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Rat

Rat

(d’Hautel, 1808) : Pour caprice, fantaisie.
Il a autant de rats qu’un chat a de puces. Se dit d’un homme pétri de caprices et de fantaisies.
On dit d’une arme à feu, qu’Elle a un rat, quand le chien s’est abattu sans faire prendre l’amorce ; on le dit aussi d’une serrure mêlée, que l’on ne peut ouvrir qu’après avoir tourné la clef mainte et mainte fois.
Un nid à rats. Un taudis, un logement étroit, sale et obscur.
Une queue de rat. Se dit par raillerie de la queue d’un homme, ou d’un cheval, petite et peu garnie.
Il n’est pas plus haut qu’un rat. Se dit par mépris d’un homme de très-petite taille, qui se fourre partout, se mêle de toutes les affaires, et fait le fanfaron et le méchant.
Être comme rat en paille. Nager dans l’abondance ; être à bouche que veux-tu.
Prendre des rats par la queue. Filouter, couper des bourses.
Mon rat. Nom flatteur et caressant que l’on donne par amitié à un jeune homme ou à une jeune fille.

(Larchey, 1865) : « Le rat est un des éléments de l’Opéra, car il est à la première danseuse ce que le petit clerc est au notaire… — Le rat est produit par les portiers, les pauvres, les acteurs, les danseurs. Il n’y a que la plus grande misère qui puisse conseiller à un enfant de huit ans de livrer ses pieds et ses articulations aux plus durs supplices, de rester sage jusqu’à dix-huit ans uniquement par spéculation et de se flanquer d’une horrible vieille comme vous mettez du fumier autour d’une jolie fleur… — Un rat à onze ans est déjà vieux. Dans deux ans elle peut valoir 60 000 francs, être rien ou tout, un nom célèbre ou une vulgaire courtisane. »

Roqueplan. 1841.

(Larchey, 1865) : Bougeoir, bougie mince et tortillée dont le brin rappelle la queue du rat.

Je vous demanderai la permission d’allumer mon rat.

H. Monnier.

(Larchey, 1865) : Avare, pauvre.

Je vous dénonce mon propriétaire qui est un rat fini.

Bertall.

(Larchey, 1865) : « Petits pégriots qui se cachaient à la brune sous un comptoir afin d’ouvrir la nuit la porte du magasin à leurs collègues. Il paraît qu’on ne fermait qu’au pène les boutiques dans ce temps-là. Aujourd’hui le rat qui restera en vedette chez un marchand de vin aurait besoin de ses amis du dehors pour le délivrer. » — A. Monnier.

(Larchey, 1865) : « Cette expression s’applique à tout retardataire de l’École polytechnique. Quiconque après son examen de sortie est exclu par son rang des ponts et chaussées est rat de ponts ; le rat de soupe est celui qui arrive trop tard à table. »

La Bédollière.

(Larchey, 1865) : Caprice, fantaisie trottant comme un rat dans la cervelle. V. d’Hautel, 1808.

(Delvau, 1867) : s. m. Petit voleur qui entre dans une boutique un peu avant sa fermeture, se cache sous le comptoir en attendant que les maîtres du logis soient couchés, et, lorsqu’il est assuré de l’impunité, ouvre la porte à ses complices du dehors. On dit aussi Raton. Courir le rat. Voler la nuit dans une auberge ou dans un hôtel garni.

(Delvau, 1867) : s. m. Caprice, — dans l’argot du peuple, qui dit cela aussi bien à propos des serrures qui ne vont pas que des gens qui font mauvaise mine. Autrefois, Avoir des rats c’était « avoir l’esprit folâtre, bouffon, étourdi, escarbillard, farceur et polisson ».

(Delvau, 1867) : s. et adj. Avare ; homme intéressé.

(Delvau, 1867) : s. m. Bougie cordelée et repliée de façon à tenir dans la poche. On l’appelle aussi, rat de cave.

(Delvau, 1867) : s. m. Retardataire, — dans l’argot des Polytechniciens. Rat de ponts. Celui qui, après son examen de sortie, est exclu par son rang des Ponts-et-Chaussées. Rat de soupe. Celui qui arrive trop tard au réfectoire.

(Delvau, 1867) : s. m. Petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse qui est à la première danseuse ce que le saute-ruisseau est au notaire, et qui devient bien plus facilement célèbre comme courtisane que comme rivale de Fanny Essler. Le mot date de la Restauration, quoique quelques personnes — mal informées — lui aient donné, comme date, 1842, et comme père, Nestor Roqueplan.

(Rigaud, 1881) : Retardataire, par apocope, — dans le jargon de l’École Polytechnique. On est rat, lorsqu’on a raté (manqué) l’heure de la rentrée.

(Rigaud, 1881) : Avare. Parce qu’à l’exemple du rongeur de ce nom il rogne tout ce qu’il peut.

(Rigaud, 1881) : Apprentie danseuse à l’Opéra.

Le vrai rat, en leur langage, est une petite fille de sept à quatorze ans, élève de la danse, qui porte des souliers usés par les autres, des châles déteints, des chapeaux couleur de suie, se chauffe à la fumée des quinquets, a du pain dans ses poches et demande dix sous pour acheter des bonbons.

(N. Roqueplan.)

(La Rue, 1894) : Avare. Petit voleur. Retardataire. Apprentie danseuse à l’Opéra.

Rat (courir le)

(Rigaud, 1881) : Voler la nuit, dans les maisons meublées, dans les hôtels garnis.

(Virmaître, 1894) : Voler la nuit. Allusion au chat qui ne sort que la nuit pour chasser le rat, excepté qu’ici il faut retourner le fait, c’est le rat qui chasse le chat — le passant (Argot des voleurs). N.

Rat de cave

(Delvau, 1867) : s. m. Employé de la régie, — dans l’argot des marchands de vin V. Rat.

Rat de palais

(Virmaître, 1894) : Clerc d’huissier qui attend les malheureux avant l’audience des référés pour accrocher une pièce de cent sous. Hommes d’affaires véreux qui passent leur existence dans la salle des Pas-Perdus à la recherche d’un imbécile. Rat de palais, en un mot tous les rongeurs qui rongent les plaideurs (Argot du peuple). N.

Rat de prison

(Halbert, 1849) : Avocat.

(Larchey, 1865) : Avocat. — Allusion aux visites qu’il rend aux prisonniers.

(Delvau, 1867) : s. m. Avocat, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Avocat.

(La Rue, 1894) : Avocat.

(Virmaître, 1894) : Avocat. Allusion à ce que ces messieurs grignottent à belles dents l’argent, des prisonniers qui ont besoin de leurs services. Sangsue serait plus juste que rat (Argot des voleurs).

(Rossignol, 1901) : Avocat.

Rat, Raton

(Rigaud, 1881) : Petit voleur, voleur de petite taille, enfant dressé au vol. C’est le rapin du voleur. L’exiguïté de sa taille le rend très utile dans certaines expéditions. Elle lui permet de se faufiler par les toits de cheminées, et de frayer la route aux filous de toutes les tailles..

Rata

(Larchey, 1865) : Abréviation de ratatouille.

Pour le rata : faites bouillir de l’eau, prenez des pommes de terre, jetez le légume choisi dans la bassine, ajoutez 3 kilogr. de lard par cent hommes, remuez et servez.

La Bédollière.

(Delvau, 1867) : s. m. Ragoût de pommes de terre et de lard, — dans l’argot des troupiers.

(Rigaud, 1881) : C’est le ragoût servi aux troupiers les jeudis et les dimanches ; pour ratatouille, mauvais ragoût. Rata aux pommes, ragoût aux pommes de terre que les restaurateurs des grands boulevards appellent pompeusement : « Un navarin », et qu’ils font payer en conséquence.

(Merlin, 1888) : Ragoût composé de toute espèce de viande et légumes.

Ratafia de grenouilles

(Rigaud, 1881) : Eau, — dans le jargon des ivrognes.

Ratafiat de grenouille

(Delvau, 1867) : s. m. L’eau, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Anisette de barbillon et Bourgogne de cheval.

Ratapiaule

(Rigaud, 1881) : Raclée.

Evidemment la perspective d’une ratapiaule vous fera ch…anceler dans vos calintes.

(L’art de se conduire dans la société des pauvres bougres.)

Ratapoil

(Delvau, 1867) : s. et adj. Partisan quand même du 1er Empire et admirateur aveugle de l’empereur Napoléon.

(Rigaud, 1881) : Type du vieux soldat du premier Empire. — Vieux soldat qui a conservé le culte des Napoléon et perdu, le plus souvent, au moins un membre.

Ratatiné

(d’Hautel, 1808) : Une mine ratatinée. Pour dire, un visage ridé, fané, comme l’est ordinairement celui d’un vieillard.

Ratatouille

(Delvau, 1867) : s. f. Mauvais ragoût, plat manqué.

(Delvau, 1867) : s. f. Coups donnés ou reçus.

(Rossignol, 1901) : Se battre est se flanquer une ratatouille.

(Rossignol, 1901) : Mets mal préparé.

Ratatouille (en recevoir une)

(Virmaître, 1894) : Être battu.
— Je vais te foutre une ratatouille, numéro un.
On dit également :
— Je vais te tremper une soupe (Argot du peuple). N.

Ratatout

(Rigaud, 1881) : Atout redoublé. Jouer cœur atout, et ratatout.

Rate

(d’Hautel, 1808) : Prends garde de te fouler la rate. Se dit par raillerie à un fainéant, à un homme nonchalant et paresseux, qui fait tout avec une extrême lenteur.
S’épanouir la rate. Se réjouir ; se donner du bon temps ; rire à gorge déployée.
Vous avez bon foie, Dieu vous sauve la rate. Se dit par raillerie à ceux qui tiennent des discours ridicules et peu vraisemblables.

Raté

(Virmaître, 1894) : Manquer une affaire, rater un coup… de fusil, un examen. D’un homme petit, on dit : il est raté. En littérature, en musique, en peinture, une œuvre est ratée lorsqu’elle est incomplète. Un homme qui donnait de belles espérances et qui n’arrive à rien est un raté. En un mot, raté se dit de tout ce qui n’est pas bien (Argot du peuple).

Rateau

(Rigaud, 1881) : Agent de police, — dans le jargon des camelots.

(Virmaître, 1894) : Agents de police. Ils ratissent les voleurs (Argot des voleurs).

Râteau

(Fustier, 1889) : Gendarme, agent, dans l’argot des malfaiteurs.

Le terme est nouveau ; veuillez ne pas l’oublier et remarquer toute la justesse de l’expression. L’agent de police en effet nous ratisse et nous englaise dans la piaule.

(A. Belot : Le Roi des Grecs).

Faut suriner les pantres
À coups d’couteaux dans le ventre
Et crever d’coups d’marteaux
La cervelle aux râteaux.

(Chanson, 1884.)

(La Rue, 1894) : Gendarme. Agent. Prêtre.

(Rossignol, 1901) : Agent de police.

Sauvons-nous, v’là les râteaux.

Râteaux parce qu’ils râtissent, (prennent). Un peigne est aussi un râteau.

Rateau (faire son, faire du)

(Rigaud, 1881) : Faire, comme punition, un service supplémentaire à l’expiration des vingt-huit jours que, chaque année, les réservistes doivent à l’État, — dans le jargon des soldats de la réserve. C’est la variante de faire du rabiau.

Ratelée

(d’Hautel, 1808) : Dire sa ratelée. Dire à son tour librement et franchement tout ce qu’on sait, tout ce qu’on pense de quelqu’un ou de quelque chose.

Ratelier

(d’Hautel, 1808) : Manger à plus d’un ratelier. Tirer du profit de plusieurs emplois.
Mettre le ratelier trop haut à quelqu’un. Lui rendre une chose si difficile, qu’il ne puisse y réussir qu’avec beaucoup de peine.

Rater

(d’Hautel, 1808) : Pour dire échapper l’occasion, manquer son coup, ne pouvoir venir à bout de quelque chose. On le dit aussi en parlant d’une arme à feu dont l’amorce n’a pas pris.

(Delvau, 1867) : v. a. Échouer dans une entreprise, manquer une affaire, — amoureuse ou autre. Argot du peuple. Rater une femme. Ne pouvoir réussir à s’en faire aimer après l’avoir couchée en joue.

(Hayard, 1907) : Manquer une affaire.

Rater une femme

(Delvau, 1864) : Ne pouvoir bander assez raide au moment suprême où la femme, pamée et déjà délirante dans l’attente de la félicité promise, ouvre les cuisses et ferme les yeux.

Non, mais tout de bon, je vous rate… Vous n’êtes puisqu’une comtesse ratée.

La Popelinière.

Je rate, hélas ! également,
Le poisson, ma belle et ma muse.

Béranger.

(Delvau, 1864) : La baiser, en égoïste, et sans la faire jouir.

Quand je la baise, ma femme
S’obstine à ne pas bouger…
Comment faut-il de cela,
Punir cette ingrate-là ?
— Rate-la !

Aug. Gilles.

Rateur

(Delvau, 1864) : Homme qui a plus grands yeux que grosse pine et qui reste en affront devant la femme qui l’attend, cuisses ouvertes, fesses frémissantes.

Quand il fait le séducteur,
Sur mon honneur ! ça me vexe :
Car à l’endroit du beau sexe
Il n’est pas à d’mi rateur.

Jules Poincloud.

Ratiboisé

(Rigaud, 1881) : Ruiné.

J’ai fait faillite comme un vrai commerçant ; ratiboisé, ma chère.

(Huysmans, Marthe.)

(Virmaître, 1894) : Plus le sou.
— Je n’ai plus le sou, je n’ai plus de crédit et pas envie de bien faire, je suis ratiboisé (Argot du peuple).

(Hayard, 1907) : Décavé, sans le sou.

Ratiboiser

(Rossignol, 1901) : Prendre, voler.

Ratiboiseur de cabot

(Virmaître, 1894) : Voleur de chiens. C’est une industrie toute spéciale, elle est florissante au printemps quand les chiennes sont amoureuses. Les chiens une fois volés, sont tondus, maquillés pour les rendre méconnaissables, puis expédiés en Angleterre à une association affiliée aux voleurs parisiens. Ce vol est des plus simples, il faut être deux pour l’accomplir. Pendant que l’un fait la cour à la bonne qui promène Tom ou Mirza, le complice profite de son inattention, il enlève le cabot (Argot des voleurs). N.

Ratiboiseur de landau à baleines

(Virmaître, 1894) : Voleur de parapluies. On les nomme aussi des ratiboiseurs à l’échange. Le voleur entre dans un grand café, il a un mauvais parapluie à la main, il le place au porte-parapluie, au milieu des autres. Il s’assied à côté pour guigner de l’œil le plus beau, il paye sa consommation, se lève sans affectation en emportant le parapluie sur qui il a jeté son dévolu. Si l’on s’aperçoit de l’échange, il s’excuse de s’être trompé, puis s’en va tranquillement. Il est rare que ce vol ne réussisse pas (Argot du peuple). N.

Ratiche

(Rigaud, 1881) : Église, — dans le jargon des voleurs. — Blaireau de ratiche, goupillon. — Calot à blaireau, donneur d’eau bénite ; calot est pour calotin.

(La Rue, 1894) : Église.

Ratichon

(anon., 1827) : Abbé, prêtre.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Prêtre.

(Bras-de-Fer, 1829) : Abbé, prêtre.

(Clémens, 1840) : Aumônier.

(M.D., 1844) : Prêtre.

(un détenu, 1846) : Prêtre, curé.

(Halbert, 1849) : Peigne.

(Delvau, 1867) : s. m. Abbé, prêtre, — dans l’argot des voyous et des voleurs. Serpillière de ratichon. Soutane de prêtre. On dit aussi Rasé ou Rasi.

(Delvau, 1867) : s. m. Peigne, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Peigne. Le peigne a la forme d’un râteau, et c’est en effet le râteau de ce gazon qu’on nomme la chevelure.

(La Rue, 1894) : Peigne. Prêtre.

(Virmaître, 1894) : Curé. Ratichon est un mot ancien. On le trouve dans Olivier Chéreau à propos des Arche-Suppots chargés de réformer le langage, mais là, il n’est pas pris dans le sens de prêtre (Argot des voleurs).

(Rossignol, 1901) : Curé.

(Hayard, 1907) : Prêtre.

Ratichon, rasé, raze, razi

(Larchey, 1865) : Prêtre. — Mot à mot : ratissé, rasé. — Allusion à sa tonsure et à sa figure rosée. V. Momir.

Ratichonné

(Halbert, 1849) : Peigné.

Ratichonner

(Delvau, 1867) : v. a. Peigner.

(Rigaud, 1881) : Peigner.

Ratichonnière

(Delvau, 1867) : s. f. Église.

(Rigaud, 1881) : Communauté religieuse.

Ratier

(d’Hautel, 1808) : Pour dire fantasque, bizarre, capricieux. On dit aussi ratière au féminin.

Ration de la ramée

(Halbert, 1849) : Nourriture de la prison.

Ratisse

(d’Hautel, 1808) : Pour dire gamme, correction, volée de coups de bâton.
On lui a donné une bonne ratisse ; il a reçu une fameuse ratisse. Se dit d’une personne qui a été fortement réprimandée ; corrigée ; maltraitée.

Ratissé

(Rigaud, 1881) : Joueur qui a perdu son argent au jeu. Celui dont la poche a été ratissée par le râteau du croupier. Être ratissé jusqu’au dernier sou. La variante est : Ratiboisé.

(Fustier, 1889) : Gandin, fashionable. Ç’a été le nom à la mode en 1885 pour désigner le continuateur du poisseux, du genreux.

Les jeunes ratissés (le terme est nouveau pour dire gommeux ou petit crevé), les ratissés ont couru et courent encore, comme un seul homme, lorgner, applaudir, rappeler La Goulue et Grille d’Égout… Pourquoi les ratissés ? Est-ce parce que le jeu, le baccarat, les petits-chevaux des bords de la mer ou les steeple-chases leur vident à la fois la bourse et la cervelle et les ratissent comme le râteau du croupier ? Est-ce au contraire parce que le coiffeur sue sang et eau à les épiler, les coiffer, les brosser et leur ratisse les favoris, la moustache et la chevelure (quand ils en ont), comme le jardinier ratisse les allées d’un jardin bien entretenu ?
Je n’en sais rien ; le fait est que les petits crevés sont devenus les ratissés.
Le ratissé a son féminin : la ratissée. Et je m’imagine qu’aussi bien que le croupier, la ratissée ratisse le ratissé. Le nouveau nom doit venir de là.

(Illustration, octobre 1885.)

Ratisser

(d’Hautel, 1808) : Recevoir une ratisse.
Il a été joliment ratissé. Se dit d’un homme qui, engagé dans une batterie, et n’étant pas le plus fort, en a reçu tous les coups.
Se ratisser la couenne. Pour se raser le visage, se faire la barbe.
Je t’en ratisse. Pour dire, ce n’est pas pour toi, tu n’en auras pas ; cette locution équivaut à je t’en ponds, je t’en casse, etc.

(Delvau, 1867) : v. a. Prendre, chiper, — dans l’argot des faubouriens. Se faire ratisser. Se laisser duper, ou voler, ou gagner au jeu.

(Rigaud, 1881) : Gagner tout l’argent de quelqu’un au jeu, le dépouiller, le laisser sans un sou.

Madame Zéphyrin qui les ratissait chaque fois.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

(La Rue, 1894) : Prendre, chiper. Gagner tout l’argent au jeu. Évincer.

(Virmaître, 1894) : Voler, retourner la poche d’un individu, le ratisser avec autant de soin que le jardinier en met à ratisser ses allées (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Prendre, voler.

Ratisser (en)

(Delvau, 1867) : v. a. Se moquer de quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On n’emploie guère ce verbe qu’à la première et à la troisième personne de l’indicatif présent.

Ratisser le bas des reins avec une brique

(Virmaître, 1894) : Ce n’est guère récréatif, c’est pourtant ce que l’on dit aux personnes qui s’ennuient.
— Ah ! comme je m’ennuie.
— Ratissez-vous le bas des reins avec une brique.
Ou bien encore :
— Râclez-vous les os des jambes avec un tesson de bouteille (Argot du peuple).

Ratisseuse de colabres (la)

(Rigaud, 1881) : La guillotine. Mot à mot : celle qui ratisse les cous.

Raton

(d’Hautel, 1808) : Diminutif de rat. Nom flatteur et caressant que l’on donne à un petit enfant.

(Delvau, 1867) : s. m. Petit voleur.

(Virmaître, 1894) : Apprenti voleur qui s’introduit par l’imposte dans une boutique et se cache dans un coin. Quand tout bruit a cessé, il ouvre la porte à son complice (Argot des voleurs).

(Rossignol, 1901) : Celui qui commet le vol au radin.

Rats (avoir des)

(Rigaud, 1881) : Être de mauvaise humeur, — dans le jargon du peuple.

Rattrapage

(Delvau, 1867) : s. m. Fin de la copie donnée à un typographe. Il est tenu de composer (on dit rattraper) jusqu’au nom de son camarade écrit sur la copie suivante.

(Rigaud, 1881) : Compensation.

Rattraper

(d’Hautel, 1808) : Bien fin qui m’y rattrapera. Pour, je ne risquerai plus de pareille chose, je ne m’exposerai plus à de semblables aventures.


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