il est appelé…
La bibite au petit par la bonne d’enfant.

Louis Protat.

Biblot

Objet de fantaisie propre à décorer une étagère. — Abréviation de bimbelot : jouet d’enfant.

Il y a biblot et biblot : celui qu’on gagne à la fête de Saint-Cloud et celui que cent capitaines de navire ont à grands frais rapporté de toutes les îles connues ou inconnues.

Mornand.

Biblot

Bijou.

Trouve-moi des dentelles chouettes ! et donne-moi les plus reluisants biblots.

Balzac.

Biblot

Outil d’artisan (Vidocq).

Biblot

Outil d’ouvrier.

Biblot

Les militaires nomment « biblot » tout ce qui leur sert au régiment, depuis l’aiguille à coudre jusqu’au fusil à aiguille. Le biblot, c’est l’attirail du troupier. Quand son biblot est au grand complet dans son sac, qu’il est en tenue de campagne, il dit qu’il porte « tout le tremblement ».

Bibloter, Bibeloter

Avoir la manie du bibelot, en acheter, faire des échanges. — Dans l’argot des marchands, c’est trafiquer, c’est vendre un jour un article, le lendemain un autre, vendre une foule d’articles disparates ; c’est encore se contenter d’un petit bénéfice. — Les ouvriers appellent « bibeloter » s’ingénier, travailler à temps perdu.

Il lit chez lui (l’ouvrier), dessine ou bibelote une invention qui souvent réussit.

(Le Sublime.)

Bibon

Vieux homme.

Bibon

Vieux, vieil.

Bicamériste

Partisan du partage du pouvoir législatif entre les deux Chambres : le Sénat et la Chambre des députés.

Quoique le mode d’élection du Sénat donnât prise à beaucoup de justes critiques, même de la part des bicaméristes les plus déterminés.

(Em. de Girardin, la France, du 31 oct. 1877.)

Biche

Lorette. — Abréviation de biche d’Alger, synonyme populaire de chameau.

Une biche, — il faut bien se servir de cette désignation, puisqu’elle a conquis son droit de cité dans le dictionnaire de la vie parisienne, — se trouvait cet été à Bade.

Figaro, 1858.

Forte biche : Lorette élégante.

Biche

Une des nombreuses appellations des coryphées de la prostitution élégante et élevée… comme tarif. Ainsi nommées parce qu’on les rencontre généralement au Bois où elles courent le daim.

Les biches sont des demoiselles plus que douteuses.

(L. Gozlan.)

(En 1869) à l’époque de l’Exposition universelle, on l’appelait le guide de l’étranger dans Paris.

(Jules de Vernay.)

Biche

Quand un pêcheur prend du poisson, c’est que ça biche (ça mord). Lorsqu’un individu cherche à faire une dupe et que la dupe mord à l’hameçon, ça biche.

Biche (ça)

Ça va bien, ça marche, en parlant d’un travail, d’un commerce, d’une affaire ; mot à mot : ça va comme vont les jambes d’une biche. Quand deux personnes ne sont pas bien ensemble, on dit : ça ne biche pas.

Biche (ça)

Cela va bien.

Biche (ça)

Ça va !

Biche (forte)

Premier sujet du monde galant ; fille à diamants, hôtel, laquais et voiture.

Biche, Bichette

Nom d’amitié donné à la femme aimée, qui, souvent, en retour, vous désigne à ses amis sous le nom de daim.

Biche, chette, chon

Mots d’amitié.

Viens ici, ma biche, viens t’asseoir sur mes genoux.

Frémy.

Oui, ma bichette ! oui, mon petit chien-chien.

Leuven.

Mon bichon, tu seras gentil, faudra voir !

Gavarni.

Biche, cocotte, grue, horizontale, persilleuse, bergeronnette, Louis XV

Fille galante, maîtresse. Les prostituées de basse catégorie ont reçu beaucoup de noms : crevette, bourdon, passade, fesse, galupe, catau, catin, gerse, gaupe, ruttière, gouge, gouine, baleine, chausson, roubion, grognasse, gourgandine, truqueuse, asticot, morue, brancard, autel ou outil de besoin, dossiers, roulante, roulasse, rouleuse, roulure, traînée, trouillarde, camelotte, volaille, carogne, blanchisseuse de tuyaux de pipes, pouffiasse, moellonneuse, pontonnière, pilasse, ponante, ponifle, pierreuse, vadrouille, chiasse, avale-tout, taupe, paillasse, cambrouse, wagon à bestiaux, voirie, rouchie, gadoue, etc.

Bicher

Ça prend, ça mord. Dupe qui, comme le poisson, mord à l’hameçon (Argot des gens d’affaires et des pêcheurs).

Bicher

Aller à souhait.

Bicherie

Monde galant.

Mme Marguerite V., de la haute bicherie du quartier d’Antin.

Les Cocottes, 1864.

Bicherie

Le monde de la galanterie. Haute bicherie, le grand monde de la galanterie, le monde des femmes qui, à quarante ans, vendent à prix d’or et de diamants ce qu’à vingt ans elles donnaient pour un dîner de trente sous.

Bichet

Mensonge (Argot des voleurs).

Bichette

Le membre viril, — ou plutôt, pour lui restituer son véritable sexe, la pine. — Cette expression, maintenant répandue à Paris, appartient à Nadar, à qui l’on prête des conversations intimes avec Mlle Bichette. Un couplet d’Alexandre Pothey la consacre :

Avis aux dam’s ! qu’on se le dise !
Nadar a l’ sac, et pour de bon !
Le Monstre Vert, Frisette, Élise,
Jusqu’à l’antique Pavillon,
Pour célébrer ce jour de fête,
S’en vont fair’ la cour à Bichette !
D’être avalée elle a le trac !
Nadar a l’ sac !

Bichon

Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le giton moderne. — C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant des femmes qui aiment à se faire bichonner, c’est-à-dire, lécher le cul.

Bichon

Éphestion de trottoir.

Bichon

Terme d’amitié. Nom de diminutif qui veut dire petite Elizabeth, petite Babet. (Hurtaut, Dict. des homonymes.) Ne serait-ce pas plutôt une forme altérée de l’ancien mot bouchon, terme d’amitié, d’où est venu bouchonner ?

Sans cesse, nuit et jour, je te caresserai,
Je te bouchonnerai, baiserai, mangerai.

(Molière, École des femmes.)

Bichon

Petit chien à tout faire. Cet animal est fort affectionné des dames d’un certain monde qui évitent avec lui les accidents et les maladies de neuf mois (Argot des filles).

Bichon

Outil de chapelier. C’est une sorte de petit tampon de soie ou de velours qui sert à bichonner les chapeaux de soie et à leur donner le coup de fion (Argot des chapeliers).

Bichonner

Celui qui à soin de sa personne aime à se bichonner. Bichonner veut aussi dire cajoler ; on bichonne sa femme, son chien, ceux que l’on aime.

Bichonner (se)

Homme qui a grand soin de lui-même et qui se bichonne comme une petite maîtresse (Argot du peuple). V. Pommadin.

Bichonnet

Menton.

Bichonnet

Menton. Ce mot exprime bien l’habitude qu’ont certaines gens de se passer à tout moment la main sur le menton pour se bichonner (se caresser) (Argot du peuple). V. Banquette.

Bichot

Évêque, — dans l’ancien argot ; de l’anglais bishop.

Bicler

Pour cligner de l’œil. Bicler est une très vieille expression (Argot des voleurs) V. Guigne à gauche.

Bidard

Heureux, veinard. C’est un nommé Bidard qui gagna un gros lot à une loterie quelconque. On en fit une chanson qui courut les rues : Le père Bidard, la mère Bidard, etc. Depuis ce temps, les chançards sont des Bidards (Argot du peuple). N.

Bidard

Heureux, chançard.

Bidault

Vieux mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner : 1° Le membre viril.

Celle-là vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.

P. De Larivey.

2° La nature de la femme.

Si j’avois vu votre bidault,
Je serois guéri, ce me semble,
Mais pour voir un peu s’il ressemble
À celui de ma ménagère.

(Farces et Moralités)

Bidet

1° Cuvette de forme ovale, ordinairement enchâssée dans un tabouret de même forme, au-dessus de laquelle la femme se place à califourchon pour se laver — après le coït. — Ce meuble indispensable, essentiel, était connu des Romains, qui se lavaient post rem veneream, et quasi religiose. Sa forme était à peu près la même qu’aujourd’hui.

Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet.
Enlèveront bientôt, et la trace, et l’effet.

Louis Protat.

Femme prudente se sauve,
À dada sur son bidet.

A. Jacquemart.

2° Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au bonheur.

Il est d’une vigueur que rien ne peut abattre
Que ce drôle était bien mon fait !
Trois fois sans débrider il poussa son bidet.

(Les Plaisirs du cloître.)

À dada, à dada,
À dada sur mon bidet.

Jacquemart.

Il la jeta d’abord sur sa couchette,
Lui présenta son pétulant bidet.

(Le Cosmopolite.)

Chaque père en voyant cette jeune fillette,
Sent son bidet tout prêt à rompre sa gourmette.

Piron.

Bidet

Ficelle transportant la correspondance des prisonniers enfermés à des étages différents (Vidocq). — C’est leur bidet de poste.

Bidet

Ficelle qui sert à transporter d’un étage à l’autre la correspondance clandestine des prisonniers.

Bidet

Ficelle transportant la correspondance clandestine des prisonniers enfermés à des étages différents.

Bidet

Vase intime que l’on rencontre dans les cabinets de toilette un peu chics. Bidet, ainsi nommé par allusion au bidet sur lequel monte le cavalier ; madame se met à cheval dessus, et généralement l’eau ne pourrait servir qu’à faire du Thé de la Caravane (Argot des filles). N.

Bidet

La ficelle qui sert aux prisonniers pour se transmettre leurs correspondances d’étages en étages. Allusion au bidet de poste (Argot des voleurs). V. Postillon.

Bidoche

Viande.

Bidoche

Viande.

Bidoche

Viande, — dans le jargon du peuple. — Morceau de bœuf bouilli, l’ordinaire du soldat, — dans le jargon des troupiers. Il faut joliment tirer sur la bidoche, pour la démolir.

Bidoche

Portion de viande.

Bidoche

Mauvaise viande. Pièce d’un centime.

Bidoche

Viande. Cette expression est connue depuis 1830. Le nom de la mère Bidoche avait été donné à la marchande de soupe qui tenait le restaurant des Pieds humides à l’ancien marché des Innocents, aux Halles. Le mot est resté dans le peuple, qui dit aussi quand la bidoche est trop dure : c’est de la carne (Argot du peuple).

Bidoche

Viande.

Bidoche

Viande.

Bidoche (une)

Une ration de viande.

Bidon

Ventre. Corruption de bedon ; on dit aussi bidouard. S’emplir le bidon chez le mastroquet : boire (Argot du peuple).

Bidon

Marchandise truquée, ventre.

Bidonner

Boire sec.

Bidonnier

Truc importé à Paris par des Lyonnais, qui est maintenant blanchi (connu) ; il n’y en a plus que deux pu trois qui se livrent à ce commerce. Le bidonnier achète trois coupons de 1,10 m de mauvais drap de couleur différente ne valant pas plus de 2 fr. 50 le mètre. Il plie les trois coupons de façon à les intercaler les uns dans les autres, il en parait six du côté apparent ; le derrière est enveloppe dans sa grande blouse bleue, cela constitue le bidon. Il offre sa marchandise pour le prix de 25 francs aux consommateurs à la porte des débits. On le plaisante sur lé prix, c’est ce qu’il cherche, et tout en ayant l’air de se fâcher il répond :

Pourquoi marchander ? vous n’avez pas le sou, je parie que si je vous laisse le paquet pour 12 francs, vous ne le prendrez pas.

Le consommateur se pique d’amour-propre, le marché est conclu, il paye, la marchandise lui est ensuite livrée, c’est alors qu’il s’aperçoit ne pas avoir acheté six coupons, mais trois qui ne valent pas le prix de la façon de trois pantalons ; il est volé, mais il n’y a pas escroquerie, le bidonnier lui a parle du paquet et non du nombre des coupons.

Bidonnier

Qui vend du bidon.

Bien

D’apparence distinguée.

Elle aime à causer, surtout avec les messieurs bien.

Privat d’Anglemont.

Bien de la maison (es-tu)

Expression employée au jeu de manille. Dans la partie à quatre, les joueurs sont deux à deux ; ils se questionnent à voix haute pour savoir comment diriger leur jeu :
— Es-tu bien de la maison ? As-tu beaucoup d’atout ? (Argot du peuple). N.

Bien faire (en train de)

En train de manger.

À toutes les tables, dans les environs, des soupeurs déjà en train de bien faire.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris.)

Bien mis

Fashionable.

Ohé ! ce bien mis, il vient faire sa tête, parce qu’il a du linge en dessous.

E. Sue.

Bien servir un homme

Le faire bien jouir par des mouvements de croupe habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes savantes.

Les dames de nos bourgeois,
Et j’en eus vingt dans un mois,
M’auraient mieux servi cent fois.

Béranger.

Bier

Aller.

Bier

Aller.

Bier

Aller.

Bier

Aller. — Abrév. d’ambyer.

Bier

Voler. Mendier. Tromper.

Biffard

Bourgeois.

Biffard

Bourgeois (Argot des voleurs).

Biffard

Bourgeois.

Biffe (la)

Le métier de chiffonnier.

Biffer

Manger goulument (Vidocq). Forme de Bouffer.

Biffer

Exercer le métier de chiffonnier.

Biffeton

Contre-marque, — dans le jargon des ouvriers. — Lettre, procès-verbal, — dans le jargon des voleurs.

Biffeton

Lettre, billot.

Biffeton

Billet. Quelques-uns écrivent buffeton c’est une erreur (Argot des camelots).

Biffeton

Billet de chemin de fer, de théâtre, et aussi lettre.

Biffin

Soldat d’infanterie de ligne, — dans le jargon des soldats des autres armes. — Son crochet à lui c’est son fusil.

Biffin

Chiffonnier. Soldat d’infanterie.

Biffin

Chiffonnier. Ainsi dénommé par le peuple à cause de son crochet qui lui sert à deux fins : à se défendre et à travailler. Depuis 1818, on dit d’un chiffonnier qu’il est membre du comité de recherches. Allusion à ce qu’il fouille dans les tas d’ordures pour y trouver sa vie (Argot du peuple).

Biffin

Chiffonnier. On nomme aussi les soldats de la ligne des biffins.

Biffin

Chiffonnier.

Biffin, Biffine

Chiffonnier, chiffonnière. Tout ce qui porte la hotte est connu dans la corporation des chiffonniers sous le nom de « biffin ».

Biffin, bifin

Chiffonnier. — Ce n’est pas le chiffonnier pur-sang, c’est celui qui a déchu d’une position meilleure. De là sans doute le nom de biffin : goulu, donné par l’ancien chiffonnier au nouveau venu.

J’ vois deux bifins et leurs femelles.

Chansonnier, 1836.

Biffre

Nourriture. Dérivé de bâfrer. Passer à biffre, manger. Passer à biffre train express, dévorer, manger comme un affamé.

Bifin

Fantassin dont le sac est la hotte. Se dit aussi des prévôts d’arme dans la cavalerie.

Bifteck (faire du)

Monter sur un cheval qui trotte dur et mortifie, comme s’il s’agissait d’un bifteck, la partie de l’individu qui repose sur la selle. (L. Larchey)

Bifteck à Maquart

Sale individu, sale femme, — dans le jargon des voyous. — Maquart est le nom d’un équarrisseur bien connu.

Bifteck de grisette

Saucisse plate, morceau de charcuterie pris dans la boîte du charcutier.

Bigard

Trou.

Bigard

Trou, — dans le jargon des voleurs.

Bigard

Trou.

Bigardée

Percée.

Bigarreau rouge (le)

Le gland, lorsqu’il n’est plus recouvert par la peau du prépuce et qu’il montre aux regards des jeunes filles sa tête chauve, source de volupté pour elles.

À force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut qui se retire contre le ventre et découvre une tête qui est faite comme un grog bigarreau rouge.

Mililot.

Bige

Ignorant.

Bige, bigeois

Imbécile, dupe.

Bige, Bigeois, Bigois

Imbécile, — dans le jargon des voleurs.

Bignou

Une clarinette.

Bigois

Imbécile.

Bigorgnion

Mensonge — dans le jargon des voyous. Lancer des bigorgnions, débiter des mensonges.

Bigorne

Langue de l’argot.

Bigorne

Argot. — Du vieux mot biguer : changer, troquer. V. Roquefort. L’argot n’est qu’un langage bigué, d’où le diminutif bigorne. — V. Jaspiner.

Rouscaillons bigorne. Qui enterver le saura, à part sézière en rira, mais les rupins de la vergne ne sont dignes de cela.

Vidocq.

Bigorne

Argot. — Dans la langue régulière, une bigorne est une enclume à deux bouts, dont l’un finit en pointe. L’argot est une langue à double tranchant, à deux bouts, comme la bigorne. — Jaspiner bigorne, rouscailler bigorne comme daron et daronne, parler argot comme père et mère.

Bigorne

Argot. Jaspiner ou rouscailler bigorne, parler argot.

Bigorne

Argot ; mot ancien peu usité, on dit plutôt argoji ou arlogaime. Voir Argonji.

Bigorneau

Soldat de marine. — Tenue de matelot. Comme le petit coquillage de ce nom, le soldat reste attaché au navire ou aux garnisons de la côte, sans naviguer à l’aide de ses propres forces.

Bigorneau

Soldat d’infanterie de marine, — dans le jargon des marins.

Bigorneaux

Sergents de ville.

Bigorno

Soldat de la ligne appelé ainsi par les zouaves. Ils sont appelés aussi les grandes capotes par les Arabes.

Bigotter

Prier (Vidocq). — Mot à mot : faire le bigot.

Bigrement

Superlativement. Forme de Bougrement.

C’est bigrement embêtant, allez.

Gavarni.

Biguer

Échanger.

Bijou

La nature de la femme, pour l’homme ; le membre viril, pour la femme, — deux choses précieuses.

Qu’il soit pauvre, avare ou brutal
Un père du moins donne à sa fille
Pour en jouir, soit bien, soit mal,
Un petit bijou de famille.

E. Debraux.

Non, je l’avoue ; aussi je te rends grâce,
Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou.

VADÉ

Répondez-moi, tendres amis des dames,
Si vous me manquiez du plus beau des bijoux.
Par quels moyens, hélàs ! leur plairiez-vous ?

E.T. Simon.

Bijou artificiel

Phallus de cuir, — vulgo godemiché.

J’ai des bijoux artificiels
D’une forte structure
Qui, dans les cons superficiels
Remplacent ta nature.

(Chansons anonymes modernes.)

Certain bijou, qui d’un sexe chéri
Offre l’image et le trait favori,
Sert de Zoé la langueur amoureuse.

Parny.

Bijou d’Amérique

Vagabond, voleur ayant fait élection de domicile dans les carrières d’Amérique.

Bijou de Saint-Laze

Fille qui fait son temps à la prison de Saint-Lazare.

Bijouter

Voler adroitement, enlever des bijoux avec adresse.

Bijouterie

Avance d’argent.

Bijoutier

Marchand d’arlequins. V. ce mot.

Bijoutier

Regrattier, marchand d’arlequins ; celui qui débite, pêle-mêle, la desserte des grands restaurants.

Bijoutier

Voleur de bijoux. Marchand d’arlequins.

Bijoutier en cuir

Savetier. — Bijoutier sur le genou, même signification.

Bijoutier en cuir

Savetier.

Bijoutier sur le genou

Savetier. Allusion aux clous nommés bijoux avec lesquels il ferre les semelles des souliers (Argot du peuple). V. Gniaff.

Bijoutière

Voleuse qui possède l’art d’escamoter les bijoux avec adresse. — Voleuse qui rançonne les bijoutiers.

Bijoutiers

Marchands de dessertes des maisons bourgeoises et restaurants. Voir Arlequins.

Bilboquet

s. m. V. Bibelot.

Bilboquet

Personne trapue.

Bilboquet

Menues impressions, telles que prospectus, couvertures, têtes de lettres, — dans le jargon des typographes. (A. Delvau)

Bilboquet

Litre de vin.

Une jeune fille à l’œil égrillard qui acceptait un bilboquet à quinze.

(Léon Paillet, Voleurs et Volés.)

Bilboquet

Grosse femme. Il paraît pourtant impossible de jongler avec elle. C’est sans doute par allusion à la boule du bilboquet (Argot des voleurs).

Bilboquet, lard

Vieille et grosse femme.

Billancer

Faire son temps, payer sa dette à la justice, — dans le jargon des voleurs.

Billancer

Payer. Faire son temps de prison.

Billancer

Condamné qui a fait sa prison. C’est la corruption de billancher, payer ; en effet, le prisonnier qui a fait sa prison a payé sa dette (Argot des voleurs). N.

Billancher

Payer.
— C’est dégoûtant, il faut toujours billancher (Argot du peuple).

Billancher

Payer quelque chose, acquitter une dette.

Billancher

Payer.

Billancher, Biller

Payer. — Billanchage, payement.

Billard (décoller, dévisser son)

Mourir. V. Claquer.

Bille

Argent.

Bille

Tête, — dans le jargon des voleurs, et, principalement, tête de dupe. — Faire une drôle de bille.

Bille

Monnaie de cuivre, dans le jargon des revendeurs. — Le mot avait la signification d’argent aux XVIIe et XVIIIe siècles.

Ne pouvant pas s’empêcher
Pour de la bille attraper.

(Parnasse des Muses.)

Bille

Tête. Monnaie de cuivre. Bille à l’estorque, fausse monnaie.

Billé

Payé.

Bille (de la)

Des espèces.

Bille de bœuf

Saucisson, — dans le jargon des voleurs.

Bille, billemont, billon

Espèces monnayées. — Billemont et billon sont des diminutifs de bille qui, comme balle, fait allusion à la forme ronde de la monnaie. V. Attache, Flacul.

L’argent au Temple est de la braise, ou de la thune, ou de la bille.

Mornand.

Nous attendions la sorgue, voulant poisser des bogues, pour faire du billon.

Billemon

Billet.

Billemuche

Billet.

Biller

Payer.

Biller

Diminutif de billancher. Même signification (Argot du peuple).

Billet d’aller et de retour

Paire de gifles, soufflet à répétition, appliqué sur chaque joue pour ne pas faire de jalouse.

Billet de 500, de 1,000

De 500 francs, de 1,000 francs. — « Te faut-il beaucoup ? — Un billet de cinq cents. »

Les ressources d’une lorette pour extraire un billet de mille.

Balzac.

Billet de cent, de cinq, de mille

Billet de cent francs, de cinq cents francs, de mille francs, — dans le jargon des gens pour qui le temps est de l’argent.

Il savait trop, par expérience, ce qu’un seul louis, que l’on veut gagner ou rattraper, coûte souvent, par la suite, de billets de cent et même de billets de mille.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Billet de logement

Quand les filles vont à Montretout (la visite sanitaire), si elles sont malades, elles sont retenues et dirigées sur l’infirmerie de Saint-Lazare ; le médecin inscrit la nature de la maladie sur un bulletin dont la couleur varie suivant la gravité du cas. Une fois installées dans leur lit, le bulletin est placé à la tête du lit dans un petit cadre spécial. De là le nom de billet de logement (Argot des filles).

Billier

Payer. Celui qui a été condamné et a purgé sa peine a billié.

Binaise

Abréviation du mot combinaison. Binaise : tirer un plan pour faire quelque chose.
— Faisons une binaise pour nous offrir un kilo (Argot d’imprimerie). N.

Bince

Couteau.

Bine

Hotte de chiffonnier. — Hotte d’aide-couvreur.

Binel

Faillite.

Binelle

Faillite.

Binelle

Banqueroute. — Binellier : Banqueroutier. — Vidocq.

Binelle

Faillite.
— Il est tombé en binelle, mais si les Anglais se tapent, il a carré l’oseille (Argot des voleurs).

Binelle

Faillite. Le failli a fait binelle.

Binelle-lophe

Banqueroute.

Binelle, Binellelof

Faillite, banqueroute, — dans le jargon des voleurs. Pour débine.

Binette

Figure.

Binette

Figure laide ou ridicule.

Binette à la désastre

Tête du créancier impayé. (Almanack des débiteurs, cité par L. Larchey.)

