AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre


Facebook

Share

Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

Allumer

Allumer

(d’Hautel, 1808) : Allumez la lumière. Phrase très-usitée parmi le peuple, pour Allumez la chandelle.
Allumer quelqu’un. Le regarder avec recherche et d’une manière indiscrète.

(Clémens, 1840) : Regarder.

(Larchey, 1865) : Regarder fixement, éclairer de l’œil pour ainsi dire. — Très ancien. Se trouve avec ce sens dans les romans du treizième siècle. V. Du Cange.

Allume le miston, terme d’argot qui veut dire : Regarde sous le nez de l’individu.

(Almanach des Prisons, 1795).

Allumer : Déterminer l’enthousiasme.

Malvina remplissait la salle de son admiration, elle allumait, pour employer le mot technique.

Reybaud.

Allumer : Pour un cocher, c’est déterminer l’élan de ses chevaux à coups de fouet.

Allume ! allume !

H. Monnier.

Allumé : Échauffé par le vin.

Est-il tout a fait pochard ou seulement un peu allumé ?

Montépin.

Allumeur : Compère chargé de faire de fausses enchères dans une vente.

Dermon a été chaland allumeur dans les ventes au-dessous du cours.

La Correctionnelle, journal.

Allumeuse, dans le monde de la prostitution, est un synonyme de marcheuse. Dans ces acceptions si diverses, l’analogie est facile à saisir. Qu’il s’applique à un tête-à-tête, à un spectacle, à un attelage, à un repas, ou une vente, allumer garde toujours au figuré les propriétés positives du feu.

(Delvau, 1867) : v. n. Exciter un cheval à coups de fouet. Argot des cochers.

(Delvau, 1867) : v. a. Provoquer l’admiration ; jeter le trouble dans le cœur d’un homme, comme font certaines femmes avec certains regards. Se dit aussi du boniment que font les saltimbanques et les marchands forains pour exciter la curiosité des badauds. L’expression est vieille.

(Delvau, 1867) : v. a. et n. Voir, regarder, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Regarder avec soin, observer, — dans le jargon du peuple.

Tais-toi, Pivoine, le républicain nous allume.

(A. Joly, Fouyou au Lazary, Clians.)

Dans l’argot des camelots et des marchands forains, allumer a le sens de surveiller l’acheteur, de veiller à ce qu’il ne chipe rien. — Allumer le pante. — Allumer le miston. On disait au XVIIIe siècle éclairer dans le même sens ; c’est le aliquem specidari de Cicéron.

(Rigaud, 1881) : Enthousiasmer, exciter l’admiration, surexciter.

Avec un costume neuf elle allumerait une salle.

(Huysmans, Marthe.)

Allumer le pingouin, exciter l’enthousiasme du public, dans le jargon des saltimbanques.

(Rigaud, 1881) : Stimuler un cheval à coups de fouet.

Le pauvre gars apparut, tout piètre encore, et se hissa péniblement dans la voiture. Après lui, madame y monta, puis, en route, allume !

(L. Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau-des-lutteurs.)

(La Rue, 1894) : Regarder avec soin. Enthousiasmer. Allumer le pingouin, exciter la curiosité ou l’enthousiasme des badauds, dans le jargon des saltimbanques. Signifie aussi écouter.

(Virmaître, 1894) : Faire de l’œil à un passant. Chauffer une salle de théâtre ou une réunion publique pour faire éclater l’enthousiasme et assurer le succès. Frapper ses animaux à coups de fouet pour les exciter. Compères chargés dans les salles de ventes d’allumer les acheteurs (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Regarder.

Allume la tronche de la môme qui radine.

Allumer veut aussi dire payer ; celui qui solde une dépense allume. Chez les artistes, allumer veut dire regarder dans la salle s’il y aura pour la sortie un monsieur galant.

Les allumeuses ne sont pas toujours celles qui éteignent.

(France, 1907) : Veiller, être aux aguets, ouvrir l’œil, dans l’argot des voleurs :

Si le Squelette avait eu tantôt une largue comme moi pour allumer, il n’aurait pas été moucher le surin dans l’avaloir du grinche.

(Eug. Sue, Les Mystères de Paris.)

Un jeune mais cynique vagabond est assis sur le banc des accusés, à la police correctionnelle.
Le président. — Prévenu, que faisiez-vous au moment de votre arrestation ?
Le prévenu. — J’avais l’œil au grain.
Le président. — Vous dites ?
Le prévenu. — J’allumais.
Le président. — Veuillez vous exprimer dans un langage clair, et surtout plus convenable.
Le prévenu. — Je ne connais que celui-là, moi. Je parle la langue de mes aïeux !

Allumer (s’)

(Delvau, 1864) : Être en érection, soit devant une femme, soit devant une photographie obscène.

Il ne s’allume pas !… Je ne s’rais pourtant pas fâchée qu’i m’ baise car il a un rude membre.

Lemercier de Neuville.

(France, 1907) : Prendre feu aux rayons des yeux d’une femme.

Entre horizontales.
— Tu sais ? Ce vieux à favoris blancs qui m’a fait l’autre soir une déclaration au Jardin de Paris ?… Voici deux fois que je dîne avec lui et il ne s’allume pas.
— Méfie-toi, ma chère, il doit être de la régie.

Allumer des clairs

(La Rue, 1894) : Regarder avec attention.

Allumer la chandelle

(Delvau, 1864) : Mettre un homme en état de baiser, par des attouchements habiles aux environs de son braquemard et sur son braquemard lui-même.

Allumer la quitourne

(Virmaître, 1894) : Fille qui fait la fenêtre, qui raccroche en chambre. À la tombée de la nuit elle allume sa lampe. Comme elle la tourne de façons différentes pour signaler aux passants qu’elle est libre ou occupée, de là, la qui-tourne (Argot des filles).

Allumer le flambeau d’amour

(Delvau, 1864) : Copuler.

J’m’approch’ crânement et j’ lui propose
D’allumer le flambeau d’ l’amour ;
Cédant au désir qui m’allèche.
De mon feu n’ jaillit qu’un’ flammèche.

F. De Calonne.

Allumer le miston

(Delvau, 1867) : Regarder quelqu’un sous le nez.

(La Rue, 1894) : Passer à l’exécution d’une affaire convenue entre complices.

Allumer les cierges

(La Rue, 1894) : Faire le guet (guetter les agents).

Allumer ses clairs

(Delvau, 1867) : Regarder avec attention.

Allumer son pétrole

(Delvau, 1867) : v. a. S’enflammer l’imagination, — dans l’argot des petites dames, qui savent combien l’homme est inflammable. On dit aussi Allumer son gaz — ce qui, en effet, est une manière de prendre feu.

(Virmaître, 1894) : Rendre quelqu’un amoureux. Mot à mot l’enflammer.
— Le grand t’a donc plaquée ?
— Comme un pet.
— T’a pas su y enflammer le pétrole (Argot des filles).

(France, 1907) : S’enflammer l’imagination. On dit aussi allumer son gaz, argot des filles.

Allumer un homme

(Delvau, 1864) : Se dit des femmes légères — comme chausson — qui, par leurs regards incendiaires, provoquent les hommes à la fouterie.

Elle ! elle n’allumerait pas même un homme en amadou.

Lemercier.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique