AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre


Facebook

Share

Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

N

N, i, ni, c’est fini !

(Delvau, 1867) : Formule qu’on emploie — dans l’argot des grisettes et du peuple — pour faire mieux comprendre l’irrévocabilité d’une rupture, l’irrémédiabilité d’un dénouement, en amour, en amitié ou en affaires.

N’avoir ni cul ni tétons, comme la poupée de Jeanneton

(Delvau, 1864) : Se dit d’une femme maigre, qui n’a ni gorge ni fesses, — l’envers de la Vénus Callipyge.

N’en jetez plus, la cour est pleine

(Virmaître, 1894) : De 1848 à 1860, il exista un homme mystérieux qui chantait dans les cours ; son élégance et sa distinction l’avait fait surnommer le marquis. Avec une voix très agréable, il chantait le répertoire de Désaugiers. Aussitôt qu’il arrivait, les sous commençaient à pleuvoir drus comme grêle, il s’arrêtait avant d’entamer une nouvelle chanson et criait :

— N’en jetez plus, la cour est pleine.

L’expression est restée comme synonyme de : j’en ai assez (Argot du peuple). N.

N’être pas de marbre, ou de pierre

(Delvau, 1864) : Se dit pour s’excuser de bander devant une belle fille — qui, au contraire, souhaiterait que l’homme fût toujours de marbre ou de pierre.

Lindor n’était pas de pierre,
Il s’enflamma tout à coup
Il aida la peur beaucoup !
Quel coup ! ah ! quel coup ! quel coup !
Quel heureux coup de tonnerre !

Collé.

Na !

(Delvau, 1867) : Exclamation boudeuse de l’argot des enfants, qui remploient au lieu de Là !

Nabab

(Delvau, 1867) : s. m. Homme immensément riche, — qu’il soit ou non gouverneur dans l’Inde. Argot des bourgeois.

Nabot

(Delvau, 1867) : s. et adj. Homme de petite taille, nain, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Nabotin. Nabote. Naine. Je n’ai jamais entendu dire Nabotine.

Nabot, nabotin

(d’Hautel, 1808) : Termes de raillerie. Homme d’une très-petite taille, qui est presque nain.

Nagant (du)

(M.D., 1844) : Du poisson.

Nage

(d’Hautel, 1808) : Être en nage. Pour, être trempé de sueur, avoir une transpiration abondante.
Avoir de tout à nage pataud. C’est-à-dire, en abondance ; à bouche que veux-tu.
Il va à nage pataud. Se dit en plaisantant d’un homme qui est tombé dans l’eau, et qui fait des efforts pour s’en retirer.

Nageant, Nageoir

(Rigaud, 1881) : Poisson, — dans le jargon des voleurs.

Nageant, nageoir

(La Rue, 1894) : Poisson.

Nageoir

(Larchey, 1865) : Poisson (Vidocq).

(Delvau, 1867) : s. m. Poisson, — dans l’argot des voleurs.

Nageoire

(Larchey, 1865) : Favori large s’écartant de la joue comme une nageoire de poisson.

L’ampleur de ses favoris qu’il persiste à appeler des nageoires.

M. Saint-Hilaire.

Nageoires

(Delvau, 1867) : s. f. pl. Favoris, — dans l’argot des faubouriens.

(Delvau, 1867) : s. f. pl. Les bras, — dans l’argot des voyous qui voient des poissons partout. Les voyous anglais ont la même expression : Fin.

(Rigaud, 1881) : Bras, mains, en parlant des bras, des mains d’un souteneur, — dans le jargon des voyous. — À bas les nageoires !

(Rigaud, 1881) : Larges favoris, favoris en côtelette.

(La Rue, 1894) : Favoris larges. Les bras.

Naïf

(d’Hautel, 1808) : Nom équivoque et satirique que les ouvriers donnent à leurs maîtres.
Voici le naïf. Pour dire le maître, le bourgeois, le chef, etc.
C’est un naïf qui ne se mouche pas du pied. Pour dire, un homme avec lequel il ne faut pas plaisanter, qui n’entend pas raillerie.

(Boutmy, 1883) : s. m. Patron. Le vieux pressier resta seul dans l’imprimerie dont le maître, autrement dit le naïf, venait de mourir. (Balzac.) N’est plus guère usité ; aujourd’hui on dit le patron.

Nanan

(d’Hautel, 1808) : Mot d’enfant. Friandise, sucrerie.

(Delvau, 1864) : L’acte vénérien et la jouissance qui en est le résultat, — la plus exquise des friandises, la plus savoureuse de toutes les jouissances.

Mais avec ceux que la victoire
A trahis, fais-le gratuitement ;
Rendre service aux fils de la gloire,
C’est du nanan.

E. Debraux.

(Delvau, 1867) : s. m. Friandise, gâteau, — dans l’argot des enfants, qui disent cela de tout ce qui excite leur convoitise.

(Delvau, 1867) : s. m. Chose exquise, curieuse, rare, — dans l’argot des grandes personnes. C’est du nanan ! C’est un elzévir, ou un manuscrit de Rabelais, ou une anecdote scandaleuse, ou n’importe quoi alléchant.

Nap

(La Rue, 1894) : Pièce de 20 francs.

Nappe

(d’Hautel, 1808) : Il a trouvé la nappe mise. Se dit d’un homme sans fortune qui a épousé une demoiselle très-riche.

Naquer du fla

(Rossignol, 1901) : Flasquer. Voir ce mot.

Naquet

(d’Hautel, 1808) : Valet de pied, laquais.

Naqueter

(d’Hautel, 1808) : Attendre servilement à la porte de quelqu’un ; servir les grands, leur faire humblement la cour.

(Hayard, 1907) : Attendre.

Nargue

(d’Hautel, 1808) : On dit qu’une chose fait nargue à une autre, pour exprimer qu’elle lui est bien supérieure, qu’elle l’emporte de beaucoup.

Narquin, narquois

(La Rue, 1894) : Soldat déserteur.

Narquois

(d’Hautel, 1808) : Pour, fin, subtil, rusé, adroit, trompeur.
Parler narquois. Parler un langage qui n’est compris que de ceux qui sont d’intelligence ensemble pour tromper quelqu’un.

(anon., 1827) : Soldat mendiant.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Mauvais soldat.

(Bras-de-Fer, 1829) : Soldat mendiant.

(Halbert, 1849) : Soldat.

(Rigaud, 1881) : Mendiants, voleurs, anciens soldats adonnés à la mendicité, à l’époque de la Cour des Miracles. — Les narquois ont beaucoup contribué à la formation de l’argot. Parler narquois, c’était parler argot, parler la langue des gueux.

Narré

(Delvau, 1867) : s. m. Racontage ennuyeux, bavardage insipide. Faire des narrés. Faire des cancans.

Nasarde

(d’Hautel, 1808) : Chiquenaude. Un homme à nasarde. Pour dire, un sot, un niais, un badaud dont on peut se jouer, se moquer impunément.

Nasaret

(d’Hautel, 1808) : Pour nez. Il a reçu un bon coup sur le nasaret. Pour dire sur le nez.

Nase

(Delvau, 1867) : s. m. Nez, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se doutent pas qu’ils parlent latin comme Ovide-Nason, et français comme Brantôme.

Naser

(un détenu, 1846) : Avoir quelqu’un au nez, détester, abhorrer.

(Delvau, 1867) : v. a. et n. Avoir quelqu’un dans le nez.

Nasse

(d’Hautel, 1808) : Il est dans la nasse. Pour dire dans l’embarras.

Naturalibus

(d’Hautel, 1808) : Il étoit in naturalibus. Pour, il étoit nu, sans chemise ; se dit aussi par mépris en parlant d’un gueux revêtu, qui ne se montre pas digne des faveurs, ou des bienfaits qui l’ont élevé.

Naturalibus (in)

(Larchey, 1865) : Dans l’état de nature, nu.

Mon Joseph eut avec elle un tête-à-tête in naturalibus.

Beaufort, Elle et Moi, Troyes, an VIII.

L’autre regardant à l’horizon in naturalibus.

Commerson.

Naturalisme

(Rigaud, 1881) : Nouvelle couche de littérateurs qui sont en train de fonder le musée Dupuytren de la syphilis morale, en s’attachant à faire ressortir dans leurs œuvres les côtés monstrueux et ignobles de la nature humaine.

Naturaliste

(Rigaud, 1881) : Romancier qui fait dans le naturalisme.

Le centre de l’art se déplace. Il est vrai que nous avons une école nouvelle : celle des impressionnistes, qui dominera prochainement la république des arts, comme les naturalistes la république des lettres.

(Robert Mitchell, Chambre des députés, 18 mai 1880.)

Nature

(d’Hautel, 1808) : Faire les cinq sens de nature pour quelque chose. Se donner beaucoup de soins et de tourment pour en assurer le succès.

(d’Hautel, 1808) : Nourriture passe nature. Pour dire que l’éducation change le naturel de l’homme.

(Rigaud, 1881) : Naturel. — Comme c’est nature ! — Bifteck nature, bifteck au naturel, — dans le jargon des restaurateurs.

Nature (être)

(Delvau, 1867) : Être vrai comme la nature, — dans l’argot du peuple, qui dit cela à propos des gens et des choses.

Nature (faire)

(Delvau, 1867) : v. n. Peindre avec exactitude, — dans l’argot des artistes, qui savent que l’Art consiste précisément à ne pas faire nature.

Nature de l’homme (la)

(Delvau, 1864) : La pine — qui est le pendant de la nature de la femme.

Aux petits des oiseaux, Dieu
Sonne, dit-on, la pâture :
Sa bonté devrait un peu
S’étendre sur ma nature.

Altaroche.

Nature de la femme (la)

(Delvau, 1864) : Messire le Con, qui, comme son seigneur et maître le vit, ne manque pas de prénoms. Ainsi : L’abricot fendu, l’affaire, l’angora, l’anneau d’Hans Carvel, l’atelier, l’autel de Vénus, l’avec, la bague, le baquet, le bas, les basses marches, le bassin, le bénitier, le bijou, le bissac, la blouse, le bonnet a poil, le bonnet de grenadier, la bouche d’en bas, la bourse à vit, la boutique, le brasier, la brèche, le cabinet, le cadran, la cage, le calendrier, le calibistri, le calibre, le cas, la cave, la caverne, ça, le Céleste-Empire, le centre, le champ, le chandelier, le chapeau, le chat, le chaudron, le chemin du paradis, la cheminée, le chose, la cité d’amour, le clapier, le cœur, la coiffe, le combien, le concon, le connin, le connusse, le conneau, le cornichon, le conil, la coquille, le corridor d’amour, la crevasse, le dédale, le devant, la divine ouverture, l’écoutille, l’écrevisse, l’empire du Milieu, l’entonnoir, l’entremise, l’entre-deux, l’entresol, l’éteignoir, l’éternelle cicatrice, l’étoffe a faire la pauvreté, l’étui, la fondasse, la fente, la figue, le formulaire, le fruit d’amour, le golfe, la guérite, le harnois, le hérisson, l’hiatus divin, l’histoire, le jardin d’amour, la lampe amoureuse, la lampe merveilleuse, la lanterne, la latrine (un vieux cor.), le machin, le mal joint, la marchandise, messire Noc, le mirliton, le mortier, le moule a pine, le moulin-à-eau, la moniclie, le noir, l’objet, les Pays-Bas, le petit lapin, Quoniam bonus, le réduit, le salon du plaisir, le Sénégal, la serrure, le tabernacle, le temple de Cypris, la tirelire, le trou chéri, le trou de service, le trou madame, le trou mignon, le trou par où la femme pisse, le trou velu, le vagin, etc., etc.

