Chier, faire chier, s’en battre les couilles ; littéralement « déféquer » (issu du vieux haut allemand skīzan — séparer, fendre, puis éliminer les excréments). Verbe argotique pilier, cru, viscéral et absolument incontournable de la langue allemande. Tout le génie expressif et l’humour noir de cette métaphore reposent sur sa toute-puissance figurative : elle sert à exprimer le détachement le plus total ou le mépris souverain (« Ich scheiße darauf » — je m’en bats les couilles / j’en ai rien à chier), tandis que l’interjection universelle « Scheiße! » (Merde !) jaillit spontanément à la moindre contrariété pour évacuer la frustration.
Gleich am nächsten Morgen, ganz früh, stand er auf und ging scheißen. Dann legte er sich wieder hin.
Dès le lendemain matin, très tôt, il se leva et alla chier. Ensuite il se recoucha.
(Oliver Kalkofe / Onkel Hotte, Das alte Meer und der Mann)

