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Appliquer un homme sur l’estomac (s’)

(Delvau, 1864) : Se laisser enfiler comme une perle par lui, la perle sur le dos, et l’homme sur la perle.

Et fût-il coiffeur ou laquais, d’aussi huppées que vous se l’appliqueront sur l’estomac sans lui demander ses preuves.

A. de Nerciat.

Avoir l’estomac dans les mollets

(Delvau, 1867) : Avoir très grand faim. Argot du peuple. On dit aussi Avoir l’estomac dans les talons.

Avoir un pot de chambre cassé dans l’estomac

(Virmaître, 1894) : V. Trouilloter de la hurlette.

Avoir une table d’hôte dans l’estomac

(Delvau, 1867) : Manger goulûment et insatiablement.

Baiser ou foutre à la dragonne ou en maçon

(Delvau, 1864) : Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

Balai de l’estomac

(Rigaud, 1881) : Épinard.

(France, 1907) : Les épinards, dans l’argot du peuple.

Balai de l’estomac (le)

(Delvau, 1867) : Les épinards, — dans l’argot du peuple, qui connaît aussi bien que les médecins la vertu détersive de la Spinacia oleracea.

Beefsteack à Macquart

(Virmaître, 1894) : Macquart est l’équarrisseur qui a la spécialité d’abattre les vieux chevaux, les carnes hors de service (Argot du peuple).

Bifteck à macquart

(France, 1907) : Malpropre, sale individu. Macquart est le nom d’un équarrisseur qui abattait les chevaux vieux ou hors de service. En béarnais, maque signifie tache, souillure, ou encore misérable, qui est sans le sou. Faire du bifteck, frapper, ou bien monter sur un cheval qui trotte sec et par conséquent meurtrit l’assiette du cavalier ; bifteck à la chamareuse, saucisse plate, nourriture ordinaire des chamareuses (petites ouvrières). On dit dans le même sens bifteck de grisette.

Cabinet des grimaces

(Rigaud, 1881) : Lieux d’aisances.

Chose, machin

(Larchey, 1865) : On appelle ainsi celui dont on ne se rappelle pas le nom (d’Hautel).

Chose est malade. — Qui ça, Chose ?

H. Monnier.

La coutume est ancienne. Tallemant des Réaux conte que M. le Mage, conseiller à la Cour des aides, dit toujours Chose au lieu du nom.

Chose, machin, machine

(d’Hautel, 1808) : Ces mots sont d’un grand secours dans le langage du peuple ; on pourroit presque dire dans la conversation familière. En effet, ils suppléent continuellement à tous noms quelconques d’objets ou de personnes que la mémoire ne présente pas à l’instant.
Dites à Chose, à Machin ou Machine de s’occuper de cela. C’est chose, Machin ou Machine qui a fait cela. Pour c’est un tel ou une telle.
On dit aussi que l’On travaille pour l’intérêt de la chose, pour dire l’intérêt d’une affaire, le bien commun.
Avoir l’esprit à sa chose. C’est-à-dire être très assidu à son ouvrage.
On dit d’un homme maladroit, ou qui a un maintien gauche et emprunté, qu’il a l’air d’un chose, pour dire d’un nigaud, d’un stupide, d’une bête.

Chose, Machin, Untel

(Rigaud, 1881) : Terme de mépris lorsqu’on ne veut pas désigner quelqu’un par son nom. — Celui dont le nom nous échappe s’appelle aussi Chose, Machin.

Comment, Nana, ce sont tes amis, et tu ne sais seulement pas comment ils se nomment ? — Ma foi, non ; moi, je les appelle toujours : Ohé ! Machin !… ou bien : Dis donc, Chose ! et ils entendent très bien.

(Grévin.)

Commac

(Hayard, 1907) : Comme ça.

Contumace

(d’Hautel, 1808) : Absent. Beaucoup de personnes disent à tort, coutumace.

Coup du macaron

(Delvau, 1864) : Tour de force facile à figurer, mais impossible de mener à bonne fin. — L’homme est couché sur le dos, le bracquemart en l’air. La femme s’assoit dessus et s’introduit dans le vagin ce pivot de chair. Alors, s’aidant des pieds et des mains, elle tâche de tourner et de figurer l’aiguille du jeu de macarons. L’inventeur de ce divertissement m’assure « qu’à tous les coups l’on gagne. » — Je me permets d’en douter….. et vous ?…

Sur l’assise d’une pine
Pivotant comme un toton,
Aimes-tu mieux en gamine
Tirer l’coup en macaron ?

Paul Saunière.

Estomac

(d’Hautel, 1808) : Il a un estomac d’autruche, il digéreroit le fer. Se dit d’un gourmand à qui rien ne peut faire mal ; et d’un homme qui a l’estomac bien constitué.

(Delvau, 1867) : s. m. La gorge de la femme, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Marot :

Quant je voy Barbe en habit bien luisant,
Qui l’estomac blanc et poli desœuvre.

(Rigaud, 1881) : Courage, intrépidité, — dans l’argot des joueurs.

Avoir de l’estomac au jeu, c’est poursuivre la veine sans se déconcerter, sans broncher, dans la bonne ou la mauvaise fortune.

(Les Joueuses, 1868.)

Peu de joueurs étaient aussi crânes, avaient un pareil estomac !

(Vast-Ricouard, le Tripot, 1880.)

Beau joueur, Grandjean, et quel estomac !

(Figaro du 5 mars 1880.)

On dit d’un joueur très intrépide qu’il a un estomac d’enfer.

(La Rue, 1894) : Courage, audace au jeu.

Estomac (avoir beaucoup d’)

(Fustier, 1889) : Argot des cercles. Jouer gros jeu. — Avoir une grosse fortune ; présenter des garanties sérieuses au point de vue commercial. C’est une variante de : Avoir les reins solides.

Blancheron, un coulissier et un des plus fiers estomacs de la Bourse.

(De Goncourt : La Faustin.)

Estomac (avoir de l’)

(Delvau, 1864) : C’est-à-dire de la poitrine, avec de gros tétons. — On dit, en plaisantant, d’une femme qui a de gros tétons, qu’elle est poitrinaire.

Le parrain, vieux païen,
Lorgnant la double loupe,
De Suzon qui boit bien,
Remplit souvent la coupe ;
Et le vaurien, touche en servant la soupe,
D’un doigt fripon, l’estomac de Suzon.

Ch. Colmance.

Fichumacer

(Larchey, 1865) : Diminutif de ficher.

D’mandez moi donc où c’qu’est Allé c’flaneux d’ Cadet ! C’qu’il peut fichumacer À l’heure qu’il est.

Désaugiers.

Figure de papier maché

(Virmaître, 1894) : Personne sans couleur, aux joues creuses et à visage pâle. Le peuple, sans pitié, ne manque jamais d’employer cette expression pour un malheureux qui meurt de consomption.
— Il ne tient pas debout avec sa figure de papier mâché (Argot du peuple).

Figure de papier mâché

(Rossignol, 1901) : Avoir mauvaise mine.

Fleur de macadam

(Fustier, 1889) : Fille galante qui bat le trottoir.

Encore eût-elle (madame de Metternich) éclipsé cette fleur de macadam par la crânerie de sa désinvolture.

(Événement, 1880.)

Fond d’estomac

(Delvau, 1867) : s. m. Potage épais, — dans l’argot du peuple.

Foutimacer

(Rigaud, 1881) : Dire des niaiseries ; ne rien faire qui vaille.

Foutimacier, Foutimasseur

(Rigaud, 1881) : Diseur de niaiseries. Mauvais ouvrier. — Et foutimacière au féminin.

Gaz dans l’estomac (avoir une fuite de)

(Rigaud, 1881) : Sentir mauvais de la bouche.

Général Macadam

(Delvau, 1867) : s. m. Le public, qui est le Salomon de toutes les filles. On disait le général Pavé, avant l’introduction en France du système d’empierrement des rues dû à l’ingénieur anglais Mac Adam.

Grimace

(Fustier, 1889) : Petite boîte en usage dans les administrations publiques et qui renferme des pains à cacheter. Le dessus de la boite sert de pelote à épingles.

Limace

(Clémens, 1840) : Chemise.

(M.D., 1844) : Chemise.

(un détenu, 1846) : Chemise.

(Delvau, 1864) : Membre viril — qui n’est pas viril ; par exemple, celui des vieillards, qui ce sait plus relever fièrement la tôte au premier appel d’une femme, et aspire honteusement a la tombe, comme le nez du père Aubry.

Bien qu’en toi sa limace ait été dégorgée,
Pour toi je bande encore…

Louis Protat.

(Delvau, 1867) : s. f. Fille à soldats, — dans l’argot des faubouriens.

(Delvau, 1867) : s. f. Chemise, — dans l’argot des voleurs et des vendeurs du Temple.

(Rigaud, 1881) : Prostituée du dernier ordre.

(Merlin, 1888) : Chemise, — de l’argot parisien.

(La Rue, 1894) : Basse prostituée. Chemise.

(Virmaître, 1894) : V. Rôdeuse.

(Virmaître, 1894) : Chemise (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Chemise.

(Hayard, 1907) : Chemise.

Limace, lime

(Larchey, 1865) : Chemise. — Mot de langue romane. Du Cange donne le même sens au latin limas.Limacier : Chemisier. V. Gouêpeur.

Limace, Lime

(Rigaud, 1881) : Chemise.

En faisant son affaire sans limace on ne laisse pas de pièces à conviction près du machabé, et on n’a pas de raisiné sur sa pelure.

(J. Richepin, l’Assassin nu.)

Limacier, chemisier ; limacière, lingère.

Limacière

(Delvau, 1867) : s. f. Lingère.

Limaçon

(d’Hautel, 1808) : C’est un limaçon qui sort de sa coquille. Se dit par mépris d’un homme obscur qui s’élève tout-à-coup au-dessus de sa condition. Beaucoup disent colimaçon.

Lime ou limace

(Halbert, 1849) : Chemise.

Mac

(Delvau, 1864) : Abréviation de maquereau.

Ça m’ fera peut-etre rigoler un brin, de changer d’role, et de mac devenir miché.

Lemercier de Neuville.

Après tout, ce n’est pas si bête
D’avoir fait quatre cents binettes.
D’hommes de lettr’s, de peintr’s et de mac ?

A. Pothey.

(Delvau, 1867) : s. m. Apocope de Maquereau, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Apocope de maquereau, souteneur de filles ; et mecque avec changement de l’a en e. — De maque, marchand ; d’où maquignon.

(Virmaître, 1894) : Diminutif de maquereau. Quelques-uns écrivent mec, d’autres mecque. C’est mac qui est le vrai mot (Argot des souteneurs).

(Rossignol, 1901) : Individu qui vit du produit d’un labeur vaginal.

(Hayard, 1907) : Souteneur.

Mac à la mie de pain

(Rossignol, 1901) : Souteneur à qui la marmite donne peu d’argent.

Mac-Farlane

(Delvau, 1867) : s. m. Paletot sans manche, — dans l’argot des gandins et des tailleurs.

Mac-farlanes

(Larchey, 1865) : Long pardessus sans manches, avec grand collet tombant sur le devant.

Ils portent des mac-farlanes.

Les Étudiants, 1860.

Mac-Mahon

(Rigaud, 1881) : Les dragons ont donné ce nom à la tête de Méduse qui surmonta leurs casques. — T’as joliment bien astiqué Mac-Mahon, ce matin. — D’autres l’appellent la « République », parce qu’ils se figurent que c’est la tête de la République, (comme si elle avait le don de pétrifier ses ennemis.) — Je m’en vas donner un coup d’astiqué à la République.

Mac-Mahonat

(Rigaud, 1881) : Gouvernement du maréchal de Mac-Mahon, second président de la troisième République française.

Mac-Mahonien

(Rigaud, 1881) : Partisan du gouvernement du maréchal de Mac-Mahon. — Feuille mac-mahonienne, journal dévoué à la politique du maréchal.

Mac, maca

(La Rue, 1894) : Apocope de macquereau, macquerelle. Maman maca, maîtresse d’une maison de tolérance.

Mac, macque, macchoux

(Larchey, 1865) : Maquereau. — Maca : Maquerelle. — Macchoux est une corruption du mot maquereau. — Mac et maca sont deux abréviations. — Par un hasard singulier, la première de ces abréviations donne la clef même du mot Au moyen âge, le mot maque signifiait : vente, métier de marchand. V. Roquefort. — De là sont venus maquillon ou maquignon et maquerel ou maquereau. Le maquereau n’est qu’un maquignon de femmes. Pendant tout le moyen âge, on a écrit maquerel ou maqueriau. Ce dix-neuvième siècle a oublié la véritable source du mot qu’il a confondu avec celui du poisson, d’où les synonymes de poisson et de barbillon.

Le métier de mac autrefois n’était guère exercé que par des voleurs et des mouchards… maintenant les prêtresses de Vénus Callipyge ont pour amants des jeunes gens de famille.

1837, Vidocq.

Le macque est le souteneur des filles de la plus basse classe. Presque toujours c’est un repris de justice.

Canler, 1863.

Une vieille maca : Entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

1808, Dhautel.

Maca

(d’Hautel, 1808) : Une vieille Maca. Terme de mépris. Entremetteuse ; femme vieillie dans le vice et la débauche, et qui vit du commerce honteux de prostitution.

(Delvau, 1864) : Maquerelle, entremetteuse, femme vieillie dans le vice.

(Rigaud, 1881) : Maquerelle, proxénète. — Mère maca, macquecée, maîtresse d’une maison de tolérance. Maca suiffée, riche matrone.

Macabé

(La Rue, 1894) : Cadavre.

Macabées (case des)

(Rigaud, 1881) : Cimetière. Mot à mot : maison des cadavres. — Le clou des macabées, la Morgue ; c’est-à-dire le Mont-de-Piété des cadavres, l’endroit où l’on met les cadavres en dépôt.

Macabre

(Rigaud, 1881) : Mort. C’est une variante de machabée. — Viens-tu piger les macabres au musée des claqués ?

(Boutmy, 1883) : s. m. Un mort. Ce mot paraît venir de ces danses macabres que les artistes du Moyen Âge peignaient sur les murs des cimetières. La Mort conduisait ces chœurs funèbres. On dit plus souvent Macchabée.

Macache

(Delvau, 1867) : adj. Mauvais, détestable, — dans l’argot des ouvriers qui ont été troupiers en Algérie. On emploie ordinairement ce mot avec bono : Macache-bono. Ce n’est pas bon, cela ne vaut rien. Signifie aussi Zut !

(Merlin, 1888) : Négation — de l’arabe.

Macadam

(Delvau, 1867) : s. m. Boue épaisse et jaune due à l’ingénieur anglais Mac Adam.

(Delvau, 1867) : s. f. Boisson sucrée qui ressemble un peu comme couleur à la boue des boulevards macadamisés.

(Rigaud, 1881) : Vin blanc nouveau de Bergerac. Il présente l’aspect d’une boue liquide et jaunâtre. — Garçon ! deux macadams.

(Rigaud, 1881) : Bière noire anglaise, porter.

(Virmaître, 1894) : Accoster les hommes. L. L. On voit d’ici les filles faire le macadam qui est la chaussée des boulevards, pour raccrocher sans doute les omnibus, les fiacres et les becs de gaz. Macadam est le nom donné à un vin blanc épais, venant soi-disant de Montbazillac, qui est vendu par les mastroquets au moment des vendanges (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Vin blanc nouveau qui n’a pas fermenté.

Macadamiser

(Delvau, 1867) : v. a. Empierrer les voies publiques d’après le système de Mac Adam.

Macahée

(Rigaud, 1881) : Souteneur ; c’est un dérivé de mac.

Macahée, Machabée

(Rigaud, 1881) : Cadavre quelconque d’homme ou d’animal. Se disait autrefois plus particulièrement du cadavre d’un homme noyé ou de celui d’un animal.

Ce gros machabée, horrible pendu,
Sur la dalle froide, on vient de l’étendre ;
Il a les contours accrus d’un scaphandre,
Et de ses haillons le mur est tendu.

(Le Pavé, 1879.)

Macaire

(Larchey, 1865) : Malfaiteur audacieux, spirituellement cynique, affectant en toute occasion les manières d’un homme bien élevé. — Ce type étrange date, comme l’on sait, du drame de l’Auberge des Adrets ; il doit toute sa fortune à Frédérick-Lemaître qui, en créant le rôle de Macaire, a caractérisé pour toujours une classe particulière de criminels.

Ils se croyaient des Macaires et n’ont été que des filous.

Luchet.

(Delvau, 1867) : s. m. Escroc ; agent d’affaires véreuses ; saltimbanque, — dans l’argot du peuple, qui a conservé le souvenir du type créé par Frédérick-Lemaître au théâtre et par Daumier au Charivari. On dit aussi Robert-Macaire.

Macairien

(Rigaud, 1881) : Usé jusqu’à la corde, complètement déformé ; objet de toilette qui rappelle en partie le costume délabré de Robert-Macaire.

On y voit une troupe de malheureux couverts d’humides et boueux haillons, le chef orné de chapeaux macairiens.

(H. Berlioz, Les Grotesques de la musique.)

Macaron

(Larchey, 1865) : Dénonciation. — Du vieux mot maque : vente. V. Roquefort. — Un dénonciateur vous vend à la police.

Dans le nez toujours tu auras mes macarons et cabestans.

Vidocq.

Macaroner : Trahir.

(Delvau, 1867) : s. m. Huissier, — dans l’argot des voyous. Traître, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Huissier. Allusion aux panonceaux qui figurent à la porte des huissiers. — Dénonciateur.

(La Rue, 1894) : Huissier. Dénonciateur.

Macaronage

(La Rue, 1894) : Trahison.

Macaroner

(Bras-de-Fer, 1829) : Découvrir.

(Delvau, 1867) : v. a. et n. Agir en traître.

(Virmaître, 1894) : Vient de macaron. Macaron dans le peuple veut dire huissier ; dans l’argot des voleurs, il veut dire traître. Il est vrai qu’il n’y a pas grande différence entre les deux. Un voleur est traître en dénonçant ses complices ; un huissier est traître vis-à-vis des malheureux (Argot des voleurs). N.

Macaroni

(Merlin, 1888) : Corses ou Italiens. Par allusion à leur mets favori.

(Fustier, 1889) : C’est ainsi que les gens de bourse désignent plaisamment dans leur jargon le fonds d’État italien.

Le Macaroni se cramponne ; il voudrait se fixer, ou, si vous aimez mieux, se figer au pair.

(Gil Blas, juin 1887.)

Le bourgeois commerçant ou boursicotier dit : Je prends ferme ; le macaroni se soutient ; les huiles fléchissent.

(Gazette de France, octobre 1886.)

Macaronnage

(Rigaud, 1881) : Dénonciation d’un camarade.

Macaronner

(Halbert, 1849) : Agir en traître.

(Rigaud, 1881) : Dénoncer, trahir un camarade, — dans le jargon des voleurs.

Macaronner, Macaroniser (se)

(Rigaud, 1881) : Se sauver, filer, — dans le même jargon ; allusion au macaroni qui, lui aussi, file à sa manière.

Macchabée

(Delvau, 1867) : s. m. Cadavre, — dans l’argot du peuple, qui fait allusion, sans s’en douter, aux sept martyrs chrétiens. Mauvais macchabée. Mort de dernière classe, ou individu trop gros et trop grand qu’on est forcé de tasser, — dans l’argot des employés des pompes funèbres.

(Boutmy, 1883) : s. m. Un mort. V. Macabre.

(Virmaître, 1894) : Cadavre. Se dit plus parliculièrement d’un noyé que les mariniers retirent de l’eau. Les croque-morts disent aussi du mort qu’ils vont enlever :
— Emballons vivement le macchabée, il fouette à en crever (Argot du peuple). V. Bouffi.

(Hayard, 1907) : Cadavre, généralement de noyé.

Macédoine

(Rigaud, 1881) : Combustible, en terme de chauffeur de chemin de fer.

(Virmaître, 1894) : Combustible. L. L. Macédoine est une salade composée de toutes sortes de légumes ; on la nomme salade russe. Macédoine est également synonyme d’arlequin (Argot du peuple). N.

Machabé

(Rossignol, 1901) : Cadavre. Celui qui s’est noyé, s’est machabé.

Machabée

(Larchey, 1865) : « On appelle machabée tout être, homme ou animal, qui est privé de vie, et que l’on rencontre flottant sur un cours d’eau ou échoué sur le rivage. » — Val. Dufour. — Machabée : Juif. — Allusion biblique.

Mâcher

(d’Hautel, 1808) : Une santé de papier mâché. Complexion foible, mauvais état de santé.
Macher de haut. Manger sans appétit ; pignocher.
Mâcher à vide. Soupirer après une succession ; n’avoir ni pain ni pâte.
Il ne sait que mâcher. Se dit d’un homme qui ne fait rien qui vaille, excepté à table.
De l’ouvrage tout mậché. Pour dire tout préparé, tout disposé.
Il faut lui mâcher les morceaux. C’est-à-dire, lui faire le plus difficile de la besogne.

Mâcher (ne pas le)

(Larchey, 1865) : Parler franchement sans murmurer entre ses dents.

Quand j’ai lieu de vous en vouloir, Ah ! n’ayez pas peur que j’vous l’mâche !

De Longchamps, Ch., 1809.

Mâcher de haut

(Delvau, 1867) : v. a. Manger sans appétit, — dans l’argot des bourgeois.

Mâcher les morceaux

(Delvau, 1867) : v. a. Préparer un travail, faire le plus difficile d’une besogne qu’un autre achèvera. Argot du peuple.

Mâcher les mots

(Delvau, 1867) : v. a. Choisir les expressions les plus chastes, les moins blessantes. Ne pas mâcher les mots à quelqu’un. Lui dire crûment ce qu’on a à lui dire.

Mâcher les mots (ne pas)

(Virmaître, 1894) : Dire carrément à quelqu’un ce que l’on pense. Parler grossièrement : ainsi, dans le peuple, quand on dit merde à quelqu’un, on répond : mâche (Argot du peuple). N.

Mâcheur

(d’Hautel, 1808) : C’est un grand mâcheur. Se dit trivialement d’un épicurien, d’un homme qui aime beaucoup les plaisirs de la table.

Machicadour

(Merlin, 1888) : Se dit de quelqu’un ou d’un objet. Synonyme de chose, machin.

Machicot

(Delvau, 1867) : s. m. Mauvais joueur, — dans l’argot des faubouriens. Ils disent aussi Mâchoire.


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