La risée des femmes fut grande, quand ils virent la femme de Landrin lui montrer sa nature.

P. de Larivey.

Et je crois que votre nature
Est si étroite à l’embouchure,
Qu’on n’y pourrait mettre deux doigts.

Théophile.

Passant les doigts entre les poils qui sont dessus la motte, laquelle il empoigna aussi, faisant par ce moyen entr’ouvrir la fente de ma nature.

Mililot.

Mais le monstre, avec joie inspectant ma nature,
Semblait chercher comment et de quelle façon
J’allais être foutue ; en cul, con ou téton :
Qu’il regardait déjà comme étant sa pâture.

Louis Protat.

Nautonier

(Delvau, 1867) : s. m. Pilote, — dans l’argot des académiciens. Ils disent aussi Nocher.

Navarin

(Delvau, 1867) : s. m. Navet, — dans l’argot des voleurs.

(Delvau, 1867) : s. m. Ragoût de mouton, de pommes de terre et de navets, — dans l’argot des restaurants du boulevard. C’est un nom nouveau donné à un mets connu depuis longtemps.

(Rigaud, 1881) : Navet. — Ragoût de mouton aux pommes. C’est le vulgaire haricot de mouton appelé pompeusement « navarin » par les restaurateurs des boulevards.

(Fustier, 1889) : « L’étalier connaît les clients, leur mesure les égards et vend aux pauvres le navarin, c’est-à-dire les rognures, les balayures de l’étal, à raison de dix sous la livre.

(L’Esclave ivre, no 3.)

Navarin, Navet

(La Rue, 1894) : Ragoût.

Navet

(Delvau, 1867) : s. m. Flatuosité sonore, — dans l’argot du peuple, qui l’attribue ordinairement au Brassica napus, quoiqu’elle ait souvent une autre cause.

(Rigaud, 1881) : Cafard au petit pied ; escobar domestique.

(La Rue, 1894) : Dupe, pigeon.

Navets

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Jambes ou bras trop ronds, sans musculature apparente, — dans l’argot des artistes.

Navets (des)

(Larchey, 1865) : Non.

Est-ce que j’en suis ? — Toi, mon bonhomme, beaucoup de navets !

Montépin.

M’exposer à Saint-Lazare pour ça… Des navets !

Jaime.

Navets (des) !

(Delvau, 1867) : Exclamation de l’argot des faubouriens, qui l’emploient toutes les fois qu’ils ont à dire catégoriquement non.

(Rigaud, 1881) : Non, jamais. Terme de refus dans le jargon des voyous qui disent également : des nèfles !

Ohé ! les gendarmes, ohé ! des navets !

(H. Monnier, Scènes pop.)

Navette

(d’Hautel, 1808) : Cela fait la navette. Pour dire va et vient.
La langue lui va comme la navette d’un tisserand. Se dit d’un babillard, d’un grand parleur.

(Delvau, 1864) : Le membre viril, que les femmes font aller et venir entre leurs doigts, et qui sert à filer la trame de la vie humaine.

D’un vieux je tenais la navette,
La sonde en main et la cuvette.

(Chanson)

Nayer

(Delvau, 1867) : v. a. Noyer, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Rabelais : « Zalas ! mes amis, mes frères, je naye ! » s’écrie le couard Panurge durant la tempête.

Naz

(Virmaître, 1894) : Nez. On dit aussi nase. C’est certainement une abréviation de naseau (Argot du peuple).

Naz, Nase

(Hayard, 1907) : Nez.

Nazareth

(Delvau, 1867) : s. m. Nez, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Nazicot.

Naze

(Rigaud, 1881) : Nez. — Figure. — Derrière. Telles ont été les diverses significations de ce mot. — Aujourd’hui naze n’est plus employé que dans le sens de nez, ainsi que ses dérivés : nazicot, nazaret. Naze est emprunté au provençal.

(La Rue, 1894) : Nez.

(Rossignol, 1901) : Nez.

Nazé

(M.D., 1844) : Avoir en horreur.

Naze, nazicot, nazaret

(Larchey, 1865) : Nez. — Mot de langue romande. V. Dariole.

Nazer

(La Rue, 1894) : Haïr.

Nazi

(Rigaud, 1881) : Maladie vénérienne, — dans le jargon des voleurs et des voyous qui ont été plus d’une fois témoins de cas de syphilis tuberculeuse, durant leur séjour à l’hôpital du Midi.

Nazi ou Nazikoff

(Rossignol, 1901) : Voir plombé.

Nazillé

(Rossignol, 1901) : Il existe un rondeau sur l’hôpital du Midi dont voici un fragment :

À la chapelle
Soyez fidèles,
Faut prier Dieu, nous dit M. l’curé,
Afin que les belles
Restent pucelles
Et qu’à l’avenir il n’y ait plus de nazillés.

Nazonant

(anon., 1827) : Le nez.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Le nez.

Nazonnant

(Bras-de-Fer, 1829) : Nez.

Nazonnaut

(Halbert, 1849) : Nez.

Né coiffé (être)

(Delvau, 1864) : C’est-à-dire : être né pour être cocu, comme tant d’autres, ou pour avoir tous les bonheurs.

Il a une chance de cocu.

(Vieux dicton.)

De ma vive et juste colère
Pour avoir ainsi triomphé,
Il faut, en vérité, ma chère.
Que votre époux soit né coiffé.

Ér. Jourdan.

Ne faire que des blagues

(Larchey, 1865) : Faire des œuvres de peu de valeur. L’étymologie du mot est incertaine. d’Hautel (1808) admet les mots blaguer et blagueur avec le triple sens de railler, mentir, tenir des discours dénués de sens commun. — Cet exemple, des plus anciens que nous ayions trouvés, ne prend blague qu’en mauvaise part. On en trouverait peut-être la racine dans le mot blaque qui désignait, du temps de ménage, les hommes de mauvaise foi (V. son dictionnaire). — M. Littré, qui relègue blague et blaguer parmi les termes du plus bas langage, donne une étymologie gaëlique beaucoup plus ancienne blagh souffler, se vanter.

Ne pas attacher son chien avec des saucisses

(Virmaître, 1894) : Avare. C’est une expression très populaire, superlatif de chien, grippe-sous. On ne peut rien dire plus d’un homme (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Être avare.

Ne pas marcher

(Rossignol, 1901) : Ne pas croire, ne pas vouloir. « Il voulait m’entraîner dans une mauvaise affaire, mais je n’ai pas marché, j’ai les pieds nickelés. » — « On m a dit une telle chose, mais je n’en crois rien, je ne marche pas. »

Ne pas se donner de coups de pied

(Larchey, 1865) : Se vanter.

Ne pas se moucher du pied

(Larchey, 1865) : Agir grandement. — Mot à mot : en personne qui sait vivre et non comme le voyou qui se mouche dans ses doigts, pour effacer avec le pied la trace de la déjection qu’il a rejetée a terre.

Mais c’est des artistes… qui ne se mouchent pas du pied.

Désaugiers.

Ce petit vin colorié Ne se mouche pas du pié.

J. Moineaux.

Quoi ! ton amour contrefait déjà l’estropié. Crois-tu que je sois femme à me moucher du pié.

Le Rapatriage, parade, dix-huitième siècle.

(Larchey, 1865) : Voir Moucher. — En 1808, on disait dans le même sens : Ne pas se moucher sur sa manche.

Ne pas valoir le coup

(Rossignol, 1901) : Se dit d’une chose qui ne vaut pas la peine que l’on se dérange. Cinquante francs de bénéfice dans cette affaire, ça ne valait pas le coup. Une vilaine femme ne vaut pas le coup.

Ne rien avoir dans le fusil

(Virmaître, 1894) : Avoir le ventre vide. L’allusion est facile à saisir : J’sens l’paquet d’tripes qui s’cavale. (Argot du peuple).

Nécessaire

(d’Hautel, 1808) : La femme est un mal nécessaire. Pour dire, que quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, il est impossible à l’homme de s’en passer.
Ce n’est pas nécessaire au salut. Pour, ce n’est pas indispensable ; on peut s’en passer.

Nécessité

(d’Hautel, 1808) : Il faut faire de nécessité vertu. Pour, il faut faire de bonne volonté ce que l’on seroit obligé de faire de force ; il faut se résoudre à son mauvais destin sans murmurer.

Nèfle

(d’Hautel, 1808) : Avec le temps et la paille, les nèfles mûrissent. Pour, il faut de la patience et de la constance pour exécuter ce que l’on entreprend, quand on ne veut pas faire de mauvais ouvrage.

Nèfles (des)

(Larchey, 1865) : Même signification.

Souper avec vous, des nèfles ! Les panés, il n’en faut pas.

Les Cocottes, 1864.

(Rossignol, 1901) : Chose sur laquelle l’on compte et que l’on n’aura pas.

Si tu comptes dessus, c’est comme des nèfles, tu ne l’auras pas.

On dit aussi des dattes.

Nèfles (des) !

(Delvau, 1867) : Non, — dans l’argot des faubouriens. On dit plus élégamment : Ah ! des nèfles !

Neg au petit croch

(Virmaître, 1894) : Chiffonnier. Neg est une abréviation de négociant, et croch de crochet, outil indispensable aux chiffonniers (Argot du peuple).

Neg au petit croche

(Rigaud, 1881) : Chiffonnier. Mot à mot : négociant au petit crochet.

Négligé

(d’Hautel, 1808) : Il est dans son négligé malpropre. Se dit par raillerie d’un homme sale et mal vêtu.

Négociant

(Larchey, 1865) : « Allons nous promener, faisons les négociants. — Terme suprême du matelot pour exprimer un homme qui n’a rien à faire. » — Phys. du Matelot, 1843.

(Delvau, 1867) : s. m. Bourgeois, homme à son aise, — dans l’argot des matelots, qui ne connaissent pas de position sociale plus enviable.

Négociant au petit crochet

(Delvau, 1867) : s. m. Chiffonnier, — dans l’argot des faubouriens.

Négociant en viande chaude

(Fustier, 1889) : Souteneur.

Nègre

(d’Hautel, 1808) : Traiter quelqu’un comme un nègre. Le traiter d’une manière très-rigoureuse ; le maltraiter.

(Virmaître, 1894) : Heure de minuit, à laquelle l’obscurité est la plus profonde (Argot des voleurs).

Nègre blanc

(Delvau, 1867) : s. m. Remplaçant militaire, — dans l’argot des voleurs ; ouvrier, — dans l’argot du peuple.

Négresse

(Halbert, 1849) : Ballot recouvert de toile cirée.

(Larchey, 1865) : Paquet couvert de toile cirée (Vidocq, 1837). — La toile est noire.

(Larchey, 1865) : Punaise.

Je sentis bien, quand nous étions couchés, Qu’i ne manquait pas de négresses, Et même de grenadiers.

Lecart, Ch., 1851.

Allusion à la couleur foncée de la punaise. Quant aux grenadiers, qui représentent les poux de la plus forte taille, il faut se rappeler qu’on appelle grenadiers des soldats d’élite et garnison la vermine qui couvre une tête. Les gros poux sont donc les grenadiers de la garnison.

(Delvau, 1867) : s. f. Toile cirée, — dans l’argot des voyous.

(Delvau, 1867) : s. f. Litre ou bouteille de vin, — dans l’argot des faubouriens. Étouffer ou Éventrer une négresse. Boire une bouteille. On dit aussi Éternuer sur une négresse.

(Delvau, 1867) : s. f. Punaise.

(Rigaud, 1881) : Paquet recouvert de toile cirée noire.

(Rigaud, 1881) : Ceinturon, — dans l’argot des marins.

(Rigaud, 1881) : Puce.

J’ sentis bien quand nous étions couchés
Qui n’ manquait pas d’négresses
Et même de grenadiers.

(E. Lecart, Une conquête au Prado, chans.)

Qu’il s’ra content le vieux propriétaire
Quand il viendra pour toucher sonloyer,
D’voir en entrant toute la paill’par terre
Et les négress’s à ses jamb’s sautiller.

(Le Déménagement à la sonnette de bois, chans.)

(Rigaud, 1881) : Bouteille de vin rouge. — Étouffer, éreinter une négresse, éternuer sur une négresse, boire une bouteille de vin rouge.

(La Rue, 1894) : Paquet enveloppé de toile cirée noire. Bouteille de vin. Punaise. Puce.

(Virmaître, 1894) : Puce. Allusion de couleur (Argot du peuple).

(Virmaître, 1894) : Bouteille.
— Allons-nous étouffer une négresse de ginglard à Argenteuil ? (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Puce.

(Hayard, 1907) : Puce.

(Hayard, 1907) : Bouteille de vin.

Négresse (la)

(M.D., 1844) : La cheminée.

Négriot

(Delvau, 1867) : s. m. Coffret, d’ébène ou d’autre bois. On dit aussi Moricaud.

Neige

(d’Hautel, 1808) : Cela est vrai comme il neige du boudin. Se dit d’un conte en l’air, d’un discours dénué de fondement.
Un bel homme de neige ; un beau docteur de neige ; un bel habit de neige. Pour marquer le mépris qu’on fait de ces différens objets.
Il a de la neige sur la tête. Pour, il est d’un âge avancé.

Nénais de veuve

(Rigaud, 1881) : Biberon, — dans le jargon des voyous.

Nénais, nénet

(Larchey, 1865) : Sein.

Tenez, mon cœur, voilà le corset, ajustez-moi ça sur mes nenets.

Ricard.

Petite maman s’est fait des nénais avec du coton.

Gavarni.

Nénais, Nichons

(Rigaud, 1881) : Seins de jeune fille ; la rose en bouton, comme disent les poètes.

Nenets

(Delvau, 1864) : Tétons. — dans l’argot des enfants et des filles.

Tiens, vois mes nénets, comme ils sont engraissés.

H. Monnier.

Petite maman s’est fait des nénets avec du coton.

Gavarni.

Nénets

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Seins, — dans l’argot des grisettes. Quelques-uns écrivent nénais ; mais ce mot n’est pas plus français que l’autre.

Nénets d’homme

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Les biceps, — dans l’argot des filles.

Nénets, nichons

(La Rue, 1894) : Seins.

Néo-catholique, néo

(Larchey, 1865) : « Je passai ensuite en revue les diverses sectes de néo-chrétiens dont Paris était inondé. Il y avait les néo-chrétiens du journal l’Avenir, les néo-chrétiens de M. Gustave Drouineau, les néo catholiques et une foule d’autres, tous possédant le dernier mot du problème social et religieux. » — L. Reybaud, 1843.

Nep

(Larchey, 1865) : Voleur brocantant de fausses décorations (Vidocq).

(Virmaître, 1894) : Rastaquouère vendant aux imbéciles des décorations exotiques (Argot des voleurs).

(Hayard, 1907) : Intermédiaire pour la vente de décorations.

Neps

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Nom d’une certaine catégorie de voleurs Israélites qui, dit Vidocq, savent vendre très cher une croix d’ordre, garnie de pierreries fausses.

Nerf

(d’Hautel, 1808) : Tirer le nerf. S’échapper, s’évader, s’esquiver, s’enfuir, disparoître ; se retirer à petit bruit ; se débarrasser d’une mauvaise affaire ; éviter une fâcheuse rencontre.

(Delvau, 1864) : Le membre viril, qui est en effet tout nerf dans l’ardeur vénérienne.

Il me troussa incontinent et, sans parler, me renversa là sur le lit, me le fit là sur-le-champ et me fit tater son gros nerf, qui était extrêmement dur.

Mililot.

Net

(Fustier, 1889) : Dans le langage des ouvriers, atelier net, atelier que des ouvriers mettent en interdit et où ils défendent à leurs camarades d’aller travailler.

Net comme torchette

(Delvau, 1867) : adj. Se dit, — dans l’argot du peuple, — des choses ou des gens excessivement propres.

Nettoyante

(M.D., 1844) : Une brosse.

Nettoyé

(La Rue, 1894) : Jugé, perdu sans ressources. Volé. Ruiné.

(Virmaître, 1894) : N’avoir plus rien, être absolument à sec. Nettoyé, être à l’agonie, se sentir mourir.
— Le médecin m’a dit que j’étais nettoyé (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Être bien malade près de la mort. Nettoyé veut aussi dire : ne plus rien posséder.

Nettoyer

(d’Hautel, 1808) : Nettoyer un homme sans vergette. Le rosser, le battre avec un bâton ; le maltraiter, l’étriller d’importance.

(M.D., 1844) : Donner une roulée.

(un détenu, 1846) : Voler de fond en comble, dévaliser quelqu’un.

(Halbert, 1849) : Voler ou achever quelqu’un.

(Larchey, 1865) : Ruiner, voler. V. Lavage.

(Delvau, 1867) : v. a. Voler ; ruiner, gagner au jeu ; dépenser ; battre, et même tuer, — dans l’argot des faubouriens. Se faire nettoyer. Perdre au jeu ; se laisser voler, battre ou tuer.

(Rigaud, 1881) : Battre, renverser à coups de poing. Prendre de force la place de quelqu’un, le chasser d’un endroit. — Ruiner. Nettoyer un établissement, faire faire faillite à son propriétaire. Nettoyer la monnaie, manger l’argent de la paye, — dans le jargon des ouvriers. — Nettoyer les plats, ne rien laisser dans les plats. — Nettoyer ses écuries, se curer le nez.

(La Rue, 1894) : Voler. Ruiner. Gagner au jeu. Dépenser. Battre. Tuer.

Nettoyer les lucarnes

(Fustier, 1889) : Dessiller les yeux.

Ô Mentor, vous me nettoyez les lucarnes, s’écria Idoménée.

(Les mistouf’s de Télémaque.)

Nettoyer un bocart

(Fustier, 1889) : Piller une maison.

Nettoyer un plat

(Delvau, 1867) : v. a. Manger ce qu’il contient, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Torcher un plat.

Neuf

(d’Hautel, 1808) : Faire le balai neuf. Voyez Balai.
Il est neuf, il durera trop long-temps. Se dis d’un nigaud, d’un sot, d’un stupide.
Un habit tout battant neuf. Un habit qui sort de l’ouvrier.
Faire un corps neuf. Pour, rétablir sa santé après une longue maladie.

Neuf de campagne

(Fustier, 1889) : Argot de joueurs. Procédé peu délicat employé par le ponte vis-à-vis du banquier et que dévoile ainsi M. Carle des Perrières dans son livre : Paris qui triche. (V. Minerve.)

Dans sa poche il (le ponte) a son neuf tout prêt ; valet de pique, neuf de cœur ; rien n’est plus simple. Lorsque la main arrive à son tour, le neuf de campagne est extrait de sa poche pour passer dans sa main gauche ; le banquier donne les cartes ; le ponte s’en empare comme c’est son droit et sous prétexte d’empêcher ses voisins de voir son point, parce que, dit-il, cela lui porte la guigne, il fait disparaître les deux cartes qu’on vient de lui donner dans ses deux mains rapprochées ; il substitue son valet de pique et son neuf de cœur aux deux cartes qu’il a reçues et abat sur le tapis un magnifique neuf de campagne…

Neuille

(Hayard, 1907) : Nuit.

Nez

(d’Hautel, 1808) : Nez de betterave. Gros nez enluminé, comme l’est ordinairement celui d’un ivrogne.
Nez fleuri. Pour dire, bourgeonné, plein de boutons, causés par la débauche de vin.
Cela ne paroît pas plus que le nez du milieu du visage. Pour dire qu’une chose est très-ostensible.
Heureux comme un chien qui se casse le nez. Pour dire qu’un homme n’a pas de bonheur ; que rien ne lui réussit.
Ce n’est pas pour ton nez. Pour, ce n’est pas pour toi.
Il a un pied de nez. Pour, il est confus, il est honteux de n’avoir pas réussi.
Saigner du nez. Se dédire, reculer dans une affaire de cœur, lâcher le pied, faire le poltron ; se retirer honteusement.
Tirer les vers du nez. Interroger quelqu’un finement ; sonder sa pensée ; lui faire avouer, ou découvrir son dessein.

(Delvau, 1864) : Le vit ; — que l’on juge d’après le nez : plus il est fort, mieux il se fait sentir.

Ah ! quel nez (bis)
Tout l’ monde en est étonné.

Guinard.

Belles, jamais ne prenez
Ceux qui n’ont pas un grand nez.

Collé.

Grand nez, grand vit, dit un vieux proverbe.

Œil étincelant,
Doigt vif et galant,
Nez de bon augure
Et bonne figure.

Dauphin.

(Delvau, 1867) : s. m. Mauvaise humeur. Faire son nez. Avoir l’air raide, ennuyé, mécontent.

(Delvau, 1867) : s. m. Finesse, habileté, adresse. Avoir du nez. Flairer les bonnes affaires, deviner les bonnes occasions. Manquer de nez. N’être pas habile en affaires.

(La Rue, 1894) : Mauvaise humeur. Faire son nez, bouder. Avoir du nez, flairer les bonnes occasions. Se piquer le nez, se griser.

Nez (avoir dans le)

(Delvau, 1867) : v. a. Détester une chose ou quelqu’un. C’est le Ne pouvoir sentir de l’argot des bourgeois.

Nez (avoir du)

(Rigaud, 1881) : Pressentir les bonnes occasions, arriver aux bons moments. On dit également : Avoir le nez creux.

Nez (ce n’est pas pour ton) !

(Delvau, 1867) : Ce n’est pas pour toi. On dit aussi : Ce n’est pas pour ton fichu nez ! On trouve cette expression dans Mathurin Régnier (Satyre XIII) :

Ils croyent qu’on leur doit pour rien la courtoisie,
Mais c’est pour leur beau nez.

dit la vieille courtisane à une plus jeune qu’elle veut mettre en garde contre les faiblesses de son cœur.

Nez (faire son)

(Larchey, 1865) : Montrer son désappointement.

Nous nous sommes payé le billard, j’en ai rendu vingt-cinq de trente à Lahure, qui faisait un nez aussi long que sa queue de billard.

Voizo, Ch.

(Rigaud, 1881) : Bouder, être désappointé. — Se piquer le nez, se griser. — Avoir quelqu’un dans le nez, détester quelqu’un. Montrer le bout de son nez, faire acte de présence, s’esquiver après une très courte apparition.

Nez (prendre dans le)

(Rigaud, 1881) : Réprimander, faire des observations ; variante de moucher. — Se faire prendre dans le nez, s’attirer des observations.

Nez creux (avoir le)

(Delvau, 1867) : v. a. Avoir le pressentiment d’une chose, d’un événement ; flairer une bonne occasion, une bonne affaire. Signifie aussi Arriver quelque part juste à l’heure du dîner. On dit aussi Avoir bon nez.

Nez culotte

(Rossignol, 1901) : Nez rouge.

Il n’a pas le nez culotté de sucer de la glace.

Nez culotté

(Virmaître, 1894) : Nez d’ivrogne. Dans le peuple on dit :

— Si on lui pressait le piton il en sortirait du vin.

Le nez culotté a été célébré par Ch. Colmance :

Un nez culotté ;
Piquante parure,
Gracieuseté
De dame nature.
Heureux l’effronté doté
D’un nez culotté.

Il y a des nez culottés qui coûtent plus cher que s’ils étaient en or (Argot du peuple).

Nez dans lequel il pleut

(Delvau, 1867) : s. m. Nez trop retroussé, dont les narines, au lieu d’être percées horizontalement, l’ont été perpendiculairement. C’est le Nez en as de treuffle de Rabelais.

Nez de chien

(Rigaud, 1881) : Mélange de bière et d’eau-de-vie.

Nez en pied de marmite

(Rigaud, 1881) : Nez court et gros du bout.

(Rossignol, 1901) : Nez retroussé.

Nez où il pleut dedans

(Rigaud, 1881) : Nez à la Roxelane. « Pour un peu plus on y verrait la cervelle », dit le peuple, en parlant de ces sortes de nez.

Nez passé à l’encaustique

(Rigaud, 1881) : Nez auquel l’usage fréquent de la boisson a donné une belle couleur brique-rouge. — On dit aussi un nez qui a coûté cher à mettre en couleur, par allusion au nombre de bouteilles payées au marchand de vin avant d’arriver à la coloration du nez.

Nez qui a coûté cher

(Delvau, 1867) : s. m. Nez d’ivrogne, érubescent, plein de bubelettes, qui n’a pu arriver à cet état qu’après de longues années d’un culte assidu à Bacchus. On dit aussi Nez qui a coûté cher à mettre en couleur.

Nez qui a coûté cher à mettre en couleur

(Larchey, 1865) : Nez dont la teinte rubiconde atteste que son porteur a payé plus d’une bouteille.

Nez retroussé

(Virmaître, 1894) : Nez à narines larges et ouvertes.
— Il va te pleuvoir dans le nez.
— Elle se pleure dans le nez quand elle a du chagrin (Argot du peuple).

Nez sale (avoir le)

(Rossignol, 1901) : Ivre.

Nez tourné à la friandise

(Delvau, 1867) : s. m. Nez retroussé, révélateur d’une complexion amoureuse, — dans l’argot des bourgeois qui préfèrent Roxelane à la Vénus de Médicis.

Nez-de-chien

(Delvau, 1867) : s. m. Mélange de bière et d’eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens. Avoir le nez de chien. Être gris, — parce qu’on ne boit pas impunément ce mélange.

Ni vu ni connu, j’t’embrouille !

(Delvau, 1867) : Exclamation de l’argot du peuple, qui signifie : Cherchez, il n’y a plus rien.

Niais

(d’Hautel, 1808) : Il n’est pas niais. Pour, il ne s’endort pas sur ses intérêts. Se dit de quelqu’un qui fait des offres, des propositions ridicules, pour avoir quelque chose de prix.
Un niais de Sologne. Homme subtil, fin et rusé, qui se trompe toujours à son profit.

(Delvau, 1867) : s. m. Voleur qui a des scrupules ; prisonnier qui a des remords de sa faute ou de son crime.

(La Rue, 1894) : Moi. Voleur qui se repent.

Nias

(Rigaud, 1881) : Pour nière ; moi ; forme nouvelle. Ça c’est pour mon nias, — dans le jargon des rôdeurs de barrière.

Niasse (mon)

(La Rue, 1894) : Moi. Ton niasse, toi.

Nib

(Rigaud, 1881) : Silence, — dans le jargon des voleurs. — Nib au truc, pas un mot sur le vol commis, pas de bavardages.

(Virmaître, 1894) : Signifie rien. Cette expression n’est pourtant pas toujours prise dans ce sens. Quand on dit : nib de blaire, par exemple, pour qualifier un nez énorme, nib devient synonyme de mince qui veut dire beaucoup (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Pas, rien. Le vin ne vaut que nib.

Il ne m’a donné que nib.

Un chauve a nib de douilles.

(Hayard, 1907) : Rien.

Nib de braise

(Virmaître, 1894) : Pas d’argent.
— Par un bourguignon pareil tu restes à la piaule, allons décanille.
— Nib de braise, les valades sont dégraissées (Argot des voleurs).

Nib ou Nibergue

(Delvau, 1867) : adv. Rien, zéro, — dans l’argot des voleurs. Nib de braise ! Pas d’argent.

Nib, nibergne, niberte, nif

(La Rue, 1894) : Rien, pas. Silence ! Faire un nib, faire un vol.

Nib, Nibergue

(Rigaud, 1881) : Rien ; pas. — Nib de piaule, sans domicile. — Nib de braise, nib de carme, pas d’argent.

Nibé

(Rigaud, 1881) : Assez, — dans le même jargon.

(Hayard, 1907) : Affaire.

Niber

(Rigaud, 1881) : Regarder. Nibe la gonzesse, regarde la femme, — dans le jargon des rôdeurs de barrière.

Nibergue, niente

(Larchey, 1865) : Rien. — Ce dernier est un mot de langue romane. V. Roquefort. — La négation Bernique paraît avoir fourni un anagramme dans Nibergue. V. Litrer.

Niberque

(M.D., 1844) : Non.

Niberte

(Halbert, 1849) : Non, terme négatif.

Niche

(d’Hautel, 1808) : Faire des niches. Faire pièce à quelqu’un, l’agacer, lui jouer de malins tours ; le tourmenter, lui faire de la peine.
La belle niche que tu lui feras. Pour, tu te trompes, si tu crois lui faire de la peine.

Niche (à c’te)

(Rigaud, 1881) : Manière aimable et familière de renvoyer quelqu’un. Nos pères disaient : Au chenil.

Niche à seins

(Virmaître, 1894) : Corset. Allusion à ce qu’il soutient les forts, augmente le volume des faibles, discipline les vagabonds et protège les égarés (Argot du peuple). N.

Nichée

(Delvau, 1867) : s. f. Réunion d’enfants de la même famille, — dans l’argot du peuple.

Nicher

(d’Hautel, 1808) : Se nicher. Pour, s’établir dans un lieu, s’enfermer, se cacher.

(Delvau, 1867) : v. n. Demeurer, habiter quelque part. Se nicher. Se placer.

Nichet

(Delvau, 1867) : s. m. Œuf de plâtre qu’on met dans un nid pour que les poules y viennent pondre.

Nichonnette

(Delvau, 1867) : s. f. Drôlesse à la mode, coiffée à la chien. Argot de gens de lettres.

Nichons

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Seins, — dans l’argot des entants.

(Virmaître, 1894) : Les seins.
— Laissez-moi tâter vos jolis nichons.
— Combien qu’tu payes ? (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Seins.

(Hayard, 1907) : Seins.

Nicodème

(Delvau, 1867) : s. m. Niais, imbécile. Argot du peuple.

Nicodème, nicdouille, nigaudinos

(Larchey, 1865) : Nigaud. Le dernier mot vient du nom d’un personnage du Pied de Mouton, féerie de Martinville, 1806.

Vous vous êtes en allé fâché, désespéré, nigaudinos.

Balzac.

Tais-toi donc, nicdouille.

Phys. du Matelot, 1843.

Va t’en, grand nicodème, avec ton air dindon.

Decourcelle, 1832.

Nicolas-j’-t’embrouille !

(Delvau, 1867) : Exclamation de défi, — dans l’argot des écoliers.

Nid

(d’Hautel, 1808) : Pondre au nid d’autrui. Commettre un adultère.
Trouver la pie au nid. Trouver l’occasion favorable ; faire une bonne rencontre.
On dit aussi de quelqu’un qui a été trompé dans une affaire ou dans une spéculation, qu’il a cru trouver la pie au nid.

Nid à poussière

(Fustier, 1889) : Nombril.

Nid à punaises

(Delvau, 1867) : s. m. Chambre d’hôtel garni, — dans l’argot du peuple.

Nid d’hirondelle

(Delvau, 1867) : s. m. Chapeau d’homme, rond et à bords imperceptibles, tel enfin que les élégants le portent aujourd’hui, ou l’ont porté hier.

Nière

(un détenu, 1846) : Imbécille, idiot, niais.

