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Laver

Laver

(d’Hautel, 1808) : Pour, vendre, se défaire de ses effets, de ses bijoux.
Il a lavé sa montre, ses boucles, etc. Pour dire, il les a vendues.
À laver un More, on y perd son savon. Signifie que c’est peine perdu de parler raison à un homme incapable de l’entendre.
Laver la tête à quelqu’un. Lui faire de vives réprimandes.
Se laver les mains d’une affaire. Ne prendre aucune part à son résultat ; se mettre à couvert des reproches que l’on pourroit faire.

(anon., 1827) : Vendre.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Vendre.

(Bras-de-Fer, 1829) : Vendre.

(Halbert, 1849) : Vendre.

(Delvau, 1867) : v. a. Vendre à perte les objets qu’on avait achetés pour les garder. Pourquoi laver au lieu de vendre ? M. J. Duflot prétend que cela vient de l’habitude qu’avait Théaulon de remettre à son blanchisseur, afin qu’il battit monnaie avec, les nombreux billets auxquels il avait droit chaque jour. (L’Institution Porcher — la claque — ne fonctionnait pas encore.) « Un jour, dit M. Duflot, le vaudevilliste avait à sa table quelques amis, parmi lesquels Charles Nodier et quelques notabilités politiques, quand le blanchisseur entra pour prendre les billets. — C’est mon blanchisseur, messieurs, dit-il. Bernier, ajouta-il, en se tournant vers lui, vous trouverez mon linge dans ma chambre à coucher ; sur la cheminée, il y a un petit paquet que vous laverez aussi. » Le petit paquet que Bernier trouva contenait les billets de spectacle, et Bernier fut obligé de comprendre que laver voulait dire vendre. Depuis ce jour, il ne manquait jamais de dire, en entrant chez Théaulon : « C’est le blanchisseur de Monsieur : Monsieur a-t-il quelque chose à laver ? »

(Rigaud, 1881) : Vendre pour cause de misère ou de gêne momentanée.

Ma foi ! j’avais une marine de je ne sais plus qui, je la décroche, je la fourre dans mon châle ; et je pars laver ça.

(Ed. et J. de Goncourt.)

(Virmaître, 1894) : Vendre ses frusques. On dit aussi nettoyer son complet (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Vendre.

J’ai lavé (vendu) mon bobino un cig.

(Hayard, 1907) : Vendre ; (se laver les pieds), être relégué.

Laver ! (va te)

(Fustier, 1889) : Expression injurieuse, synonyme de : Vous m’ennuyez !

Laver (se)

(Delvau, 1864) : Faire les ablutions de prudence autant que de propreté, après le coït — qui a naturellement pollué les parties sexuelles. — C’est la grande affaire des putains, qui dépensent en un soir plus d’eau que tes ivrognes n’en boivent dans toute leur vie. C’était aussi la grande affaire des Romains post rem veneream ; ils se lavaient presque religieusement, quasi religiose. Martial en témoigne assez. — Pourquoi les femmes honnêtes n’imitent-elles pas les filles publiques, et les bourgeois les Romains ?

Les hommes, lorsqu’ils ont foutu
A double couillon rabattu,
Se lavent dans, une terrine.

Dumoulin-Darcy.

Pourtant il leur manque, en somme
(Ce qui vaut bien un écu),
De savoir sucer un homme
Et de se laver le cul.

De la Fizelière.

Laver la tête

(Delvau, 1867) : v. a. Faire de violents reproches, et même dire des injures, — dans l’argot du peuple, qui ne fait que traduire le verbe objurgare de Cicéron.

Laver la vaisselle

(Virmaître, 1894) : V. Descendre à la crémerie.

Laver les pieds (se)

(Rigaud, 1881) : Aller à Cayenne aux frais de l’État. Les voleurs disaient, dans le même sens, il y a quelques années : Prendre un bain de pieds.

Laver son linge (avoir)

(Virmaître, 1894) : Le condamné qui a subi sa peine a lavé son linge. Il sort de prison blanc comme neige (Argot des voleurs).

Laver son linge sale en famille

(Virmaître, 1894) : Se disputer dans son intérieur, se faire des reproches sanglants (Argot du peuple).

Laver, lessiver

(Larchey, 1865) : Vendre, ironiquement envoyer ses effets mobiliers à une lessive dont ils ne reviennent pas. Même allusion dans Passer au bleu et Nettoyer.

Comme ce n’était pas la première fois que j’avais lavé mes effets sans savon.

Vidal, 1833.

Il a lavé sa montre, ses bijoux, pour dire qu’il les a vendus.

1808, d’Hautel.


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