Bingre

Nom bien peu connu ; il ne l’est que de Bruant, des aides et exécuteurs des hautes œuvres. Bingre veut dire ne pas être petit-fils de bourreau. Tous le sont de père en fils, ainsi que les aides, il y en a un actuellement qui descend des Samson ; Deibler était un bingre, il n’était pas petit-fils de bourreau ; son fils qui lui a succédé il y a quelques années n’est plus un bingre.

Binôme

« Aux laboratoires, nous verrons chacun des élèves (de l’École polytechnique) manipuler avec un camarade qu’il nomme son binôme. »

La Bédollière.

Allusion à la signification algébrique de Binôme : quantité composée de deux termes.

Biographe (se faire)

Être diffamateur (Max. Parr), — dans le jargon des gens de lettres qui n’ont pas été satisfaits de leurs biographies. — L’expression a été créée à l’époque où Paris a été inondé de biographies de grands et de petits-hommes.

Bique (bouchonner la)

Faire le pansage du cheval.

Birbasse ou birbade

Vieille femme.

Birbe

Vieillard (Argot du peuple).

Birbe

Vieux. Un vieux soldat est un vieux birbe.

Birbe

Vieillard.

Birbe, Birbesse

Vieux, vieille, de l’italien birbo. Pour donner plus de force au mot, qui, en général, n’est usité qu’au masculin, on dit avec un pléonasme : Vieux birbe, ou, encore, aflreux birbe.

Un coup de jus, mon vieux birbe, et une croûte de brignolet !

(Huysmans, Marthe.)

Birbe, birbon, birbette

« Les dames des tables d’hôte ont adopté trois mots pour peindre la vieillesse : à cinquante-cinq ans, c’est un birbon ; à soixante ans, c’est un birbe ; passé ce délai fatal, c’est une birbette. »

Lespès.

Vidocq donne un quatrième synonyme : birbasse. — Birbe dabe : grand-père. — Birbasserie : vieillerie. — Id.

Biribi

Médaillon. Le bataillon de discipline.

Biribi

Jeu qui se joue dans le genre du bonneteau, mais avec trois quilles creuses, trois coquilles de noix, ou encore trois des à coudre et une petite boule de liège. À ce jeu bien connu des Arabes, il y a toujours escroquerie puisque la boule que l’on croit être sous une des coquilles, qu’il faut découvrir pour gagner, reste le plus souvent entre les doigts du teneur.

Biribi

Compagnies de discipline. À la suite d’un certain nombre de punitions, le militaire est envoyé après conseil de corps à biribi ; si là il se conduit mal, il est expédié dans une compagnie coloniale que l’on nomme les Cocos. À biribi il n’a rien de la tenue militaire, il porte veste, pantalon et képi en drap noir, il a les cheveux courts et la figure entièrement rasée ; c’est la différence qu’il y a entre le militaire envoyé aux travaux publics à la suite d’un conseil de guerre, car celui-ci porte toute sa barbe et a la tête entièrement rasée, de là le nom de « tête-de-veau ». Le travail du disciplinaire consiste à casser des cailloux et à faire du terrassement, mais tous trouvent la terre trop basse et qu’il serait plus facile de la travailler si elle était sur un billard. Ils feraient certainement autant de travail si on leur faisait botteler du sable ou piler du liège.

Biribi

Les compagnies de discipline.

Biribi (dés)

Ce jeu se joue dans les foires et dans les fêtes publiques. C’est un vol audacieux. (Argot des camelots).

Biribi (soldat envoyé à)

Aux compagnies de discipline.

Birlibi

Jeu de dés, — dans le jargon des truqueurs ; c’est une variante de biribi. Passer au birlibi, jouer une partie, un coup de dés. — Rincé au birlibi, qui a perdu au birlibi.

Birlibi

Jeu de dés et de coquilles de noix.

Birmingham (être de)

Être très ennuyeux. — Mot à mot : être un rasoir de Birmingham, ville célèbre par ses rasoirs.

Bisard

Soufflet (Vidocq). — Mot à mot ; vent qui brûle, bise qui ard.

Bisard

Soufflet de forge, soufflet à feu. C’est un dérivé de bise, — dans le jargon des voleurs.

Biscaye

Bicêtre. — Biscayen, pensionnaire de Bicêtre.

Biscop

Casquette.

Biscotter une femme

La baiser, acte pendant lequel on se remue fortement, — de l’italien scuotere, étymologie tirée par les poils.

Il aimait mieux dépuceler cent filles que Biscotter une veuve.

Rabelais.

Lucrèce fait bien de la sotte
Et ne veut pas qu’on la biscotte.

Théophile.

C’est celui à qui l’on biscotte la femme.

Noël du Fail.

Biscuit (recevoir un)

« Un biscuit, dans les ténébreux symbolismes des prisons, signifie rien à faire. »

(V. Hugo, Les Misérables.)

Bise

Baiser, caresse, — dans le jargon des enfants et des femmes qui aiment à s’entendre appeler « des chattes ». — Biser, embrasser. — Bise-moi, mon chéri !

Bisenesse

Je crois que ce mot est anglais et signifie occupation ou travail journalier (Business) : Il est très usité par les filles publiques qui au lieu de dire, lorsqu’elles sortent le soir : Je vais trucquer, disent : Je vais faire mon bisenesse ; c’est plus Régence.

Biset

Garde national en costume de ville et en képi.

Oui, je suis biset, moi, Qu’importe la forme ? On peut bien aimer son roi Sans être en uniforme.

(Seribo et Poirson, Une Nuit de la garde nationale, scène 1. — 1815.)

Bisot

Ami (Argot des voleurs). V. Aminches.

Bissac

La nature de la femme, qu’elle tend si fréquemment à l’homme, pour qu’il l’emplisse — de sperme.

Le texte dit que foullando,
En foulant et fesant zic, zac.
Le galant se trouve au bissac.

(Ancien Théâtre français.)

Après cinq ou six bons mots
Fait entrer Genfrey au bissac.

(Farces et Moralités.)

Bissard

Pain bis.

Bissard

Pain bis. Passer au bissard, manger du pain bis.

Bistoquer

Vieux mot hors d’usage, signifiant se servir du bistoquet, espèce de queue, de billard employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Notre mignon lui répondit
Que deux fois l’avait bistoquée.

(Recueil de poésies françaises.)

Mais au moins, dites-moi, l’a-t-il point bistoquée ?

P. De Larivet.

Bistoquette

La pine.

Savez-vous, bons citadins.
Ce que le dieu des jardins
A bien plus gros que la tète ?
Turlurette,
C’est la bistoquette.

Louis Pesteau.

Bistot

Apprenti commis en nouveautés.

Un employé, flairant une bonne commande, met tous les bistots en campagne.

(Louis Noir, Le Pavé de Paris.)

Bistot

Jeune commis de magasin.

Bistourne

Cor de chasse. Allusion à la forme tournée de l’instrument (Argot du peuple).

Bistro

Marchand de vin.

Bistro

Marchand de vins. On dit aussi des petits commis des magasins de nouveautés qu’ils sont des bistros (Argot du peuple).

Bistro

Marchand de vins.

Viens-tu chez le bistro du coin, il y a des purées a trois pétards (absinthe à trois sous).

Bistrot

Débitant de boissons.

Bit

Partie honteuse d’une femme.

Bitter cuirassé

Bitter mélangé avec du curaçao, — dans le jargon des gens adonnés aux cuirs ; ceux qui parlent à peu près correctement disent bit-ter-curaçao.

Bitume (fouler le)

Se promener, flâner. — Faire le bitume, faire le bit, faire le trottoir, — dans le jargon des filles.

Biture

Excès de boisson. — Du vieux mot boiture : goinfrerie. V. Roquefort.

N’aspirons-nous le grand air que pour l’ineffable joie d’engloutir impunément du piqueton jusqu’au gobichonnage majeur, jusqu’à prendre une biture ?

Luchet.

Biture

Béatitude bachique, nourriture copieuse. — Se flanquer, s’administrer une biture soignée.

Biture

Être ivre à ne plus pouvoir marcher est avoir une biture.

Biture

Ivresse.

Biture (s’en flanquer une)

Se saouler comme un cochon (Argot du peuple).

Biturer (se)

Bien manger et bien boire.

Bizet

Garde national ou réserviste.

Blafard

Matière d’argent : Une toquante en blafard, une montre d’argent. — Monnaie d’argent : Un blafard de vingt ronds, une pièce d’un franc.

Blafarde (la)

La lune.

Blafarde (la)

La mort.

Blague

Causerie. — On dit : J’ai fait quatre heures de blague avec un tel.

Blague

Verve ; faconde railleuse.

Quelle admirable connaissance ont les gens de choix des limites où doivent s’arrêter la raillerie et ce monde de choses françaises désigné sous le mot soldatesque de blague.

Balzac.

Blague

Plaisanterie.

Je te trouve du talent, là sans blague !

De Goncourt.

Pas de bêtises, mon vieux, blague dans le coin !

Monselet.

Blague

Mensonge, bavardage, plaisanterie, verve.

Ils (les malthusiens) demandent ce que c’est que la morale. La morale est-elle une science ? Est-elle une étude ? Est-elle une blague ?

(L. Veuillot, Les Odeurs de Paris.)

M. F. Michel fait venir blague de l’allemand balg, vessie à tabac, avec transposition de l’avant-dernière lettre. M. Nisard soutient que le mot descend de bragar, braguar, qui servait à désigner soit une personne richement habillée, soit un objet de luxe. Quant à M. Littré, il le fait remonter à une origine gaélique ; d’après lui, blague vient de blagh, souffler, se vanter. Quoi qu’il en soit, le mot a été employé d’abord et propagé par les militaires, vers les premières années du siècle, dans le sens de gasconnade, raillerie, mensonge (V. Dict. de d’Hautel, 1806, Cadet Gassicourt, 1809, Stendhal, 1817). Sans remonter aussi loin, il ne faut voir dans le mot blague qu’un pendant que nos soldats ont donné au mot carotte.

Blague à tabac

Vieilles tétasses molles et flasques qui tombent outrageusement (Argot du peuple).

Blague d’acier (avoir une)

Avoir la langue bien pendue.

Blague dans le coin

Plaisanterie à part, sérieusement parlant. Les raffinés ne craignent pas de dire dans le même sens : Blague sous les aisselles.

Blaguer

Causer.

Nous venons blaguer.

Balzac.

Blaguer

Posséder cette verve familière, pittoresque et railleuse qui est l’humour des conversations parisiennes.

Enfin elle blague aujourd’hui, elle qui ne connaissait rien de rien, pas même ce mot-là !

Balzac.

Blaguer

Plaisanter.

Ne blaguons plus.

Balzac.

Un homme blagué : un homme raille, berné.

Blaguer

Mentir, railler, parler beaucoup.

Blagues (plastron à)

Individu qui sert de point de mire à des plaisanteries de société, à des plaisanteries de régiment.

Blagues à tabac

Se dit des tétons qui ne se tiennent pas assez.

Ceux qui disent que les tétons
Flottent au vent comme des vagues,
Suzanne, tant des polissons :
On voit bien que ce sont des blagues.

Anonyme.

Blagues à tabac

Seins qui, selon l’expression d’une de nos plus volumineuses actrices, pourraient passer dans un anneau de rideau, et même dans un anneau de mariage.

Blagues à tabac

La femme qui a des seins tombants a des blagues à tabac.

Blagueur

Menteur.

En 1813, deux femmes, Pauline la Vache et Louise la Blagueuse, enlevèrent 50,000 fr.

Vidocq.

Les marchands sont encore de fameux blagueurs.

Ricard.

Blagueur

Loustic.

Il ne pouvait y avoir circonstance si grave qui empêchât ce blagueur fini de se livrer à sa verve.

L. Desnoyer.

Blagueur, Blagueuse

Bavard, menteur, vantard. C’est un joli blagueur. — La femelle, la blagueuse, n’est souvent qu’une gueuse qui a de la blague.

Blaiche

Médiocre. — Du vieux mot blaiche : mou, paresseux. — V. Lacombe.

Blair

Nez, — dans le jargon des voleurs. — Se cingler le blair, se soûler.

Blair

Nez.

Blair

Nez.

Blaire

Nez. Cette expression est en usage depuis plus de cinquante ans dans les faubourgs, où les terreurs à la sortie des bals publics se bouffaient le blaire (Argot des souteneurs).

Blaire

Nez.

As-tu vu ce blaire ? on dirait une tranche de brie de 4 sous bien servie.

Blaireau

Conscrit.

Moi, j’ai carotté un blaireau…

La Bédollière.

Blaireau

Conscrit. — C’est-à-dire préposé au blaireau « balai », parce que les nouveaux venus au régiment ont plus que les autres droit aux honneurs du balayage.

Blaireau

Balai, — dans le jargon du régiment. Être de garde au blaireau, être de corvée au balayage.

Blaireau

Conscrit.

Blaireauteau

Individu pourvu d’un grand nez ; c’est un dérivé de blair, — (jargon des voyous).

Blaireauter

Peindre avec trop de fini, faire abus du pinceau de blaireau qu’on a entre les mains.

Aussi sa peinture est-elle fameusement blaireautée.

La Bédollière.

Blanc

Connu.

Blanc

Terme de libraire : livre en feuille non encore broché.

Blanc

Partisan de la monarchie héréditaire. Allusion à la couleur du drapeau des anciens rois de France.

Dans les trois jours de baccanal !
Les blancs n’étaient pas à la noce
Tandis que moi j’étais t’au bal.

(L. Festeau, Le Tapageur.)

Blanc

Argent.

Blanc (envoyer au)

Envoyer promener, — dans le jargon des voyous ; par altération pour « envoyer au banc », c’est-à-dire envoyer s’asseoir. Adressée à une femme, l’expression prend le sens de « envoyer raccrocher », et fait partie du vocabulaire des souteneurs. L’étymologie est la même que dans mangeur de blanc.

Blanc (être)

Être connu.

Blanc (être)

Être innocent. Être à blanc, avoir un faux nom.

Blanc (faire du)

Faire le joli cœur, l’empressé auprès d’une femme. C’est mot à mot : « faire les yeux blancs, les yeux amoureux », — dans le jargon des voyous. — Quand t’auras fini de faire du blanc, faudra le dire. On dit aussi faire le blanc, pour le blanc de l’œil.

Blanc (jeter du)

Interligner, intercaler entre les lignes composées à l’imprimerie de petites lames de plomb, afin de donner du jour et de favoriser le coup d’œil typographique.

Blanc (n’être pas)

Être compromis, craindre d’être réprimandé.

Blanc (verre de, un de)

Verre de vin blanc.

Blanc d’Afrique

Les six et les cinq d’un jeu de dominos, dans le jargon des joueurs de dominos.

Blanc sale

Chiffon commun dans le jargon des chiffonniers.

Blanc, Blanche

Eau-de-vie de marc.

Le blanc est une affreuse eau-de-vie composée de je ne sais trop quoi.

(Imbert.)

Blancharde

Argenterie.

Blanche

Eau-de-vie de marc.

Blanche (Dame)

Bouteille de vin blanc, — dans le jargon des ivrognes, à qui le chef-d’œuvre de Boïeldieu a laissé des souvenirs.

Blanchette

Hiver. Allusion à la neige et au givre qui couvre les rues et les toits d’une nappe blanche (Argot des voleurs). N.

Blanchi

Chose connue.

C’est un vieux truc, il est blanchi depuis longtemps,

Un avocat blanchit son client.

Blanchir du foie

Avoir dessein de trahir.

Blanchisseur

Avocat.

Blanchisseur

Avocat. Ce mot date du procès du fameux empoisonneur Couty de Lapommerais. Dans les couloirs du palais, avant l’audience des assises, on discutait la condamnation ou l’acquittement ; la majorité des avocats étaient d’avis qu’il serait acquitté parce que Lachaud blanchit. Lachaud était le défenseur de Lapommerais. Les voleurs se souviennent du calembour (Argot des voleurs). N.

Blanchisseur

Avocat.

Blanchisseur

Avocat.

Blanchisseuse

Pièce de cinquante centimes (Argot des voleurs). N.

Blanchisseuse de tuyaux de pipe

Fille ou femme galante qui, d’une pipe en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une pipe en écume.

Blanchisseuse de tuyaux de pipes

Femme qui crée des refuges insolites à la dépravation.

Blanchisseuse de tuyaux de pipes

Blanchisseuse qui ne blanchit jamais rien, elle n’a que l’apparence. Elle habite généralement aux environs des hôtels, pour avoir la clientèle des commis-voyageurs qui désirent être servis à la minute (Argot du peuple).

Blanchouillard, blanchette

Hiver.

Blanchouillarde

Hiver. Diminutif de blanchette (Argot des voleurs).

Blanquette

Argenterie.

Blanquette

Argenterie (Vidocq). — Allusion à la blancheur de son éclat.

Blanquette

Argenterie, — dans le jargon des voleurs.

Blanquette

Argenterie.

Blanquette

Argenterie (Argot des voleurs). N.

Blanquette

Argent.

Blanquette

Argenterie.

Blase

Numéro. Nom.

Blasé

Enflé, boursouflé, — dans le jargon des voleurs ; de l’allemand blasen, souffler.

Blave

Mouchoir.

Blave

Cravate.

Blave

La cravate (Argot des voleurs). N.

Blave

Mouchoir.

Blave à ressort

Revolver.

Blavin

Mouchoir.

Blavin

Mouchoir.

Blavin

Mouchoir.

Blavin

Mouchoir.

Blavin

Mouchoir (Vidocq). — Dimin. du vieux mot blave : bleu. V. Roquefort. — Un grand nombre de mouchoirs sont de cette couleur. — Blaviniste : Voleur de mouchoirs. — V. Butter.

Blavin

Mouchoir, — dans l’ancien argot.

Blavin

Pistolet de poche, — dans le jargon des voleurs.

Blavin

Mouchoir, — de l’argot parisien. On dit aussi un parc aux huîtres.

Blavin

Mouchoir.

Blavin

Mouchoir. Une vieille chanson dit :

Le parrain care sa frime dans son blavin.

(Argot des voleurs). V. Aniterge.

Blavin

Mouchoir.

Blavin

Mouchoir.

Blaviniste

Voleur de mouchoirs ; et, par extension, voleur qui s’attaque à des objets de peu d’importance.

Blaviniste

Voleur qui a la spécialité de faire le blavin (Mouchoir) (Argot des voleurs).

Blaze

Numéro (Argot des voleurs). N.

Blaze

Nom ; celui qui a raqué sous faux blaze a été condamné sous faux nom.

Blaze

Nom.

Blé

Argent monnayé (Argot des voleurs), V. Aubert.

Blé

Argent.

Bleau

Prix. Acheter une chose bon bleau c’est l’acheter bon marché.

Bléchard

Laid. Devenir bléchard, dépérir.

Bléchard

Laid, disgrâcié de la nature. Dans les faubourgs ou dit d’une femme dans ce cas :
— Elle est rien blèche (Argot du peuple).

Bléchard

Être ou objet laid.

Blécharde

C’est le superlatif de bléchard. Pour bien accentuer on ajoute qu’elle a une gueule à faire tourner la soupe au lait (Argot du peuple).

Blèche

Laid, désagréable. — Faire blèche, amener un coup nul. (L.Larchey.)

Blèche

Vilain. Une chose ou personne vilaine est blèche.

Blèche

Laid, mal tourné, disgracieux.

Blèche (faire)

v. Amener un coup nul au jeu des cadratins. Par extension, faire banque blèche, c’est ne pas toucher de banque. V. Banque.

Blencar

De l’argent.

Blencarder

Blanchir.

Bler

Aller.

Blesche

Apprenti voleur. Médiocre, vilain, mauvais.

Bleu

Conscrit. — Allusion à la blouse bleue de la plupart des recrues.

Celui des bleus qui est le plus jobard.

La Barre.

Bleu

Gros vin dont les gouttes laissent des taches bleues sur la table.

La franchise, arrosée par les libations d’un petit bleu, les avait poussés l’un l’autre à se faire leur biographie.

Murger.

Bleu

« C’est le conscrit qui a reçu la clarinette de six pieds ; les plus malins (au régiment) ne le nomment plus recrue ; il devient un bleu. Le bleu est une espérance qui se réalise au bruit du canon. »

(A. Camus.)

En souvenir des habits bleus qui, sous la Révolution, remplacèrent les habits blancs des soldats. (L. Larchey)

Bleu

Manteau ; à l’époque où l’homme au petit manteau-bleu était populaire.

Bleu

Conscrit.

Bleu

Conscrit. Vin. Manteau. C’est bleu ! c’est surprenant.

Bleu

Jeune soldat. Se dit de tous les hommes qui arrivent au régiment. Ils sont bleu jusqu ce qu’ils soient passés à l’école de peloton (Argot des troupiers).

Bleu

Soldat nouvellement incorporé. À l’époque où on ne recrutait pas dans le régiment de zouaves, celui qui y était admis après un congé de sept ans était encore un bleu ; les temps sont changés.

Bleu

Jeune soldat.

Bleu (être)

Éprouver une grande surprise. — Elle est bleue celle-là ! cette nouvelle est difficile à croire. — Faire des bleus, pincer de manière à laisser la signature des doigts sur la chair. — Passer au bleu, avoir perdu un objet, se consoler d’une perte. — En faire voir des bleues, causer des contrariétés. — Colère bleue, violente colère.

Bleu (gros)

Gros vin du midi, vin dont on se sert pour les coupages.

Bleu (j’en suis)

Être étonné, ne rien comprendre, en rester ébahi (Argot du peuple).

Bleu (n’y voir que du)

Être volé sans s’en apercevoir (Argot du peuple).

Bleu (n’y voir que du)

Ne pas s’apercevoir d’une chose que l’on vous fait.

Je lui ai ratissé son morlingue, il n’y a vu que du bleu. — J’ai fait passer au bistro deux bocks au bleu.

Bleu (passer au bleu)

Faire disparaître un objet quelconque. Le samedi de paye quand l’ouvrier care un peu de galtouze, la ménagère dit :
— Mon vieux tu m’as fait passer cent sous au bleu (Argot du peuple).

Bleu (passer au)

Faire disparaître.

Bleu, Petit bleu

Mauvais vin qui tâche la nappe en bleu. — Mettre le piton dans le bleu, boire du vin au litre. — Voué au bleu, ami de la bouteille.

Bleue (la)

L’absinthe.

Bleuet

Billet de banque.

Bleuet

Billet de banque. Allusion à la couleur bleue des précieux papiers (Argot des voleurs). V. Talbin d’altèque.

Bleuet

Billet de banque.

Blézimarder

Se couper mutuellement la réplique, empêcher le voisin de dire sa phrase, émonder le dialogue comme un jardinier émonde un arbre à grands coups de serpe, — dans le jargon des acteurs. (Figaro du 31 juillet 1876, cité par Littré.) C’est sans doute une altération toute moderne de blesinarder, qui voulait dire flâner, musarder.

Ce verbe, dit M. Duflot, vient de Blésinard, un des types de Grassot, personnage flâneur, débraillé et sans soucis, dans la Vénus à la fraise.

Blindé

Ivre au superlatif, — dans le jargon des ouvriers. — Blindé ! pour avoir étouffé cinq ou six perruches ! t’es donc pas un homme ?

Blindé

C’est un des noms que le peuple a donnés aux nouveaux urinoirs successeurs des rambuteaux. Les variantes sont : Les cuirassés, les tourne-autour, les introuvables.

Blindés

(Voyez Coquillards).

Blindocher (se)

Se griser légèrement. C’est le diminutif d’être blindé, — dans le jargon du peuple. — Je me blindoche le dimanche et je suis blindé le lundi.

Blioteuse

Fille publique.

Bloc

Prison. — Du vieux mot bloc : barrière. V. Roquefort.

Prenez trois hommes et menez cette fille au bloc.

V. Hugo.

Bloc

Prison, salle de police, — dans le jargon des troupiers.

Encore deux jours de bloc pour cette chienne de théorie.

(Randon, Croquis militaires.)

Pourquoi es-tu au bloc, mon pauvre vieux ?

(Vte Richard, Les Femmes des autres.)

Mettre, fourrer au bloc, consigner.

Bloc

Salle de police, prison. On dit : mettre, et mieux f… au bloc, à la boîte, ou clou, etc.

Bloc

Marché. Prison.

Blocaus

Chapeau haut de forme.

Blockhauss

Schako, — de l’allemand Block et house, ou haus.

Blokaus

Chapeau haut de forme (Argot du peuple). V. Bloum.

Blonde

Maîtresse, — quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son poil.

Puissé-je…
Cramper dans le cul
De ma blonde !

Émile Debraux.

Blonde

Amante.

Blonde s’emploie dans ce sens sans distinction de la couleur des cheveux, car il existe une chanson villageoise où, après avoir fait le portrait d’une brune, l’amoureux ajoute qu’il en fera sa blonde.

Monnier, 1831.

Blonde

Vin blanc, bouteille de vin blanc. Être porté sur la blonde, peloter la blonde, aimer le vin blanc. Se coller une ou deux blondes dans le fanal pour tasser les imbéciles, boire une ou deux bouteilles de vin blanc pour arroser les huîtres. — Courtiser la brune et la blonde, boire alternativement, au cours d’un repas, du vin blanc et du vin rouge.

Blonde

Maîtresse, amante. Se dit surtout en parlant de la maîtresse d’un homme marié. C’est l’autre, le numéro deux, quelle que soit d’ailleurs la nuance de ses cheveux. Le blond est une couleur tendre et la blonde représente la tendresse en ville. — Être chez sa blonde, Aller voir sa blonde.

— Si j’vas diner avec ma blonde,
Je n’sais pourquoi, je fuis tout l’monde ;
Avec sa femm’ pas tant d’façon,
On est très bien, même dans l’salon.

(Meinfred, Le Garçon converti, chans.)

Blonde

Bouteille de vin blanc.

Blondin

Séducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.

L’autr’ jour, en rentrant chez moi,
J’trouv’la cle dans la serrure…
J’entre et j’ vois ma femm’ près d’un grand blondin,
Tout autre aurait pris la mouche soudain…

J. E. Aubry.

De certain blondin la binette
Me faisait mazurker le cœur.

S. Tostain.

Bloquer

Abandonner.

Bloquer

Consigner.

Colonel, c’est que je suis bloque. — Je vous débloque.

J. Arago, 1838.

Bloquer

Vendre. V. Abloquir.

Bloquer

v. a. Remplacer provisoirement un signe typographique dont on manque par un autre de même force. Par extension, Manquer, faire défaut, faillir. Bloquer le mastroquet, c’est ne pas payer le marchand de vin.

Bloquer

Mettre en prison, au bloc — dans le jargon des troupiers.

Bloquer

Abandonner, — dans le jargon des voleurs.

Bloquer

Faire défaut, faillir, dans le jargon des typographes ; allusion au terme d’imprimerie bloquer qui a le sens de mettre provisoirement un caractère au lieu et place d’un autre. (L. Larchey) Bloquer le mastroquet, ne pas payer le marchand de vin.

Bloquer

Mettre en prison. Abandonner.

Bloquir

Vendre.

Bloquir

Vendre. — Bloquisseur, bloquisseuse, marchand, marchande, — dans le jargon des voleurs.

Bloquir

Vendre. Acheter.

Blot

Bon marché (Vidocq). — Corruption de Bloc. Les marchés d’objets en bloc sont, on le sait, les plus avantageux.

Blot

Chose, affaire qui convient. « Ça fait mon blot », ça fait mon affaire. C’est simplement le mot lot augmenté d’un B.

L’as-tu enfin le sénat de tes rêves ?.. Voyons, cette fois-ci, ça fait-il ton blot ?

(Le Titi, 1879.)

Blot

Prix. À bas blot, à bas prix.

Blot

Prix, affaire.

Blot (c’est mon blot)

J’ai ce que je désire, elle fait bien mon blot. Ça fait le blot, ça fait le compte (Argot du peuple). V. Balle. N.

Bloum

Même signification que précédemment (Argot du peuple).

Bloum

Chapeau.

Bloûm

Chapeau haute forme, dans le jargon des voyous. Allusion au bruit produit par un coup de poing appliqué sur un chapeau hauto forme ; le renfoncement est un genre de plaisanterie très goûté dans le monde des voyous.

Blouse

La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reçoit les deux billes de l’homme — avec la queue.

Que je voudrais avoir aussitôt un écu,
Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse.
Comme on a mis de coups dedans votre belouse.

Trottbrel.

Blouse blanche

Faux ouvrier vêtu d’une blouse blanche et fortement soupçonné d’appartenir à la police On a reproché au dernier gouvernement impérial d’avoir, en 1870, favorisé la bruyante manifestation des blouses blanches en faveur de la guerre. On les a vues parcourir le boulevard aux cris de : « A Berlin ! à Berlin ! »

Blouser

Tromper.

Blousier

Voyou, mot à mot : porteur de blouse.

Vous verrez là des blousiers qui viennent fumer.

Delvau.

Blousier

Individu vêtu d’une blouse ; se prend, le plus souvent, en mauvaise part, pour désigner un voyou.

Bobe

Chaîne et montre.

Bobèche, Bobe, Bobéchon

Tête. Se monter le bobe, se monter le bobéchon, se passionner pour.

Bobéchon (se monter le)

On dit aussi se monter le bourrichon. Croire qu’une chose fausse est vraie et prendre un désir pour une réalité (Argot du peuple). N.

Bobelin

Botte, — dans le jargon des revendeurs.

Bobinche

L’ancien théâtre Bobino. Les étudiants disaient Bobinsky (Argot des étudiants).

Bobine

Figure risible.

Bobine

Tête, physionomie. — Bobine décidée, crâne chauve. La variante est : Bille d’ivoire.

Comme ta bille d’ivoire reluit ! disait à Murger une Aspasie au rabais. — Je crois bien, je fais venir le frotteur une fois par semaine.

Bobine

Tête (Argot du peuple). V. Tronche.

Bobine

Visage.

Tu es malade, il faut te soigner : tu as une sale bobine.

Bobine

Visage.

Bobine (en jonc)

Montre et chaîne en or.

Bobine (en plâtre)

Montre et chaîne en argent.

Bobine (laisser en)

Abandonner. Mettre en bobine. Engager ses effets.

Bobine, bobéchon

Tête.

Bobine, Bogue

Montre, — dans le jargon des voleurs. — Bobine à la manque, montre en cuivre.

Bobine, bogue

Montre.

Bobinette (jeu de la)

Jeu de dés tenu dans les foires par les truqueurs. « Jeu franc et loyal » comme ils disent. Lisez : « Un jeu de dupes ».

Bobino

Montre (Argot des voleurs). V. Babillarde.

Bobino en jonc

Montre en or (Argot des voleurs).

Bobino en platre

Montre en argent (Argot des voleurs).

Bobino ou Bob

Montre.

J’ai payé le bobino et la bride trois cigs.

Montre et chaîne trois louis.

Bobinskoff

Entreteneur sérieux, — celui qui tient la bobine de la destinée d’une femme, — dans le jargon des filles entretenues, chez qui la mode, pour le moment, est de russifier certains noms. C’est ainsi que Machinscoff signifie le premier venu, Machin, et Beguinskoff, celui qui est l’objet d’un caprice, béguin.

Bobonne

Bonne, servante.

Tout au plus si les petits garçons qui marchaient en tête risquèrent une observation sur la bobonne d’Emma.

(Ed. About, Trente et quarante, 1865.)

Bobosse

Entreteneur, miché sérieux.

Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
Qui sans façon vous font présent
D’une guimbarde et de deux rosses :
C’est du nanan.

Émile Debraux.

Bobosse

Bosse. — Bossue. (L. Larchey) Elle est un peu bobosse. Avoir une bobosse dans l’estomac, être enceinte.

Boc

Montre.

Boc, bocan, boucan ou bocard

Bordel, — dans l’argot militaire ou populaire. — Voir aussi boxon et bousin.

Le meilleur bocan du Marais
Devient presque une solitude.

Cyrano de Bergerac.

Chez la grosse Catedu, vas-tu donc au bocan ?

La Fontaine.

Boc, bocard, bocson

Mauvais cabaret, lieu de débauche. — Vient du vieux mot boque : bouc. V. Roquefort. — Le bouc est l’emblème de la luxure et des querelles. On disait jadis boquer pour frapper.

Montron, ouvre ta lourde, si tu veux que j’aboule et pionce en ton bocson.

Vidocq.

Bocal

Petit appartement.

Voyons si le susdit bocal est toujours à louer.

Montépin.

Bocal

Estomac.

Au restaurant le bohème dit qu’il va se garnir le bocal.

Lespès.

Dans les deux mots, l’allusion s’explique d’elle-même, et les logements parisiens continuent de la mériter.

Bocal

Vitre, — dans le jargon des voleurs. — Camelotte en bocal, marchandise sous vitrine.

Bocal

Estomac. Bocal vide, estomac à jeun. Emplir le bocal, manger. — Se rincer le bocal, boire.

Bocal

Vitre. Estomac. Logement.

Bocal ou boc (?)

Anus.

Bocard

Maison de tolérance (Argot du peuple). V. Magasin de blanc.

Bocard

Tôle ou Christ, maison à grand numéro.

Bocard, bordel

Prostibulum.

Boche

Mauvais, laid. Allemand. Tête de boche, individu entêté ou d’esprit borné, tête dure.

Boche

Allemand (Argot du peuple). V. Alboche.

Boche (tête de)

s. f. Tête de bois. Ce terme est spécialement appliqué aux Belges et aux Allemands parce qu’ils comprennent assez difficilement, dit-on, les explications des metteurs en pages, soit à cause d’un manque de vivacité intellectuelle, soit à cause de la connaissance imparfaite qu’ils ont de la langue française et de leur impardonnable ignorance de l’argot typographique.

Boche (tête de)

Tête dure, individu dont l’intelligence est obtuse, c’est-à-dire tête de bois, — dans le jargon du peuple. Dans le patois de Marseille une boule à jouer est une boche.

Boche ou Alboche

Tous ceux des nationalités où l’on parle allemand.

Bochon

Coup. Recevoir un coup, c’est attraper un bochon.

Bock

Verre de bière, plus grand que la chope. De l’allemand bockbier, bière nouvelle, mot à mot : bière de bouc.

Bocker

Prendre des bocks.

Ne pas bocker le soir ! mais mon chat, pourquoi ne m’envoies-tu pas en province tout de suite ?

(Darjou, Croquis parisiens.)

Bocotter

Grogner, ne pas être content.

Bocson

Maison de tolérance, lieu mal famé.

Bocson

Logis, garni.

Bœuf

Monstrueux. — Mot à mot : aussi énorme qu’un bœuf.

Regarde donc la débutante. Quel trac bœuf ! Elle va se trouver mal.

Ces Petites Dames.

Bœuf

s. m. Colère, mécontentement ; synonyme de chèvre. V. ce mot. Ajoutons cependant que le bœuf est un degré de mécontentement plus accentué que la chèvre. Le bœuf est une chèvre à sa plus haute puissance. Gober, avoir son bœuf, être très contrarié, se mettre en colère.

Bœuf

s. m. Composition de quatre ou cinq lignes qu’un compagnon fait gratuitement pour son camarade momentanément absent. S’emploie presque exclusivement dans les journaux. On disait autrefois tocage.

Bœuf

Énorme, colossal. — Un succès bœuf, un aplomb bœuf ; n’est guère employé qu’avec ces deux mots.

Bœuf

Roi d’un jeu de cartes.

Bœuf

Second ouvrier cordonnier. — Ouvrier tailleur qui fait les grosses pièces. — Petit bœuf, ouvrier qui commence une pièce, qui l’ébauche.

Bœuf

Mauvaise humeur, emportement, colère. Dans le jargon des typographes, ce mot est synonyme de chèvre. — Prendre un bœuf, gober son bœuf, avoir son bœuf, se mettre en colère, être en colère.

Bœuf

Mauvaise humeur. Prendre un bœuf, se mettre en colère.

Bœuf (avoir un mâle)

Être fort en colère. Superlatif de bouffer son bœuf (Argot d’imprimerie).

Bœuf (être le)

Payer pour les autres, avoir tous les désagréments d’une affaire, supporter, seul, les conséquences d’une entreprise qui a mal tourné.

Bœuf (faire un)

Remplacer momentanément à la besogne un compagnon qui est allé relever un factionnaire, par exemple, — dans le jargon des typographes.

Bœuffer

Ramer, — dans le jargon des canotiers de la Seine. C’est-à-dire se fatiguer autant qu’un bœuf.

Bœufier

s. m. Facile à mettre en colère, qui gobe facilement son bœuf.

Bog en jonc

Montre en or. Quelques-uns écrivent bogues et baube, mais ce n’est pas exact (Argot des voleurs).

Bog, bogue

Montre. — Onomatopée ; bog comme toc imite le bruit de la montre. — V. Toquante, Butter, Litrer, Billon.

Bogue

Montre.

Bogue

Montre.

Bogue (un)

Une montre.

Bogue d’Orient

Montre d’or.

Bogue en jonc

Montre d’or.

Bogue en platre

Montre d’argent.

Bogue en plâtre, en jonc

Montre d’argent, d’or. — Allusions de couleurs. — Tire-bogue : Voleur de montres. — Boguiste : Horloger.

Bogue ou polard ?

On raconte que les fakirs Indiens s’y passent en signe de chasteté, un gros anneau en fer.

Boguiste

Horloger, — dans le jargon des voleurs. — Ma toquante a le trac, faudrait la mettre en pension chez le boguiste, ma montre est détraquée, il faudrait la confier à l’horloger.

Bohème

« La bohème se compose de jeunes gens. tous âgés de plus de vingt ans, mais qui n’en ont pas trente, tous hommes de génie en leur genre, peu connus encore, mais qui se feront connaître, et qui seront alors des gens fort distingués… Tous les genres de capacité, d’esprit, y sont représentés… Ce mot de bohème vous dit tout. La bohème n’a rien et vit de ce qu’elle a. »

Balzac.

La citation suivante est le correctif de cette définition trop optimiste.

La bohème, c’est le stage de la vie artistique, c’est la préface de l’Académie, de l’Hôtel-Dieu ou de la Morgue… Nous ajouterons que la bohème n’existe et n’est possible qu’à Paris.

Murger.

On dit un bohème.

Tu n’es plus un bohème du moment que je t’attache à ma fortune.

Augier.

Comme on voit, le bohème du dix-neuvième siècle n’a de commun que le nom avec celui de callot. Saint-Simon a connu l’acception fantaisiste du mot bohème. M. Littré en donne un exemple, bien qu’il n’admette bohème qu’en mauvaise part.

Bohême

« Une société composée de toutes les sociétés, bizarre, monstrueux assemblage de talent et de bêtise, d’ivresse et de poésie, d’avenir et de néant, et qu’on nomme la bohème. » (H. Maret, Le Tour du monde parisien.) — « C’est un vice de nature qui fait le bohème. Il naît de la paresse et de la vanité combinées. Tant qu’il y aura des paresseux et des vaniteux. il y aura des bohèmes. » (G. Guillemot, Le Bohême, 1868.)

Boigne (donner une)

Coup, frapper.

Boilard

Le temps (Argot des voleurs).

Boileau

Souliers percés.

Mes chaussures qui etaient des molières sont maintenant des boileaus.

Boire

Recevoir des coups.

Boire à la grande tasse

Se jeter dans la Seine. En effet, l’homme qui se noie peut boire à son aise, la tasse est assez large et assez profonde (Argot du peuple).

Boire à la grande tasse

Se jeter à l’eau pour se suicider.

Boire au goulot

Sucer un homme.

Mais, grossier comme un matelot,
Par le rustre je fus forcée
De boire à même le goulot.

Marcillac.

Boire dans la grande tasse

Se noyer, être noyé. (L. Larchey)

Boire dans le même verre

Baiser à plusieurs la même femme, — qui heureusement a le soin de se rincer après que chacun de ses amants a bu.

Boire de l’encre

C’est la situation fâcheuse à laquelle parait réduit un frère qui, invité à prendre sa part d’une consommation, arrive quand la fiole a été vidée rubis sur l’ongle. Dans son désappointement, il ne manque pas de s’écrier : Est-ce que vous croyez que je vais BOIRE DE L’ENCRE ? Non, car on fait alors apporter aussitôt une autre fiole.

Boire de l’encre

Arriver lorsqu’une tournée a été déjà absorbée ou qu’il ne reste plus rien dans un litre. (Argot des typographes).

Boire du lait

Être content par suite d’un succès, par suite de louanges ; éprouver de la satisfaction.

Boire du lait

Être content. Se réjouir du mal qui arrive à un ennemi (Argot du peuple).

Boire seul

Se masturber, ce qui est jouir en égoïste, sans trinquer avec un vagin.

V’là que j’bande… Ah ! n’craignez rien… J’n’ai jamais eu c’ défaut-là… Un Français ne… boit… jamais seul…

Tisserand.

Boire un coup

Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est rentrer dans son bien… avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui explique la chose :

M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française, Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course… féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en riant : « Ah ! bah !… quand le coup est tiré, il faut le boire ! »

Boire une goutte

Être sifflé. — Payer une goutte, siffler, — dans le jargon des acteurs.

Bois

Meubles ; mes bois, mes meubles.

Bois (être dans ses)

Être dans ses meubles.

Bois (mettre du)

En style de vaudevilliste, c’est envoyer des amis çà et là, un peu à toutes les places, pour réchauffer l’enthousiasme du public engourdi par le froid de certaines pièces. Le rôle des amis consiste à s’écrier :

Admirable ! sublime ! comme c’est trouvé !… Quel talent !… C’est du Molière !

Coût à l’auteur : un souper à base de choucroûte ou de volaille froide, selon que la pièce est en un acte ou en cinq actes.

Bois au-dessus de l’œil-jard

Savoir et entendre l’argot.

Bois blec

Toupie d’un sou, — dans le jargon des enfants. Mot à mot : toupie en bois blec ; blec pour blanc.

Bois dur

Repris de justice.

Boisé (être)

Être trompé par sa femme.

Boisseau

Schako. — Chapeau haute forme.

Boisseau

Litre de vin. — Demi-boisseau, demi-litre.

Boisseau

Schako, comme le précédent.

Boisseau

Litre de vin. Tête. Chapeau haut de forme.

Boisseau

Chapeau haut de forme. Allusion de forme et aussi à la grandeur de certains chapeaux qui, assurément, pourraient servir à mesurer des pommes de terre (Argot du peuple). V. Bloum.

Boisseau

Chapeau haut de forme.

Boissonner

Boire avec excès (d’Hautel).

Dites donc, voisin, on a un peu boissonné chez vous hier ?

Gavarni.

Boit dans son blanc (un)

Troupier à moustaches grises.

Boit sans soif

Ivrogne (Argot du peuple). V. Sac à vin.

Boîte

Sous-entendu : à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille publique.

Boîte

s f. Imprimerie, et particulièrement mauvaise petite imprimerie. C’est une boîte, dit un vieux singe ; il y a toujours mèche, mais hasard ! au bout de la quinzaine banque blèche. Casse. Faire sa boîte, c’est distribuer dans sa casse. Pilleur de boîtes ou fricoteur, celui qui prend, à l’insu et au détriment de ses compagnons, et dans leurs casses, les sortes de caractères les plus courantes dans l’ouvrage qu’il compose, et qui manquent au pilleur ou qu’il a déjà employées. V. planquer les sortes.

Boîte

Atelier, maison, magasin, établissement quelconque

Dans l’argot domestique, tout ce qui n’est pas une bonne maison est une boite. Une bonne maison est celle où les maîtres ne sont pas regardants et où l’on peut s’arrondir sans être inquiété.

(Bernadille, Esquisses et Croquis parisiens.)

Boîte

Terme d’employés ou d’ouvriers. Un agent de police qui va à la préfecture va à la boîte. Pour un employé, son magasin est sa boîte ; l’atelier pour l’ouvrier est sa boîte.

Boîte

Salle de police. Tous ceux qui ont été militaires ont certainement entendu dire par tous les grades.

Je vais vous flanquer à la boîte.

Boîte (faire sa)

Distribuer les caractères d’imprimerie dans la casse. — (Jargon des typos.)

Boîte (fermer la)

Fermer la bouche, se taire.

Boîte (la grande)

La préfecture de police (Argot des voleurs). V. Tour pointue.

Boîte (la)

La préfecture.

Boîte à asticots

Cercueil,

Ah ! tu veux rire, satané pilier de beuglant ! mais attends un peu que je sorte de ma boîte à asticots, et tu verras !

(Saint-Patrice, Aventure de Nabuchodonosor Nosebreaker.)

Boîte à cailloux

Prison. Le mot date du XVIIIe siècle. Aujourd’hui les soldats appellent simplement boite, la salle de police. La variante est : boîte aux réflexions.

Boîte à cornes

Chapeau d’homme.

Boîte à cornes

Chapeau. Allusion aux cocus qui y cachent leurs cornes (Argot du peuple).

Boîte à cornes

Chapeau haut de forme ou autres.

Boîte à cornes

Chapeau.

Boîte à domino

Brancard couvert qui sert dans les hôpitaux à transporter les morts de leur lit à l’amphithéâtre. Allusion de forme (Argot du peuple).

Boîte à dominos

La bouche. Allusion à la blancheur des dents et à leur forme qui ressemble aux dés (Argot du peuple).

Boîte à dominos

La bouche.

Boîte à dominos

Cercueil.

Boîte à dominos, au chocolat

Cercueil.

Boîte à dominos, boîte à doche

Cercueil. Le corps y est serré comme des dominos dans leur boîte. La variante boîte à doche offre un jeu de mots sur à mère et amère. Doche en argot veut dire mère ; c’est-à-dire la boîte à mère pour amère.

Boîte à Jouanne

Ventre, — dans le jargon des voyous. Jouanne est le nom d’un célèbre marchand de tripes à la mode de Caen, le Napoléon de la tripe.

Boîte à jus

Cafetière des marchandes ambulantes.

Boîte à lait

Les seins. L’allusion est jolie. Les seins d’une jolie femme sont certainement des boîtes à lait à même lesquelles on voudrait boire (Argot des voleurs). N.

Boîte à lanterne

Giberne des musiciens.

Boîte à marquer

Sergent. Ce sont les sergents qui ont la garde des boîtes à matricules.

Boîte à nœuds

Voir Boîte à ouvrage.

Boîte à ouvrage

L’outil avec lequel les filles gagnent leur vie. Quand l’une d’elles va au Dispensaire, elle dit qu’elle va faire voir sa boîte à outrage (Argot des filles). N.

Boîte à ouvrage

Les filles publiques inscrites à la préfecture sur les registres de la prostitution doivent se présenter tous les quinze jours pour faire examiner leur boîte à ouvrage. Lorsqu’elles ne se présentent pas à date fixe, elles sont punies administrativement de quelques jours de prison, à moins qu’elles ne donnent pour raison que le fil de leur botte a ouvrage était emmêlé.

Boîte à pandore

C’est une boîte ronde qui a la lorme exacte d’une montre ordinaire. Elle contient une cire molle très malléable préparée pour prendre les empreintes des serrures des maisons marquées pour être dévalisées. Ce travail est fait par les larbiniers qui préparent la besogne des cambrioleurs (Argot des voleurs).

Boîte à pantes

Maison de tolérance. Cette expression n’est pas juste ; il n’est pas nécessaire d’être un pante, c’est-à-dire un imbécile, pour s’offrir une satisfaction avec G. D. G. (Argot des voleurs). V. Bocard.

Boîte à puces

Lit, — dans le jargon des voyous.

Puis chacun songea à regagner sa boîte à puces.

(La Caricature, 7 fév. 1880.)

Boîte à sigues

Gilet. Allusion aux poches qui servent à mettre des pièces de vingt francs (sigues)... quand on en a (Argot des voleurs). N.

Boîte à vérole

Fille de barrières ou rôdeuse de casernes qui s’affranchit de la visite sanitaire et en fait d’eau ne connaît que l’eau d’aff (Argot du peuple).

Boîte à viande

Cercueil. Ce n’est pas une boîte de conserve (Argot des voleurs). N.

Boîte à violon

Grand soulier, grand pied.

Boîte au lait

Nourrice dans l’exercice de ses fonctions. — Sein de femme qui allaite.

Boîte aux cailloux

Prison où l’on couche sur la dure. Allusion aux matelas qui sont rembourrés avec des noyaux de pêches (Argot des voleurs). N.

Boîte aux dégelés, aux refroidis

La morgue.

Boîte aux dégelés, Boîte aux refroidis

La Morgue.

Boîte aux dominos

Cercueil. — Domino est pris ici pour os. Il y a de plus quelque analogie d’aspect, car la forme du cercueil, comme celle de la boîte, est oblongue.

Puisqu’on va l’un après l’autre Dans la boîte aux dominos.