(Delvau, 1867) : s. m. Individu quelconque, — dans l’argot des voleurs. Bon nière. Bon vivant, bon enfant. Mon nière bobéchon. Moi.

(Rigaud, 1881) : Maladroit. — Individu, particulier. — Mon nière, moi, — dans le jargon des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Complice, — dans le jargon des voleurs. — Un complice est un autre soi-même. — Manger son nière, dénoncer son complice. — Cromper son nière, sauver son complice. Nière à la manque, complice sur lequel on ne doit pas compter.

(La Rue, 1894) : Complice. Un individu quelconque. Maladroit. Nière à l’estorgue, complice peu sûr.

(Virmaître, 1894) : Homme quelconque, lui.
— Le gonce a rudement le trac pour son nière.
On dit aussi : mon nière bobéchon pour moi. Bobéchon, ici, fait double emploi (Argot des voleurs).

(Rossignol, 1901) : Moi, lui. Mon nière, moi ; son nière, lui.

(Hayard, 1907) : Passant, individu.

Nierg

(un détenu, 1846) : Soi seul.

Nif

(Virmaître, 1894) : Non (Argot des voleurs).

(Hayard, 1907) : Non.

Nigaud

(d’Hautel, 1808) : Un grand nigaud. Un sot, un niais, un hébêté.
On dit dans le même sens, au féminin, une grande nigaude.

Nigauderie

(d’Hautel, 1808) : Niaiserie, sottise, bagatelle, frivolité, bibus.

Nigaudinos

(Delvau, 1867) : s. m. Imbécile, nigaud, — dans l’argot du peuple, qui se souvient du Pied de Mouton de Martainville.

Niguedouille

(Delvau, 1867) : s. m. Imbécile, nigaud, — dans l’argot des faubouriens. C’est une des formes du vieux mot français niau, — le nidasius de la basse latinité, — dont nous avons fait niais. Gniolle — qu’on devrait écrire niolle, mais que j’ai écrit comme on le prononce — a la même racine.

(Rigaud, 1881) : Nigaud.

(La Rue, 1894) : Imbécile.

Ningle

(Fustier, 1889) : Fille publique.

Les souteneurs… se réjouissent de voir les jours diminuer et par conséquent les nuits augmenter, double avantage pour les fils de Neptune et leurs ningles.

(Estafette, 1882.)

Nini

(Delvau, 1867) : Diminutif caressant d’Eugénie. On dit aussi Ninicbe.

Nini, c’est fini

(Larchey, 1865) : Formule négative, dont on épelle pour ainsi dire le premier mot.

Ne me parlez plus de rien.., n, i, ni, fini.

Rousseliana, 1805.

N, i, n, i, c’est fini, plus de Malvina.

L. Reybaud.

Nini, niniche

(Larchey, 1865) : Mot d’amitié. Diminutif d’Eugénie.

Quand maman aime bien petit papa, elle appelle petit papa ma niniche.

Gavarni.

Niole

(Delvau, 1867) : s. m. Chapeau d’occasion, — dans l’argot des marchandes du Temple.

Nioleur

(Delvau, 1867) : s. m. Chapelier.

Niolle

(Rigaud, 1881) : Chapeau retapé, vieux chapeau d’homme. — Niolleur, marchand de vieux chapeaux retapés.

(Rigaud, 1881) : Niais, maladroit, imbécile. — Bougre de niolle.

(La Rue, 1894) : Chapeau retapé.

Niolle, niolleur

(Larchey, 1865) : « Un niolle est un chapeau d’homme retapé. Les niolleurs sont les marchands de vieux chapeaux. » — Mornand.

Niort (aller à)

(Larchey, 1865) : Nier. — Jeu de mots. — V. Flacul.

Je vois bien qu’il n’y a pas moyen d’aller à Niort.

Canler.

(Rigaud, 1881) : Nier. — Envoyer à Niort, refuser quelque chose, — dans le jargon des voleurs.

Quoique je prisse toujours le chemin de Niort.

(Aventures burlesques.)

Niorte

(Delvau, 1867) : s. f. Viande, — dans l’argot des voleurs.

(Virmaître, 1894) : Viande (Argot des voleurs). V. Crigne.

Nippé

(Virmaître, 1894) : Bien habillé.
— J’avais plus rien, les requins m’avaient bazardée pour payer mon probloque j’ai dégotté un miché qui m’a renippée, à présent je suis rupine je peux trimarder (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Habillé. Celui qui est bien habillé est bien nippé.

Nipper

(d’Hautel, 1808) : Être bien nippé. Pour avoir beaucoup de hardes ; avoir un grand nombre de vêtemens.

Nippes

(Rossignol, 1901) : Vêtements.

Nique

(d’Hautel, 1808) : Faire la nique. Se moquer de quelqu’un, le tourner en ridicule, le braver ; lui faire connoître qu’on se soucie peu de lui.
Les mots terminés en ique, font aux médecins la nique. Dicton populaire qui signifie que les paralytiques, les hydropiques, les étiques, les pulmoniques, les sciatiques, etc., bravent tous les secours de l’art.

Nique de mèche

(Virmaître, 1894) : N’avoir pas de complice.
— J’ai fait mon coup de cogne sans nique de mèche (Argot des voleurs).

(Virmaître, 1894) : Refus d’un complice de partager le produit d’un vol.
— Nique de mèche, je ne fade pas le pognon (Argot des voleurs).

Nique de mèche (être)

(Delvau, 1867) : Sans aucune complicité, — dans le même argot [des voleurs].

Niquedouille

(d’Hautel, 1808) : Idiot, hébêté, niais, nigaud ; homme simple et innocent.

Nisco

(M.D., 1844) : Non.

Nisco !

(Delvau, 1867) : interj. Rien, zéro, néant, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Nix, — pour parodier le Nicht des Allemands. Nisco braisicoto ! Pas d’argent.

Nisco, nix

(Larchey, 1865) : Non. — Nisco est un diminutif du vieux mot nis : pas un. V. Roquefort. — Nix est un germanisme.

Nisco, mon Jésus.

Festeau.

Fût-il un phénix, Nix.

Désaugiers.

Nisco, Nix

(Rigaud, 1881) : Non, rien.

Toujours donner son nom et son adresse, sans quoi, nix.

(Tam-Tam, 1880.)

Niscot

(un détenu, 1846) : Non, nullement. Veux-tu jaspiner ? — Niscot : Veux-tu parler ? — Non.

Nisette

(Halbert, 1849) : Olive.

(Delvau, 1867) : s. f. Olive, — dans l’argot des voleurs.

Nisettier

(Delvau, 1867) : s. m. Olivier.

Nivet

(Halbert, 1849) : Chanvre.

(Delvau, 1867) : s. m. Chanvre. — dans le même argot.

(La Rue, 1894) : Chanvre.

Nivet, Nivette

(Rigaud, 1881) : Chanvre, — dans l’ancien argot.

Nivette

(Halbert, 1849) : Chanvrière, filasse.

(Delvau, 1867) : s. f. Chenevière.

Nizette

(La Rue, 1894) : Olive.

Noble

(d’Hautel, 1808) : Il est noble comme un quartier de chien. Se dit d’un homme obscur, qui, parvenu à un haut emploi, veut trancher du grand seigneur, et se faire passer pour noble, en en prenant les titres.
Il est fou, ou le roi n’est pas noble. Se dit d’un homme qui a la tête effervescente, et qui se porte à des extravagances.

Noble étrangère

(Delvau, 1867) : s. f. Pièce de cinq francs en argent, — dans l’argot des gens de lettres, qui ont lu la Vie de Bohème.

Nobler

(La Rue, 1894) : Connaître.

(Hayard, 1907) : Connaître.

Nobrer

(Rigaud, 1881) : Reconnaître ; c’est le diminutif de reconnobrer.

Noc

(Delvau, 1864) : Le con, par anagramme.

Vous nous dites, belle farouche.
Que l’amour ne peut vous troubler.
Si votre noc savait parler,
Il démentirait votre bouche.

Gombauld.

(Delvau, 1867) : s. et adj. Imbécile parfait.

Noce

(d’Hautel, 1808) : Servez-moi aujourd’hui, je vous servirai le jour de vos noces. Se dit en plaisantant, et amicalement, pour engager quelqu’un à vous rendre un petit service.
Voyage de maître, noces de valets. Signifie que c’est alors que les valets font bonne chère.
Il est arrivé comme tabourin à noces. Pour dire, fort à propos.
Il y va comme à des noces. Se dit d’un homme qui s’acquitte gaiement d’un travail rude et pénible ; d’un soldat qui va de bon cœur au combat.
Jamais noces sans lendemain.

(Larchey, 1865) : Débauche. — Allusion aux excès qui accompagnent les noces de campagne.

V’là deux jours que je fais la noce.

H. Monnier.

Pour y refaire leur santé délabrée par la noce.

De Lynol.

(Delvau, 1867) : s. f. Débauche de cabaret, — dans l’argot du peuple. Faire la noce. S’amuser, dépenser son argent avec des camarades ou avec des drôlesses. N’être pas à la noce. Être dans une position critique ; s’ennuyer.

(Rigaud, 1881) : Amusements ; débauche. — Faire la noce, faire une noce, nocer, s’amuser, courir les femmes, les cabarets, souvent au détriment du travail.

Noce (faire la)

(Delvau, 1864) : Passer son temps à baiser quand on est homme, à se faire baiser quand on est femme.

Faut s’dire une chose, il en est des prêtres comme des gens qui se marient : l’itonune n’est tranquille, (Sans un ménage, que d’autant qu’il n fait là noce ; donc, un prêtre qui l’a faite ne là fait plus.

H. Monnier.

Noce de bâtons de chaise

(Rigaud, 1881) : Batterie domestique dans laquelle les chaises sont offertes, par l’époux à l’épouse et vice versa, — à travers la figure.

Noce de bâtons de chaises

(Delvau, 1867) : s. f. Débauche plantureuse de cabaret, — dans l’argot des faubouriens, qui, une fois en train de s’amuser, cassent volontiers les tables et les bancs du « bazar ».

Noce de tailleur (faire une)

(Virmaître, 1894) : Se promener le long des berges et faire des ronds dans l’eau avec des cailloux (Argot du peuple). N.

Nocer

(Larchey, 1865) : Faire la noce.

Est-ce que tu as nocé aujourd’hui ? — Nocé ! ah bien oui !

E. Sue.

(Delvau, 1867) : v. n. S’amuser plus ou moins crapuleusement.

Nocer en père pénard

(Fustier, 1889) : S’amuser tout seul. Faire un bon dîner ou une orgie seul. L’expression est usitée surtout dans le quartier Saint-Antoine.

Noceur

(Delvau, 1867) : s. et adj. Ouvrier qui se dérange ; homme qui se débauche avec les femmes.

Noceur, Noceuse

(Rigaud, 1881) : Homme, femme qui a érigé la noce en système, qui se livre habituellement à ce que les romantiques appelaient « l’orgie échevelée ».

Noceuse

(Delvau, 1864) : Fille qui a jeté son bonnet par-dessus les moulins de Montmartre et qui l’a remplacé par un bouchon de paille signifiant clairement, même pour les aveugles ; qu’elle est à vendre — et pas du tout à louer.

Ce sont là nos dignes femelles !
Ce sont nos sœurs,
Et l’on nous méprise autant qu’elles :
Aux noceuses vont les noceurs !

(Parnasse satyrique.)

Noceuse.

(Delvau, 1867) : s. f. Drôlesse de n’importe quel quartier, qui fuit toutes les occasions de travail et recherche tous les prétextes à plaisir.

Noctambule

(Delvau, 1867) : s. et adj. Bohème, qui va des cafés qui ferment à minuit et demi dans ceux qui ferment à une heure, et de ceux-là dans les endroits où l’on soupe.

(Rigaud, 1881) : Celui qui bat le pavé toute la nuit ; celui qui court les cabarets, les maisons de débauche, les restaurants jusqu’au point du jour. Le noctambule donne un fier démenti au proverbe qui prétend que lorsqu’on est vertueux on aime à voir lever l’aurore.

L’attardé seul, le noctambule, a Quand tout dort est encore levé.

(A. Pommier, Paris.)

Noctambuler

(Delvau, 1867) : v. n. Se promener la nuit, dans les rues, en causant d’amour et d’art avec quelques compagnons.

(Rigaud, 1881) : Flâner, s’amuser lorsque les honnêtes gens dorment.

Noctambulisme

(Rigaud, 1881) : Flânerie nocturne, courses nocturnes à travers les cabarets.

Nœud

(d’Hautel, 1808) : Un nœud d’épée. On appelle ainsi des couennes de lard que les charcutiers rassemblent en petits paquets pour les vendre.

Nœud (et mon) !

(Rigaud, 1881) : Propos que les voyous ont sans cesse à la bouche, et qu’ils trouvent plus énergique, sans doute, que des navets ! du flan ! des nèfles ! qui en sont les variantes adoucies.

Nœud (filer son)

(Larchey, 1865) : Partir. Terme de marine.

Viens-tu ! ou je file mon nœud.

H. Monnier.

Nœud (le)

(Delvau, 1864) : La pine et les couilles qui, réunies, forment un nœud assez solide, — pour nouer la femme à l’homme. L’homme qui a beaucoup baisé de femmes et qui pour faire une fin, se marie, appelle cela : former d’autres liens. La femme, également logique, dit ; former un nouveau nœud. — Ce mot est employé fréquemment par les voyous qui disent : mon nœud ! plus facilement qu’ils ne disaient : du flan !

La femme n’est pas au monde pour lire,
Le nœud d’un goujat veut celui d’un roi.

(Parnasse satyrique.)

Nœud d’épée

(Delvau, 1867) : s. m. Couennes de lard rassemblées en un petit paquet, — dans l’argot des charcutiers.

Noir

(d’Hautel, 1808) : C’est sa bête noire. Pour, c’est la chose qu’il déteste le plus, qu’il ne peut souffrir.
Il n’est pas si diable qu’il est noir. Pour, il n’est pas si méchant qu’on le fait ; qu’on ne puisse en venir à bout.
Le temps est bien noir, il pleuvra des prêtres. Se dit lorsque le temps est couvert, et menace ruine.
Il a l’ame noire comme du charbon. Se dit d’un homme chargé de crimes.
Être dans son noir. Pour, être taciturne, et dans son jour de mauvaise humeur.
Il voit tout en noir. Se dit de quelqu’un qui ne voit que le mauvais côté d’une affaire, ou qui prévoit des événemens tristes et fâcheux.

(Larchey, 1865) : Café. — Allusion de couleur.

Je paie le noir et je m’enfile de douze sous.

Monselet.

(Delvau, 1867) : s. f. Café noir, — dans l’argot des voyous. Ils disent aussi Nègre pour un gloria, et Négresse pour une demi-tasse.

(Rigaud, 1881) : Café. — Un noir chic, un café additionné de beaucoup de chicorée.

(Rigaud, 1881) : Plomb, — dans l’argot des couvreurs. — Pierre noire, ardoise.

(La Rue, 1894) : Café. Petit noir, tasse de café.

Noir (le)

(Delvau, 1864) : La nature de la femme, où, en effet, il fait noir comme dans un four — et aussi chaud.

Le procureur, qui avait la braguette bandée, ne laissa pas de donner dans le noir.

Bonaventure Desperriers.

Bref, je veux qu’elle ait tant de beautés que le galant soit déjà perdu d’aise et de transport avant que d’être arrivé jusqu’au noir.

Mililot.

Noir de peau, Nègre

(Rigaud, 1881) : Aide-chiffonnier : pauvre diable à qui le chiffonnier confie un croc et fait gagner quelques sous.

Noiraud

(d’Hautel, 1808) : Sobriquet que l’on donne à celui qui a la peau brune et basannée.

Noire comme le cul du diable

(Virmaître, 1894) : Se dit d’une femme brune, presque moricaude. On dit également de quelqu’un qui a la conscience chargée de nombreux méfaits :
— Son âme est noire comme le cul du diable.
Se dit aussi d’une affaire embrouillée, dans laquelle personne ne voit goutte (Argot du peuple).

Noire-fontaine

(Fustier, 1889) : Encrier. Argot des élèves de l’École de Saint-Cyr.

Noise

(d’Hautel, 1808) : Chercher noise. Chercher dispute ; faire une querelle d’Allemand.

Noisette

(d’Hautel, 1808) : Donner des noisettes à ceux qui t’ont plus de dents. Offrir quelque chose à quel qu’un quand il n’est plus en état de s’en servir.

Noix (coquille de)

(Rigaud, 1881) : Verre à boire de petite capacité, — dans le jargon des ivrognes qui trouveraient la botte de Bassompierre encore trop petite.

Noix (en avoir)

(Virmaître, 1894) : Avoir beaucoup de bijoux (Argot des voleurs).

Noix (être dans la)

(Fustier, 1889) : Avoir de la chance, être heureux. Un boucher aurait lancé cette expression, d’ailleurs peu usitée, que cela ne serait point surprenant. Le gîte à la noix n’est-il pas un des meilleurs moroeaux du bœuf et ne recommandez-vous pas à votre cuisinière de vous choisir un morceau dans la noix ? Être dans la noix a donc tout d’abord et naturellement signifié ce qui est bon, puis a dévié peu à peu de ce sens pour prendre celui que nous indiquons.

Quinze cent louis de bénéfice ! Très pur ! Vous êtes dans la noix, dites, alors ? Donnez-moi un cheval. Soyez assez blêche pour me prendre dix louis du gagnant ?

(Vie parisienne, juin 1884).

Nom

(d’Hautel, 1808) : Nom de guerre. Nom que prend chaque soldat en s’enrôlant ; sobriquet que l’on donne à quelqu’un, et sous lequel il est ordinairement désigné.
C’est chose, qui n’a point de nom. Se dit par raillerie à ceux qui ne se souviennent pas du nom d’une personne.
On pourroit lui dire pis que son nom. Se dit d’un homme dont la réputation est flétrie ; qui est connu pour un coquin, un fripon.

Nom d’un !

(Delvau, 1867) : Juron innocent ou semblant de juron de la même famille que : Nom de d’là ! Nom de çà ! Nom de deux ! Nom d’un nom ! Nom d’une pipe ! Nom d’un chien ! Nom d’un petit bonhomme ! Nom d’un tonnerre !

Nom d’un ! Nom d’un nom ! Nom d’une pipe ! Nom d’un petit bonhomme ! Nom d’un tonnerre !

(Larchey, 1865) : Jurons innocents chargés d’exprimer la colère, la surprise ou l’admiration.

86 000 fr. par an ! nom d’un petit bonhomme ! c’est joli.

L. Reybaud.

Nom d’un petit bonhomme est une allusion aux statuettes qui représentent le christ.

Nom d’une pipe ! si vous m’approchez…

Mélesville, 1830.

Nombre

(d’Hautel, 1808) : Il n’est là que pour faire nombre. Se dit d’un parasite, d’un être importun, d’un fat, d’un homme pour lequel on n’a aucune considération.

Nombril

(Halbert, 1849) : Midi.

(Delvau, 1867) : s. m. Midi, le centre du jour, — dans l’argot des voleurs, qui emploient, sans s’en douter, une expression familière aux Latins : Ad umbilicum jam dies est. (Il est déjà midi), écrivait Plaute il y a plus de deux mille ans.

(La Rue, 1894) : Midi.

Nombril de religieuse

(Rigaud, 1881) : As d’un jeu de cartes.

Noms d’oiseaux

(Delvau, 1864) : Petits noms que donnent ces dames à leurs messieurs, selon le degré d’amitié, d’estime ou d’amour qu’elles ont pour eux : Mon ange, mon chien, mon chat, mon chou, mon loulou, ma biche, mon bichon, mon lapin, mon cochon, etc, On peut ajouter devant : mon grand, mon gros, mon petit, selon le physique de l’animal privilégié ; et à la suite le mot chéri : mon gros chien chéri, gros bibi chéri, etc. — J’en passe et… des plus bétes.

Non

(d’Hautel, 1808) : Il faut avoir soin dans la construction de ne pas placer ce négatif immédiatement après le pronom personnel moi ; car ces deux mots, ainsi construits, forment un calembourg. Est-ce toi qui as fait cela ? Moi ? non. Ce qui fait moinon.

Non-conformiste

(Delvau, 1864) : Pédéraste, ce qui est le schisme en amour.

Non, c’est que je me mouche, que je tousse

(Larchey, 1865) : Réponse ironique faite à celui qui demande la cause d’un bruit ou d’une chose qu’il aurait dû deviner. Dans cet exemple de Monselet :

Et maintenant regarde Comment je me mouche !

on fait aussi entendre à l’interlocuteur que sa pénétration est en défaut.

Noner

(M.D., 1844) : Cacher.

Nonnant, Nonnante

(Rigaud, 1881) : Ami, amie. — Compagnon, compagne.

Nonne

(Delvau, 1867) : s. f. Encombrement volontaire, — dans l’argot des voleurs. Faire nonne. Simuler à huit ou neuf un petit rassemblement afin d’arrêter les badauds, et, les badauds arrêtés, de fouiller dans leurs poches.

Nonne (faire)

(Larchey, 1865) : Faire un attroupement simulé pour aider à un vol (Vidocq). — Mot à mot : faire le neuvième. — Du vieux mot nonne. V. Roquefort.

(Virmaître, 1894) : Faire la foule. Rien de plus simple : les nonneurs (complices) se groupent autour de l’un d’eux, qui simule un mal subit, de préférence dans une rue barrée ; les badauds s’amassent, le tireur peut à l’aise explorer les poches, et souvent la moisson est féconde. Quand l’un d’eux est pris et qu’il se met à table, on dit qu’il mange sur ses nonneurs (complices) (Argot des voleurs).

Nonne, Nonneur

(Rigaud, 1881) : Compère qui assiste le voleur à la tire, soit en bousculant l’individu bon à voler, soit en recevant l’objet volé.

Nonne, nonneur

(La Rue, 1894) : Compère du voleur à la tire.

Nonneur

(Larchey, 1865) : Compère de voleur à la tire.

(Delvau, 1867) : s. m. Compère du tireur (V. ce mot) ; variété de voleur. Manger sur ses nonneurs. Dénoncer ses complices.

Nonneurs

(Virmaître, 1894) : Complices de voleurs, plus particulièrement des pick-pockets (Argot des voleurs).

Nonzesse

(Hayard, 1907) : Femme.

Noque

(Hayard, 1907) : Orge.

Nord

(La Rue, 1894) : Tête. Esprit.

(Virmaître, 1894) : Tête. Dans le peuple, du dit souvent de quelqu’un qui devient fou :
— Il perd le nord (Argot du peuple).

Nord (le)

(Hayard, 1907) : La tête.

Nordiste

(Delvau, 1867) : s. et adj. Partisan du gouvernement fédéral américain, et, en même temps, de l’abolition de l’esclavage et de la liberté humaine, sans distinction de couleur d’épiderme. Cette expression, qui date de la guerre de sécession aux Etats-Unis est désormais dans la circulation générale.

Normand

(d’Hautel, 1808) : Répondre en Normand. Ne dire ni oui ni non ; répondre d’une manière évasive, ambiguë.
C’est un fin Normand. Pour, un homme subtil, adroit, rusé et finot.
Des griffes de Normand. Se dit des mains d’un homme qui aime à prendre ; qui est enclin à la rapine.

Nos voisins

(Delvau, 1867) : Les Anglais, — dans l’argot des journalistes et des bourgeois.

Nos voisins viennent

(Delvau, 1867) : Se dit, dans l’argot des bourgeoises, — lorsque leurs menses font leur apparition.

Notaire

(d’Hautel, 1808) : C’est autant que si les notaires y avoient passé. Se dit d’un homme qui observe exactement la parole.

(Delvau, 1867) : s. m. Comptoir du marchand de vin, — dans l’argot des faubouriens, qui y font beaucoup de transactions, honnêtes ou malhonnêtes, et un certain nombre de mariages à la détrempe.

Notaire du coin

(Rigaud, 1881) : Marchand de vin. C’était autrefois, et encore au commencement du siècle : Notaire à barreaux de bois, parce que la devanture des anciens débits de vin était garnie de barreaux de bois.

Allons passer z’un contrat d’un litre, chez le notaire à barreaux de bois.

(Le Nouveau Vadé.)

Note

(d’Hautel, 1808) : Changer de note. Changer de propos, de discours, de conversation.
Croque-note. Mauvais musicien.

Note (être dans la)

(Rigaud, 1881) : Être au courant de ce qui se dit et se passe, être dans le mouvement. — (Jargon des gommeux.)

Nouer l’aiguillette

(Delvau, 1864) : Empêcher un mari ou un amant de consommer l’agréable sacrifice, non pas en lui jetant un sort, comme on le croyait autrefois, mais en épuisant complètement son stock de foutre, de sorte qu’on peut le laisser courir un peu dans la ville sans crainte d’infidélité.

Il avait peut-être l’aiguillette nouée.

(Moyen de parvenir.)

Lequel ayant eu l’aiguillette nouée la première nuit de ses noces.

Brantôme.

Ami lecteur, vous avez quelquefois
Ouï conter qu’on nouait l’aiguillette.

Voltaire.

Noujon

(Halbert, 1849) : Poisson.

Noune

(Fustier, 1889) : Argot du bagne. Receleur qui suit le voleur à la tire et reçoit la camelotte à mesure que son associé opère. (V. Humbert : Mon bagne.)

(La Rue, 1894) : Receleur.

Nounou

(Delvau, 1867) : s. f. Nourrice, — dans l’argot des enfants et des mamans.

Nourisseur de poudards

(Virmaître, 1894) : Complice qui prépare les vols à accomplir. Un bon nourrisseur de poupards est très recherché par les voleurs (Argot des voleurs).

Nourrice

(Delvau, 1867) : s. f. Femme que la nature a avantagée, — dans l’argot du peuple.

Nourrir

(Larchey, 1865) : Préparer de longue main.

Ce garçon qui devait avoir nourri ce poupon (complotté ce crime) pendant un mois.

Balzac.

(Rigaud, 1881) : Combiner. — Nourrir un poupon, combiner un vol, le charpenter comme un dramaturge une pièce de théâtre.

(Fustier, 1889) : En argot de Bourse, « nourrir des titres c’est les conserver de liquidation en liquidation en les taisant reporter. On paye les différences, les reports, les courtages, on nourrit. À force de nourrir, on arrive même quelquefois à en mourir de faim. — X… nourrit deux cents Lombards depuis le mois de juin et Y… cinq mille Italiens — il ne faut pas prendre l’expression au pied de la lettre ». (Don Quichotte, 1884.)

(La Rue, 1894) : Combiner. Nourrir un poupon, un môme, préparer un vol.

Nourrir le poupard

(Delvau, 1867) : v. a. Préparer un vol, le mijoter, pour ainsi dire, avant de l’exécuter. Quelques grammairiens du bagne prétendent qu’il faut dire : Nourrir le poupon.

(Rossignol, 1901) : Préparer un vol, l’étudier.

Nourrir le poupart

(Halbert, 1849) : Préparer le vol.

Nourrir un quine à la loterie

(Delvau, 1867) : Se bercer de chimères, vivre d’illusions folles. Argot des bourgeois.

Nourrisseur

(Larchey, 1865) : « Les nourrisseurs préparent et nourrissent une affaire ; ils savent le moment où le rentier touche sa rente et les jours de rentrée du négociant ; ils étudient la maison et les habitudes des gens qu’ils veulent faire voler. » A. Monnier. — V. Cambriolleur.

(Delvau, 1867) : s. m. Voleur qui indique une affaire, qui la prépare à ses complices.

(Delvau, 1867) : s. m. Restaurateur, cabaretier, — dans l’argot des bohèmes.

(Rigaud, 1881) : Charpentier en vols et assassinats. Il traite avec les metteurs en scène suivant l’importance et la réussite probable du drame.

(Fustier, 1889) : Voleur qui dévalise les appartements dont les maîtres sont en voyage. La banlieue de Paris est pendant l’hiver infestée de nourrisseurs qui déménagent les villas.

(La Rue, 1894) : Celui qui prépare, nourrit le vol. Voleur de la banlieue.

Nourrisson

(Fustier, 1889) : Argot des employés de la Banque de France qui désignent ainsi le négociant gêné qui ne demande que du temps pour rétablir son crédit et auquel un banquier a prêté de l’argent.

(Rossignol, 1901) : C’est un diamant que l’ouvrier sertisseur engraisse au dépend de son patron ou des clients. Il achète un diamant du poids d’un grain et même plus petit ; lorsque l’occasion s’en présente il met son diamant à la place d’un autre plus gros et de plus belle eau qu’on lui donne à monter. Cela renouvèle souvent, son nourrisson d’un grain finit par engraisser et peser un carat et quelquefois plus.

Nourrisson des muses

(Delvau, 1867) : s. m. Poète, — dans l’argot des académiciens, qui ont été allaités par des Naïades.

Nousailles

(Delvau, 1867) : pr. pers. Nous, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Nosigues.

(Virmaître, 1894) : Nous. Nosigues est beaucoup plus usité (Argot des voleurs).

(Hayard, 1907) : Nous.

Nousailles, nozières

(La Rue, 1894) : Nous. Oui.

Nouveau

(d’Hautel, 1808) : Au nouveau, tout est beau. Signifie que les inconstans et les esprits légers s’enthousiasment d’abord de tout ce qui est nouveau ; mais que le refroidissement et le dégoût succèdent bientôt après.
C’est du fruit nouveau que de vous voir. Se dit par plaisanterie à quelqu’un qu’on n’a pas vu depuis long-temps dans un lieu, et que l’on y rencontre par hasard.

(Delvau, 1867) : s. m. Elève récemment arrivé au collège, — dans l’argot des collégiens ; soldat récemment arrivé au régiment, — dans l’argot des troupiers ; ouvrier récemment embauché, — dans l’argot du peuple ; prisonnier récemment écroué, — dans l’argot des voleurs.

Nouveauté

(Delvau, 1867) : s. f. Livre qui vient de paraître, — dans l’argot des libraires, qui souvent rééditent sous cette rubrique de vieux romans et de vieilles histoires.

Nouvelle

(d’Hautel, 1808) : On n’en a eu ni vent ni nouvelle. Pour dire qu’on n’a plus entendu parler de quelqu’un, qu’on a perdu une affaire de vue.
On dit en parlant de l’autre monde, que personne n’en est revenu dire de nouvelles.

(Rigaud, 1881) : Pour Nouvelle-Calédonie. Passer à la Nouvelle, être condamné à la déportation, — dans l’argot des voleurs.

Nouvelle (la)

(Virmaître, 1894) : Le bagne. Abréviation de Nouvelle Calédonie. Autrefois, quand les bagnes étaient à Brest et à Toulon, on disait le grand pré.
— Il est sapé à faucher le grand pré à perpète (Argot des voleurs).

(Hayard, 1907) : La Nouvelle-Calédonie.

Nouvelle à la main

(Delvau, 1867) : s. f. Phrase plus ou moins spirituelle, où il doit toujours y avoir un mot, et que le public blasé lit de préférence à n’importe quel bon article, — parce que cela se retient facilement comme les centons et peut se citer dans la conversation.

Nouvelle-Calédonie

(Rigaud, 1881) : Second cimetière de Saint-Ouen ouvert en 1872.

Nouvelle-couche

(Rigaud, 1881) : Pour nouvelle couche sociale. Les bas-fonds du prolétariat.

On parle des nouvelles couches, ça n’est pas Cantagrel, qui est une vieille barbe.

(Bernadille Esquisses et Croquis parisiens.)

Nouzaille

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Nous.

(Bras-de-Fer, 1829) : Nozière, nous.

Nouzaille, nouzingan, nozière

(anon., 1827) : Nous.

Nouzailles

(Rigaud, 1881) : Nous, — dans le jargon des voleurs. C’est : Nous avec la désinence aille.

Nouzailles, nouzigan, nouzière

(Halbert, 1849) : Nous.

Nouzières

(Hayard, 1907) : Nous.

Nouzig

(Hayard, 1907) : Nous.

Novateurs des plaisirs

(Delvau, 1864) : Noms tirés de l’oubli, ou supposés par l’auteur de l’Art priapique.

Ah ! qu’ils faisaient l’amour platement autrefois,
Ces chevaliers errants, ces paladins courtois !
Filant à leurs beautés une tendresse pure,
Ils pensaient que les foutre était leur faire injure,
Pinus sut le premier, dans ces siècles grossiers,
Cocufier plusieurs de ces preux chevaliers.
Tribadinus après fit fleurir l’encuissade ;
Loyola fut, dit on, père de l’enculade ;
Vaginus renchérit par-dessus ces ribauds
Et créa pour jouir des moyens tout nouveaux ;
Gamahu, qui suivit, eut une autre méthode :
Il devint, par sa langue, un ribaud à la mode
Et longtemps, près du sexe, eut un heureux destin.
Mais les imitateurs de ce sale mâtin,
Accablés de mépris par un goût si grotesque,
Abjurèrent bientôt leur méthode tudesque.
Ce paillard ordurier, trébuché de si haut,
Rendit plus retenus Chancrin et Poulinot.
Enfin Priapus vint et, le premier en France,
Corrigeant l’art de foutre, en bannit la licence ;
D’un vit mis en sa place enseigna le pouvoir,
M réduisit la couille aux règles du devoir.

(L’Art priapique.)

Novembre 33 (un)

(Merlin, 1888) : Officier ou sous-officier à cheval sur les règlements militaires, dont la loi fondamentale est celle du 2 novembre 1833, et aussi, en termes de pension, un ragoût qui contient toute espèce de choses, sans doute parce que le règlement de 1833 prévoyait tous les cas du métier militaire.

(Fustier, 1889) : Officier à cheval sur tous les règlements militaires dont la loi fondamentale est celle du 2 novembre 1833 ; et aussi, en terme de pension, un ragoût qui contient toute espèce de choses, sans doute parce que le règlement de 1833 prévoyait tous les cas du métier militaire. (Merlin : La langue verte du troupier.)

Novice

(Delvau, 1864) : Le garçon ou la fille qui, destinés par la nature à la vie amoureuse, n’ont pas encore prononcé leurs vœux aux pieds d’une femme l’un, dans les bras d’un homme l’autre, et, par conséquent, sont un peu neufs (novis, novi) pour les choses de la fouterie.

La donzelle encore novice,
Ne sut comment prendre l’objet
Que, par un surcroît d’artifice,
Le drôle au ventre lui mettait.

Béranger.

Noyade

(La Rue, 1894) : Baignade.

Noyau

(d’Hautel, 1808) : Pour, argent monnoyé, écus.
Il a des noyaux. Pour, il est à son aise ; il est fortuné ; il a des écus ; il a du foin dans ses bottes.
Il faut casser le noyau pour en avoir l’amande. Signifie qu’il faut travailler, prendre de la peine, avant que de retirer de l’utilité, du profit de quelque chose.

(Rigaud, 1881) : Argent, n’est guère employé qu’au pluriel. Il a des noyaux, et encore est-il très peu usité.

(Rigaud, 1881) : Conscrit ; niais, — dans le jargon des troupiers.

(La Rue, 1894) : Nouveau venu, néophyte.

Noyaux

(Larchey, 1865) : Les pièces de monnaie. — Du vieux mot noiau : bouton d’habit. V. Roquefort.

Le sacré violon qu’avait joué faux, Voulut me demander les noyaux.

Vadé, 1760.

Tu jouis des noyaux du défunt banqu’rout’mard.

Festeau.

(Delvau, 1867) : s. m. pl. Pièces de monnaie, — dans l’argot des faubouriens. L’expression est plus que centenaire, comme le prouvent ces deux vers de Vadé :

L’sacré violon qu’avait joué faux
Voulut me d’mander des noyaux.

Noyaux de pêche (rembourré avec des)

(Rigaud, 1881) : Horriblement mal rembourré, très dur ; se dit d’un siège dont les élastiques ont rendu l’âme, des banquettes, et même des fauteuils d’orchestre de certains théâtres.

Noyer

(d’Hautel, 1808) : J’y pense autant qu’à m’aller noyer. Pour je n’y pense pas le moins du monde ; je suis à cent lieues de cette chose.
Qui veut noyer son chien, dit qu’il a la gale. Signifie que lorsqu’on en veut à quelqu’un, on trouve des prétextes pour le perdre.
Noyer son chagrin dans le vin. Pour, s’enivrer, chasser la mélancolie avec le jus de Bacchus.
Il se noie dans un déluge de paroles. Se dit d’un mauvais orateur, d’un auteur diffus et incompréhensible.

Noyeuse d’étrons

(Virmaître, 1894) : Mère de famille qui va au lavoir public laver le linge de ses enfants. Allusion aux déjections des bébés qui souillent les couches (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Laveuse de linge.

Nozières

(Virmaître, 1894) : Qui ? (Argot des voleurs). N.

Nu

(d’Hautel, 1808) : Un va cul nu ; un va nu-pied. Pour dire un misérable, un homme de néant, un vaurien.
Nu comme un ver ; nu comme la main ; nu comme il est sorti du ventre de sa mère.
Nu comme un Saint-Jean.
Dénué des vêtemens les plus indispensables ; privé de toute ressource ; gueux comme un rat d’église.

Nuage

(Fustier, 1889) : C’est, croyons-nous, le mot le plus récent usité dans le langage populaire pour désigner la tournure, cet objet de toilette que portent les femmes autour de leurs reins de façon à faire bouffer la robe. Pourquoi nuage ? me demanderez-vous. Les irrévérencieux vous répondront : Parce qu’il cache la lune.

(Virmaître, 1894) : La tournure que portent les femmes ; ainsi nommé parce qu’il cache la lune (Argot du peuple). N.

Nue

(d’Hautel, 1808) : Tomber des nues. Être étonné, ébloui, surpris, embarrassé, hors de soi-même, comme si l’on vivoit dans un pays inconnu.
Faire sauter quelqu’un aux nues. Le mettre en colère ; l’impatienter, le mettre hors de lui même.

Nuit

(d’Hautel, 1808) : Passer une nuit blanche. Pour, ne pas fermer l’œil de la nuit ; être dans une agitation qui empêche de dormir.
Je ne m’en releverai pas la nuit. Pour, cela m’importe peu ; je ne m’en soucie guères.
Il y a autant de différence que du jour à la nuit. Se dit de deux personnes, de deux choses extrêmement dissemblables.

Numéro

(d’Hautel, 1808) : C’est du bon numéro. Pour, c’est du bon endroit ; cette marchandise est de bonne qualité, de bon acabit.

(Rigaud, 1881) : Fille publique, — dans le jargon des agents de police.

(Hayard, 1907) : Individu.

Numéro (connaître le numéro de quelqu’un)

(Merlin, 1888) : L’apprécier à sa juste valeur.

Numéro (être d’un bon)

(Delvau, 1867) : Être grotesque, ou ennuyeux, — dans l’argot des artistes.

Numéro 100

(Rigaud, 1881) : Lieux d’aisances. Il y a là un de ces jeux de mots qui sont une des plus fines manifestations du vieil esprit gaulois.

Numéro cent

(Delvau, 1867) : s. m. Watercloset, — dans l’argot des bourgeois, qui ont la plaisanterie odorante.

Numéro de quelqu’un (connaître le)

(Rigaud, 1881) : Connaître la moralité de quelqu’un, savoir à quoi s’en tenir sur le compte de quelqu’un.

Numéro sept

(Larchey, 1865) : Crochet de chiffonnier. — Allusion de forme.

Numéro un

(Delvau, 1867) : adj. Très bien, très beau, très grand, — dans l’argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Vêtement, objet de toilette réservé pour les grandes occasions, le meilleur vêtement d’une garde-robe. — Entreteneur, — dans le langage de ces demoiselles.

Ça l’amant d’Amanda — Oui ! Ah ! mais, tu sais, chéri, c’est pas son numéro vin.

(Grévin, Croquis parisiens.)

Numéro un, premier numéro

(Larchey, 1865) : Premier par ordre de mérite.

C’est de la folie à l’état de numéro un.

Janin.

Une lanterne premier numéro et d’un tel reflet qu’on dirait un phare.

Deslys.

Numérote tes os !

(Delvau, 1867) : C’est la phrase par laquelle les faubouriens commencent une rixe. Ils ajoutent : Je vais te démolir !

Numérotée (être)

(Delvau, 1864) : Être inscrite, avoir son nom et son numéro sur les registres de la préfecture, — Être fille publique.

Du beau quartier, plus d’un’ bell’ dame
Qui pour un cach’mire ouvr’ ses draps,
Épous’ d’ultras, nièc’ de prélats,
Tout ça travaille et n’ se numèrot’ pas.

E. Debraux.

Numéroter ses os

(Rigaud, 1881) : Se dit pour appuyer énergiquement la menace d’une volée de coups. — Numérote tes os, que je te démolisse !

Nymphe

(d’Hautel, 1808) : Mot ironique dont on qualifie souvent les filles publiques, les femmes galantes, et généralement les femmes de mauvaise vie.

(Delvau, 1864) : Déesse qui consent à sortir de son nuage pour entrer dans le lit d’un homme qui la paie pour cela.

Il avait pris je ne sais quelle habitude vituperosa avec une nymphe de la rue des Gravilliers.

Tallemant des Réaux.

Une nymphe, jeune et gentille.
Par un matin déménageait.

Grécourt.

Nous entrâmes dans la salle où se trouvaient renfermées beaucoup de nymphes.

Louvet.

Chez nos nymphes gentilles,
Aller négocier ;
Avoir toutes les filles,
Quand on est financier…

Collé.

(Delvau, 1867) : s. f. Fille de prostibulum, — dans l’argot des bourgeois.

Nymphe de Guinée

(Delvau, 1867) : s. f. Négresse, — dans l’argot des faubouriens.

Nymphe potagère

(Delvau, 1867) : s. f. Cuisinière.

Nymphe verte

(Rigaud, 1881) : L’absinthe, — dans le jargon des ivrognes qui cherchent la poésie au fond du verre.

Nymphes (les)

(Delvau, 1864) : Les petites lèvres de la matrice. — Nymphomanes, tribades. Femmes qui s’aiment et se le prouvent, entre cuisses — et nymphes.

Que faire de mes deux recluses, que j’ai laissées la bouche béante et attendant les promesses de l’amour ? Les voilà nymphomanes et tribades : elles vont se dessécher et périr ayant le temps comme une fleur qui soupire après la rosée.

Mercier de Compiègne.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique