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Accouplée

(Hayard, 1907) : Tribade.

Accouplées

(Virmaître, 1894) : Expression qui désigne dans un monde spécial les habituées du Rat Mort, de la Souris ou du Hanneton, deux femmes qui s’aiment avec une ardente passion et en conséquence détestent les hommes (Argot des filles). V. Gougnottes. N.

Accouplement (l’)

(Delvau, 1864) : L’acte copulatif, qui accouple souvent un jeune homme avec une vieille femme, un vieillard avec une jeune fille, un libertin avec une presque pucelle, une bête avec un homme d’esprit.

À tout prix je voulus la renvoyer chez elle ;
Mais elle résista, — ce fut mon châtiment,
Et jusqu’au rayon bleu de l’aurore nouvelle,
J’ai dû subir l’horreur de notre accouplement.

Henri Murger.

Accoupler (s’)

(Delvau, 1864) : Faire l’œuvre de chair, qui consiste dans une conjonction de deux créatures de sexes différents.

Il en est de certaine hommes comme des animaux ; ils n’aiment pas, ils s’accouplent aux femmes, qui pour eux ne sont que des femelles.

Baron Wodel.

Aller se faire couper les cheveux

(Delvau, 1864) : Aller au bordel. — L’expression date de l’établissement des bains de mer de Trouville, fréquentés par la meilleure société parisienne. Trouville est pour ainsi dire un faubourg du Havre, mais un faubourg sans bordels. Les messieurs sans dames qui ont des besoins de cœur s’échappent, vont au Havre et reviennent l’oreille basse, la queue entre les jambes, comme honteux de leurs mauvais coups. D’où venez-vous ? leur demandent les dames. — J’ai été me faire couper les cheveux, répond chaque coupable. — Les dames trouvaient — trouvillaient, dirait Commerson — qu’ils allaient bien souvent se faire arranger — la chevelure.

Aplomb (coup d’)

(Larchey, 1865) : Coup vigoureux, tombant verticalement sur le but.

Sus c’coup là, je m’aligne.
L’gonse allume mon bâton,
J’allonge sur sa tigne
Cinq à six coups d’aplomb.

Aubert, chanson, 1813.

Ah ! fallait voir comme il touchait d’aplomb.

Les Mauvaises Rencontres, chanson.

Arrosoir (coup d’)

(Rigaud, 1881) : Verre de vin, tournée sur le comptoir du marchand de vin, opération qui arrose l’estomac.

(France, 1907) : Boire un verre de vin.

Avoir pas inventé le fil à couper le beurre (n’)

(Delvau, 1867) : Être simple d’esprit, et même niais. On dit aussi N’avoir pas inventé la poudre.

Avoir un coup de marteau

(Fustier, 1889) : Ne pas jouir de la plénitude de ses facultés.

Avoir un coup de soleil

(Larchey, 1865) : Avoir une pointe de vin (d’Hautel, 1808). — Le vin et le soleil ont également la vertu d’empourprer Le visage.

Boire un coup

(Delvau, 1864) : Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est rentrer dans son bien… avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui explique la chose :

M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française, Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course… féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en riant : « Ah ! bah !… quand le coup est tiré, il faut le boire ! »

Bout coupé

(Rigaud, 1881) : Cigare d’un sou coupé aux deux bouts.

(Rigaud, 1881) : Juif.

(Virmaître, 1894) : Juif (Argot du peuple). V. Baptisé au sécateur.

(Rossignol, 1901) : Israélite.

Bout-Coupé

(Hayard, 1907) : Juif.

Bouteille (coup de)

(Rigaud, 1881) : Ivresse. Mot à mot : coup que le contenu de la bouteille produit sur la tête.

Il avait un coup de bouteille comme à l’ordinaire.

(E. Zola.)

Écraser une bouteille, vider une bouteille.

Ça te la coupe

(Larchey, 1865) : Cela te contrarie, te déroute (d’Hautel, 1808).

Cachemire (coup de)

(Rigaud, 1881) : Coup de serviette, — dans le jargon des habitués de café. On réclame ordinairement un coup de cachemire pour approprier le marbre de la table, avant de se livrer aux émotions du domino.

Cent coups (être aux)

(Delvau, 1867) : Être bouleversé ; ne savoir plus où donner de la tête. Argot des bourgeois.

Cent coups (faire les)

(Delvau, 1867) : Se démener pour réussir dans une affaire ; mener une vie déréglée. — Argot des bourgeois.

Chique (couper la)

(Rigaud, 1881) : Couper la parole ; synonyme de couper le sifflet.

Cible à coups de pied

(Delvau, 1867) : s. f. Le derrière. Argot du peuple.

Contre-coup

(Rigaud, 1881) : Contre-maître. — Contre-coup de la boite, contre-maître de l’usine, de l’atelier.

(Virmaître, 1894) : Contre-maître. Quand un ouvrier fait un loup (manque une pièce), c’est le contremaître qui reçoit le contre-coup du patron (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Contre-maître.

Contrecoup

(Hayard, 1907) : Contre-maître.

Coup

(d’Hautel, 1808) : Se battre à coup de savatte. C’est-à dire, à coups de pieds, comme le font les crocheteurs et les porteurs d’eau.
Faire les cent coups. Donner dans de grands écarts, faire des fredaines impardonnables, se porter à toutes sortes d’extravagances, mener une vie crapuleuse et débauchée ; blesser, en un mot, les règles de la pudeur, de la bienséance et de l’honnêteté.
Il a été le plus fort, il a porté les coups. Se dit en plaisantant de quelqu’un qui, n’ayant pas été le plus fort dans une batterie, a supporté tous les coups.
On dit plaisamment d’un homme économe dans les petites choses et dépensier dans les grandes, qu’Il fait d’une allumette deux coups, et d’une bouteille un coup.
Il ne faut qu’un coup pour tuer un loup.
Signifie qu’il ne faut qu’un coup de hasard pour abattre l’homme le plus puissant et le plus favorisé de la fortune.
Faire un mauvais coup. Commettre quelque méchante action, quelqu’action criminelle.
Un coup de maître. Affaire conduite avec adresse, habileté.
Faire d’une pierre deux coups. Faire deux affaires en en traitant une.
Faire un mauvais coup. Ne pas réussir ou échouer dans une entreprise.
Un coup de Jarnac. Coup détourné et perfide qui se dirige contre une personne à qui l’on veut du mal.
Caire un coup de sa tête. Pour dire un coup décisif ; ne prendre conseil que de sa propre volonté.
Coup de main. On appelle ainsi un travail de peu de durée, comme lorsqu’on se fait aider par des étrangers dans un moment de presse.
Un coup de désespoir. Action causée par le chagrin, la douleur, la peine.
Avoir un coup de hache. Pour, être timbré ; avoir la tête exaltée.
Les plus grands coups sont portés. Pour dire, le plus fort est fait, le plus grand danger est passé.
Il n’y a qu’un coup de pied jusque-là. Pour dire qu’il n’y a pas loin. On se sert aussi de cette locution ironiquement, et pour se plaindre de l’éloignement d’un lieu où l’on a affaire.
Se donner un coup de peigne. Au propre, se coiffer, se retapper. Au figuré, se battre, se prendre aux cheveux.
C’est un coup d’épée dans l’eau. Pour, c’est un effort infructueux, un travail inutile.
Frapper les grands coups dans une affaire. Mettre tout en œuvre pour la faire réussir.
Discret comme un coup de canon. Homme étourdi et indiscret qui ne peut rien garder de ce qu’on lui confie.
Il fait ses coups à la sourdine. Se dit d’un fourbe, d’un hypocrite, d’un homme dont les actions sont traitres et cachées.

(Delvau, 1864) : L’acte vénérien, qui est, en effet, un choc — agréable pour celle qui le reçoit comme pour celui qui le donne.

L’autre jour un amant disait
A sa maîtresse à basse voix,
Que chaque coup qu’il lui faisait
Lui coûtait deux écus ou trois.

Cl. Marot.

Tu voudrais avoir pour un coup
Dix écus ; Jeanne, c’est beaucoup.

Et. Tabourot.

Pour l’avoir fait deux coups en moins de demi-heure,
C’est assez travailler pour un homme de cour.

(Cabinet satyrique.)

Il faut toujours se faire payer avant le coup.

Tabarin

L’homme philosophal que cherche, sans le trouver, la femme, est celui qui ferait réellement les cent coups.

J. Le Vallois.

(Rigaud, 1881) : Manœuvre faite dans le but de tromper. On dit : il m’a fait le coup, il m’a trompé ; c’est le coup du suicide, c’est un faux suicide annoncé pour attendrir la dupe. (L. Larchey)

(La Rue, 1894) : Vol. Manœuvre dans le but de tromper. Ne pas en f…iche un coup, ne pas travailler.

(Virmaître, 1894) : Procédé secret et particulier (Argot des voleurs).

Coup (bon)

(Rigaud, 1881) : Dans le vocabulaire de la galanterie, c’est le plus bel éloge qu’un homme puisse faire d’une femme pour la manière dont elle tient les cartes au jeu de l’amour. — Par contre, mauvais coup sert à désigner la femme qui n’entend rien à ce jeu, ou que ce jeu laisse froide.

Coup (montage de)

(Rigaud, 1881) : Mensonge préparé de longue main. — Monter le coup, en imposer, conter un mensonge. — Se monter le coup, s’illusionner. — Monter un coup, combiner un vol. — Monteur de coups, celui qui ment, par habitude, dans un but intéressé.

Coup (monter le)

(Merlin, 1888) : Voyez Bourichon.

Coup (valoir le)

(Fustier, 1889) : Mériter attention. Valoir la peine.

Coup à monter

(Larchey, 1865) : Grosse entreprise.

Un coup à monter, ce qui, dans l’argot des marchands, veut dire une fortune à voler.

Balzac.

(Virmaître, 1894) : Piège à tendre. Tromper quelqu’un (Argot des voleurs).

Coup d’acré

(Rigaud, 1881) : Extrême-onction, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : coup de Sacrement.

Coup d’arrosoir

(Delvau, 1867) : s. m. Verre de vin bu sur le comptoir du cabaretier. Argot des faubouriens.

Coup d’encensoir

(Rigaud, 1881) : Coup de poing sur le nez, — dans le jargon des voyous qui ont servi la messe.

Coup de bas

(Larchey, 1865) : Coup dangereux.

Ces fats nous donnent un rude coup de bas.

Chansons. Clermont, 1835.

Coup de chien, peigne, torchon : V. ces mots.

(Virmaître, 1894) : Coup dangereux. Achever quelqu’un, le finir (Argot des voleurs).

Coup de bouteille

(Delvau, 1867) : s. m. Rougeur du visage, coup de sang occasionné par l’ivrognerie, — dans l’argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Rougeur du visage, coup de sang occasionné par l’ivrognerie. (A. Delvau)

Coup de cachet

(Fustier, 1889) : « Un jeune premier suivant le cœur de M. Zola… a sournoisement introduit un couteau entre les épaules de son rival… en imprimant à son arme, s’il en faut croire l’acte d’accusation, un mouvement de rotation destiné à donner au coup une force inévitablement mortelle. C’est ce que M. Huysmans appelle le coup de cachet. »

(L. Chapron.)

Coup de canif

(Delvau, 1867) : s. m. Infidélité conjugale, — dans l’argot des bourgeois. Donner un coup de canif dans le contrat. Tromper sa femme ou son mari.

(La Rue, 1894) : Infidélité conjugale.

Coup de canif dans le contrat

(Virmaître, 1894) : Homme qui trompe sa femme ou femme qui trompe son mari. On dit aussi, quand une femme a une masse d’amants, que le contrat est criblé de coups de sabre (Argot du peuple).

Coup de canif dans le contrat (donner un)

(Delvau, 1864) : Tromper son mari au profit d’un amant, sa femme au profit d’une maîtresse.

Et puis ces messieurs, comme ils se gênent pour donner des coups de canif dans le contrat ! La Gazette des Tribunaux est pleine de leurs noirceurs ; aussi nous sommes trop bonnes.

L. Festeau.

Coup de casserole

(Delvau, 1867) : s. m. Dénonciation, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Dénonciation. (L. Larchey)

Coup de châsse

(Rossignol, 1901) : Regarder. Donner un coup de châsse, est donner un coup d’œil (regarder).

Coup de chasselas

(Delvau, 1867) : s. m. Demi-ébriété, — dans l’argot du peuple. Avoir un coup de chasselas. Être en état d’ivresse.

Coup de chasses

(Virmaître, 1894) : Coup d’œil. Système employé par certaines filles pour raccrocher les passants.
— Tu ne marches pas, as-tu vu ce coup de chasses ? (Argot du peuple).

Coup de chien

(Delvau, 1867) : s. m. Traîtrise, procédé déloyal et inattendu, — dans le même argot [du peuple].

Coup de croupe

(Delvau, 1864) : Coup de cul que donne la femme dans l’acte copulatif.

Elle a un coup de croupe des plus distingués.

La Popelinière.

Coup de cul

(Delvau, 1864) : Jeu des reins dans lequel excellent les femmes, ce qui nous procure du plaisir et à elles des rentes — quand elles ne sont pas trop prodigues et qu’elles n’ont pas de maquereaux.

Pourtant, si j’en crois mes propres rivales,
Je réveillerais le plus des des morts
D’un coup de ce cul qu’ici tu ravales
Sans en éprouver le moindre remords.

Anonyme.

Ta fortun’ n’est pas faite :
Allons donc, y pens’-tu !
Encore un coup d’ cul,
Jeannette,
Encore un coup d’ cul.

E. Debraux.

Coup de deuil

(La Rue, 1894) : Malheur.

Coup de feu

(Delvau, 1867) : s. m. Moment de presse.

(Boutmy, 1883) : s. m. Ivresse commençante. V. Barbe.

Coup de feu de société

(Delvau, 1867) : s. m. Dernier degré de l’ivresse, — dans l’argot des typographes.

(Rigaud, 1881) : Le pinacle de la soulographie, — dans le jargon des typographes.

Coup de figure

(Rigaud, 1881) : Repas soigné. — ; Se flanquer un coup de figure, faire un bon repas.

Coup de fion

(Virmaître, 1894) : Terminer un ouvrage (Argot du peuple). V. Fignoler.

(Rossignol, 1901) : Bien essuyer et frotter un travail terminé est lui donner un coup de fion.

Coup de flan

(Virmaître, 1894) : Voler au hasard (Argot des voleurs).

Coup de fourchette

(Delvau, 1867) : s. m. Déjeuner. Argot des bourgeois. Donner un coup de fourchette. Manger.

(Delvau, 1867) : s. m. Vol à l’aide de deux doigts seulement.

(Delvau, 1867) : s. m. Coup donné dans les deux yeux avec les deux doigts qui suivent le pouce de la main droite. Argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Coup de doigts dans les yeux. Ce coup très dangereux est particulier aux voyous. Il consiste à porter dans les yeux de l’adversaire le médius et l’index de l’une ou de l’autre main écartés en forme de V.

Coup de fusil

(Virmaître, 1894) : Vendre à n’importe quel prix (Argot des camelots).

(Rossignol, 1901) : Acheter à très bon compte des marchandises escroquées. Voir Fusilleur.

(Hayard, 1907) : Voler.

Coup de gaz

(Delvau, 1867) : s. m. Coup de vin. Argot des faubouriens.

Coup de la bouffée

(Virmaître, 1894) : Genre de vol pratiqué chez les grands bijoutiers. Le voleur fume un énorme cigare, il lance au visage de la bijoutière un formidable jet de fumée ; aveuglée, elle ne voit pas les mains du voleur travailler (Argot des voleurs).

Coup de la Chancellerie

(Rigaud, 1881) : Une des passes de la lutte à main plate. C’est tenir, sous le bras, la tête de son adversaire. Si celui qui le porte est habile, le coup de la chancellerie amène la chute de l’adversaire et doit le tomber sur les deux épaules.

On trembla pour lui, qui, la tête prise sous l’une des aisselles et froissée aux coudes anguleux du faraud, un retors aussi ! résistait assez mal au rude coup de la chancellerie.

(Cladel, Ompdrailles, le Tombeau des lutteurs.)

Coup de manche

(Rigaud, 1881) : Mendicité à domicile avec lettres fabriquées pour émouvoir les âmes charitables.

Coup de marteau

(Rigaud, 1881) : Grain de folie. Mot à mot : coup de marteau qui a fendu le crâne. Autrefois on disait dans le même sens « coup de hache. » Celui qui avait reçu un coup de hache était réputé aux trois quarts fou.

Oui, il aime à bouffonner ; et l’on dirait parfois, ne v’s en déplaise, qu’il a quelque petit coup de hache à la tête.

(Molière, Le Médecin malgré lui, acte II, sc. 1.)

(Virmaître, 1894) : Fou par instant (Argot du peuple). V. Mailloché.

Coup de patte

(Larchey, 1865) : Propos méchant.

Coup de peigne

(Rigaud, 1881) : Batterie. — Se donner un coup de peigne, se battre, en venir aux mains.

Ça ne peut pas marcher, c’est impossible, on se donnera un coup de peigne.

(Les farces et les bamboches populaires de Mayeux, 1831.)

Coup de pied

(Rigaud, 1881) : Avance d’argent, — dans le jargon des tailleurs. Donner un coup de pied au grêle, demander une avance au patron.

Coup de pied de jument

(Delvau, 1867) : s. m. Maladie désagréable, — dans l’argot du peuple.

Coup de pied de Vénus

(Delvau, 1867) : s. m. « Trait empoisonné lancé par le fils de Cythérée au nom de sa mère », — dans l’argot des bourgeois, qui connaissent leur mythologie.

(Rigaud, 1881) : Maladie que l’on traite comme on traite les glaces de Saint-Gobain. Ce qui a fait dire à un de nos plus célèbres spécialistes, en estropiant un hémistiche bien connu de Virgile : Mercurium ayitat molem.

(La Rue, 1894) : Syphilis.

Coup de pistolet

(Larchey, 1865) : « Alléché par l’exemple et la perspective de quelques bénéfices énormes, un novice vient de tirer un coup de pistolet à la Bourse (c’est l’expression pour désigner une opération isolée et sans suite, Un coup de main). »

Mornand.

(Delvau, 1867) : s. m. Opération isolée et sans suite, mais destinée cependant à faire un peu de bruit. Coup de pistolet dans l’eau. Affaire ratée.

(Rigaud, 1881) : Pièce, acte ou scène d’un caractère très hardi, — en terme de théâtre. — Œuvre d’art dont l’originalité voisine de l’extravagance n’a d’autre but que de forcer l’attention publique.

(Rigaud, 1881) : Engagement à coups irréguliers d’une forte somme d’argent, — en terme de joueur.

Coup de poing de la fin

(Delvau, 1867) : s. m. Mot ironique ou cruel, qu’on lance à la fin d’une conversation ou d’un article. Argot des gens de lettres.

Coup de pouce

(Rigaud, 1881) : Faux poids obtenu au moyen d’une légère et vive application du pouce sur celui des plateaux de la balance où repose la marchandise. — Être fort sur le coup de pouce, avoir l’habitude de vendre à faux poids.

(Rigaud, 1881) : Effraction, — dans le jargon des voleurs.

(Virmaître, 1894) : Systeme employé par certains commerçants pour aider la balance à pencher du côté de la pesée. Les bouchers jouissent d’une grande habileté pour le coup de pouce (Argot du peuple).

Coup de Raguse

(Delvau, 1867) : s. m. Traîtrise, acte déloyal, trahison, — dans l’argot des ouvriers, chez qui le souvenir de la défection de Marmont est toujours vivant. C’est pour eux ce au’est le coup de Jarnac pour les lettrés.

Coup de rifle

(Delvau, 1867) : s. m. Ivresse, — dans l’argot des typographes.

(Rigaud, 1881) : Ivresse. Mot à mot : coup de feu.

Coup de sabre (avoir un fameux)

(Merlin, 1888) : La bouche fendue jusqu’aux oreilles.

Coup de sifflet (un)

(Halbert, 1849) : Un couteau.

Coup de sirop

(Rigaud, 1881) : Légère ivresse, après avoir bu du vin aussi écœurant que du sirop ; après avoir trop siroté.

Coup de soleil

(d’Hautel, 1808) : Avoir un coup de soleil. Être étourdi, à demi gris, avoir une pointe de vin, être en gaieté.
On dit aussi dans le même sens : Avoir son coup de feu.

(Delvau, 1867) : s. m. Demi-ébriété, — dans l’argot des faubouriens, que le vin allume et dont il éclaire le visage.

(Rigaud, 1881) : Ivresse ; illumination faciale causée par un excès de boisson.

(Virmaître, 1894) : Avoir trop bu du petit bourguignon. On dit aussi un coup de sirop (Argot du peuple).

Coup de tampon

(Delvau, 1867) : s. m. Coup de poing. Argot du peuple.

(Rossignol, 1901) : Coup de poing.

J’ai reçu un coup de tampon, qui m’a mis l’œil au beurre noir.

Coup de télégraphe

(Rigaud, 1881) : Dépêche électrique. — Donner un coup de télégraphe, expédier une dépêche télégraphique, — en terme d’employés du télégraphe.

Coup de temps

(Larchey, 1865) : Accident subit, surprise. — Terme d’escrime. — Voir le coup de temps, c’est le prévoir.

Coup de torchon

(Delvau, 1867) : s. m. Baiser, — dans l’argot des faubouriens, qui sans doute, veulent parler de ceux qu’on donne aux femmes maquillées, dont alors les lèvres essuient le visage.

(Rigaud, 1881) : Duel au sabre, en terme de régiment. Se flanquer un coup de torchon.


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