E. Aubry, Chanson.

Boîte aux ordures

Derrière.

Boîte d’échantillons, boîte aux échantillons

Tonneau de vidange, — dans le jargon des vidangeurs. Dans ce tonneau, il y a de la marchandise de toutes provenances et de toutes couleurs.

Boîte, boîte à musique

Voyez Clou.

Boîtes à lait

Les seins.

La nature ne connaît pas l’égalité, car elle a donne aux unes des boîtes et aux autres les couvercles.

Boîtes au lait

Les seins.

Boiteux d’un chasse

Borgne. Manchot eut été plus juste (Argot des voleurs). V. Caliborgne.

Bol d’air

Prendre l’air est en prendre un bol ; au bord de la mer on prend un bol d’air.

Bolduc

Faveur qui attache les sacs de bonbons, — dans l’argot des bonbonniers. C’est un grand art que de bien savoir faire les bolducs.

Bolivar

Chapeau évasé dont la forme nouvelle prit le nom de ce héros populaire :

Le front couvert de son bolivar.

Cabarets de Paris, 1821.

Bombardiers

Les artilleurs.

Bombe

Demi-setier, quart de litre de vin, — dans le jargon des ouvriers.

Bombe

Mesure non classée qui contient environ un demi-litre de vin. Quand un ouvrier en a bu un certain nombre, ses camarades disent : Il est en bombe. Quand il rentre au logis, la ménagère fait une scène épouvantable ; les voisins entendant le pétard disent : la bombe éclate, gare ! (Argot du peuple). N.

Bombe

Verre de vin contenant 25 centilitres. Quand un ouvrier ne va pas à l’atelier le lundi, c’est qu’il est en bombe ; faire la noce est faire la bombe.

Bombé

Bossu, — dans le jargon du peuple. Il est bossu ? — Non, il est bombé.

Bombé

Bossu.

Bombe (faire la)

Faire la noce.

Bombe (partir en)

C’est l’expression dont se servent les unitaires qui vont courir une bordée… de plaisirs, comme dit le peuple.

Bombe (partir en)

S’absenter sans permission.

Bomber

Frapper quelqu’un est le bomber.

Si tu ne me fiches pas la paix, je vais te bomber.

Bon

Bon apôtre, hypocrite.

Vous n’êtes bons ! vous… N’allons, vous n’avez fait vos farces !

Balzac.

Bon

s. m. Épreuve sur laquelle l’auteur a écrit : Bon à tirer, c’est-à-dire bon à imprimer. Cette épreuve est lue une dernière fois, après l’auteur, par le correcteur en seconde ou en bon.

Bon

Agent des mœurs, — dans l’argot des filles et des voleurs. Le bon me fiole, l’agent des mœurs me dévisage.

Bon

Homme bon à voler. Agent des mœurs. Le bon me fiole, l’agent me regarde. Avoir bon, prendre en flagrant délit.

Bon (avoir du)

V. Avoir de la composition non portée sur son bordereau, et qu’on garde pour la compter à la prochaine banque. C’est le contraire du salé.

Bon (avoir du)

Avoir de la composition non portée sur son bordereau et qu’on garde, pour la compter à la prochaine banque. C’est le contraire du salé. (Boutmy.)

Bon (c’est un)

C’est un bon républicain, c’est un pur. L’expression était à la mode en 1848.

Bon (c’est)

En voilà assez, inutile d’en dire davantage.

Bon (être)

S’il y a des preuves matérielles sur un individu arrêté, il est inutile qu’il aille à Niort, il est monsieur Le Bon.

Bon à nib

Paresseux. Mot à mot : bon à rien (Argot des voleurs).

Bon endroit

Derrière. (L. Larchey) Attraper au bon endroit, donner du pied au derrière.

Bon là (être)

Être capable, être bon ouvrier, — dans le jargon des ateliers. — Être des bons, être classé parmi les bons ouvriers, parmi les meilleurs. Au dix-huitième siècle, pour désigner quelqu’un de solide, on disait : Il est des bons.

Bon motif

« Vous ne savez pas ce que c’est que le bon motif ? — Ah ! vous voulez dire un mariage ? — Précisément. » — Aycard.

Bon motif

Mariage, — dans le jargon des bourgeois. Faire la cour pour le bon motif, viser au mariage.

Ce ne peut pas être pour le bon motif.

(E. Augier, Les Fourchambault, 1878.)

Bon numéro

« Deux papas très-bien, ce sont deux papas d’un bon numéro. Comprenez-vous ? — Pas trop. — Deux pères parfaitement ridicules en leur genre. » — Th. Gautier.

Bon pour Bernard

Imprimé, journal, papier quelconque qui ne finira pas dans la hotte du chiffonnier, c’est-à-dire : bon pour les lieux d’aisances.

Bon sang de bon sang !

Autre exclamation poussée en apprenant une nouvelle surprenante. (L. Larchey)

Bon sort de bon sort (sacré) !

Exclamation qui exprime le désappointement ou la colère. La variante est : Coquin de bon sort !

Bon-dieu

Sabre-poignard ; allusion à la croix figurée par la lame et la poignée.

Bon-dieu (il n’y a pas de)

Mot à mot il n’y a pas de bon Dieu qui puisse l’empêcher.

Gn’y a pas d’Bon-Dieu, Faut s’dire adieu.

Désaugiers.

Bonaparteux

Bonapartiste, — dans le jargon des adversaires politiques des bonapartistes.

Bonbon à liqueur

Furoncle, bouton pustuleux. — Bonbon anglais, petit bouton sec, — dans le jargon des voyous.

Bonbon à liqueurs

Bouton qui suinte constamment une humeur liquide. Individu qui a des écrouelles (Argot du peuple). N.

Bonbonnière

Tinette à vidange, — dans le jargon des vidangeurs.

Bonbonnière

Élégante petite chambre, petit appartement meublé avec goût. — Elégante petite salle de spectacle où l’on croque des bonbons aux avant-scènes et des sucres d’orge aux galeries.

Bonbonnière

Tonneau de vidange. Allusion, sans doute, à ce qu’en l’ouvrant on prend une prise. Dans le peuple on dit d’un vidangeur qu’il en prend plus avec son nez qu’avec une pelle (Argot du peuple).

Bonbonnière à filous

Omnibus. (Colombey.)

Bonbonnière à filous

Omnibus. Les voyageurs sont serrés, le vol à la tire est facile ; il y a des voleurs qui n’ont que la spécialité de voler les morlingues en bonbonnière (Argot des voleurs). N.

Bonbons à liqueurs

Traces de scrofules sur le visage.

Elle est blécharde, elle a des bonbons à liqueurs autour de la tirelire.

Bonde

Maladie de Naples.

Bonde

Prison Centrale. Dans les prisons, le fromage réglementaire est le bondon, sorte de fromage rond qui se fabrique à Neufchâtel. La portion, une moitié, se nomme un système. Par corruption, on a fait bonde (Argot des voleurs).

Bonde

Prison centrale.

Bondes (aux)

Maison centrale.

Bondieusard

Marchand d’objets de dévotion. Le quartier St-Sulpice est peuplé de bondieusards. — Enlumineur d’images de sainteté.

Un bondieusard habile pouvait faire ses six douzaines en un jour. Un bondieusard passable, ni trop coloriste ni trop voltairien, pouvait gagner son salut dans l’autre monde et ses quarante sous dans celui-ci.

(J. Vallès, LesRéfractaires.)

Le mot a été créé par Gustave Courbet, qui l’employait souvent pour désigner soit un peintre de sujets religieux, soit un de ces peintres qui semblent s’inspirer des enlumineurs d’estampes. Par extension les libres-penseurs donnent du « bondieusard » à quiconque croit en Dieu, à quiconque fait montre de sentiments religieux.

Bondieusarderie

Dévotion, pratique religieuse, hommage à la religion, — dans le jargon des libres-penseurs.

Bondieuserie

Métier du bondieusard. — Commerce d’objets de sainteté, — dans le jargon des peintres réalistes.

C’étaient ces nombreuses boutiques, ces innombrables bondieuseries, dont la rue est pleine.

(Huysmans, Les sœurs Vatard, 1879.)

Bondieutisme

Pratique religieuse intermittente à l’usage des gens frileux.

J’en ai connu plusieurs qui, à l’époque des grands froids, se réfugiaient dans les bras de la religion, près du réfectoire, autour du poêle. Ils engraissaient là dans l’extase ! Quand ils avaient deux mentons, et qu’ils voyaient à travers les barreaux de la cellule revenir les hirondelles, ils sortaient et allaient prendre l’absinthe au caboulot.

(J. Vallès, Les Réfractaires.)

Bondon

Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

À peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent avoir le bondon.

Tabarin.

C’est mon tonneau, j’en porte le bondon.

Voltaire.

Bondy (refouler à)

Envoyer promener quelqu’un d’autant plus grossièrement que c’est à Bondy qu’on refoule l’engrais parisien.

Bonheur, aller au bonheur

Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son bonheur.

Diderot.

Bonhomme

Saint (Vidocq). — Allusion aux statuettes qui peuplent les églises.

Bonhomme

Personnage, statue de saint, en terme d’atelier. Votre bonhomme n’est pas d’aplomb.

Bonhomme (creuser son)

Creuser son rôle, l’approfondir.

Pendant des années il a, comme on dit, creusé son bonhomme.

(Figaro, du 14 juillet 1880.)

Bonhomme (entrer dans la peau du)

Dans le jargon du théâtre, c’est s’identifier avec son rôle. — Dans le jargon des peintres, c’est se bien pénétrer de son sujet.

L’autre (le peintre de sujets religieux) a besoin de s’entraîner pour se mettre à la hauteur d’une transfiguration ; et l’on comprend qu’il lui soit interdit d’entrer dans la peau du bonhomme.

(L. Leroy, Artistes et rapins.)

L’expression est de l’acteur Bignon.

Bonhomme (faire)

V. Se dit, au jeu des cadratins, quand l’un d’eux, par un hasard inouï, reste debout. Ce coup merveilleux annule le coup de blèche.

Boni, boxon, bousin

Prostibulum.

Bonicard

Vieil homme.

Bonicard

Vieux. — Bonicarde, vieille, — dans le jargon des voleurs.

Bonicarde

Vieille femme.

Boniment

Conversation.

Boniment

Parole, récit ; avoir du boniment : avoir de la blague.

Boniment

Couleur, mensonge.

Boniment

Discours persuasif. — Mot à mot : action de rendre bon un auditoire.

Boniment

Annonce que fait le pitre sur les tréteaux pour attirer la foule ; de bonir, raconter. — Discours débité par un charlatan, discours destiné à tenir le public en haleine, à le séduire, coup de grosse caisse moral. Depuis le député en tournée électorale, jusqu’à l’épicier qui fait valoir sa marchandise, tout le monde lance son petit boniment.

C’était le prodige du discours sérieux appelé le boniment : boniment a passé dans la langue politique où il est devenu indispensable.

(L. Veuillot, Les Odeurs de Paris.)

Le coup du boniment, le moment, l’instant où le montreur de phénomènes, le banquiste, lance sa harangue au public. — Y aller de son boniment, lâcher son boniment, dégueuler, dêgoiser. dégobiller son boniment.

Boniment

Propos, discours.

Boniment

Discours pour attirer la foule. Forains, orateurs de réunions publiques, hommes politiques et autres sont de rudes bonimenteurs. Quand un boniment est par trop fort, on dit dans le peuple : c’est un boniment à la graisse de chevaux de bois (Argot du peuple).

Boniment

Discours.

Boniment (faire du)

Beaucoup causer pour obtenir ce qu’on désire. Celui qui fait la cour à une femme fait du boniment pour la posséder. Un commerçant fait du boniment à une voisine pour l’avoir comme diente. Un saltimbanque fait du boniment pour attirer le public dans sa baraque.

Bonimenteur

Celui qui fait du boniment.

Bonir

Dire, parler.

Bonir

Parler, raconter, affirmer, avertir avec emphase, chercher à persuader. — Bonir au ratichon, se confesser. — N’en bonir pas une, garder le silence ; mot à mot : ne pas prononcer une parole, — dans le jargon des voyous.

Bonir

Se taire, — dans l’argot des marbriers de cimetière. (A. Delvau)

Bonir

Parler, raconter. Signifie aussi se taire.

Bonir

Parler.

Bonir, bonnir

Persuader, avertir, dire. V. Servir, Parrain, Criblage, Girofle.

Bonire

Parler.

Bonis (le)

Le fouet.

Bonisse (être en)

Être très loquace, bavarder beaucoup, être très expansif. Vient de bonir, raconter. — Veut dire encore se répandre en invectives.

Bonisseur

Pitre chargé du boniment. — Candidat à la députation en tournée électorale.

Bonisseur

Discoureur. Celui qui fait le boniment dans les foires.

Bonisseur

Parade de forain, beau parleur.

Bonisseur de la bath

Témoin à décharge.

Bonisseur de la batte

Témoin à décharge. — Mot à mot : diseur, de bonnes choses.

Bonjour

Sacrifice matinal à Vénus, — dans le jargon des bourgeois. — Dire bonjour à sa moitié. — Bonsoir, sacrifice nocturne à la même Vénus. — Un bon mari doit le bonjour et le bonsoir à sa femme.

Bonjour (voleur au), bonjourier

« Voleur s’introduisant de grand matin dans les maisons où les bonnes laissent les portes entr’ouvertes et dans les hôtels garnis dont les locataires ne ferment pas leurs chambres. » — Canler. — Allusion ironique à l’heure matinale choisie par le voleur ; il vous souhaite en quelque sorte le bonjour.

Bonjourier

Voleur dans les chambres d’hôtel.

Bonjourier

Vol au bonjour. Ce vol se pratique dans les chambres d’hôtels. Le bonjourier monte lestement les escaliers comme s’il allait faire une visite, généralement le matin à l’heure à laquelle les gens dorment encore ; il voit une clé sur la porte, il entre doucement. Si le dormeur s’éveille, il lui souhaite le bonjour et s’excuse de s’être trompé de porte ; au cas contraire, il vole rapidement ce qui lui tombe sous la main et s’esquive. Il y a six mois, on arrêta une bande de bonjouriers qui avaient la spécialité de voler les souliers des locataires. Ils avaient sous le bras une serviette d’avocat gonflée de vieux journaux ; ils les jetaient dans un coin du couloir et les remplaçaient par les bottines et les souliers (Argot des voleurs).

Bonjourier, voleur au bonjour

Voleur qui exerce dans les chambres dont on a négligé d’enlever les clés. Il est matinal et peu bruyant parce qu’il sait qu’il ne faut pas réveiller le chat qui dort. Si on lui demande où il va, ce qu’il veut, il en est quitte pour donner un prétexte ; il s’excuse, souhaite le bonjour, s’esquive et va voir à l’étage au-dessus s’il sera plus heureux.

Bonjourière

La femelle du bonjourier. C’est une drôlesse qui, au bal, à la promenade, incendie une dupedeses regards, se fait conduire au domicile de la dupe et la dévalise pendant la nuit. Combien de niais, croyant à une bonne fortune, se sont réveillés, le lendemain, allégés de leur montre, de leur argent et quelquefois de leurs vêtements !

Bonne

Bonne histoire.

Ah ! par exemple, en v’là une bonne.

Cormon.

Bonne (ala)

Franchement, sans tricher, — dans l’argot des grecs. — Flanchons-nous une manche à la bonne ?

Bonne (avoir à la)

Avoir en grande estime, faire grand cas de. — Être dans ses bonnes, être de bonne humeur.

Bonne (avoir quelqu’un à la)

Aimer ou avoir une grande amitié pour une personne ou une chose est l’avoir à la bonne.

Bonne (prendre à la)

Prendre en bonne amitié. — Être à la bonne : Être aimé.

Je ne rembroque que tezigue, et si tu ne me prends à la bonne, tu m’allumeras bientôt caner.

Vidocq.

Bonne enfant (être)

C’est, pour une putain, se prêter tous les caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.

Déboutonn’-toi, tu verras comme
J’s’rai bonne enfant : j’ t’amus’rai bien

Henry Monnier.

Bonne ferte

Bonne aventure.

Bonne ferte

Bonne aventure. Les bohémiennes qui, dans les fêtes, disent la bonne aventure dans leur entresort (voiture) font la bonne ferte.

Bonne grâce

Toilette en lustrine à l’usage des tailleurs.

Bonne pour un homme (avoir été)

S’être livrée à un homme, dans le jargon des bourgeoises qui ne savent rien refuser.

Bonne-grâce

Toile dans laquelle les tailleurs enveloppent les habits.

Le concierge de l’hôtel dépose qu’il a vu Crozard traverser la cour avec une bonne grâce sous son bras.

La Correctionnelle.

Bonne, bien bonne (une)

Une bonne histoire, une bien bonne plaisanterie.

Impossible de se fâcher, quand, après quelque farce de sa façon, il vous disait avec sa grosse voix : Elle est toujours bien bonne !

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

En dire une bonne, en raconter une bien bonne, et, avec un déplorable jeu de mots : une bien bonne d’enfants.

Bonneau

Homme serviable qui se charge — moyennant finance — d’aplanir les difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles et des maîtresses à ceux qui en désirent.

Bonnes fortunes

Coups qu’un homme tire avec le sexe : autant de femmes, autant de bonnes fortunes.

Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme : — Il a eu tant de bonnes fortunes. — Mais elle se croirait déshonorée si elle disait de lui : — Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est exactement la même chose.

A. François.

Chacun rencontre sa chacune,
Nul ne fut sans bonne fortune.

Voiture.

Bonnet

s. m. Espèce de ligue offensive et défensive que forment quelques compositeurs employés depuis longtemps dans une maison, et qui ont tous, pour ainsi dire, la tête sous le même bonnet. Rien de moins fraternel que le bonnet. Il fait la pluie et le beau temps dans un atelier, distribue les mises en pages et les travaux les plus avantageux à ceux qui en font partie d’abord, et, s’il en reste, aux ouvriers plus récemment entrés qui ne lui inspirent pas de crainte. Le bonnet est tyrannique, injuste et égoïste, comme toute coterie. Il tend, Dieu merci ! à disparaître ; mais c’est une peste tenace.

Bonnet

Coterie autoritaire dans un atelier typographique.

Le bonnet est tyrannique, injuste et égoïste.

(Boutmy.)

Bonnet

Bonneteau.

Bonnet à poil

Le bonnet que portaient les grenadiers et les sapeurs. Cette coiffure a été supprimée. On l’applique à un tout autre objet (Argot du peuple). V. As de pique. N.

Bonnet carré

Juge.

Bonnet d’évêque

Loge des quatrièmes en forme de mitre, d’où le nom. — Train de derrière d’une volaille découpée de façon à ce qu’il figure la mitre. C’est un des morceaux les plus délicats, et, à table, chez d’honnêtes bourgeois, l’objet d’aimables plaisanteries.

Bonnet de nuit

Triste comme un bonnet de nuit. Homme taciturne, mélancolique, dont la tristesse est communicative, sa présence dans une réunion jette un froid (Argot du peuple).

Bonnet de nuit

Celui qui n’est pas gai est triste comme un bonnet de nuit.

Bonnet jaune

Pièce d’or, — dans le jargon des filles.

Bonnet ou bonnet à poil

La nature de la femme, que l’homme place sur la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.

Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet.

E. Debraux.

Tu vas me dire, je le gage,
Que la chaleur de ton bonnet
Fera transpirer son… visage.

Guillemé.

Un bonnet à poil, je te jure,
Aujourd’hui ferait son bonheur ;
Pour faire admirer sa tournure,
Coiffe mon petit voltigeur.

Guillemé.

Mon ourson ne serait plus guère ;
Car, comm’ disait notre aumônier :
J’connais c’pays qu’on prône,
Novi, Florence, Ancône ;
Mais l’Italien, peu guerrier,
Rarement coiffe — un bonnet d’guernadier.

Henri Simon.

Bonneteau

Toute espèce de jeux de cartes tenus dans les foires, où le public est naturellement dupe. L’antique jeu de bonneteau consiste à faire deviner une carte parmi trois que manie avec une maladresse affectée le bonneteur. On ne devine jamais, grâce à une substitution.

Bonneteau

Jeu de cartes où le public est toujours dupe.

Bonneteau

Jeu des trois cartes. Ce jeu ou plutôt ce vol s’exécute à Auteuil, Saint-Ouen et dans les wagons de chemin de fer. M. Marcel Schwob, pour arriver à expliquer l’expression de bonneteur dit qu’il faut passer par des intermédiaires : bonnet. bonneteur, lingerie. Bonnet, dans les ateliers, signifie se réunir plusieurs pour former une coterie, résister au patron ou aux autres camarades. Les bonneteurs sont généralement trois pour opérer : le bonneleur qui tient le jeu, l’engayeur qui ponte pour allécher les naïfs, le nonneur qui est en gaffe pour avertir si la rousse dévale. Ce trio forme donc bien un bonnet, et bonneteur en dérive tout naturellement, et il n’est nullement question de lingerie. Bonnet et bonneteur sont deux expressions en circulation depuis plus de cinquante ans ; Vidocq en parle dans ses Voleurs (Argot du peuple).

Bonneteur

Industriel tenant aux foires de campagne un de ces jeux de cartes auxquels on ne gagne jamais. — Vidocq.

Bonneteur

Industriel, doublé d’un filou, tenant un jeu de bonneteau.

Bonneteur

Escroc tenant un jeu de bonneteau. Annonceur ; il amadoue (bonnette) le public.

Bonneton

Commis employé au rayon de la bonneterie, dans le jargon de la nouveauté.

Bonnichon

Bonnet.

Bonnir

Parler. On appelle le pitre qui fait le boniment le bonnisseur (Argot des camelots).

Bonnir

Dire, parler. Le camelot bonnit pour vendre sa camelote. Celui qui nous dit quelque chose nous le bonnit. Dire c’est bonnir.

Bonnir que peau

Être muet comme une carpe (Argot des voleurs).

Bonnisseur

Celui qui fait l’annonce à la porte d’un établissement forain ou autre est un bonnisseur ; un bon bonnisseur est recherché.

Bons de tabac (sonnerie des)

Sonnerie des consignés. Plaisanterie ironique. On appelle aussi bons de tabac, les médailles commémoratives sans valeur, qu’on distribue à tous, comme les bons de tabac.

Bontés

Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.

Vous êtes un ingrat : je regrette d’avoir eu des bontés pour vous, et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.

J. Du Boye.

Boquabelle

La bouche (Argot des voleurs). V. Affamée.

Borda

École navale.

Bordé (être)

Avoir renoncé aux plaisirs de l’amour. Mot à mot : être couché dans son lit, les couvertures bordées. Ne pas être encore bordé, ne pas avoir dit adieu à Vénus, en parlant des vieillards, — dans le jargon des filles.

Bordeaux (petit)

Cigare de 5 c. fabriqué à la manufacture de Bordeaux.

Avec un sou, tous sont égaux devant le petit bordeaux.

Liorat, Chansons.

Bordeaux (petit)

Cigare d’un sou. Le plus petit de tous les cigares d’un sou, fabriqué à Bodeaux et à Tonneins.

Bordée (tirer une)

Quitter son travail sans motif, sans permission, déserter la maison pour aller courir de mauvais lieux en mauvais lieux, avec stations obligatoires chez le marchand de vin.

Bordée (tirer, courir une)

S’absenter sans permission. — Terme de marine. — On dit d’un navire louvoyant, qu’il court des bordées. Or, un matelot en bordée ne tarde pas à en imiter les capricieux zig-zags.

C’est un brave garçon qui ne boit jamais et qui n’est pas homme à tirer une bordée de trois jours.

Vidal, 1833.

Bordel

Couvent de femmes qui ont fait vœu de lubricité. C’est le ganea (γάνος, joie) des Anciens, ordinairement situé loin de la ville, et la Borde (petite maison) des Modernes, située aussi dans la campagne, loin des regards indiscrets.

L’on envoie au conscience au bordel, et l’on tient sa contenance en règle.

P. Charbon.

Misérable Philis, veux-tu vivre toujours
Un pied dans le bordel, l’autre dans la taverne ?

Mathard.

Cependant vengeons-nous
Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infâme.

La Fontaine.

Bordel

Bruit, vacarme. — Faire un bordel d’enfer, faire beaucoup de bruit.

Bordel

Petit fagot de deux sous, — dans le jargon des charbonniers. — Petit paquet de linge sale, — dans le jargon des blanchisseuses. — Faire un bordel, laver un paquet de linge à soi appartenant.

Bordel ambulant

Fiacre, dont les stores baissés permettent aux amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire leurs petites affaires de cul.

Bordelier ou bordelière

Homme ou femme qui hante les bordels.

Borgne

Derrière. — Comparaison de l’anus à l’œil.

V’là moi que je me retourne et que j’li fais baiser, sauf votre respect… mon gros visage… Ce qui a fait dire aux mauvaises langues qu’il a vu mon borgne.

Rétif, 1783.

Borgne

Le fondement.

Borgne

As d’un jeu de cartes.

Borgniat

Borgne, — dans le jargon du peuple.

Bosco, Boscotte

Bossu, bossue.

Boscot, tte

« Petit homme, petite femme contrefaits, bossus. »

d’Hautel, 1808.

Bossard

De travers, louche, qui n’est pas droit ; dérivé de bosse.

Maintenant, comme tout est bossard dans cette affaire là.

(La petite Lune, 1879.)

Bosse (se donner une)

S’empiffrer. — Allusion à la bosse formée par la réplétion du ventre.

Je veux, dit-il, qu’à sa noce Ça soit beau Et qu’on s’y flanque une bosse De chameau.

Delange, Chansons.

Se donner une bosse de rire : Rire immodérément. — Rouler sa bosse : Cheminer.

Nous roulons not’bosse Dans un beau carrosse.

Decourcelle, 1832.

Bosse (se flanquer une)

Faire un excès quelconque. Manger et boire outre mesure, c’est-à-dire : devenir bossu par devant et par derrière à force de boisson et de victuailles. — Se flanquer une bosse de rire. Rire énormément, rire comme un bossu.

Bosselard

Chapeau haute forme, — dans le jargon du collège ; pour bosselé. Allusion à l’état ordinaire des chapeaux des collégiens. (L. Larchey)

Bossoirs

Seins. — Terme de marine.

Bossoirs

Seins exagérés. Allusion au bossoir d’un navire.

Bossoirs (les)

Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant. — D’où cette facétie libertine : « Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits. »

Rembarque-moi ces bossoirs,
Quoi qu’tu fais d’ces morceaux d’tripe’ ?

(Parnasse satyrique.)

Bossus (il y a des)

On siffle dans la salle. (Argot des comédiens de l’ancien boulevard du Crime). — V. Les secrets des coulisses de J. Dullot, 1865.

Botte de neuf jours

Botte percée. — Vidocq. — Calembour. Jour est pris pour trou, et une botte trouée ne passe guère la huitaine.

Botte florentine

Enculage d’un homme ou d’une femme, — par allusion aux habitudes pédérastiques vraies ou supposées, des habitants de Florence, une façon de Sodome.

Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une femme… fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la botte florentine qui pourrait la menacer.

(Les Aphrodites)

Botter

Convenir. — Mot à mot : aller comme une botte qui chausse bien.

J’aurai l’honneur de vous envoyer ma voiture à onze heures. — Ça me botte.

Gavarni.

Botter

Donner un ou plusieurs coups de pied au derrière.

Botter

Convenir. Cette femme me botte. — Aller bien, en parlant d’un objet de toilette. — Ce chapeau me botte, cette paire de gants le botte.

Botter

Convenir.

Botter

Chose qui convient. Ma femme me botte. Ma voisine me botterait. Mon pantalon me botte. Sortons-nous ? — Ça me botte. On dit aussi. —

Je vais te botter le… c’que j’pense.

Bottes (graisser ses)

S’apprêter à faire le grand voyage de l’autre monde.

Bottes de neuf jours

Souliers dont les semelles se disjoignent.

Bottoche

Fusil (Argot des voleurs). N.

Bou-ci bou-la

Deux numéros tête-bêche. 69 (Argot du peuple).

Boubane

Perruque. — Vidocq. — Du vieux mot bouban : luxe, étalage. V. Roquefort.

Boubane, brigante

Perruque.

Boubouille

Cuisine sans prétention. La véritable boubouille se fait sur un fourneau en terre, placé, le plus souvent, sur le carré de l’escalier. C’est le dernier mot delà cuisine du pauvre et de la pauvre cuisine.

Bouc

Cocu. — Vidocq. — Allusion à ses cornes.

Bouc

Barbiche, impériale très fournie, — dans l’argot du régiment. Mot à mot : barbe de bouc.

Bouc

Mari trompé. Allusion aux cornes, emblème des maris malheureux.

Boucan

Tapage. Faire du boucan. — Donner un boucan, gronder en élevant très fort la voix, à grand bruit.

C’est un lieu de débauche, dans les petites rues, écarté du grand monde ; les chambres y sont obscures et malpropres, parce que les jeunes gens qui y vont, et qui ont gagné quelques faveurs, c’est-à-dire du mal, y font souvent tapage, et jettent tous les meubles par la fenêtre ; c’est pourquoi les pourvoyeuses ont grand soin de ne garnir leur académie que de quelques chaises avec quelques paillasses.

(Le Roux, Dict. comique.)

Tout se retrouve. Nos troupiers appellent, aujourd’hui, une maison de tolérance « un bouc » par abréviation de boucan.

Boucan

Bruit, tapage, chahut, scandale. Un boucan s’organise pour empêcher un orateur de parler ou un acteur de remplir son rôle. Les étudiants sont passés maîtres dans l’art d’organiser un boucan (Argot du peuple).

Boucan

Faire du bruit, du tapage, est faire du boucan.

Boucanade

Corruption à prix d’argent d’un juge ou d’un témoin. — Coquer la boucanade : Corrompre. Mot à mot : donner pour boire. En Espagne, la boucanade est une gorgée du vin renfermé, selon l’usage, dans une peau de bouc.

Boucanade

Faux témoignage. Action de corrompre, d’acheter un témoin. — Coquer la boucanade, corrompre un témoin, acheter un témoignage.

Boucaner

Sentir mauvais, faire concurrence au bouc comme odeur.

Boucaner

Faire du bruit. Dérivé de boucan. Boucaner la pièce, siffler une pièce de théâtre, empêcher qu’on entende les acteurs, — dans le jargon du théâtre.

On m’assure que toutes vos pièces vont être désormais boucanées.

(L’Étrille, 1879.)

Boucaneur

Pilier de lieux de débauche, celui qui se plaît au milieu du vacarme. Boucanière, au féminin.

Boucard

Boutique.

Boucard

Boutique. Les voleurs disent aussi boutogue.

Boucard

Boutique (Argot des voleurs). V. Boutanche. N.

Boucard, boutogue

Boutique. — Le premier mot paraît une forme de boc ; le second est une corruption de Boutique. V. Baïte, Esquinteur.

Boucard, boutogue, boutange

Boutique.

Boucardier

Marchand. — Boucardier gambilleur, marchand ambulant.

Boucardier

Voleur qui exploite les boutiques. Le boucardier opère la nuit avec le concours du pégriot. Le pégriot est un gamin ou un voleur de petite taille qui s’est primitivement introduit dans la boutique, et qui, à l’heure convenue, vient ouvrir au boucardier.

Boucardier

Le petit pégriot qui s’introduit dans la boutique pour aider son complice à voler (Argot des voleurs). V. Raton.

Boucarniers

« Voleurs dévalisant les boutiques à l’aide d’un pégriot ou gamin voleur, qui s’y cache à l’heure de la fermeture, et qui vient leur ouvrir. » — Canler. — Vidocq les appelle Boucardiers.

Bouche d’en bas (la)

La nature de la femme, — si éloquente dans son langage muet.

D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on dirait qu’elles y ont la fièvre.

Brantôme.

Pour récompenser mon mérite,
Arrachant les dents bien à point,
Permettez que je vous visite
Votre bouche qui n’en a point.

(Cabinet satyrique.)

Bouche en cul de poule

Petite bouche à grosses lèvres relevées en bourrelets, et affectant la forme d’un O.

Bouche impure (la)

Le trou du cul, — qui parle plus souvent qu’on ne voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des pédérastes.

Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.

Andréa de Nerciat.

Bouche l’œil

Gratification. Promesse de gratification sous forme d’une pièce d’or ou d’argent placée sur l’œil en guise de monocle, — dans le jargon des filles.

Bouche-trou

Article de journal sans aucune valeur, mis en réserve pour les jours où la copie manque. — Acteur jouant toutes sortes de rôles sans importance.

Boucher

Médecin.

Boucher

Chirurgien, — dans le jargon du peuple.

Boucher

Chirurgien. On dit aussi charcutier. Il charcute les chairs du patient (Argot du peuple).

Boucher la serrure

Mastiquer le vagin de la femme à force de décharger dedans, et le rendre impropre à la fécondation.

Boucher un trou

Payer une dette lorsqu’on en compte plusieurs.

Boucher un trou, une brèche, une fente

Introduire le membre viril dans le vagin d’une femme, sous prétexte d’en mastiquer les fissures.

Plus loin, j’ trouvons madam’ vot’ mère
Sous not’ aumônier Goupillon ;
J’ dis : Vous bouchez un’brèch’, not’ père,
Par où pass’rait un bataillon.

Béranger.

Boucherait le trou du cul avec un grain de sable (on lui)

Se dit en parlant de quelqu’un que la peur paralyse, parce que, alors, selon l’expression vulgaire, il serre les fesses.

Bouchère en chambre

Fille ou femme galante, qui pèse la viande — masculine — avec la main.

Boucherie

Bordel, où abondent les gros morceaux de viande, — humaine.

Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.

Lemercier de Neuville.

Bouchon

Le membre viril, que la nature a destiné à fermer hermétiquement le goulot de la femme.

Bouchon

Qualité, genre. — Allusion aux produits sortant des débits de vins appelés bouchons. On a dit ironiquement : Ceci est d’un bon bouchon, comme : Ceci est d’un bon tonneau, — ou : Ceci est du bon coin.

Bouchon

Bourse, — dans le jargon des voleurs.

Bouchon

Mauvaise gargote où l’on vend du vin sans raisin. Allusion à l’usage ancien de placer comme enseigne, au-dessus de la porte d’entrée, une branche de sapin ou de houx ; cela se nomme un bouchon (Argot du peuple).

Bouchon

Bourse. Allusion à l’argent qu’elle contient, qui sert à boucher des trous. Pour payer une dette, on dit : boucher un trou (Argot du peuple).

Bouchon (prendre, remporter un)

Échec (ramasser un) tomber.

Bouchon d’évier

Souillon de cuisine, laveuse de vaisselle.

Bouchon de paille

Objets à vendre. On place un bouchon de paille au collier ou à la queue d’un chien que l’on désire vendre. On dit de certains individus dont la moralité est plus que douteuse : Ils ont un bouchon de paille à la conscience. Mot à mot : elle est à vendre (Argot du peuple). N.

Bouchonner

Donner des coups de poing, — dans le jargon des cochers.

Bouclage

Emprisonnement.

Bouclage

Cadenas. — Arrestation.

Bouclage, bridage

Arrestation. Fermeture des portes.

Bouclé

Enfermé.

Boucler

Fermer ; boucler une porte, fermer la porte.

Boucler

Enfermer. — Vidocq. — Du vieux mot Bacler. V. Roquefort.

Boucler

Arrêter. — Boucler un poivrot, arrêter un ivrogne.

Boucler

Fermer. — Boucler la lourde, fermer la porte. — Boucler la position, fermer la malle.

Boucler

Mettre à la salle de police, en prison.

Boucler

Fermer. Partir.

Boucler

Enfermer. Dans les prisons, on boucle les prisonniers chaque soir dans leurs cellules. On boucle la lourde (fermer la porte) (Argot des voleurs).

Boucler

Fermer, enfermer ou boucler sa porte. Un militaire mis à la salle de police est bouclé.

Boucler

Fermer, enfermer.

Bouclette, serrante

Serrure.

Boucs du régiment ou bonnes du colonel

Les sapeurs.

Boudard

Boutique.

Bouder

Joli mot, sotte chose, dit Commernon — Laisser voir, par l’expression de son visage, qu’on a de l’humeur ou du ressentiment contre quelqu’un.

On ne saurait bouder longtemps
Quand on boude contre son ventre.

(Improvisateur français.)

Tu sais que ta ci-devant femme, quant à ce qui est d’ça (foutre), n’aime à bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.

Sophie Arnould.

Bouder au cheveu

Commencer à être chauve.

Bouder au turbin

Ouvrier qui cherche tous les moyens possibles pour ne pas travailler. Fille publique qui ne veut plus turbiner pour son souteneur (Argot des souteneurs). Dans la fameuse chanson : Lamentations d’un souteneur, on lit :

Quoi ? C’est éteint... Tu r’buttes au flanche,
Y’a pu de trottinage à la clé,
Des dattes pour que tu fass’la planche,
L’anse de la marmite est cassé.
Pour parer c’gnon qui m’met su’l’ sable,
Comme ta peau n’veut plus qu’feignanter,
J’vas me rcoller avec ta dabe,
Qui ne r’foul’ pas pour turbiner.

Bouder aux dominos

Avoir des dents de moins.

Bouder aux dominos

Avoir des dents de moins. Les variantes sont : Bouder à la dent, être chauve de la gueule, manquer de chaises dans la salle à manger.

Bouder contre son ventre

S’abstenir d’une chose dont on a envie.

Boudin

Verrou (Vidocq). — Allusion à la forme des verrous ronds qui ferment les grandes portes.

Boudin

Verrou.

Boudin

Doigt épais et rouge.

Boudin

Verrou. Estomac.

Boudin (faire du)

Une ancienne et très pittoresque expression qui avait le sens de répandre du sang.

Boudin (faire du)

Répandre le sang.

Boudin ou boudin blanc

Le membre viril, — dont toutes les femmes voudraient bien avoir dix aunes dans le corps.

Qu’est-ce que vous voulez faire du boudin de son mari. N’avez-vous pas assez du votre ?

D’Ouville.

Il se retourna vers moi et me fit voir comme un bout de boudin blanc qui était assez long, dont je m’émerveillai que je n’en avais point de pareil.

Mililot.

Boudiné

Voir Copurchic.

Boudiner

Baiser. — Se dit aussi d’une femme qui se sert d’un boudin, au lieu d’un membre viril, pour se faire jouir.

Boudiner

Mal dessiner les extrémités, — dans le jargon des peintres.

Boudiner

Réveillonner le jour de Noël, manger du boudin. — Le repas de boudin s’appelle le boudinage.

Boudinots

Cuisses (Argot des voleurs). N.

Boudoir

L’endroit réservé, discret, mystérieux, parfumé, où toute femme qui sait vivre reçoit l’homme dont elle veut être aimée — à couillons rabattus.

Eh bien, Montade, n’est-il pas joli, mon boudoir ! — Il le sera davantage quand nous l’aurons appelé par son vrai nom, foutoir.

La Popelinière.

Bouffarde

Pipe.

Bouffarde

Pipe.

Bouffarde

Une pipe.

Bouffarde

Pipe.

Bouffarde

Pipe. — Allusion aux bouffées de fumée qui s’en échappent.

Bouffarde

Pipe.

Un peintre dit volontiers ma bouffarde en parlant de sa pipe.

(Paris-fumeur.)

Bouffarde

Pipe.

Bouffarde

Pipe.

Bouffarde

Pipe. Allusion à la bouffée de fumée que le fumeur tire par intervalles de sa pipe et lance dans le vide (Argot du peuple).

Bouffarde

Pipe.

Bouffarder

Fumer.

Bouffarder

Fumer.

Bouffarder

Fumer la pipe.

Bouffardière

Cheminée (Vidocq). — Id.

Bouffe

Soufflet. — Figure. — Il avait ce dernier sens eu 1849.

Bouffe la balle

Joufflu. — Gourmand.

Bouffé le cirage (ne pas avoir)

N’avoir rien inventé, n’être l’auteur d’aucune merveille. Terme railleur.

Bouffe-tout

Il est des individus atteints de boulimie, qui mangent tout ce qui se présente. Thomas l’Ours, le modèle bien connu de Montmartre, mangeait en guise de hors d’œuvre huit livres de pain en buvant un seau de vin. Les rapins racontent encore qu’un jour de famine Thomas l’Ours avait dévoré un poêle de faïence (Argot du peuple).

Bouffer

Manger gloutonnement.

Bouffer

Bouder, dissimuler sa mauvaise humeur (XVIIIe siècle). Aujourd’hui, c’est piper.

Bouffer

Manger.

Il est onze heures, la cloche a sonné, allons bouffer.

Bouffer

Manger.

Bouffer à l’as

Dîner par cœur. Même signification que passer à l’as, passer devant Chevet, regarder mais ne pas toucher (Argot du peuple).

Bouffer des briques à la sauce aux cailloux

Se dit par ironie. Mot à mot n’avoir rien à se mettre sous la dent (Argot du peuple). N.

Bouffer la botte

Faire le pied de grue, l’amour platonique ; se laisser berner par une femme.

Bouffer la botte

Amour platonique... faute de mieux (Argot du peuple).

Bouffer le nez (se)

Se disputer de très près, face à face, comme si on voulait se manger le nez.

Bouffer ou boulotter

Manger.

Bouffer son cran

Ne pas être content, marronner. On dit aussi : bouffer son bœuf (Argot d’imprimerie).

Bouffeter

Bavarder. — Bouffeteur, bavard, bouffeteuse, bavarde.

Bouffeter

Bavarder.

Bouffeur de kilomètres

Sobriquet du chasseur de Vincennes, le plus intrépide marcheur de l’infanterie française. Il bouffe, il avale les kilomètres.

Bouffi

Noyé. Allusion à l’eau qui gonfle la face de l’individu qui reste longtemps immergé (Argot du peuple).

Bouffi

Être joufflu. D’un vaniteux on dit qu’il est bouffi d’orgueil. On dit aussi ironiquement : tu l’as dit bouffi, dans le sens de grosse bête. Bouffi est le synonyme (Argot du peuple).

Bouffis (des)

Des punaises.

Bouge

Endroit infect. Bouge vient certainement de bauge où les cochons se vautrent dans la boue et dans leurs excréments. C’est dans les bouges que se réunissent les voleurs de bas étage (Argot des voleurs). V. Bagnole.

Bougeoir (le), ou la bougie

Le membre viril — qu’on allume lorsqu’on va se coucher avec les femmes.

J’ai beau de presser le bouton,
De mon travail, le croirait-on ?
Tu restes spectatrice.
Pour le coiffer d’un éteignoir,
As-tu Jamais prit mon bougeoir ?
He ! zon, zon, zon,
Prends-le moi Suzon,
Il faut que ça finisse.

H. Simon.

Bougie

Canne (Vidocq). — Allusion de forme. — Bougie grasse : Chandelle. — Ironique.

Bougie

Bâton d’aveugle. Il lui sert de liougie, il guide sa marche. — Bougie grasse, chandelle, — dans le jargon des chiffonniers.

Bougnat

Charbonnier.

Bougnat

Charbonnier. Il y a fort peu de temps que cette expression est en usage, depuis la liberté des marchands de vin (Argot du peuple). V. Auverpin.

Bougnat

Charbonnier, marchand de charbons.

Bougnat

Charbonnier.

Bougre

Pédéraste, — en souvenir des hérétiques albigeois et bulgares qui, en leur qualité d’ennemis, étaient chargés d’une foule d’iniquités et de turpitudes par le peuple, alors ignorant — comme aujourd’hui.

Des soins divers, mais superflus,
De Fiévée occupent la vie :
Comme bougre il tache les culs,
Comme écrivain il les essuie.

Anonyme.

Bougre

Mot à noter comme ayant perdu sa portée antiphysique. Ce n’est plus qu’un synonyme de garçon. On dit : un bon bougre.

Bougre

Brave homme sur lequel on peut compter. Se dit aussi en mauvaise part : bougre d’animal.

Bougre à poils

Homme déterminé, solide, courageux. — C’est un bougre à poils, qui n’a pas froid aux yeux.

Bougrement

Très. — Pris en bonne comme en mauvaise part.

Bougrerie

Péché contre nature que commettent, non seulement les pédérastes, mais même quelquefois les honnêtes gens avec les femmes.

Un peu de bougrerie
Est dans la vie
Quelquefois de saison.

Collé.

Bougresse

Gourgandine, femme qui aime l’homme.

Bouibouis

Endroit mal famé.

Bouif

Faiseur d’embarras, orgueilleux. — Mauvais ouvrier, celui qui connaît mal son métier. — Faire du bouif, faire des embarras, prendre de grands airs.

Bouif

Mauvais ouvrier. On disait cela primitivement des ouvriers cordonniers, mais depuis, cette expression s’est étendue à tous les corps de métiers. Un mauvais écrivain ou un mauvais acteur, c’est un bouif (Argot du peuple).

Bouif

Cordonnier. Un mauvais ouvrier cordonnier est un bouif.

Bouif

Cordonnier.

Bouillante

Soupe.

Bouillante

Soupe.

Bouillante

Soupe.

Bouillante

Soupe. — Soldats, vagabonds ou prisonniers n’ont pas le temps d’attendre qu’elle refroidisse.

Bouillante

Soupe ; par euphémisme, car elle ne l’est guère, bouillante, lorsque vous êtes de garde et qu’un camarade vous l’apporte à une lieue de la caserne.

Bouillon

Mauvaise opération. — Allusion aux gorgées d’eau qui asphyxient un noyé.

Il a bu un fameux bouillon : il a fait une perte considérable.

d’Hautel, 1808.

Bouillon

Pluie torrentielle.

Il va tomber du bouillon, pour dire une averse.

d’Hautel, 1808.

Bouillon

Exemplaires non vendus d’un journal. Dans certains journaux on reprend le bouillon ; dans d’autres il reste au compte du marchand. Rendre le bouillon, rendre les exemplaires non vendus.

Bouillon

Restaurant où les portions semblent taillées par un disciple d’Hahnemann, où l’on paye la serviette, où la nappe brille par son absence, mais où les prix ne sont pas plus élevés qu’ailleurs.

Bouillon

Journaux ou livres invendus. Bouillonner, ne pas vendre ses livres ou journaux.

Bouillon (boire un)

Subir une perte d’argent, principalement à la suite d’une opération financière.

Ce trafic de loges ne se fait pas sans quelque danger pour les marchands de billets. Un orage qui éclate, un caprice de public ou de danseuse… il n’en faut pas davantage pour leur coûter, en une seule soirée, mille ou quinze cents francs… c’est ce qu’ils appellent boire un bouillon.

(Ch. de Boigne.)

Bouillon chaud

Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de la femme.

Bouillon d’onze heures

Empoisonnement ; par allusion aux fameux bouillons administrés par la Brinvilliers et qu’elle appelait « un pistolet dans du bouillon. » — Faire boire un bouillon d’onze heures à quelqu’un, empoisonner quelqu’un.

Bouillon de canard

Eau.

Jamais mon gosier ne se mouille avec du bouillon de canard.

Dalès.

Bouillon de canard

Eau.

Bouillon de onze heures

Dans le peuple, on est persuadé que l’on vous administre dans les hôpitaux un bouillon qui fait mourir. Cette légende vient de ce qu’un malade à qui on donna un bouillon à onze heures mourut à midi. Quand il arrive quelque chose de désagréable à quelqu’un, on lui dit :
— Comment trouves-tu le bouillon ? (Argot du peuple).

Bouillon pointu

Lavement spermatique ; enculage.

Dieu ! qu’est-ce que je sens ? — L’apothicaire poussant sa pointe ; c’est le bouillon pointu.

(Parodie de Zaïre)

Bouillon pointu

Lavement. Double allusion au clystère et à son contenu.

Dieu ! qu’est-ce que je sens ? — L’apothicaire (poussant sa pointe) : C’est le bouillon pointu.

Parodie de Zaïre. Dix-huitième siècle.

Bouillon pointu : Coup de baïonnette :

Toi, tes Cosaques et tous tes confrères, nous te ferons boire un bouillon pointu.

Layale, Chansons, 1855.

Bouillon pointu

Clystère.

Bouillonner

Rester pour compte ; ne pas vendre, en parlant de livres, de journaux. — On tire à 10,000, on bouillonne de 2,000 bien souvent.

Bouillonner

Manger dans un bouillon-restaurant.

Bouillotte

La tête. Dans le peuple pour exprimer que l’on a une forte migraine on dit : Ma cervelle bout. Bouillotte est la conséquence (Argot du peuple). V. Tronche.

Bouillotte

La tête.

Bouillotte

Tête.

Bouis

Fouet.

Bouis

Maison de tolérance, — dans l’ancien argot.

Bouis (le)

Le fouet.

Bouis-bouis

Café-concert, petit théâtre à femmes, petit restaurant, où ces dames, aux jours d’épreuves, vont prendre leur nourriture. Dans le jargon des voleurs, un bouis est une maison de tolérance, et le nom vulgaire de la maison de tolérance a également la signification de bruit, tapage ; d’où bouis-bouis, pour désigner un endroit à femmes, un endroit où régnent le vacarme et les mauvaises mœurs.

Bouis-bouis

Marionnette.

Ensecréter un bouis-bouis, consiste à lui attacher tous les fils qui doivent servir à le faire mouvoir.

(Privat d’Angle-mont.)

Bouis-bouis

Endroit mal famé. Se dit d’un café comme d’un théâtre de dernier ordre (Argot du peuple).

Bouis-bouis

Établissement de bas étage. Un bal de barrière est généralement un bouis-bouis.

Bouisbouis

Marionnette. — Onomatopée imitant le cri de Polichinelle.

Bouisbouis

Petit théâtre, tripot. — Vient de Bouis : cloaque, maison de boue. V. d’Hautel.

Le bouisbouis est le café-concert qui a pour montre un espalier de femmes. Le théâtre qui en étale est un bouisbouis.

1861, Dunay.

Bouiser

Fouetter.

Boul’Miche

Abréviation de boulevard Saint-Michel (Argot des étudiants).

Boulage

s. m. Rebuffade, refus.

Boulage

Mauvaise humeur, refus. — Bouler, refuser, envoyer promener, gronder, — dans le jargon des ouvriers, qui disent encore : envoyer bouler, envoyer à la boule, c’est-à-dire envoyer rouler comme une boule.

Boulange

Boulangerie. — Faire dans la boulange, exercer le métier de boulanger.

Boulange aux faffes

Banque de France, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : boulangerie aux papiers.

Boulange aux faffes

Banque de France.

Boulanger

Diable.

Boulanger

Le diable.

Boulanger

Diable (Vidocq). — Il vous met au four de l’enfer.

Boulanger

Le diable. Il enfourne les âmes des damnés.

Boulanger (le)

Le diable.

Boulanger (le)

Le diable (Argot des voleurs).

Boulanger (le)

Le diable.

Boulanger qui met les âmes au four (le)

Le diable qui fait cuire les gens en enfer (Argot des voleurs).

Boulangers de l’impératrice

Autrefois Pénitenciers — par allusion à leur tenue de couleur grise.

Boule

Foire.

Boule

Tête. — Allusion de forme.

Polissonne de boule ! en fais-tu des caprices ?

Les Amours de Mayeux, chanson, 1833.

Perdre la boule : Perdre la tête.

Mais Javotte a perdu la boule.

E. de Pradel, 1822.

Boule

Chien boule-dogue, boule-terrier.

Boule

Foire, — dans le jargon des voleurs.

Boule

Tête, visage. — Boule de siam, visage grotesque. — Boule de singe, personne laide.

Boule

Foire. Tête.

Boule (une)

Une foire.

Boule à pot-au-feu

Voir bocal.

Boule de loto

Gros yeux presque à fleur de tête (Argot du peuple).

Boule de neige

Nègre, moricaud, — dans le jargon du peuple. Il est rare qu’un voyou en belle humeur ne salue pas un nègre du sacramentel :

Ohé ! boule de neige !

Boule de neige

Nègre.

Boule de son

Un pain entier.

Boule de son

Pain bis.

Boule de son

Figure couverte de rousseurs. — Celles-ci sont appelées communément taches de son. L’image est juste. — Boule de son : Pain de munition. — Il contenait autrefois beaucoup trop de son. — Boulendos : Bossu (Vidocq). — Allusion à l’effet de la bosse sous l’habit : on paraît avoir une boule dans le dos.

Boule de son

Pain de munition.

Boule de son

Pain de munition.

Boule de son

Pain. Ainsi nommé à cause de sa forme ronde et de sa couleur, car autrement il n’entre pas de son dans la confection du pain de munition, pas plus que dans celui qui se fabrique à la boulangerie centrale de Saint-Lazare pour les prisons de la Seine (Argot des voleurs).

Boule de son

Pain mêlé de farine, de seigle, de forme ronde, distribue tous les jours aux prisonniers ; on désigne de même le pain des militaires qui, avant 1855, avaient du pain noir mêlé de son.

Boule de son

Pain de soldat, ou de prisonnier.

Boule de suif

Homme ou femme gras à lard (Argot des voleurs).

Boule-de-son

Pain des prisonniers.

Boule-Miche

Boulevard Saint-Michel, — dans le jargon des étudiants.

Bouleau

Travail. Ce mot a pris naissance chez les sculpteurs sur bois, parce que tout morceau de bois à travailler est un bouleau. Cette expression s’est étendue à tous les corps de métiers qui disent :
— Je cherche du bouleau (Argot du peuple). N.

Bouleau

Travail. Un ouvrier qui n’a pas de travail n’a pas de bouleau.

Bouleau, Bûche

Batterie, — dans le jargon des voyous. Y va y avoir du bouleau, on va se battre. Dans certains bals de barrière, il n’y a pas de bonnes soirées sans bouleau, au moins à la sortie ; cela fait partie du programme.

Boulendos

Bossu. On dit aussi : boscando. Dans le peuple par allusion à la gibbosité on dit également :

— Il a volé un pain.
— Il a un orgue de Barbarie dans le dos.
— Il a un durillon dans le dos.

Les troupiers disent d’un bossu :

— Il a le sac au dos (Argot du peuple).

Boulendos

Bossu.

Bouler

Aller (Vidocq). Même étymologie que Abouler.

Bouler

Battre (id., id). — Bouler, c’est rouler son combattant à terre.

Si tu dis mot, j’te boule.

Chanson, Avignon, 1813.

Bouler

v. a. Refuser, mal accueillir, repousser.

Bouler

Tromper. — Du vieux mot boule : astuce. (L. Larchey) Envoyer bouler. (V. Boulage).

Bouler

Tromper. Refuser. Aller, rouler. Pousser. Secouer brutalement.

Bouler

Envoyer promener quelqu’un. Sabouler veut dire la même chose.
— Je l’ai salement saboulé ce pierrot-là (Argot du peuple).

Bouler

renvoyer, recevoir mal quelqu’un.

Boules de loto

Yeux à fleur de tête.

Boulet

Femme légitime.

— Tu traînes toujours ton boulet mon vieux Boireau ?
— Mon Dieu oui, elle ne veut pas crever.
— Fous-lui un lavement au verre pilé.

Boulet, allusion au forçat condamné aux travaux forcés qui en traînait un autrefois pendant la durée de sa peine (Argot du peuple). V. Paillasse.

Boulet à queue

Melon (id.) — Mot imagé.

Boulet à queue

Melon.

Boulet à queue

Melon.

Boulette

Petite faute. Un peu plus grave, elle devient une brioche. On appelle de même sale pâtissier, un homme peu soigneux de sa personne ou tripotant des affaires véreuses. La pâtisserie est-elle redevable de l’honneur de ces acceptions aux soins minutieux qu’exige son exercice ? Le fait est possible. En ce cas, il faut sous-entendre mauvaise avec brioche et boulette.

Boulette

Commettre une erreur, se tromper.

— J’ai fait une rude boulette en me mariant.
— Quelle boulette j’ai faite en quittant ma place.

La dernière boulette est de mourir (Argot du peuple).

Boulette

Mélange de chair à saucisse et de bœuf bouilli, haché menu. Elles sont rondes, de là : boulette (Argot du peuple). V. Attignolles.

Boulette (faire une)

Se tromper.

Boulette de poivrot

Raisin.

— Je ne bois pas mon vin en pilules, répondit un ivrogne à qui l’on offrait du raisin.

Boulettes

Les testicules, — qu’on ne jette pas aux chiens, mais sur lesquels se jettent ces chiennes enragées d’amour qu’on appelle les femmes.

Ceux-là que lu voulais dire qui ne déchargent point, sont les châtrés, à qui on a coupé les deux boulettes et qui ne sont bons à rien qu’à bander quelquefois.

Mililot.

Boulettes

Billes de billard. Allusion à la forme ronde (Argot des voleurs). N.

Bouleur, bouleuse

Doublure des premiers rôles, — dans le jargon des acteurs.

Boulevard du Crime

Boulevard du Temple, à l’époque où les théâtres s’y épanouissaient en nombre.

Boulevardier

Fidèle habitué des boulevards, qui, pour lui, commencent sur le trottoir du grand café de la Paix et finissent à l’angle de la rue du Faubourg-Montmartre. Là est tout le Paris du boulevardier, avec ses cafés, ses restaurants et ses drôlessès. Il dédaigne le trottoir d’en face qu’il abandonne aux provinciaux et aux gens en course.

Boulevardier, boulevardière

Qui a rapport aux boulevards de Paris, qui exhale le parfum, qui porte le cachet des boulevards.

Génie de la gargote boulevardière, qui sait faire avaler des bisques, des huîtres, des quenelles fantastiques à des gens qui n’ont pas encore digéré

(Ed. Siebecker, Petit Parisien du 10 août 1877.)

Le mot est de M. L. Veuillot.

Boulevardière

Fille libre qui continue sur les boulevards le commerce que faisait sa mère sous les galeries du Palais-Royal.

Boulevetade

Comédie, — dans l’argot des anciens comédiens.

Combien refile-t-on de logagne pour allumer la boulevetade ? combien paie-t-ou pour entrer à la comédie ?

(Mémoires de Dumesnil.)

Boulin

Perche de sapin qui sert au maçon pour construire ses échafaudages (Argot du peuple).

Bouline

Quête simulée faite dans les foires entre truqueurs pour chauffer le zèle des badauds.

Bouline

Cette expression désigne une vieille coutume en usage dans les petites fêtes locales. Les camelots qui font ces fêtes se cotisent pour produire une certaine somme elle est destinée à faire boire le garde-champêtre pour détourner sa surveillance ou à l’indemniser s’il y consent pendant qu’un des compères qui tient un jeu de hasard vole les paysans. Bouliner, faire le tour de la bouline (Argot des camelots).

Bouline

Fête des marchands en certains lieux.

Bouliner

Voler.

Bouliner

Voler.

Bouliner

Faire un trou ou boulin à la muraille (Vidocq). — C’est pour la même raison qu’on appelle un villebrequin une boulinoire, à cause du mouvement circulaire imprimé à cet instrument.

Bouliner

Feindre une quête pour entraîner le public, — dans le jargon des saltimbanques.

Bouliner

Voler en pratiquant un trou à l’aide du vilebrequin, boulinoire, — dans le jargon des voleurs.

Bouliner

Percer, voler en pratiquant un trou à l’aide du vilebrequin ou boulinoire.

Bouliner, boulinguer

Déchirer, — dans le jargon des voleurs. — Diriger une affaire. — Se boulinguer, savoir se conduire.

Boulineur (un)

Voleur de foire.

Boulinguer

Se bien porter, aller à merveille, se soigner.

Boulinguer

Déchirer.

Boulinguer

Déchirer. Gouverner, conduire.

Boulonnaise

Voiture qui dessert le Bois de Boulogne.

Boulonnaise

Nymphe publique du Bois de Boulogne, elle attend la fortune, sous les traits du premier venu, le long des contre-allées du bois, tout près des taillis, tout près des mystérieux ombrages. La boulonnaise, une variété de la marneuse, est vêtue comme une ouvrière misérable, et porte ordinairement un panier, à l’instar des femmes de ménage.

Boulonner

Travailler.

Boulot

Ouvrage.

Boulottage

Mangeaille.

Boulottage

Nourriture (Argot du peuple).

Boulottage

Nourriture.

Boulotte

Femme rondelette, grassouillette, bien en chair, ayant du monde devant et derrière (Argot du peuple). N.

Boulotter

Aller lentement. Exemple : Les affaires boulottent.

Boulotter

Manger.

Boulotter

Vivre à l’aise. Mot à mot : rouler sans peine dans la vie. — Diminutif de bouler.

Ils boulottaient l’existence, sans chagrin de la veille, sans souci du lendemain.

De Lynol.

Boulotter

Assister (Vidocq).

Boulotter

v. intr. Manger. Aller boulotter, c’est aller prendre son repas. Cette expression est commune à d’autres argots.

Boulotter

Manger. — boulotter de l’argent, manger de l’argent.

Boulotter

N’aller ni bien ni mal, marcher doucement, en parlant de la santé, des affaires. — Ça boulotte.

Boulotter

Manger.

Boulotter

Manger (Argot du peuple).

Boulotter

Faire ses petites allaires. Quant ça va bien on dit : ça boulotte à la douce, comme le marchand de cerises. On sait que ce dernier pour annoncer sa marchandise crie :
— À la douce, à la douce (Argot du peuple).

Boulotter

Manger ; on dit aussi lorsque ça va bien : ça boulotte.

Boulotter de la calijatte

Cette expression très pittoresque a une saveur toute particulière ; elle est connue depuis peu. Boulotter : manger ; calijatte : secret. Mot à mot : manger du secret. On sait que la cellule est la terreur du plus grand nombre des détenus, mais elle est un paradis relatif quand il n’est pas au secret. Être au secret est un supplice épouvantable. On comprend que les plus endurcis voleurs redoutent cette torture ; cela explique qu’ils sont parfois empêchés de commettre un acte criminel ou qu’ils avouent tout ce qu’on leur demande pour éviter de boulotter de la calijatte pendant de longues semaines (Argot des voleurs). N.

Boum (faire)

Faire ça. Copuler.

Bouquet

La fin d’un événement important, d’une conversation. — C’est le bouquet, c’est le plus beau, le plus surprenant de l’affaire ; par allusion au bouquet final d’un feu d’artifice.

Bouquet

Gratification de voleur à voleur.

Bouquet

Quand un nourrisseur de poupard a bien préparé une affaire, et que le vol a élé fructueux, il reçoit une prime de ses complices, quelquefois quarante pour cent ; cela se nomme recevoir un bouquet (Argot des voleurs).

Bouquin

Tout livre que l’on vend après l’avoir lu ou même sans l’avoir lu est un bouquin, dans le jargon des hommes de lettres. — Livre de peu d’importance au point de vue de la vente, — dans le jargon des libraires.

Bouquin (sentir le)

Sentir fort des aisselles, sentir le bouc. L’expression date de la plus haute antiquité et elle est du plus pur classique ; on trouve déjà dans Térence :

Apage te a me, hircum oies, éloignez-vous, vous sentez le bouquin.

Bouquine

Mot à mot : barbe de bouc, poussant sous le menton ; la mouche au contraire ne le dépasse pas.

Bourbe (la)

L’hospice de l’Accouchement, — dans le jargon du peuple. Ainsi nommé eu souvenir de la rue de la Bourbe où cet hospice était primitivement situé. — Aller pondre à la Bourbe. — Aller faire dégonfler son ballon à la Bourbe, aller accouchera la Bourbe.

Bourbe (la)

L’hospice de la Maternité.

Bourbeux

Paysan. Allusion à ce que pendant la saison des pluies il est toujours couvert de boue (Argot des voleurs). V. Pétrousquin.

Bourbeux

Paysan.

Bourdon

Femme prostituée.

Bourdon

Le membre viril, — sur lequel s’appuie si volontiers la femme qui va en pèlerinage a Cythère.

La croix et le bourdon en main.

B. de Maurice.

Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de mon dévirgineur, les cuisses ensanglantées, je restai quelque temps accablée par la fatigue et le plaisir.

(Mémoires de miss Fanny.)

Bourdon

s. m. Omission d’un mot, d’un membre de phrase ou d’une phrase. Ces omissions exigent souvent un grand travail pour être mises à leur place quand la feuille est en pages et imposée dans les châssis. V. Jacques (Aller à Saint-), Aller en Galilée, en Germanie. Le bourdon défigure toujours le mot ou la phrase d’une façon plus ou moins complète. On raconte que la guerre de Russie, en 1812, fut occasionnée par un bourdon. Le rédacteur du Journal de l’Empire, en parlant d’Alexandre et de Napoléon, avait écrit : « L’union des deux empereurs dominera l’Europe. » Les lettres ion furent omises et la phrase devint celle-ci : « L’UN des deux empereurs dominera l’Europe. » L’autocrate russe ne voulut jamais croire à une faute typographique. Avouons-le tout bas, nous sommes de son avis ; car trois lettres tombées au bout d’une ligne, c’est… phénoménal. L’exemple suivant n’est que comique : il montre que le bourdon peut donner lieu quelquefois à de risibles quiproquos ; nous copions textuellement une lettre adressée au directeur du Grand Dictionnaire : « Monsieur, accoutumé à trouver dans votre encyclopédie tout ce que j’y cherche, je suis étonné de ne pas y voir figurer le mot matrat, qui est pourtant un mot français, puisqu’il se trouve dans le fragment de la Patrie que je joins à ma lettre. Agréez, etc. », Voici maintenant le passage du journal auquel il est fait allusion : « La cérémonie était imposante. Toutes les notabilités y assistaient ; on y remarquait notamment des militaires, des membres du clergé, des matrats, des industriels, etc. » M. X*** ne s’était pas aperçu du bourdon d’une syllabe et s’était torturé l’esprit à chercher le sens de matrats, quand un peu de perspicacité lui eût permis de rétablir le mot si français de magistrats.

Bourdon

Fille de joie, — dans le jargon des voleurs.

Bourdon

Fille qui fait le trottoir. Cette expression vient de ce que les filles chantent sans cesse, ce qui produit aux oreilles des passants un bourdonnement semblable à celui du petit insecte que l’on nomme bourdon (Argot des souteneurs).

Bourdon

Quand le metteur en page ne s’aperçoit pas qu’un mot a été oublié en composant un article, ce dernier devient incompréhensible. S’il s’en aperçoit et qu’il faille remanier le paquet, c’est enlever le bourdon (Argot d’imprimerie).

Bourdon

Nom donné à un mauvais cheval par les cochers et charretiers. Une fille publique qui ne gagne pas d’argent est aussi un bourdon.

Bourdonniste

s. m. Celui qui fait habituellement des bourdons.

Bourdonniste

Ouvrier typographe sujet aux bourdons, c’est-à-dire aux omissions de mots ou de phrases.

Bourgeois

Bourg.

Bourgeois

Le bourgeois du cocher de fiacre, c’est tout individu qui entre dans sa voiture.

Chez les artistes, le mot Bourgeois est une injure, et la plus grossière que puisse renfermer le vocabulaire de l’atelier.

Le Bourgeois du troupier, c’est tout ce qui ne porte pas l’uniforme.

H. Monnier.

Bourgeois

Imbécile, homme sans goût, — dans le jargon des peintres qui sont restés des rapins, — Voyageur, — dans le jargon des cochers. — Individu dans la maison duquel un ouvrier travaille. — Maître de la maison dans laquelle est placé un domestique.

Bourgeois

Anti-artistique, — dans le jargon des artistes. Ameublement bourgeois.

Bourgeois (faire son)

Faire de la dépense, — dans le jargon des ouvriers.

Bourgeoise

Femme légitime, — dans le jargon des ouvriers qui ont du respect pour leurs femmes.

Bourgeron

Petit verre d’eau-de-vie, ration accordée aux marins.

Bourgue (un)

Un sou.

Bourguignon

Le soleil. Il fait mûrir les bons vins de Bourgogne (Argot des voleurs).

Bourguignon

Le soleil.

Bourguignon (le)

Le soleil.

Bourichon (le)

Monter le bourichon à quelqu’un, se moquer de lui, lui monter une scie ; se monter le bourichon, se tromper sur sa valeur personnelle, s’en faire accroire.

Bourlingue

Congé donné à un ouvrier.

Bourlinguer

Renvoyer, — dans le jargon des ouvriers.

Bourlinguer

Renvoyer.

Bourlingueur

Patron, contre-maître, qui met sans cesse le marché en main à l’ouvrier.

Bourrache

Cour d’assises. Comme la plante de ce nom, la Cour d’assises est pour le voleur un puissant sudorifique ; elle lui procure une de ces émotions qui trempent des chemises. En outre, par quasi-homonymie, le mot rappelle celui de bourrade et offre à l’oreille une corrélation avec ceux de bourrique et de bourreur de pègres, sous lesquels le voleur désigne les agents de la sûreté et le code pénal. — Marguillier de bourrache. Juré. Le banc du jury présente une analogie avec le banc des marguilliers.

Bourrasque

Razzia de police.

Bourrasque

Rafle faite par des agents.
— Ne vas pas ce soir au bistro, il y aura une bourrasque à cause du gonce estourbi par la Saucisse.
Bourrasque peint bien les agents arrivant sur les boulevards et les balayant comme une trombe, ou pénétrant dans une maison comme un ouragan (Argot des voleurs). N.

Bourre

Lutte, accouplement.

Bourre-boyaux, Bourboyaux

Gargote.

Bourre-cochons

Restaurateurs où la clientèle n’est pas la fine fleur de la société. Il existe la maison Sol, rue du Faubourg-Saint-Antoine, où on ne vend que-des moules, poissons et pommes frites qui n’est connue que sous le nom de « père Bourre-cochon ».

Bourre-coquin

Haricots (Argot des voleurs).

Bourre-coquins

Haricots.

Bourrer le canon

Manger vite, beaucoup et longtemps.

Bourreur de lignes

s. m. Ouvrier qui compose particulièrement des lignes pleines ou courantes, telles que celles des journaux, des labeurs, des brochures, etc. Se prend en bonne ou en mauvaise part. Un bon bourreur de lignes est celui qui compose habituellement et vite la ligne courante. Dire d’un ouvrier qu’il n’est qu’un bourreur de lignes, c’est dire qu’il n’est propre qu’à ce genre de besogne, qu’il ne pourrait faire ni titres, ni tableaux, ni d’autres travaux exigeant une parfaite connaissance du métier.

Bourreur de lignes

Ouvrier typographe qui compose particulièrement des lignes pleines ou courantes, telles que celles des journaux, des labeurs, des brochures, etc. (Boutmy.)

Bourreur de pègres

Le Code pénal. Généralement les figures employées sont plus exactes ; mieux vaudrait dire bourreur de bondes, car c’est d’après le Code que les prisons sont bourrées et non les pègres (Argot des voleurs).

Bourreur de pègres (le)

Le code pénal. Il ne ménage pas les voleurs.

Bourriche

Tête.

Bourriche

Sorte d’ollapodrida bibliographique.

Un feuilleton, un article aux quatre-vingt-cinq compartiments, dans lequel on fait entrer bon gré, mai gré, toutes sortes de livres, comme des harengs dans une caque. On octroie à chacun de ces livres deux ou trois lignes de critique.

(Paris-Journaliste, 1854.)

Bourrichon

Tête. — Se monter le bourrichon, se monter la tête.

Bourrique

Agent de police, — dans le jargon des voleurs. L’agent de police bourre le voleur, d’où le surnom de bourrique.

Nous sommes tous les victimes des bourriques.

(La France, du 13 mars 1879.)

Bourrique

Agent de police. Dénonciateur.

Bourrique

Indicateur (Argot des voleurs). N.

Bourrique

Agent de police et indicateur. Celui qui signale ou fait connaître des voleurs est une bourrique.

Bourrique

Indicateur de la police.

Bourrique (tourner en)

Abrutir.

C’est ce gueux de Cabrion qui l’abrutit… Il le fera bien sûr tourner en bourrique.

E. Sue.

Bourrique a tourné le foiron (la)

La mauvaise chance a tourné ; c’est-à-dire : a tourné le derrière.

Bourriquer

Baiser une femme comme l’âne saillit sa femelle, avec la même impétuosité et la même absence de précautions — et de délicatesse.

…Aux champs, le paysan bourrique.

Louis Protat.

Boursavit

La nature de la femme, qui est en effet une bourse à vits ou, pour parler plus pudiquement, une bourse à glands.

Elle avait corps féminin jusqu’aux boursavits.

Rabelais.

Bourser (se)

Se coucher.

Bourses

Les testicules, qui contiennent la véritable fortune de l’homme — que peut cependant lui enlever cette banqueroute amoureuse qu’on appelle la vérole.

… Un banquier, un agent
De change, un financier, disent qu’il ont des bourses.

Louis Protat.

Boursicot

Argent mis de côté.

Boursicoter

Faire des économies.

Boursicoter

Tripoter sur les fonds publics.

Boursicotier

Individu qui tripote à la Bourse sur les fonds publics.

Boursicotier

Agioteur qui boursicote des valeurs qui n’en ont pas. Tripoteur, qui vend et achète des résidus au marché des pieds humides à tous les négociants qui, voulant faire une jolie faillite, achètent des valeurs tombées pour justifier de grosses pertes vis-à-vis du syndic (Argot des boursiers).

Boursier

Celui qui travaille à la Bourse, depuis le plus gros agent de change jusqu’au plus mince coulissier.

Bouscaille

Boue (Vidocq). — Diminutif de boue. — Bouscailleur : balayeur.

Bouscaille

Boue.

Bouscailleur

Balayeur.

Bousculade (vol à la)

Ce vol est une variété du vol à l’esbrouffe. Il y a quelques années, un facteur fut victime, place de la Bourse, du vol d’un pli chargé contenant quarante mille francs. Ce vol est très commun (Argot des voleurs). V. Esbrouffe.

Bousculeur de pékin

Ouvrier qui a horreur du bourgeois, qui cherche à le vexer. — Le maçon qui, en passant, racle son sac de plâtre sur la redingote du bourgeois, est un bousculeur de pékin : bousculeur de pékin, le cantonnier qui vous arrose avec intention ; bousculeur de pékin, le cocher qui fait piaffer ses chevaux dans le ruisseau quand vous passez ; bousculeur de pékin, le charbonnier qui vous heurte de son sac de charbon, etc., etc.

Bouse de vache

Épinards.

Bousiller

Travailler vite et mal.

Bousiller

Flâner, gouaper. Mettre quinze jours sur un ouvrage où il en faudrait deux et ensuite le terminer rapidement avec une mal façon (Argot du peuple). V. Saboter.

Bousilleur

Ouvrier qui bousille (Argot du peuple).

Bousin

Tapage. C’est un dérivé de bouis.

Bousin, bousingot

Bordel, petit bordel. D’où, par extension : Faire du bousin, pour : Faire du bruit, — les bordels n’étant pas précédemment des Paraclets.

Un soir, dans la rue aux Fèves,
Près d’un boutingot,
un’ putain me suc’ les lèvres,
M’ fait l’offr’ du dodo.

Schanne.

Bousin, bousingot

Boutique, café borgne, débit de vin.

Bousineur

Tapageur, faiseur de bousin.

Est-on bousineur dans ce bahut-ci ? — Pas trop ; le sous-directeur est sévère ! — Ça m’ l’enfonce…

Les Institutions de Paris, 1858.

Bousingot

Épithète injurieuse qu’on adressait aux républicains en 1830 et 1832. — Partisan des idées littéraires à la mode à cette époque. — Romantiques par opposition aux classiques, dont ils étaient les ennemis jurés.

Il (Pétrus Borel) passait, vêtu de son costume de bousingo : le gilet à la Robespierre, sur la tête le chapeau pointu et à large boucle des conventionnels, les cheveux ras à la Titus, la barbe entière et longue au moment où personne encore ne la portait ainsi.

(J. Claretie, Pétrus Borel le Lycanthrope.)

En un mot les bousingots comme les Jeunes-France étaient « des poseurs ». M. Ch. Nisard fait venir bousingot de l’argot anglais Bowsingken, maison où l’on boit. Pourquoi pas de l’ancien bouis, maison vouée à Vénus publique, qui a fait bousin et bouis-bouis ? — Parce que c’était trop naturel et trop simple.

Boussole

Cerveau. — Le cerveau dirige l’homme comme la boussole dirige le navire.

J’ai ça dans la boussole. Ainsi ne m’en parlez plus.

Vidal, 1833.

Boussolle de refroidi : Fromage de Hollande (Vidocq). — Mot à mot : tête de mort. Allusion à la forme de ce fromage qui est celle d’une boule assez grosse.

Boussole

Tête, cervelle. — Perdre la boussole, déraisonner, devenir fou.

Au moyen âge les médecins comparaient la tête de l’homme à un vaisseau dont le sinciput était la proue et l’occiput la poupe. La tête représentant un navire, la cervelle fut prise pour la boussole, pour guide.

(Ch. Nisard.)

Boussole

Tête. La tête, comme la boussole, dirige (Argot du peuple).

Boussole

La tête.

Tu divagues, tu perds la boussole.

On dit aussi la boule.

Boussole

Tête.

Boussole de singe

Pain de fromage de Hollande. On dit aussi boussole de refroidi, tête de mort.

Boustifaille

Repas copieux composé de mets vulgaires. — Du lapin sauté, de l’oie aux marrons, du gigot aux haricots, de la dinde bourrée de chair à saucisse, des pommes de terre au lard, voilà de la boustifaille.

Bout

Le membre viril, qui ressemble à un bout de quelque chose — de bien agréable pour la femme.

Le pauvre monsieur Cabout,
Dont le bout
Est toujours petit et mince.

Tallemant des Réaux.

Bout

Congé. Renvoi.

Bout (recevoir son)

Être congédié. — Flanquer son bout, quitter un patron, — dans le jargon des tailleurs.

Bout coupé

Cigare d’un sou coupé aux deux bouts.

Bout coupé

Juif.

Bout coupé

Juif (Argot du peuple). V. Baptisé au sécateur.

Bout coupé

Israélite.

Bout de cigare

Homme de petite taille ; l’opposé de planche à pain.

Bout-Coupé

Juif.

Bout-de-cul

Gamin, homme de petite taille, — dans le jargon des voyous. — Nous verrons bien si un bout-de-cul comme toi me fera aller.

Boutanche

Boutique.

Boutanche

Boutique.

Boutanche

Bouteille. Boutique.

Boutanche

Boutique. Quelques-uns disent que boutanche veut dire bouteille, c’est une erreur. Boutanche veut dire boutique (Argot des voleurs). V. Boucard.

Boutanche

Boutique.

Boutange

Boutique.

Boutange, boutrolle

Boutique. — Courteau de boutange, commis de magasin.

Boute-feu, boute-joie

Le membre viril, parce qu’il met à feu et à flamme l’amadou féminin.

Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je m’armai de courage.

(Mon noviciat)

Bouteille

Nez, — dans le jargon des voleurs.

Bouteille

Latrines, — dans le jargon des marins.

Bouteille (coup de)

Ivresse. Mot à mot : coup que le contenu de la bouteille produit sur la tête.

Il avait un coup de bouteille comme à l’ordinaire.

(E. Zola.)

Écraser une bouteille, vider une bouteille.

Bouteille à l’encre

s. f. Nom que l’on donne à l’imprimerie en général, à cause de la difficulté que présente la vérification des comptes, lorsque les corrections d’auteur sont nombreuses.

Bouterne

Boîte vitrée où sont exposés, aux foires de villages, les bijoux destinés aux joueurs que la chance favorise. Le jeu se fait au moyen de huit dés pipés au besoin. Il est tenu par une bouternière qui est le plus souvent une femme de voleur. — Vidocq.

Bouterne

Tablette, plateau sur lequel sont exposés les lots destinés à attirer les amateurs de porcelaine, autour des loteries foraines. La bouterne se joue au tourniquet. Il y a de gros lots en vue, que personne ne gagne jamais, naturellement.

Bouternier, bouternière

Celui, celle qui tient une bouterne.

Bouternière (la)

C’est une voleuse qui, dans les foires de villages, expose dans une vitrine nommée bouterne des bijoux véritables. Les paysans, alléchés de courir la chance de gagner une montre en or pour deux sous, prennent des billets mais ils ne gagnent jamais. Les dés sont plombés (Argot des voleurs).

Boutique

Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Oh ! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c’est aujourd’hui fête.

(Moyen de parvenir.)

J’avais pourtant encor bonne pratique
Et pour cela ne fermai la boutique.

J. Du Bellay.

Bien souvent à telle pratique
Les femmes ouvrent leur boutique.

(Variétés historiques et littéraires.)

Vertu de ma vie ! c’était une belle boutique.

Tabarin.

Boutique

« Ce n’est pas une chose, c’est un esprit de petit négoce, de profits troubles et de soigneuses affaires, qui ne recule devant rien pour arriver à un gain quelconque. Il y a la boutique industrielle comme la boutique scientifique, artistique et littéraire. » — A. Luchet. — « On dit en plaisantant d’une femme qui en tombant a laissé voir trop de choses, qu’elle a montré toute sa boutique. » — d’Hautel, 1808.

Boutique

L’étui aux couteaux et le fusil que les bouchers de l’abattoir portent suspendus à la ceinture.

Boutique (et toute la)

Et tout le reste, et tout le monde. Envoyer promener toute la boutique.

Boutique (la)

La préfecture de police, en termes d’agents de police et d’employés de la préfecture de police.

Boutique (montrer toute sa)

Faire voir ce que fît voir la jeune Hébé en tombant dans la salle à manger de l’Olympe. — Se dit également d’un homme qui, pour un motif ou pour un autre, en montre autant et même davantage.

Il montre toute sa boutique.

(Parnasse satirique.)

Boutique à surprises

Maisons qui, on apparence, vendent des livres, des tableaux ou de la parfumerie et chez lesquelles l’acheteur trouve tout autre chose que la marchandise annoncée. Ces maisons ne sont pas au coin du quai, on ne rend pas l’argent si le client n’est pas content (Argot des filles). N.

Boutiquer

Fagoter, mal faire. — Boutiquier : Homme à idées rétrécies, parcimonieuses.

Boutogue

Voir boucard.

Bouton

L’extrémité de chaque téton, qui est d’une sensibilité telle, qu’en le pressant un peu des lèvres ou des doigts on en fait sortir un flot de jouissance.

Ce beau sein sur ma bouche,
Qu’il est pur !
Ce bouton que je touche,
Qu’il est dur !

Gustave Napaud.

Bouton

L’extrémité du clitoris, qu’il suffit de toucher de la langue, du doigt ou de la pine pour ouvrir à la femme la porte des félicités divines. — Voir aussi Sonner le bouton.

Laisse mon bouton. mon tit bouton…

Henry Monnier.

Tout s’ouvre : le bouton des roses,
Et celui des femmes aussi.

(Parnasse satyrique.)

Bouton

Passe-partout, — dans le jargon des voleurs.

Bouton

Pièce d’or, — dans le jargon des maquignons.

Bouton

Passe-partout.

Bouton de guêtre

Pièce de cinq francs en or.

Bouton de pieu

Punaise, — dans le jargon des voleurs. C’est-à-dire : bouton de lit.

Bouton de sous-pied

Pièce de vingt francs.

Boutonnière

La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les pédérastes appellent l’œillet.

Boutord

Tabac à chiquer. On sait que ce qui affecte le plus le prisonnier c’est la privation du tabac. Une chanson célèbre dans les prisons centrales : Pour du tabac, dit ceci :

Pour du tabac, disait un pègre.
Et pour trois pouces de Saint-Père,
J’ai basardé ma viande hier.
Et j’ai turbiné comme un nègre
Pour un petit bout de boutord.
Je vends ma bonde et mon pain même
Et, bourreau de mon pauvre corps,
Je suis doublement au système
Pour du tabac, pour du tabac.
(Argot du peuple). N.

Bouture de putain

Enfant de père inconnu, — dans le jargon des jardiniers.

Bouzingot

« À la révolution de Juillet, les romantiques se divisèrent en bouzingots et en jeunes-France. Les premiers adoptèrent l’habit de conventionnel, le gilet à la Marat et les cheveux à la Robespierre ; ils s’armèrent de gourdins énormes, se coiffèrent de chapeaux de cuir bouilli. » — Privat d’Anglemont. — Mot à mot : faiseur de bousin, tapageur. Le bouzingot voulait bouziner le régime de 1830.

Boxon

Maison de filles.

Boxon

Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y boxe souvent, — et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là, comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. buxus).

Y dit qu’dans tous les boxons
On le r’çoit en paillasson.

Dumoulin.

Boxon

Maison de tolérance. Maison mal famée, dit le sénateur Bérenger, sans doute parce qu’il y a de fort jolies femmes. Question d’appréciation (Argot du peuple). V. Bocard.

Boxon

Voir bocard.

Boxon

Maison de tolérance.

Boxonner

Aller de bordel en bordel ; fréquenter les filles publiques. Se dit aussi pour : Baiser.

Du dieu Vulcain quand l’épouse mignonne,
Va boxonner loin de son vieux sournois.

(Parnasse satyrique.)

Boxonneur

Coureur de bordels.

Boy

Garçon de salle dans un collège. — Anglicisme familier aux collégiens qui suivent le cours d’anglais.

Boyau

Le membre viril, qui semble sortir du ventre — et qui y rentre quelquefois, au grand déplaisir de la femme.

Lorsque je bande,
Je me demande.
Si j’ai dans le boyau pinal
Tous les sabres de l’arsenal.

(Chanson moderne.)

Adieu ! et jamais plus ne t’advienne entreprendre
Défaire le vaillant, toi gui ne saurait tendre.
Adieu ! contente toi, et ne pouvant dresser.
Que le boyau ridé te serve pour pisser.

Remy Belleau.

Boyau

Il a toujours un boyau de vide pour soiffer (Argot du peuple). V. Poivrot.

Boyaux en détresse, boyaux vides (avoir les)

Être à jeun, avoir faim.

Brac, braque

Nom. Être braque, être un peu fou.

Bracelet

Menottes.

Bracquemard

Pennis. V. Paf. (Argot du peuple).

Brader

Vendre à vil prix, — dans le jargon des marchands de bric-à-brac. (A. Delvau)

Braguette

Le membre viril, — par corruption de brayette, fente de la culotte par laquelle maître Jean Frappart met le nez à la fenêtre quand il a trop chaud ou qu’il a envie d’éternuer.

De l’image de la braguette
Qui entre, corps, oreille et teste
Au précieux ventre dit dames.

(Ancien Théâtre français.)

L’insecte prend le bon moment !
Il mord si dru, qu’à sa braguette
Le Saint-Père porte la main,
Et, sur son auguste roupette.
Du morpion bénit l’hymen.

B. de Maurice.

Braillarde

Caleçon.

Braise

Argent. — Allusion à sa destination de première utilité. Sans braise, on ne peut faire bouillir la marmite. — V. Bille.

Pas plus de braise que dans mon œil.

Mornand.

Braise

Argent qu’on vient de recevoir. — Il est tout chaud, chaud comme de la braise.

Braise

Monnaie, argent.

Braise

Argent. Allusion à la braise du boulanger qui enflamme très vite le charbon ou le bois. Donner de la braise à une fille c’est l’enflammer. La braise passe vite dans les deux cas (Argot des filles).

Braise

Argent.

Offre-nous une tournée ? — Peux pas, nib de braise.

Braise

Argent.

Braise, braiser, abouler de la braise

De l’argent, dans le langage des filles, parce que ce métal brille comme charbon allumé — surtout lorsque c’est de l’or, — et que c’est avec cela qu’on les chauffe.

Braiseux

Être riche, avoir de la braise.

Branc

Un âne.

Brancard

Courtière en prostitution.

Brancard

Main, jambe. Serrer le brancard, serrer la main. — Brancard de laine, boiteux.

Brancard

Prostituée. V. Biche.

Brancard

Un vieil adage dit que les femmes c’est comme les souliers : quand c’est vieux, ça boit. Toutes ne boivent pas ; il en est qui, trop vieilles pour continuer leur profession, instruisent les jeunes et leur apprennent les secrets du métier. Mot à mot : brancard, aller traîner les apprenties putains sur le trimard (Argot des filles).

Brancards

Jambes. Elles traînent le corps. Cette expression a donné naissance à une autre. Se mettre dans les brancards. La situation explique le fait, surtout si on ajoute d’une femme passionnée : elle rue dans les brancards (Argot des souteneurs). N.

Brancards

Les jambes.

Brancards (les)

Les jambes.

Branche

Ami aussi attaché de cœur qu’une branche à l’arbre.

Allons, Panaris, le dernier coup, ma vieille branche !

J. Moinaux.

Branche

Ami.

Branche

Ami. Une vieille branche est un vieil ami.

Branche (ma vieille)

Terme d’amitié. L’amitié représente un arbre solide dont les amis forment les branches.

Brancher

Pendre. — Vidocq. — Mot à mot : accrocher à la branche.

Brancher, percher

Loger, habiter.

Brandillante

Sonnette.

Brandillante

Sonnette. Par le mouvement que lui imprime le cordon, elle brandille (Argot des voleurs). N.

Brandillante, brandilleuse

Sonnette. — Brandilleuse enrhumée, sonnette fêlée.

Brandon et brandilloires

Le membre viril, et les testicules, qui brandillent si voluptueusement sous une main de femme.

Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon…, qu’il fit agir avec toute l’impétuosité qu’un long jeûne de mer pouvait lui fournir.

(Mémoires de miss Fanny.)

Brandouiller

Branler doucettement quelqu’un où quelqu’une, pour le — ou la — faire bander et l’exciter à jouir.

Qui n’invoque point le secours
D’une main gui vous le brandouille.

(Satan et Eve, 47.)

Le roi disait à la reine Victoire :
Si tu voulais,
Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire,
Je banderais…
Plus d’une fois, une main sous ta cotte,
Tandis que l’autre écartait ton fichu.
Je caressais et brandouillais ta motte…
Dis-moi, Marton, dit-moi, t’en souviens-tu ?

(Chansons anonymes modernes.)

Branlante

Sonnette.

Branlante

Chaîne d’or.

Branler

Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on est femme, ou les femmes quand on est homme.

Prends-le donc, petite coquine… Là… à poignée !… Branle ! branle ! pour le remettre en train.

La Popelinière.

… …J’ai vu rarement
Une putain sachant branler parfaitement.

Louis Protat.

Un jour que madame dormait, Monsieur branlait sa chambrière.

(Cabinet satyrique.)

Branler (se)

Se servir de la main entière quand on est homme, et seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans collaboration.

On n’est jamais si bien branlé que par soi-même.

Gérard De Nerval.

Maintenant je suis réduite, farouche,
À me branler, moi ! Que je te maudié !

(Parnasse satyrique.)

Branler du cul, ou branler la croupière

Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

Philis veut avoir un écu
Pour branler une heure du cu.

Théophile.

Cette jeune espicière
Que vous cognoissez bien
Pour branler la croupière
A gagné tout son bien.

(Chansons folastres.)

Branleur, ou branleuse

Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.

… On ne devient pas, il faut naître branleuse.

Louis Protat.

Branleuse de Gendarme

Repasseuse. — La plupart des fers à repasser portent la marque de la maison « Gendarme. »

Branleuse de gendarmes

Allusion au fer à repasser qui porte ce nom. Les blanchisseuses branlent pour repasser ce fer toute la journée (Argot des blanchisseuses).

Branlotter

Action de branler ou de se faire branler.

Colle-toi sur moi ; faisons-nous une bonne branlotte.

La Popelinière.

Branlotter le prépuce

Ôter et remettre le petit chapeau de chair qui le protège et le rend si tendre au moindre contact.

Te souviens-tu de ta sœur Luce
Qui me branlottai le prépuce ?

(Parnasse satyrique.)

Branque

Âne.

Branque, oreillard

Âne.

Braquemard

Le membre viril, — par allusion à l’épée courte et large dont on se servait au moyen-âge : c’est avec le braquemard, en effet, qu’on blesse les femmes au ventre.

De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes claustrales.

Rabelais.

Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.

(Moyen de parvenir.)

Il est nommé…
Jacques par le farceur, braqmard par l’étudiant.

Louis Protat.

Braquemarder

Baiser une femme avec énergie et conviction.

Bras

Grand.

Bras

Le membre viril, qui nous sert a prendre les femmes par le — sentiment. — On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la longueur et de la grosseur de l’objet.

Bras

Grand. Avoir le bras long, être puissant.

Brasé

Falsifié.

Brasier

La nature de la femme, où règne une chaleur à faire fondre les pines les plus solides.

Tant plus mon mari me brûle en mon brasier.

Brantôme.

Brasse

Grande.

Brasset

Gros.

Brassette

Grosse.

Brasseur de faffes

Fabricant de faux papiers à l’usage des filles de maisons et des voleurs (Argot des voleurs). V. Lopheur.

Brave et riche en peinture

« Se dit d’un fanfaron qui parle de son courage qui est suspect et de sa fortune qui est problématique. » — d’Hautel, 1808.

Brèche

La nature de la femme, par laquelle l’homme entre dans le paradis.

Et passant la main à là brèche.

(Moyen de parvenir.)

Madame, n’entendez plus rien,
Laissez donner à votre brèche.

Théophile.

Bréchet

Estomac. C’est l’ancien brichet.

Ce mot qui sert à désigner le creux qui est au haut de l’estomac dérive de l’allemand brechen, rompre, couper.

(Ménage.)

En glieu de pourpoint, de petites brassières, qui ne leu venont pas jusqu’au brichet.

(Molière, Le festin de Pierre, acte II, scène i.)

Bréchet mouche, mauvais estomac. — Avoir le bréchet dans les gadins, avoir l’estomac dans les talons.

Breda-street

Le quartier Notre-Dame-de-Lorette chanté par Gavarni. Les dames de Breda-street déjeunent chez la crémière, dînent quelquefois, et soupent presque toujours dans les restaurants à la mode.

Bredouille

Suivre une femme et ne pas réussir à la lever. Aller à la chasse et revenir bredouille (n’avoir rien tué). Aller chercher de l’argent et n’en pas recevoir. Mot à mot, bredouille est le synonyme de rater (Argot du peuple).

Bredouille

Partir pour une affaire et ne pas réussir, c’est revenir bredouille. Le chasseur qui n’a rien tue revient bredouille.

Breloque

Pendule. — Vidocq. — Onomatopée imitant le bruit du balancier.

Breloque

Pendule.

Breloque (battre la)

Déraisonner, en parlant d’un malade en proie au délire.

Brem

Des cartes.

Brème

Carte de police. Exemple : Une menesse en brême ; femme sujette à la police.

Brème

Carte (Vidocq). — Allusion au poisson de ce nom qui est blanc, plat et court. — Maquiller la brème : Gagner en trichant aux cartes. — Un bremmier est un fabricant de cartes. — Brème de pacquelins : Carte géographique. Mot à mot : carte de pays.

Brème

Permis de prostitution. C’est la carte délivrée par la préfecture de police aux filles soumises.

Elles la portent le plus souvent dans leurs bas, afin d’éviter d’en révéler l’existence, si elles n’y sont pas absolument forcées.

(Flévy d’Urville, Les Ordures de Paris.)

Brème

Carte à jouer. — Allusion à la brème, poisson très plat. — Maquiller les brèmes, jouer aux cartes, — dans le jargon des tricheurs. — Tiranger la brème, tirer les cartes. Tirangeur de brèmes, tirangeuse de brèmes, tireur, tireuse de cartes.

Brême

Jeu de cartes. La « carte » des filles soumises.

Brème (être en)

Être sous la surveillance de la police, — dans le jargon des voleurs.

Brème de fond

Pièce de cinq francs en argent. (Argot du peuple).

Brème de patelins

Cartes de pays. Elles servent aux rabatteurs de sorgues pour se guider (Argot des voleurs).

Brèmer

Jouer aux cartes (Argot des voleurs).

Brêmer

Jouer aux cartes.

J’ai passé la soirée à brêmer.

Bremes

Cartes à jouer.

Brèmes

Les cartes (Argot des filles).

Brêmes

Cartes.

Brêmes

Cartes.

Brêmes

Cartes. Les faiseurs sont des maquilleurs de brêmes. La fille publique est en brême parce qu’elle a une carte délivrée par la préfecture de police sur laquelle est mis un visa lorsqu’elle se présente à ses visites sanitaires. L’agent de la sûreté qui a une carte de réquisition est aussi en brême.

Brêmes

Cartes à jouer ; (être en) fille inscrite à la préfecture.

Bréniche

Non.

Brenicle

Rien, non.

Brenicle

Rien.

Brenicle

Terme négatif.

Brenicle

Non. C’est une corruption de bernique (Argot des voleurs). N.

Briau

Diamant.

Bric-à-brac

« Ces travaux, chefs-d’œuvre de la pensée, compris depuis peu dans ce mot populaire, le bric-à-brac. » — Balzac. — « Le fait est qu’aujourd’hui le bric-à-brac est une industrie formidable, que le gros marchand de bric-à-brac possède jusqu’à 500,000 fr. de marchandises. » — Roqueplan, 1841.

Bric-à-brac

Marchand de bric-à-brac.

Ce voleur de bric-à-brac ne voulait me donner que quatre livres dix sous.

Gavarni.

Bric-à-brac

Vieilleries artistiques, non artistiques, pseudoartistiques : vieux chandeliers, vieilles soupières, poteries, cuirs, cuivres, meubles des temps passés. — Commerce de vieux objets disparates. Les marchands de bric-à-brac sur une grande échelle s’instituent volontiers marchands de curiosités, marchands d’antiquités.

Bricabracologie

Commerce de bric-à-brac. Passion des antiquailles qui pousse les bourgeois à encombrer leurs maisons de vieilles poteries et de vieux tessons de bouteilles, la plupart sans valeur.

Bricage

Grand nettoyage d’un navire, — dans l’argot de la marine.

Bricard

Escalier.

Brichet ou brignolet

Pain.

Bricheter

Pain.

Bricheton

Pain, — dans le jargon des ouvriers. — Bricheton d’attaque, pain de quatre livres.

Bricheton

Pain. — Bricheton est sans doute une corruption des mots brique, briquette. On dit encore : Brignolet.

Bricheton

Pain.

Bricheton, brignolet

Pain.

Bricmon

Briquet de fantassin.

Bricole

Petit travail mal rétribué.

Bricole

Travail de peu d’importance ; travail mal rétribué, fait à temps perdu.

Le soir même, le zingueur amena des camarades, un maçon, un menuisier, un peintre, de bonszigs, qui feraient cette bricole après leur journée.

(E. Zola.)

Au XVIIIe siècle, bricole avait le sens de mauvaise excuse, menterie.

Bricole à cheveux

Le peigne ou l’épingle qui fixe le chignon d’une femme (Argot des voleurs). N.

Bricoler

« M. Jannier bricolait à la Halle, c’est-à-dire qu’il y faisait à peu près tout ce qu’on voulait, qu’il était au service de qui désirait l’occuper. » — Privat d’Anglemont. — Vient de bricole : harnais qui fait de l’homme qui le porte une sorte de cheval bon à tout traîner.

Bricoler

Faire effort, donner un coup de collier ou bricole.

Et bricolons tout plus vite que ça, car j’ai les pieds dans l’huile bouillante.

Balzac.

Bricoler

Accommoder, mettre en œuvre, d’où est dérivé la bricole de nos jours.

Comment !.. Est-ce donc que cela se bricole ?

(Poisson, Les Foux divertissans.)

Bricoler une femme

La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le vagin.

Se trouvant en lieu d’assignation où cinq ou six se trouvaient pour la bricoler.

(Moyen de parvenir.)

Et du tout pour avoir bricolé
Avec une jeune guenon.

(Recueil de poésies françaises.)

Lorsque l’on est las de Catin,
On embrasse Nicole,
Qu’on abandonne le matin
Pour Suzon, qu’on bricole.

Collé.

Bricul

Officier de paix, — dans le jargon des voleurs.

Bricul

Officier de paix.

Bricule

Officier de paix.

Bricule

Officier de paix (Argot des voleurs).

Bridage

Voir bouclage.

Bride

Chaîne.

Bride

Chaîne.

Bride

Chaîne de montre.

Bride

Chaîne de montre, — dans le jargon des voyous. — Si j’avais seulement une bride pour attacher mon oignon.

Bride

Chaîne de montre. Menotte. Homme de rebut.

Bride

Chaîne de montre. Elle bride le gilet (Argot des voleurs). V. Cordelettes.

Bride

Chaine de montre. Lorsqu’elle est en or c’est du jonc ; en argent, du platre ; en faux, du toc.

Bride (une)

Une chaîne.

Bride d’Orient

Chaîne d’or.

Brider

Fermer.

Brider

Fermer.

Brider

Fermer.

Brider

Interdire, défendre.

Brider

Retirer une autorisation. Retirer l’autorisation à un camelot ou marchand quelconque de stationner sur la voie publique pour y débiter sa marchandise, c’est le brider. Un établissement fermé par ordre de la préfecture est bridé.

Bridoux

Fou (Argot des voleurs).

Bridoux

Fou, idiot, toqué.

Briffe

Gras-double. (L. Larchey) — Nourriture. Passer à briffe, manger.

Briffe

Pain. Nourriture.

Briffe

Pain (Argot des voleurs). V. Bricheton.

Briffer

Manger, du vieux français.

Briffer

Manger. Vient de briffe (Argot du peuple).

Briffer

Manger.

Briffer

Manger.

Brig-four

Brigadier-fourrier, par apocope, — dans l’argot des soldats de cavalerie.

Brig-four

Apocope de brigadier-fourrier.

Brigadier

Pour brigadier-fourrier, gindre, premier garçon boulanger chargé du four. On a dit d’abord fournier puis fourrier par corruption. Dès le XIIIe siècle,

Le droit payé pour faire cuire à ces fours banaux s’appelait fournage et les ouvriers qui y étaient employés se nommaient fourniers.

(Pierre Vinçart, Les ouvriers de Paris, 1863.)

Brigadier de l’amour (le)

Le doigt médium, — à cause de l’assistance qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui qu’on branle une femme.

Quand amour perd de sa flamme,
Ce doigt la réveille en vous ;
Lorsqu’aussi près d’une dame
Le dieu cueille un beau laurier
Ce doigt est son brigadier.

(Chansons anonymes modernes.)

Brigadier de semaine

Carafon de cognac accompagnant le café.

Brigante

Perruque.

Brigeant

Cheveux (Argot des voleurs). V. Alfa.

Brigeante

Perruque, — dans le jargon des voleurs.

Brigeante

Perruque. On dit aussi réchauffante, en effet, elle préserve les cheveux du froid (Argot des voleurs). N.

Brigeants

Cheveux.

Brignolet

Pain.

Pas de brignolet à se coller entre les mandibules.

(Le sans-culotte.)

Brignolet

Pain (Argot du peuple). V. Bricheton.

Brignolet

Pain.

Brillard

Pièce de 20 fr.

Brillard

Pièce de vingt francs. Elle brille (Argot des voleurs). V. Sigues.

Briller

Allumer. La briller, allumer la lampe ou la chandelle, — dans le jargon des voleurs qui emploient beaucoup les articles « la et le » devant un verbe en sous-entendant le substantif.

Brimade

Épreuve vexatoire infligée aux nouveaux de l’école Saint-Cyr.

Point de ces brimades, qui ont longtemps déshonoré Saint-Cyr.

La Bédollière.

Brimade

Épreuve vexatoire, charge d’écoliers que les anciens infligeaient aux nouveaux venus dans les écoles militaires. Cet usage tend à disparaître tous les jours.

Brimballer

Vieux mot hors d’usage signifiant sonner les closches, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Seulement il ne voyoit’ sa femme brimballant.

Rabelais.

Et que sur le tombeau, où je reposerai,
Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles
Et de neuf coups de cul son vit je bénirai.

Théophile.

Brimborions (les)

Les testicules, — qui ont l’air de pendre à la queue de l’homme comme les pompons à la tête d’un mulet.

Peux-tu, me dire aussi tous les différents noms
Que l’on donne parfois aux deux brimborions
Qui sont pendus après ?…

Louis Protat.

Brimer

Donner une brimade.

Brimer

Rire aux dépens d’autrui, vexer.

M*** honorait Perpignan de ses sarcasmes, et Perpignan se laissait brimer.

(Ch. de Boigne.)

Brindezingue

Ivre.

Brindezingues (être dans les, se mettre dans les)

Être, se mettre en état d’ivresse.

Brindezingues (être dans les)

Être ivre. Mot à mot : avoir trop bu à la santé des autres.

Tiens, toi, t’es déjà dans les brindezingues.

Vadé, 1756.

Du vieux mot brinde : toast.

Ces grands hommes firent tant de brindes à vostre santé et à la nostre, qu’ils en pissèrent chacun plus de dix fois.

Lettre curieuse envoyée au cardinal Mazarin par ses nièces. — Paris, 1651.

Bringue

Grande femme haute en jambes. Quand elle est mal ficelée mal habillée, c’est une bringue (Argot du peuple). V. Asperge montée.

Bringue (grande)

Femme grande et maigre.

Rosine, dite la Vache, une grande bringue qui avait des ornières aux épaules et des dents en moins.

(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

Brio

« Le brio, mot italien intraduisible et que nous commençons à employer, est le caractère des premières œuvres. C’est le fruit de la pétulance et de la fougue intrépide, du talent jeune, pétulant, qui se retrouve plus tard dans certaines heures heureuses. » — Balzac.

Brioche

Voir boulette.

Briqman

Sabre.

Briqmann

Sabre.

Briqmann

Sabre de cavalerie.

Briqueman

Briquet, sabre de cavalerie.

Briquement

Sabre.

Briquet (battre le)

V. Battre le briquet.

Brisant

Vent. — Vidocq. — Diminutif de brise.

Briser

v. intr. Mettre bas, cesser le travail. Se dit particulièrement dans les commandites.

Briser

S’en aller.
— Mon vieux, il est l’heure de la mouise, je me la brise au galop.
Quand une commandite d’ouvriers compositeurs a achevé son travail, le metteur en page frappe sur sa casse avec un taquoir. Ce signal veut dire : c’est fini, brisez (Argot d’imprimerie).

Briser (se la)

S’enfuir. — Mot à mot : se laisser aller à la brise.

Dans le beau monde on ne dit pas : Je me la casse, ou : Je me la brise.

Labiche.

Briser (se la)

Se sauver, partir.

Briseur

« Les briseurs sont tous Auvergnats et se prétendent commerçants. Ils s’entendent pour inspirer toute confiance à des fabricants qu’ils trompent pour une grosse somme, après leur en avoir payé plusieurs petites. Les marchandises brisées sont revendues à 40 p. 100 de perte, et le produit de la brisure est placé en Auvergne. » — Vidocq. — Même étymologie que les mots précédents. Un briseur est un homme qui se la brise dès qu’il a fait son coup.

Briseurs

Mot à mot : voleurs qui se la brisent. Ce sont des faiseurs d’affaires qui disparaissent avec la marchandise que des négociants imprudents leur ont confiée.

Briseurs

Bande noire. Cette bande est composée de plusieurs Auvergnats qui achètent des marchandises neuves et qui les brisent pour les revendre ensuite à la feraille comme marchandises d’occasion (Argot des voleurs).

Brisquard

Vieux soldat, portant deux ou trois brisques.

Brisquart

Sergent. C’est-à-dire celui qui porte les brisques.

Brisque

Année, — dans le jargon des voleurs.

Brisque

Les dix et les as, au jeu de bezigue.

Brisque

Chevron.

Est-ce que vous attendez un larbin, par hasard, pour ranger votre case ? grommela un vieux sergent à plusieurs brisques.

(R.Maizeroy, La Vie moderne, 2 août 1879.)

Brisque

Chevron-galon en forme d’angle, indiquant le nombre d’années de service.

Brisque

Année. Chevron.

Brisure

s. f. Suspension momentanée de travail accordée aux compositeurs des journaux vers le milieu de leur besogne. Au Rappel, la pige dure six heures avec une brisure d’une demi-heure à dix heures. La grande brisure est la cessation définitive du travail, le journal étant achevé.

Brisure

Suspension momentanée de travail accordée aux compositeurs des journaux vers le milieu de leur besogne. (Boutmy.)

Brisure

Escroquerie.

Broc (un)

Un liard.

Brocante

Bague.

Brocante

Bague.

Brocante

Objet sans valeur.

Brocante

Vieux soulier encore bon pour la vente, — dans le jargon des chiffonniers, c’est-à-dire soulier qu’on peut brocanter.

Brocante

Bague, — dans le jargon des voleurs.

Brocante

Brocantage. — Marchandise sans valeur, — dans le jargon des revendeurs. Toute sorte de petits travaux qui se rattachent plus ou moins à l’art et que l’artiste exécute faute de mieux. Les brocantes des artistes sont les bricoles des ouvriers.

Je vais faire des brocantes, une corbeille de mariage, des groupes en bronze.

(Balzac, La Cousine Bette.)

Brocante

Bague.

Brocantes

Troc de marchandises de hasard.

Je vais faire des brocantes.

Balzac.

Broche

Souteneur.

Broche, brochet

Souteneur.

Broches

Dents, — dans le jargon des voleurs. — Broches rouilles, dents gâtées.

Broches

Dents.

Brochet

Marlou, souteneur (Argot du peuple). V. Barbillon.

Brochet

Souteneur.

Brochet à la mie de pain

Apprenti souteneur.

Brodage

Écriture.

Brodancher

Broder. — Écrire.

Brodancher, broder

Écrire.

Brodancheur en cage

Écrivain public. — Brodancheur à la cymbale, brodancheur aux macarons, notaire, huissier, — dans le jargon des voleurs.

Broder

Écrire — Allusion au va-et-vient de la plume sur le papier. — Un brodeur est un écrivain. — En revanche, on a dit brodancher pour broder, pris dans son acception ordinaire. V. Ravignolé.

Broder

Écrire. Dans les prisons, certains détenus pour correspondre avec un complice au dehors se servent du procédé suivant : Dans les interlignes d’une lettre insignifiante écrite à l’encre, ils écrivent à l’aide d’une plume neuve et de salive ce qu’ils veulent recommander ou faire connaître au complice. La salive une fois sèche, ce qui a été écrit avec devient invisible. Le destinataire, qui sait à quoi s’en tenir, jette de l’encre sur toute la lettre et la trempe aussitôt dans l’eau, alors la salive qui s’est imprégnée d’encre devient aussi lisible que le reste.

Brodeur

Écrivain public. Escroc, faussaire.

Brodeuse

Homme-femme, — dans le jargon des voleurs.

Brodeuse

Homme et femme à la fois. De la famille des pédérastes (Argot du peuple).

Bronque

Ministre, — dans le jargon des voleurs.

Broquante

Chose de peu de valeur.

Broque

Un liard.

Broque

Centime. — Cinq broques font un rond ; vingt ronds font une balle, cinq balles font une roue de derrière ou forte thune.

Broque

Un sou (Argot des voleurs).

Broque

Sou.

Je suis coupé, je n’ai pas un broque.

C’est un ancien mot qui voulait dire liard, quart de sou.

Broque, ou broquette

Le membre viril — avant qu’il soit viril. — Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de Mannekenpis) qui « par sa broquette donnait eau rose. »

Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

J. Le Vallois.

Lorsque d’Adam en paradis
Ève soulevait la breloque
Qu’importait à son clitoris
Un nœud, une pine… une broque !

Paul Saunière.

Ici-bas, voilà notre état :
À coup de cul il faut qu on broque.
Le plus pauvre sur son grabat
Se démène à, grands coups de broque ;
Rois, juges, soldats valeureux,
Musulmans, païens, chacun broque ;
Et le Saint-Esprit amoureux
Nous a faits chrétiens par la broque.

Paul Saunière.

… L’avenir m’inquiète…
De Pincecul, hélas ! l’exécrable broquette
Peut n’être pas…

Louis Protat.

Broquillage, vol à la broquille

Vol à la substitution. Vol qui consiste à substituer un objet sans valeur à un objet de prix : le cuivre à l’or, le stras au diamant.

Broquille

Bague.

Broquille

Minute (Vidocq). — Ce diminutif du vieux mot broque : petit clou, ardillon (V. Roquefort) Fait sans doute allusion au petit signe indiquant la minute sur un cadran.

Broquille

Minute.

Broquille

Boucle d’oreilles.

Broquille

Bague. Boucle d’oreille. Minute. Chose sans valeur.

Broquille

Minutes (Argot des voleurs).

Broquille

Minute.

Il est trois plombes et dix broquilles

Trois heures dix minutes.

Broquille

Minute, bijoux, boucle d’oreille.

Broquilles

Bague.

Broquilleur

Voleur substituant du strass au diamant.

Broquilleur, broquilleuse

Celui, celle qui se livre au broquillage. Plus d’une femme du monde est broquilleuse. C’est celle qui, pour satisfaire une passion, la plupart du temps inavouable, vend, à l’insu de son mari, une parure en brillants qu’elle remplace par une parure de stras, exactement semblable. D’autres fois c’est le mari qui procède à cette combinaison, et porte la parure en brillants chez sa maîtresse. — Il y a encore les broquilleurs de tableaux qui substituent des copies aux ori ginaux.

Broquilleurs

Les voleurs qui portent ce nom pratiquent le vol à l’étiquette. Ce vol consiste à faire fabriquer des bagues en toc ornées de pierres fausses et à les substituer adroitement aux vraies dans les écrins que montrent les bijoutiers aux faux acheteurs (Argot des voleurs). N.

Brosse à dents

Eau-de-vie.

Brosse, brodeuse

La femme des prisons d’hommes.

Brossée

Grêle de coups, défaite.

Les Turcs ont reçu une brossée.

Ricard.

Brossée

Victoire remportée à coups de poing sur un ennemi intime. — Victoire remportée à coups de fusil sur des ennemis en bataille rangée. — Donner, recevoir une fameuse brossée.

Brosser

Battre. Mot à mot : brosser de coups.

Brosser

Battre, vaincre son adversaire.

Brosser le ventre (se)

Jeûner, contraint et forcé. On se brosse le ventre et l’on danse devant le buffet.

Quand les cartes me font des mistoufles, il ne me reste plus qu’à me brosser le ventre.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Brouée

Des coups.

Brouée

Des coups.

Brouillard (être dans le)

Être absorbé par l’ivresse. Chasser le brouillard : Boire un verre d’eau-de-vie dont la chaleur combat, dit-on, les mauvais effets de l’humidité. — On dit tuer le ver par un motif analogue ; — l’alcool pris à jeun passe pour causer de vives contrariétés aux helminthes et aux ascarides vermiculaires. — Ces deux termes peuvent être considérés comme une allusion ironique aux prétextes hygiéniques des buveurs d’alcool.

Brouillards (être dans les)

Être en état d’ivresse. — Chasser le brouillard, inaugurer la journée par un verre de n’importe quoi. — Au XVIIIe siècle l’expression : Être dans le brouillard équivalait, en style de gens de lettres, à être dans le malheur.

Brouillé avec le directeur de la monnaie

N’avoir pas le sou (Argot du peuple), V. Les toiles se touchent.

Brouillotte

La nuit (Argot des voleurs). V. Brunette.

Broutiller

Mot parlementaire. Il signifie qu’on a liquidé une série de petits projets de loi, moins intéressants les uns que les autres. (Figaro du 22 janvier 1879.)

Broutta

Discours. V. Laïus. — Du nom d’un ancien professeur de l’École militaire.

Bruge

Serrurier. — Vidocq. — Du vieux mot bruger : pousser, heurter. V. Roquefort.

Bruge

Serrurier, — dans l’ancien argot.

Bruge

Serrurier.

Brugerie

Serrurerie. — Id.

Brugne

Coup violent. — Corruption des vieux mots beigne, bigne, employés dans le même sens. V. Roquefort.

Brûlage

Déconfiture.

C’est un brûlage général.

Balzac.

Brulé

Déjoué.

Brûlé

Démasqué. Drôle dont les filouteries sont percées à jour, usées. — Par contre, un créancier brûlé est celui dont on ne peut plus rien tirer. On l’a trop fait flamber.

Brûlé

Fini. Démasqué. Manqué.

Brûlé

Affaire manquée. Se dit plus communément d’un agent chargé d’une surveillance, lorsqu’il est éventé par le surveillé il est brûlé. On brûle également une carte vue par les joueurs (Argot des voleurs).

Brûlé

Un agent de police est brûlé lorsqu’il est reconnu par l’individu qu’il surveille. Une affaire dont il s’occupe est brûlée (non faisable) lorsqu’il y a eu des indiscrétions.

Brûle-fer

Maréchal ferrant.

Brûle-gueule

Pipe dont le tuyau écourté brûle les lèvres.

Une de ces pipes courtes et noires dite brûle-gueule.

De Banville.

Brûle-gueule

Pipe courte et noircie par l’usage.

Brûle-gueule

Pipe dont le tuyau est très court. En fumant, la pipe vous brûle la gueule (Argot du peuple). V. Bouffarde.

Brûle-gueule

Pipe à tuyau très court dont le fourneau brûle la bouche.

Brûlée (affaire)

Affaire ratée, affaire qui n’a pas réussi. M Larchey donne brûlé tout court dans le même sens.

Brûler

Perdre sans retour.

Comment sommes-nous avec le boulanger ? — M’sieur, le boulanger est brûlé, il demande un à-compte.

Champfleury.

Brûler

Démasquer.

Le grec brûlé prend son parti lestement et va, sous un autre nom nobiliaire, se faire pendre ailleurs.

Mornand.

Brûler

Retirer de la main en les jetant au panier, après en avoir annoncé le nombre, une ou plusieurs cartes avant de commencer une partie de baccarat en banque. Ce droit du banquier ne s’exerce plus que dans les cercles de bas étage.

Brûler (se)

Être connu, démasqué.

Aussi je commençais à me brûler.

(F. Mornand.)

Brûler à la rampe (se)

Jouer pour soi, sans se préoccuper de la pièce, — dans le même jargon. (A. Delvau)

Brûler du sucre

Être applaudi, — dans le jargon des acteurs.

Brûler la chandelle par les deux bouts

Individu qui dépense sans compter, qui jette son argent par les fenêtres.
— Tu brûles la chandelle par les deux bouts (Argot du peuple). N.

Brûler la politesse

S’esquiver sans faire la politesse d’un adieu.

Quand il nous met à l’ombre, c’est que nous avons brûlé la politesse à la consigne.

J. Arago, 1838.

Brûler le cul

Faire banqueroute. L’expression date de 1789.

Brûler le dur

Ne pas payer son voyage.

Brûler le pégriot

Faire disparaître la trace d’un vol.

Brûler le pégriot

Faire disparaître les traces d’un vol.

Brûler le pégriot

Faire disparaître les traces d’un vol (Argot des voleurs).

Brûler les planches

Jouer avec entrain, déployer beaucoup de chaleur, — dans le jargon des comédiens.

Monvel est l’acteur pour lequel a été inventée cette expression de coulisses.

(V. Couailliac, La Vie de théâtre.)

Brûler, ou brûler un cierge

Être très amoureux. Tirer un coup avec une femme, — qui se charge de vous faire couler.

Vénus, à ta charmante loi
Mon cœur n’est point rebelle :
Je me sens presque malgré moi
Brûler pour chaque belle.

Armand Gouffé.

Brûlot

Mélange de sucre et d’eau-de-vie brûlée.

Ils cassent les tasses où ils allument leur brûlot quotidien.

De la Barre.

Brûlot

Terme de joueur. — Baccarat à toute vapeur ; on donne une seule carte et le tapis compte pour dix. Il y a des gens qui ne savent qu’imaginer pour perdre plus vite leur argent.

Brulotte

Lanterne (Argot des voleurs).

Brûlotte

Lanterne.

Brunette

La nuit (Argot des voleurs). V. Brouillotte. N.

Brunette

Nuit.

Brunir

Nettoyer à fond, — dans le jargon du régiment. — Brunir la chambre, la cour du quartier.

Brutal

Canon. — Allusion au bruit de son tir.

As-tu entendu ronfler le brutal ?

d’Hautel, 1808.

Une détonation sourde se fit entendre. — Tiens, dit Pierre, voilà déjà le brutal qui chante.

Ricard.

Brutal

Canon, — dans le jargon des troupiers.

Panel : Le canon ! — Duriveau, (avec joie) : Le brutal !… c’est donc vrai que l’Empereur marche sur Troyes ?

(Alph. Arnault et L. Judicis, Les Cosaques, 1853.)

Brutal

Canon.

Brutal

Canon. Locomotive.

Brutus

Bretagne.

Brutus

Bretagne.

Bu

Ivre. Vol au bu, vol sur un ivrogne.

Bu (être)

Être dans un état absolu d’ivresse. — L’ancienne langue française avait le mot boite dans le même sens.

Crois-tu que je suis boite !

(Hauteroche, Crispin musicien.)

Bûche

Les figures et les dix d’un jeu de cartes, — dans le jargon des joueurs de baccarat. — Tirer une bûche, tirer une figure ou un dix, carte qui assomme celui qui la reçoit.

Il n’y a plus que des bûches au talon.

(Figaro du 5 mars 1880.)

Bûche

Bois à graver, — dans le jargon des graveurs sur bois.

Bûche

Grande pièce de drap : paletot, redingote ou habit fait par l’appiéceur. — Coller sa bûche au grêle, livrer une pièce au patron.

Bûche

Imbécile. Borné, bête, grossier comme une bûche.
Bûche : une figure, dame, roi ou valet, qui ne compte pas au jeu de baccara. (Argot des voleurs).

Bûche

Tomber. Celui qui tombe ramasse une bûche. Si on ne réussit pas dans une affaire, on ramasse une bûche.

Bûche

Tomber, échec.