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Pie

Pie

(d’Hautel, 1808) : Jaser comme une pie borgne, comme une pie dénichée. Caqueter, parler beaucoup, faire de propos, des commérages.
Pie grièche. Femme qui a l’humeur maussade, acariâtre. Le peuple dit, par corruption, pégrièche.
Il donne à manger à la pie.
Se dit d’un joueur qui met dans sa poche une partie du gain qu’il a fait au jeu, pour faire croire qu’il a très-peu gagné.

(La Rue, 1894) : Vin. V. Pivois.

Pie-grièche

(Delvau, 1867) : s. f. Femme criarde et querelleuse, — dans l’argot du peuple, qui a souvent le malheur de tomber, comme Trimalcion, sur une Fortunata pica pulvinaris.

Piéçard

(Rigaud, 1881) : Ouvrier qui travaille à ses pièces, — dans le jargon des carrossiers.

Pièce

(d’Hautel, 1808) : Une bonne pièce, une méchante pièce. Se dit en plaisantant d’une personne fine, adroite et rusée, et notamment d’un enfant espiègle.
Il est tout d’une pièce. Pour, il a trop de roideur dans son maintien ; il a l’air gauche et emprunté.
Emporter la pièce. Railler quelqu’un d’une manière outrageante.
Mettre quelqu’un en pièces. Le déchirer par des médisances, des calomnies.
C’est l’ordinaire, c’est la pièce de bœuf. Se dit de quelque chose qui est d’un usage journalier ; d’un ouvrage de longue haleine, que l’on peut suspendre et reprendre à volonté.
Jouer pièce à quelqu’un. Lui faire quelques méchans tours, quelqu’affront.
Il lui donnera la monnoie de sa pièce. Pour, il lui rendra injure pour injure ; mauvais traitement contre mauvais traitement.
Être près de ses pièces. Être mal dans ses affaires ; être dénué d’argent.
On lui a donné la pièce. Pour dire, on lui a donné une petite gratification, un pour-boire.

(Delvau, 1867) : s. m. Lentille, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Entière et Petit Monde.

(Rigaud, 1881) : Lentille, — dans le jargon des voleurs.

(La Rue, 1894) : Lentille.

Pièce (bonne)

(Rigaud, 1881) : Mauvais sujet ; par ironie.

Pièce (tuer une)

(Rigaud, 1881) : Abîmer une pièce, — dans le jargon des charpentiers.

Pièce à femmes

(Rigaud, 1881) : Exhibition de femmes sur un théâtre, dans une pièce où les mollets doivent avoir de l’esprit, les épaules de la finesse, et les yeux du jeu.

Pièce à tiroirs

(Delvau, 1867) : s. f. Drame à changements a vue, vaudeville à travestis. Argot des coulisses.

(Rigaud, 1881) : Pièce dans laquelle un acteur change plusieurs fois de rôle. Levassor excellait dans les pièces à tiroirs. Aujourd’hui c’est Brasseur qui a recueilli son héritage.

Pièce à trucs

(Rigaud, 1881) : Féerie, pièce où l’auteur s’efface devant le machiniste.

Pièce d’architecture

(Delvau, 1867) : s. f. Discours en prose ou pièce de vers, — dans l’argot des francs-maçons.

Pièce d’estomac

(Delvau, 1867) : s. f. Amant. — dans l’argot des filles. L’expression a plus d’un siècle.

Pièce d’été

(Delvau, 1867) : s. f. Vaudeville ou drame médiocre, — dans l’argot des comédiens, qui ne jouent leurs bonnes pièces que l’hiver.

Pièce de 4

(Merlin, 1888) : Seringue.

Pièce de bœuf

(Larchey, 1865) : « Grand article de pathos sur les choses du moment qui ouvre les colonnes de Paris. On l’appelle aussi la pièce de résistance. Un excellent journal qui ne servirait pas tous les jours à ses abonnés la pièce de bœuf ne serait pas sûr de réussir. » — 1826, Biog. des Journalistes. — On dit aujourd’hui tartine.

(Delvau, 1867) : s. f. Drame, comédie ou vaudeville où l’on a le plus de succès. Argot des coulisses. On dit aussi Rôle de bœuf.

(Delvau, 1867) : s. f. « Grand article de pathos sur les choses du moment qui ouvre les colonnes de Paris. » Argot des journalistes. On dit aussi Pièce de résistance.

Pièce de dix sous

(Delvau, 1867) : s. f. Le derrière du corps humain, — dans l’argot des troupiers. On dit aussi Double six.

(Virmaître, 1894) : Monnaie affectionnée par les pédérastes. Ils la préfèrent particulièrement quand elle est neuve (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Voir bocal.

(Hayard, 1907) : Anus.

Pièce de résistance

(Rigaud, 1881) : Premier Paris, article d’en-tête d’un journal, — dans le jargon des journalistes. — Le filet rôti, l’aloyau, la dinde, dans un dîner bourgeois.

Pièce de sept

(Fustier, 1889) : Individu corpulent.

Pièce de six liards

(Rossignol, 1901) : Voir bocal.

Pièce du milieu

(Delvau, 1864) : La nature de la femme, a laquelle l’homme se plaît a substituer son morceau.

Le dieu d’amour se pourrait peindre
Tout aussi grand qu’un autre dieu,
N’était qu’il lui suffit d’atteindre
Jusqu’à la pièce du milieu.

Regnier.

Elle sautait dans le lit sans craindre de montrer ses pièces.

D’Ourville.

Pièce du Pape, Pièce suisse

(Rigaud, 1881) : Femme de mauvaise mine. Les voyous employaient cette expression à l’époque où la convention monétaire n’existait pas entre la France et les États-Romains, entre la France et la Suisse. Les pièces du Pape et les pièces suisses étaient refusées.

Pièce grasse

(Merlin, 1888) : Sobriquet des cuisiniers en pied qui sont loin de briller par la propreté. La pièce grasse, proprement dite, est un morceau d’étoffe, imbibé d’huile et servant à l’entretien du flingot.

(Fustier, 1889) : Argot militaire. Cuisinier.

Pièces (coupeurs de)

(Rigaud, 1881) : « Leur métier consiste à abréger les mélodrames en vogue et les mettre à la portée des théâtres de marionnettes qui courent les foires. Cette mutilation se paye dix francs la pièce. » (Privat d’Anglemont.)

Pied

(d’Hautel, 1808) : Donnez un coup de pied jusqu’à cet endroit. Manière de parler métaphorique, pour engager quelqu’un à se transporter dans un lieu.
Il a un petit pied, mais les grands souliers lui vont bien. Se dit par raillerie d’une personne qui a le pied gros et mal fait, et qui a la prétention de se chausser en pied mignon.
Mettre les pieds dans le plat. Pour, ne plus garder de mesure ; casser les vitres.
J’en ai cent pieds par-dessus la tête. Pour, je suis dégoûté de cette affaire ; je donnerois volontiers tout au diable.
Il a trouvé chaussure à son pied. Pour dire, il a rencontré ce qu’il lui falloit ; et, dans un sens contraire, il a trouvé à qui parler ; quelqu’un qui lui a résisté.
Déferré des quatre pieds. Battu à plattes coutures.
Il se trouvera toujours sur ses pieds. Signifie qu’un homme industrieux et laborieux, quelque chose qui arrive, trouvera toujours de quoi subsister.
Il croit tenir Dieu par les pieds. Se dit pour exagérer le contentement de quelqu’un.
Il a eu un pied de nez. Se dit d’un homme qui a été trompé dans ses espérances ; qui a reçu quelque mortification.
La vache a bon pied. Pour dire qu’un plaideur est riche ; qu’il peut satisfaire aux frais d’un procès.
Elle n’a point de pieds. Se dit d’une chose que l’on attend, et qui n’arrive pas comme on le désire.
Tenir le pied sur la gorge à quelqu’un. Lui faire des propositions déraisonnables ; le tenir avec beaucoup de sévérité.
Il fait cela haut le pied. Pour, d’une manière supérieure, avec habileté, perfection.
Elle sèche sur pied. Se dit d’une personne consumée par le chagrin et la tristesse.
Il voudroit être à cent pieds sous terre. Se dit d’un homme qui est dégoûté de la vie ; qui mène une vie malheureuse.
C’est un pied d’Escaut, un pied plat, un pied poudreux. Se dit d’un misérable, d’un chevalier d’industrie, d’un homme obscur, sans moyens, sans fortune, et qui ne jouit d’aucune considération.
Chercher quelqu’un à pied et à cheval. Le chercher partout.
Faire rage de ses pieds tortus. Intriguer ; se donner beaucoup de mouvement pour la négociation d’une affaire.
Les petits pieds font mal aux grands. Se dit d’une femme qui se trouve souvent mal dans sa grossesse.
Quand on lui donne un pied, il en prend quatre. Se dit d’un homme entreprenant, qui abuse de la liberté qu’on lui a donnée.
Faire le pied de derrière. Saluer avec le pied ; faire des révérences à n’en plus finir.
Faire le pied de grue. C’est-à-dire, le soumis, l’hypocrite, le tartuffe ; s’humilier devant quelqu’un dont on veut tirer parti.
Faire le pied de veau. Flatter, caresser, cajoler quelqu’un qui est puissant ; lui marquer de l’obéissance, de la soumission.
Il ne faut pas lui marcher sur le pied. Se dit d’une personne susceptible qui se pique de la moindre des choses, et que l’on n’offense pas impunément.
Être en pied. Pour dire, être sur ses gardes ; être en mesure ; être en fonds ; être bien dans ses affaires.
Faire pieds neufs. Mettre un enfant au monde ; accoucher.
Mettre quelqu’un au pied du mur. Le réduire au silence ; le confondre ; le mettre hors d’état de répondre.
Au pied de la lettre. Pour dire, à proprement parler.
Des pieds de mouches. On appelle ainsi une écriture mal formée, difficile à lire.
Disputer sur des pieds de mouches. C’est-à dire, sur des bagatelles.
Mettre quelqu’un sur le bon pied. Le contraindre à faire son devoir.
Aller de son pied gaillard. Voyager lestement et sans frais.
Vous êtes encore sur vos pieds. Pour dire, vous êtes encore en état de faire ce qu’il vous plaira.

(Halbert, 1849) : Sol.

(Fustier, 1889) : Part. Ce à quoi on a droit.

Mon pied ! ou je casse ! Ma part ou je te dénonce.

(Humbert : Mon bagne.)

(La Rue, 1894) : Part. En avoir son pied. En avoir suffisamment.

(Hayard, 1907) : Partage.

Pied (avoir son)

(Rossignol, 1901) : Part, compte.

J’ai quatre atouts dans mon jeu, j’ai mon pied.

Pied (donner un coup de)

(Larchey, 1865) : Marcher vivement. — V. d’Hautel, 1808.

Je vais donner un coup de pied jusque dans les salons.

About.

Pied (en avoir son)

(Rigaud, 1881) : En avoir assez.

Pied (être)

(Rigaud, 1881) : Étaler sa bêtise, — dans le jargon des collégiens.

(La Rue, 1894) : Être bête (comme ses pieds).

Pied (ne pas se moucher du)

(Rigaud, 1881) : Être riche, être à son aise. — Faire bien les choses. Chez le peuple on se mouchait et l’on se mouche encore avec le mouchoir de ses cinq doigts ; on secoue le résultat et lorsqu’on est propre on l’essuie avec le pied. Celui qui ne se mouche pas du pied a donc le moyen d’acheter des mouchoirs, un luxe pour beaucoup de gens. L’expression est vieille. On la trouve dans les Turlupinades recueillies et réunies en une comédie par Adrien de Monluc, prince de Chabanois.

La fortune m’a tourné le dos, moy qui avais feu et lieu, pignon sur rue, et une fille belle comme le jour, que nous gardions à un homme qui ne se mouche pas du pied.

(La Comédie des Proverbes.)

Pied bleu

(Larchey, 1865) : Conscrit portant encore les guêtres bleues du paysan.

Le pied bleu ne prête pas longtemps à rire par sa gaucherie.

La Bédollière.

(Delvau, 1867) : s. m. Conscrit, — dans l’argot des troupiers.

Pied de banc

(Delvau, 1867) : s. m. Sergent, — dans le même argot [des troupiers].

(Merlin, 1888) : Sergent. Quatre pieds à un banc, quatre sergents dans une compagnie.

Pied de biche

(Halbert, 1849) : Outil de voleur casseur de portes.

(Virmaître, 1894) : Pince (Argot des voleurs). V. Monseigneur.

(Rossignol, 1901) : Sonnette. Se dit aussi d’une pièce en fer à l’usage des voleurs.

Pied de biche (faire le)

(La Rue, 1894) : Faire une collecte. Mendier à domicile.

Pied de biche (tirer le)

(Rossignol, 1901) : Mendier à domicile.

Pied de cochon

(Larchey, 1865) : Pistolet. — Allusion de forme.

(Delvau, 1867) : s. m. Pistolet.

Pied de Cochon

(Rigaud, 1881) : Pistolet.

Pied de cochon

(Fustier, 1889) : Farce, tromperie. Jouer un pied de cochon à quelqu’un, lui faire une plaisanterie d’un goût douteux.

Pied de Cochon (jouer un)

(Rigaud, 1881) : Mystifier.

Pied de con (un)

(Delvau, 1864) : Un con qui aurait la capacité d’engloutir un vit de douze pouces.

J’ croit ben qu’ la seul’ médecine
Qui pourrait m’guérir tout d’ bon
Et m’empêcher d’ fair’ baton,
Ce s’rait d’fair’ sombrer ma pine,
Capitain’, dans un pied d’con.

G. de la Landelle.

Pied de nez

(Clémens, 1840) : Fait, attrapé.

(Delvau, 1867) : s. m. Polissonnerie des gamins de Paris, que connaissaient déjà les gamins de Pompéi. Faire des pieds de nez à quelqu’un. Se moquer de lui. Avoir un pied de nez. Ne pas trouver ce qu’on cherche ; recevoir de la confusion d’une chose ou d’une personne.

(Delvau, 1867) : s. m. Pièce d’un sou, — dans l’argot des voyous.

(Rigaud, 1881) : Pièce d’un sou.

Pied de vit (un)

(Delvau, 1864) : Un membre de douze pouces. On vous en souhaite. — Va-t’en voir s’ils viennent !

— Alors, dit Cloris tout allègre,
Un pied de mouton au vinaigre
Est bon selon mon appétit.
Mais Charlotte ces mots rehausse :
— J’aime mieux un ton pied de vit ;
Il n’y faut point chercher de sauce.

(Épigramme sur les appétits de quelques dames.)

Sans-bruit, accourez à moi ;
Avec un bon pied-de-roi,
Tous serez tôt secourue.

(Variétés hist. et littér.)

Pied droit (partir du)

(Merlin, 1888) : Contrairement aux principes. Lors de sa libération, le militaire se promet de partir du pied droit de la caserne, c’est-à-dire en narguant cette discipline qui lui est à charge.

Pied-de-biche, charlotte

(La Rue, 1894) : Pince d’effraction.

Pied-de-cochon

(La Rue, 1894) : Pistolet. Mauvais tour que l’on joue à quelqu’un avant de se sauver.

Pied-plat

(Delvau, 1867) : s. m. Homme du peuple ; goujat, — dans l’argot des bourgeois, qui s’imaginent peut-être avoir le fameux cou-de-pied à propos duquel lady Stanhope fit à Lamartine ces prophéties de grandeurs que devait réaliser en partie la révolution de Février.

(La Rue, 1894) : Goujat.

Pieds (avoir avalé ses)

(Rigaud, 1881) : Avoir l’haleine fétide.

Pieds (où mets-tu tes)

(Fustier, 1889) : Locution militaire voulant dire : De quoi te mêles-tu ?

Pieds (se tirer des)

(Rigaud, 1881) : Se sauver, quitter un lieu, une société.

(Merlin, 1888) : S’évader, s’échapper, fuir.

Pieds à dormir debout

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Pieds plats et spatulés. — dans l’argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Pieds longs et larges.

Pieds attachés ou gelés (avoir les)

(La Rue, 1894) : Ne pas pouvoir ou ne pas vouloir faire une chose commandée ou désirée.

Pieds blancs

(Merlin, 1888) : Fantassins. Allusion à leurs guêtres.

Pieds dans le dos (avoir les)

(La Rue, 1894) : Être suivi par les gendarmes.

Pieds dans le plat (mettre les)

(Rigaud, 1881) : Ne plus garder aucune espèce de ménagements.

Pieds de châlits (avoir les)

(Rigaud, 1881) : Être minutieux ; ne rien laisser traîner, — dans le jargon des troupiers.

Pieds de mouche

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Notes d’un livre, ordinairement imprimés en caractères minuscules, — dans l’argot des typographes. Et, à ce propos, qu’on me permette de rappeler le quiproquo dont les bibliophiles ont été victimes. On avait attribué à Jamet l’aîné, bibliographe, un livre en 6 vol. in-8o, intitulé : Les Pieds de mouche, ou les Nouvelles Noces de Rabelais (V. la France littéraire de 1769). Or, savez-vous, lecteur, ce que c’était que ces nouvelles noces de maître Alcofribas Nasier ? C’étaient les notes — en argot de typographes, pieds de mouche — qui se trouvent dans l’édition de Rabelais de 1732, en 6 vol. pet. in-8o. Faute d’impression au premier abord, et plus tard ânerie dont eût ri François Rabelais à ventre déboutonné.

Pieds de Philoctète

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Pieds fâcheusement sudateurs, — dans l’argot des gens de lettres, qui font allusion à l’empoisonnement de l’île de Lemnos par l’exécuteur testamentaire d’Hercule. Avoir avalé le pied de Philoctète. Avoir une haleine digne du pied du fils de Pœan.

Pieds en avant (sortir les)

(Rigaud, 1881) : Sortir de chez soi dans un cercueil.

Il arriva donc à la maison de Jeoffrin et monta dans la chambre d’où la trépassée ne devait plus sortir que les pieds en avant.

(Hennique.)

Pieds funiculés (avoir les)

(Virmaître, 1894) : Refuser de marcher. Allusion au funiculaire de Belleville qui marche quand il veut (Argot du peuple). N.

Pieds nattés (avoir les)

(Rigaud, 1881) : Ne pas avoir l’intention ou la possibilité de sortir. — Ne pas être disposé à danser, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Alors, comme ça, Mam’zelle a les pieds nattés ?

Pieds-de-biches (polisseur de)

(Hayard, 1907) : Mendiant à domicile.

Pier

(Rigaud, 1881) : Boire, — dans l’ancien argot ; d’où sont venus pionner et pictonner.

Pierre

(d’Hautel, 1808) : Jeter des pierres dans le jardin de quelqu’un. Faire devant lui des reproches qu’il ne peut s’empêcher de s’attribuer.
Du vin à fendre les pierres. Hyperbole, pour dire, que du vin est spiritueux, excellent.
La pierre en est jetée. Pour, il n’est plus temps de changer de résolution : parodie du proverbe latin, alea jacta est.
Trouver des pierres en son chemin.
Pour dire des obstacles, des empêchemens à ce qu’on a dessein de faire.
Une pierre de scandale. Personne ou action qui porte au scandale.
Il ne trouvera pas la pierre philosophale. Se dit par raillerie d’un homme peu intelligent, sans pénétration, et qui fait le bel esprit.

Pierre à affuter

(Virmaître, 1894) : Le pain. En le coupant, cela n’affûte pourtant pas le couteau, mais c’est une allusion au va et vient du couteau sur la pierre à repasser, quand le rémouleur lui donne le fil, ou quand le boucher l’aiguise sur son fusil (Argot du peuple).

Pierre à affûter

(Delvau, 1867) : s. f. Le pain, — dans l’argot des bouchers.

(Rigaud, 1881) : Pain, — dans le jargon des bouchers, et pierre brute, — dans celui des francs-maçons.

(La Rue, 1894) : Pain.

(Rossignol, 1901) : Le pain.

Pierre à décatir

(Delvau, 1867) : s. f. Farce des tailleurs à l’usage de tout nouveau. C’est leur huile de cottrets.

Pierre blanche

(Fustier, 1889) : Échafaud. Guillotine. Allusion aux pierres blanches qui se voient encore sur la place de la Roquette et sur lesquelles reposaient autrefois les montants de la guillotine.

Je sais ce qui m’attend, les trois pierres blanches ou la perpett.

(Gazette des Tribunaux, août 1883.)

Pierre brute

(Delvau, 1867) : s. f. Pain, — dans l’argot des francs-maçons. Ils disent aussi Manne.

Pierre de touche

(Delvau, 1867) : s. f. Confrontation, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Confrontation.

(La Rue, 1894) : Confrontation.

Pierre nu-tête

(Rossignol, 1901) : Voir bogue.

Pierrette

(Rigaud, 1881) : Femelle du pierrot, personnage de carnaval.

Une Pierrette qui se respecte, vois-tu, n’a jamais qu’un pierrot. — À la fois.

(Gavarni.)

Pierreuse

(d’Hautel, 1808) : Prostituée, vile courtisane, raccrocheuse dans le plus bas degré. Ce sobriquet a été donné à ces femmes parce qu’elles font ordinairement leur honteux commerce dans les lieux où l’on bâtit, et où il y a un grand nombre de pierres.

(Larchey, 1865) : « Prostituée qui, même dans sa sphère de turpitudes, est tombée au plus bas degré de l’abjection… elle cherche toujours les ténèbres… Derrière des monceaux de démolition, des tas de pierres, des restes d’édifices en ruines, elle traque l’homme que le hasard amène. » — F. Béraud. — V. d’Hautel, 1808.

(Delvau, 1867) : s. f. Fille ou femme qui, dit F. Béraud, même dans sa sphère de turpitudes, est tombée au plus bas degré de l’abjection. Son nom lui vient de ce qu’elle exerce dans les lieux déserts, derrière des monceaux de démolition, etc.

(Rigaud, 1881) : Misérable prostituée qui rôdaille autour des maisons en construction, aux abords des terrains vagues, sans feu ni lieu, et n’a pour alcôve qu’un amas de graviers. — La pierreuse est souvent doublée d’un macrotin qui se tient à distance et surgit à l’improviste, lorsque le moment de dévaliser le client paraît propice.

(La Rue, 1894) : Prostituée errante.

(Virmaître, 1894) : Fille publique qui bat son quart dans les terrains vagues, où il se trouve plus de cailloux que d’herbe (Argot des souteneurs).

(Hayard, 1907) : Fille publique.

Pierrot

(Larchey, 1865) : Collerette à grands plis comme celle du pierrot des Funambules.

Mme Pochard a vu les doigts mignons d’Anne aplatir sur son corsage les mille plis d’un pierrot taillé dans le dernier goût.

Ricard, 1820.

(Larchey, 1865) : Niais. — Même allusion funambulesque.

Le valet de cantine se fait rincer l’bec par les pierrots.

Wado, Chansons.

(Delvau, 1867) : s. m. Vin blanc, — dans l’argot des faubouriens. Asphyxier le pierrot. Boire un canon de vin blanc.

(Delvau, 1867) : s. m. Collerette à larges plis, du genre de celle que Debureau a rendue classique.

(Delvau, 1867) : s. m. Couche de savon appliquée à l’aide du blaireau sur la figure de quelqu’un, — dans l’argot des coiffeurs, qui emploient ce moyen pour débarbouiller un peu leurs pratiques malpropres, auxquelles ils veulent éviter le masque de crasse que laisserait le passage du rasoir. Le pierrot n’est en usage que dans les faubourgs, où la propreté est une sainte que l’on ne fête pas souvent.

(Rigaud, 1881) : Le mâle de la pierrette, personnage de carnaval.

(Rigaud, 1881) : Au bout d’une année de présence sous les drapeaux, de « bleu » qu’il était, le soldat reçoit le sobriquet de pierrot, qu’il conservera jusqu’à la quatrième année, époque à laquelle il obtient le surnom de « la classe ».

(Merlin, 1888) : Terme injurieux et méprisant ; épithête donnée au mauvais soldat.

(Fustier, 1889) : Argot d’école. Dans les écoles d’arts et métiers on désigne ainsi l’élève de première année.

Les anciens ont tous démissionné. Nous ne sommes plus que des pierrots et des conscrits.

(Univers, 1886.)

Pierrot !

(Delvau, 1867) : Terme de mépris, fréquemment employé par les ouvriers, et qui sert de prologue à beaucoup de rixes, — celui qui est traité de pierrot voulant prouver qu’il a la pince d’un aigle. Les femmes légères emploient aussi ce mot, — mais dans un sens diamétralement opposé au précédent.

Pierrot (un)

(Rigaud, 1881) : Un verre de vin blanc.

Piétiner

(d’Hautel, 1808) : Frapper des pieds contre terre, comme le font ordinairement les enfans quand ils sont en colère.

Piètre

(d’Hautel, 1808) : Mesquin, chétif, triste, abattu, harrassé ; tout ce qui est d’une qualité ou d’une condition médiocre.

(Clémens, 1840) : Jeannot, niais, dont se servent les tireurs de cartes.

(Rigaud, 1881) : Ancien sujet de la Cour des Miracles. Le piètre jouait le rôle de faux boiteux dans la grande comédie des infirmités pour rire. On dit encore en Basse-Normandie piètre, pour boiteux.

(La Rue, 1894) : Compère des tireurs de cartes. Faux estropié.

Piétrerie

(d’Hautel, 1808) : Lâdrerie, mesquinerie, chose vile et méprisable. Le peuple dit par corruption pieutre, pieutrerie.

Piètres

(anon., 1827) : Estropiés.

(Bras-de-Fer, 1829) : Estropiés.

Pieu

(d’Hautel, 1808) : Roide comme un pieu. Se dit d’une personne qui a de la roideur dans son maintien, dans ses manières, entièrement dépourvue de graces.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Lit.

(M.D., 1844) : Un lit.

(un détenu, 1846) : Lit.

(Halbert, 1849) : Lit.

(Larchey, 1865) : Lit. — Allusion à la dureté des lits de bagne, de prison et de corps-de-garde.

On peut enquiller par la venterne de la cambriolle de la larbine qui n’y pionce quelpoique, elle roupille dans le pieu du raze.

(Vidocq).

(Delvau, 1867) : s. m. Lit, couchette, — dans l’argot des faubouriens. Aller au pieu. Aller se coucher. Se coller dans le pieu. Se coucher. Être en route pour le pieu. S’endormir.

(Rigaud, 1881) : Lit ; barre ; traverse. — Rivé au pieu, passionnément épris d’une fille, d’une femme galante ; c’est-à-dire rivé au lit.

Ce mot terrible, dont l’argot a baptisé le lit des sales amours.

(Ed. et J. de Goncourt, Le Vieux Monsieur.)

(Merlin, 1888) : Lit. — Le lit militaire n’a, en effet, rien à envier à la dureté du pieu.

(La Rue, 1894) : Lit.

(Virmaître, 1894) : Le lit. Se fourrer au pieu. Se coller dans le pieu. Allusion à ce que l’on s’y enfonce comme le pieu s’enfonce dans la terre (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Lit.

(Hayard, 1907) : Lit.

Pieu (le)

(Delvau, 1864) : Le membre viril — qu’où enfonce dans ce terrain mouvant qu’on appelle le vagin de la femme.

Jamais mon pieu ne ballotte,
Et sitôt qu’je l’ pousse d’un bord,
Crac ! il se dress’ comme un r’ssort.

G. de la Landelle.

Pieuter

(Rossignol, 1901) : Se coucher.

Pieuvre

(Delvau, 1867) : s. f. Petite dame, femme entretenue, — dans l’argot des gens de lettres, qui disent cela depuis l’apparition des Travailleurs de la mer, où V. Hugo décrit si magistralement le combat de Giliatt contre un poulpe monstrueux. L’analogie est heureuse : jamais les drôlesses n’ont été plus énergiquement caractérisées.

(Rigaud, 1881) : Femme galante. Ainsi désignée en 1866, en souvenir de la pieuvre des Travailleurs de la mer de V. Hugo.

Pieuvrisme

(Delvau, 1867) : s. m. Métier de fille, corruption galante, commerce d’amour.

Pieux

(d’Hautel, 1808) : Mot équivoque et satirique qui signifie qu’une personne sue des pieds, qu’elle exhale une mauvaise odeur.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique