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Arracher du chiendent

(Halbert, 1849) : Chercher pratique.

(Delvau, 1867) : v. n. Chercher pratique, ou plutôt victime, — dans l’argot des voleurs, qui n’exercent ordinairement que dans les lieux déserts.

(Rigaud, 1881) : Attendre en vain en plein air. — Le Don Juan de comptoir qui, les pieds dans la boue, attend sa belle pour calmer les élans de l’amour, le voleur qui, au coin d’une rue, attend une pratique convenable pour calmer les élans de la faim, arrachent, l’un et l’autre, du chiendent. Le trop confiant créancier, qui attend chez lui la visite d’un débiteur, arrache du chiendent en chambre.

(La Rue, 1894) : Attendre vainement.

(France, 1907) : Chercher un coup à faire, une occasion de voler ou de tuer.

Arracheur de chien-dent

(Virmaître, 1894) : Voleur qui cherche une occasion de voler (Argot des voleurs).

Avoir du chien

(Delvau, 1864) : Se dit d’une femme qui a des grâces provoquantes, qui ne baise pas comme la première venue.

Il faut être sincère, même avec des drôlesses de cette espèce : Julia a du chien, beaucoup de chien.

Lynol.

Avoir du chien dans le ventre

(Delvau, 1867) : v. a. Être hardi, entreprenant, téméraire, fou même, comme un chien enragé. Argot du peuple.

Avoir le sacré chien

(Larchey, 1865) : Avoir le génie, l’esprit de son art. — Équivoque sur le mot précédent. — V. Chien.

Chien

(d’Hautel, 1808) : Il est grand comme un chien assis. Se dit par exagération et en plaisantant, d’un bambin, d’un marmouzet, d’un homme très-petit de taille, qui a la prétention de vouloir paroitre grand.
C’est un chien dont il faut se méfier. Manière incivile de dire qu’un homme est fin, subtil et rusé.
Cela n’est pas si chien. Pour cela n’est pas si mauvais ; se dit de toute chose friande et qui flatte le goût.
Faire le chien couchant. Flatter, carresser bassement quelqu’un, se soumettre à tous ses caprices, à toutes ses volontés.
Qui aime Bertrand, aime son chien. Voyez Aimer.
Chien hargneux a toujours l’oreille arrachée. Signifie qu’un homme querelleur s’attire sans cesse de mauvais traitemens.
Tu n’es pas chien. Expression basse et ignoble qui se dit à un égoïste, à un homme injuste, qui blesse les intérêts d’autrui pour satisfaire les siens propres.
C’est un mauvais chien. Grossièreté qui équivaut à c’est un méchant homme.
C’est un vrai chien de port. Pour c’est un rustre, un grossier personnage, comme le sont ordinairement les gens qui travaillent sur les ports.
Il m’a reçu comme un chien dans un jeu de quilles. Métaphore qui sert à exprimer le mauvais accueil que l’on a reçu de quelqu’un qu’on alloit visiter, consulter ou solliciter. On dit aussi d’un homme indiscret et importun qui vient dans une société sans y avoir été invité, qu’Il vient comme un chien dans un jeu de quilles.
Il mourroit plutôt un bon chien de berger.
Se dit méchamment et injurieusement d’une personne dont on désiroit la mort, et qui est revenue de quelque maladie dangereuse.
Un bon os ne tombe jamais d’un bon chien. Signifie qu’un bon mari a rarement une bonne femme, et une bonne femme un bon mari ; et par extension, que la fortune, le bonheur, ne favori sent jamais ceux qui méritent d’être heureux.
Il fait comme les grands chiens, il veut pisser contre les murs. Locution basse et figurée, qui signifie qu’un homme se couvre de ridicule, en prenant des tons au-dessus de sa fortune et de sa condition, et généralement en entreprenant des choses qui surpassent ses moyens et ses forces.
On dit des gens vicieux, et qui ne peuvent se corriger, qu’Ils sont comme les chiens, qu’ils retournent à leurs vomissemens.
Être comme un chien à l’attache.
Être retenu par un travail obligatoire et continuel.
Les coups de bâton sont pour les chiens. Réponse que l’on fait ordinairement à ceux qui vous menacent du bâton.
Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il est enragé. Signifie que lorsqu’on veut se débarrasser de quelqu’un, on lui cherche toute sorte de querelle.
On dit d’un écervelé, d’un homme qui court d’une manière extravagante, qu’Il court comme un chien fou.
Un bon chien n’aboie point faux.
Signifie qu’un homme habile ne fait jamais de fausses démarches.
Il est fou comme un jeune chien. Comparaison peu honnête, pour dire que quelqu’un est d’une humeur très-folâtre.
Un chien regarde bien un évêque, je peux bien regarder une bête comme toi. Répartie brusque et injurieuse que l’on fait à un homme vain et glorieux qui se fâche de la liberté que l’on prend, de le regarder, de le fixer.
Il ne faut pas se moquer des chiens, qu’on ne soit hors du village. Pour, il ne faut pas choquer quelqu’un dans un lieu où il peut nous nuire.
Jeter un os à la gueule d’un chien, pour le faire taire. Faire un présent à quelqu’un pour l’empêcher de divulguer les secrets d’une affaire.
On dit d’un homme avide qui défend bien ses intérêts dans une affaire, qu’Il n’en jette pas sa part aux chiens.
Chien en vie vaut mieux que lion mort.
Pour, il vaut mieux vivre en lâche que mourir en brave. Voy. Lion.
Abandonner quelqu’un comme un pauvre chien. Le laisser dans la misère, ne point le secourir.
Il est comme le chien du jardinier, il ne mange point de choux, et ne veut pas que les autres en mangent. Se dit d’un égoïste, d’un homme envieux des moindres succès.
Mener une vie de chien. Vivre dans la débauche et le libertinage ; dans une dissipation honteuse.
Chien noyé. Terme bas et injurieux que les femmes de la Halle appliquent à un homme, dans un débordement de colère.
Il n’est chasse que de vieux chiens. Signifie que pour les conseils, il faut avoir recours aux vieillards, qui ont reçu les leçons de l’expérience.
Rompre les chiens. Interrompre une conversation dont les suites pourroient être fâcheuses.
Entre chien et loup. Pour dire, à la brune, entre le jour et la nuit.
Tandis que le chien pisse, le loup s’enfuit. C’est-à-dire que l’occasion échappe, si l’on n’est habile à en profiter.
Droit comme la jambe d’un chien. Se dit par dérision d’une jambe, torse et mal faite.
Las comme un chien. Pour dire, très-fatigué. Comparaison dont l’ellipse est un peu forte ; car on ne sait pourquoi le chien dont on parle doit être fatigué, rien n’annonçant qu’il ait pris de mouvement.
Il vit comme un chien. Se dit par mépris d’un homme qui ne remplit aucun des devoirs de sa religion.
Vous pouvez entrer, nos chiens sont liés. Se dit pour encourager des gens timides.
Il est comme le chien de Jean de Nivelle, il s’enfuit quand on l’appelle. Voy. Appeler.
Si vous n’avez pas d’autre sifflet, votre chien est perdu. Se dit à ceux qui se sont fourrés dans une mauvaise affaire, et qui emploient des moyens inefficaces pour s’en retirer.
Ils s’aiment comme chiens et chats. Se dit d’un ménage où l’homme et la femme sont continuellement en querelle.
C’est St.-Roch et son chien. Se dit par raillerie de deux personnes qui vivent dans une grande familiarité ; qui sont inséparables.
C’est un chien au grand collier. Se dit d’une personne qui a de grandes prérogatives dans une maison ; qui y fait la pluie et le beau temps.
Faire un train de chien. Gronder, crier, s’emporter contre quelqu’un.
Un bruit de chien ; une querelle de chien. Un bruit qui dégénère en vacarme ; une querelle qui prend une mauvaise fin.
C’est un bon chien, s’il vouloit mordre. Se dit d’un homme dont les apparences sont favorables, mais trompeuses.
On appelle vulgairement l’eau-de-vie du sacré chien tout pur.

(Halbert, 1849) : Secrétaire.

(Larchey, 1865) : Mot d’amitié. V. Chat.

(Larchey, 1865) : Compagnon.

Tu passeras renard ou aspirant, après ça tu deviendras chien ou compagnon.

Biéville.

(Larchey, 1865) : « Le chef est chien ou bon enfant. Le chien est dur, exigeant, tracassier, méticulier. » — Balzac.

(Larchey, 1865) : Avare. — Horace (I. II, sat. 2) emploie le mot canis pour signifier avare.

Chien : Égoïste, homme injuste, qui blesse les intérêts d’autrui.

d’Hautel, 1808.

N’être pas chien en affaires : Aller grandement, sans chicane.

(Delvau, 1867) : s. m. Entrain, verve, originalité, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes ; bagou, impertinence,désinvolture immorale, — dans l’argot des petites dames.

(Delvau, 1867) : s. m. Caprice de cœur, — dans l’argot des petites dames. Avoir un chien pour un homme. Être folle de lui.

(Delvau, 1867) : s. m. Compagnon, — dans l’argot des ouvriers affiliés au Compagnonnage.

(Delvau, 1867) : s. et adj. Tracassier, méticuleux, avare, exigeant, — dans l’argot du peuple, qui se plaît à calomnier « l’ami de l’homme ». C’est l’expression anglaise : Dog-bolt. Vieux chien. Vieux farceur, — sly dog, disent nos voisins.

(Rigaud, 1881) : Homme dur, exigeant ; s’emploie principalement en parlant d’un supérieur, — dans le jargon des employés. — Sévère, — dans le jargon des collégiens.

Notre pion est diablement chien.

(Albanès, Mystères du collège, 1845.)

(Rigaud, 1881) : Avare.

Dis donc, petite sœur ; il est rien chien ton m’sieur : y m’ prend un cigare et du feu et y m’ donne que deux ronds.

(A. Tauzin, Croquis parisiens.)

(Rigaud, 1881) : Compagnon du devoir, en terme de compagnonnage.

(Rigaud, 1881) : Lettre tombée sous la forme. — dans le jargon des typographes.

(Boutmy, 1883) : s. m. Lettre tombée d’une forme ou qui se trouve sur le marbre au moment où l’on y dépose un châssis. Le chien fait lever le texte quand on desserre, en sorte qu’il est impossible de taquer sans écraser le caractère.

(La Rue, 1894) : Galbe, élégance, mordant, chic. Eau-de-vie.

Chien (avoir du)

(Delvau, 1864) : Se dit en parlant d’une femme qui s’attife d’une façon provocante, qui porte incontinent — à l’incontinence.

(Virmaître, 1894) : Posséder un aplomb remarquable. Femme qui n’est pas belle, mais qui a beaucoup d’audace et plaît quand même. Elle a du chien (Argot du peuple).

Chien (de)

(Rigaud, 1881) : Enorme, colossal, très fort. Une soif de chien, une faim de chien, une peur de chien.

Chien (du)

(Rigaud, 1881) : Du soigné. — Du dur, des coups.

Voilà du chien, attends ! apprête ton linge sale !

(E. Zola.)

(Rigaud, 1881) : Verve endiablée, élégance originale.

Eh bien, ma chère, nous leurs ferons tourner la tête… toi avec ton insolente beauté, moi avec mes petites facultés, avec ce je ne sais quoi qui m’estpropre, et qu’on appelle communément — du « chien. »

(Oct. Feuillet, Le journal d’une femme, 1878.)

(Rossignol, 1901) : Travail payé d’avance à un ouvrier. Lorsqu’il le fait, c’est du chien, parce qu’il ne lui revient rien.

Chien (faire du)

(Rigaud, 1881) : Faire un ouvrage payé d’avance. Parce qu’on ne le fait qu’au dernier moment et qu’on travaille dur quoique à contre cœur, l’argent étant mangé depuis longtemps.

Chien (faire le)

(Fustier, 1889) : Dans l’argot des cordons bleus, c’est suivre Madame au marché avec un panier dont, en pareil cas, on ne peut faire danser l’anse.

Une cuisinière à une de ses amies : Du moment qu’on ne fait pas le chien, la maison me va !

(Figaro, 1882.)

Chien (l’autre, cet autre)

(Rigaud, 1881) : L’autre individu, cet autre individu, celui dont, par mépris, on ne veut pas prononcer le nom.

Chien (voilà le)

(Rigaud, 1881) : Voilà la difficulté. La variante est : Voilà le chiendent.

Chien coiffé (s’éprendre du premier)

(Rigaud, 1881) : S’éprendre de la première femme venue. On disait autrefois pour exprimer la même idée : Cet homme aimerait une chèvre coiffée. (Le Roux, Dict. comique.)

Chien courant

(Rigaud, 1881) : Garde-frein, employé chargé de fermer les portières et de crier les stations, — dans le jargon des mécaniciens des chemins de fer.

Chien curieux (le)

(Merlin, 1888) : Adjudant de semaine. Voyez le suivant.

Chien de collège

(Larchey, 1865) : Maître d’études. — Chien de régiment : Caporal ou brigadier. — Leurs missions sont un peu celles du chien de berger. — Chien de commissaire : Secrétaire de commissaire de police.

Chien de magasin

(Rigaud, 1881) : Sergent d’habillement, — dans le jargon du régiment.

Chien de régiment

(Delvau, 1867) : s. m. Caporal ou brigadier, — dans l’argot des soldats.

Chien du commissaire

(Delvau, 1867) : s. m. Agent attaché au service du commissaire ; celui qui, il y a quelques années encore, allait par les rues sonnant sa clochette pour inviter les boutiquiers au balayage.

(Rigaud, 1881) : Secrétaire du commissaire de police.

Chaque coup de sonnette lui semblait le coup de sonnette du chien du commissaire.

(E. de Goncourt, La fille Elisa.)

Chien du quartier

(Rigaud, 1881) : Adjudant sous-officier, — dans le jargon du régiment. La variante est : Chien du régiment.

(Merlin, 1888) : Adjudant de semaine ; l’homme le plus craint, et, par contre, le plus détesté du quartier. Très bien nommé, du reste, car il est le seul gardien responsable de la caserne.

Chien pour un homme (avoir un)

(Rigaud, 1881) : Être éprise d’un homme, — dans le jargon des filles.

Chien tout pur

(Virmaître, 1894) : Eau-de-vie. Allusion au buveur qui a la voix rauque et aboie en parlant (Argot du peuple). V. Eau d’aff.

Chien vert

(Rigaud, 1881) : Terme d’amitié à l’adresse de filles entretenues, Mon petit chien vert.

Chien, Sacré-Chien

(Rigaud, 1881) : Eau-de-vie aussi mauvaise que forte. — On disait et l’on dit encore dur comme du chien, pour désigner soit un liquide qui racle la gorge au passage, soit une denrée comestible rebelle à la mastication. Il n’est donc pas étonnant que l’eau-de-vie très forte ait été désignée sous le nom de sacré-chien et chien par abréviation.

Chiendent

(d’Hautel, 1808) : Voilà le chiendent. Pour, voilà le point le plus difficile ou le plus important de l’affaire.

(Delvau, 1867) : s. m. Difficulté, obstacle, anicroche, — dans l’argot du peuple, qui sait avec quelle facilité le hunds- grass pousse dans le champ de la félicité humaine. Voilà le chiendent. Voilà le hic.

(La Rue, 1894) : Difficulté.

Chienlit

(Delvau, 1867) : s. m. Homme vêtu ridiculement, grotesquement, — dans l’argot du peuple, qui n’a p>as été chercher midi à quatorze heures pour forger ce mot, que M. Charles Nisard suppose, pour les besoins de sa cause (Paradoxes philologiques), venir de si loin.
Remonter jusqu’au XVe siècle pour trouver — dans chéaulz, enfants, et lice, chienne — une étymologie que tous les petits polissons portent imprimée en capitales de onze sur le bas de leur chemise, c’est avoir une furieuse démangeaison de voyager et de faire voyager ses lecteurs, sans se soucier de leur fatigue. Le verbe cacare — en français — date du XIIIe siècle, et le mot qui en est naturellement sorti, celui qui nous occupe, n’a commencé à apparaître dans la littérature que vers le milieu du XVIIIe siècle ; mais il existait tout formé du jour où le verbe lui-même l’avait été, et l’on peut dire qu’il est né tout d’une pièce. Il est regrettable que M. Charles Nisard ait fait une si précieuse et si inutile dépense d’ingéniosité à ce propos ; mais aussi, son point de départ était par trop faux : « La manière de prononcer ce mot, chez les gamins de Paris, est chiaulit. Les gamins ont raison. » M. Nisard a tort, qu’il me permette de le lui dire : les gamins de Paris ont toujours prononcé chit-en-lit. Cette première hypothèse prouvée erronée, le reste s’écroule. Il est vrai que les morceaux en sont bons.

Chienlit (à la) !

(Delvau, 1867) : Exclamation injurieuse dont les voyous et les faubouriens poursuivent les masques, dans les jours du carnaval, — que ces masques soient élégants ou grotesques, propres ou malpropres.

Chienner

(Delvau, 1864) : Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries cyniques, caninæ nuptiæ.

(Delvau, 1867) : v. n. Se dit — dans l’énergique argot du peuple — des femmes qui courent après les hommes, renversant ainsi les chastes habitudes de leur sexe.

Chiennerie

(Delvau, 1867) : s. f. Vilenie, liarderie ; mauvais tour, — dans le même argot [du peuple].

Chiens (ce n’est pas pour les)

(Rigaud, 1881) : Ce n’est pas à dédaigner ; c’est fait pour le genre humain — « L’hôpital n’est pas fait pour les chiens, » disent les gens du peuple, qui pourtant ne redoutent rien tant que l’hôpital.

Chiens crevés, Chiens écrasés

(Rigaud, 1881) : Faits divers qui sont en réserve sur le marbres d’une imprimerie et qui servent à justifier une page quand il manque de la copie, — dans le jargon des journalistes.

Chiens perdus ou bien Chiens noyés

(Boutmy, 1883) : s. m. pl. C’est ainsi que les journalistes désignent les nouvelles diverses. Le metteur en pages a besoin d’un chien perdu pour boucher un trou, quand les rédacteurs n’ont pas fourni assez de copie.

Coup de chien

(Delvau, 1867) : s. m. Traîtrise, procédé déloyal et inattendu, — dans le même argot [du peuple].

Couper la queue à son chien

(Delvau, 1867) : v. a. Faire quelque excentricité bruyante et publique, de façon à attirer sur soi l’attention des badauds, — stratagème renouvelé des Grecs.

Donner sa langue aux chiens, aux chats

(Larchey, 1865) : Renoncer à deviner.

Je donne ma langue aux chiens, dit Jérôme, je renonce.

E. Sue.

Dormir en chien de fusil

(Delvau, 1867) : v. n. C’est, — dans l’argot du peuple, — prendre en dormant une posture qui donne au corps la forme d’une S ou du morceau de fer qu’on abat sur le bassinet de certaines armes à feu lorsqu’on veut tirer.

(Virmaître, 1894) : Dormir en cerceau. Allusion à la forme de l’ancien chien de fusil à piston (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Les jambes raccourcies.

Garder un chien de sa chienne à quelqu’un

(Delvau, 1867) : Se proposer de lui jouer un tour ou de lui rendre un mauvais office. On dit aussi Garder une dent, et, absolument, la garder.

Jeter sa langue aux chiens

(Delvau, 1867) : v. a. Renoncer à deviner une chose, à la comprendre, — dans l’argot des bourgeois. On dit aussi Jeter sa langue aux chats.

Merde de chien (c’est delà)

(Rigaud, 1881) : C’est exécrable, très mauvais.

Mettre le chien au cran du repos

(Delvau, 1867) : Dormir, — dans l’argot des soldats.

Ne pas attacher son chien avec des saucisses

(Virmaître, 1894) : Avare. C’est une expression très populaire, superlatif de chien, grippe-sous. On ne peut rien dire plus d’un homme (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Être avare.

Nez de chien

(Rigaud, 1881) : Mélange de bière et d’eau-de-vie.

Nez-de-chien

(Delvau, 1867) : s. m. Mélange de bière et d’eau-de-vie, — dans l’argot des faubouriens. Avoir le nez de chien. Être gris, — parce qu’on ne boit pas impunément ce mélange.

Petit chien, grosse queue

(Delvau, 1864) : Façon de parler proverbiale pour dire que les hommes de petite taille ont presque toujours un fort membre, comme contraste à l’Hercule ancien, qui n’avait qu’une quéquette.

Pique-chien

(Rigaud, 1881) : Concierge de l’École polytechnique, — dans le jargon des élèves de cette école.

(Merlin, 1888) : Portier consigne.

(Fustier, 1889) : Argot des élèves de l’École polytechnique. Le pique-chien n’est point, à proprement parler, comme le dit Rigaud dans son Dictionnaire d’argot moderne, le concierge de École. C’est un adjudant chargé de surveiller la sortie et la rentrée des élèves. Comme là se borne presque toutes ses occupations, il a tout le loisir de dormir, de piquer son chien.

Piquer son chien

(Delvau, 1867) : Dormir, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi, Piquer un chien. D’où vient cette expression ? S’il faut en croire M. J. Duflot, elle viendrait de l’argot des comédiens et sortirait de l’Aveugle de Montmorency, une pièce oubliée. Dans cette pièce, l’acteur qui jouait le rôle de l’aveugle, tenant à ne pas s’endormir, avait armé l’extrémité de son bâton d’une pointe de fer qui, par suite du mouvement d’appesantissement de sa main, en cas de sommeil, devait piquer son caniche placé entre ses jambes, et chaque fois que son chien grognait, c’est qu’il avait piqué son chien, c’est-à-dire qu’il s’était laissé aller au sommeil.

(Rigaud, 1881) : Dormir pendant le jour. — Les tailleurs disent avec une variante : Piquer sa plaque.

(La Rue, 1894) : Dormir pendant le jour.

Piquer un chien

(Larchey, 1865) : Dormir. On trouve dans Rabelais un exemple de dormir en chien.

Sur l’étude passons. Il n’est qu’un seul moyen de la bien employer, c’est de piquer son chien.

Souvenirs de Saint-Cyr.

(Larchey, 1865) : Dormir. — Rabelais l’écrit dormir en chien dans son livre IV, page 159. C’est, dit le Duchat, son annotateur, Dormir indifféremment à toute heure et en tous lieux.

Lorsque la nuit est sombre, que les voyageurs pioncent ou piquent leur chien.

Paillet.

Pleuvoir comme du chien

(Delvau, 1867) : v. n. À verse. Les Anglais ont à peu près la même expression : To rain cats and dogs (Pleuvoir des chiens et des chats), disent-ils. C’est l’équivalent de : Il tombe des hallebardes.

Potachien, potache

(Larchey, 1865) : Collégien. Allusion au chapeau de soie pot à chien qui était d’uniforme dans les collèges avant le képi. V. Bahut.

Sacré chien

(Larchey, 1865) : Eau-de-vie.

Vous nous râperez le gosier avec le trois-six et le sacré chien dans toute sa pureté.

Th. Gautier, 1833.

Les voilà parties chez Caplaine où elles demandent un demi-septier de sacré chien.

Vadé, 1788.

(Delvau, 1867) : s. m. Eau-de-vie de mauvaise qualité qui emporte le gosier. Argot du peuple. On dit aussi Sacré chien tout pur.

(Delvau, 1867) : s. m. Feu sacré, — dans l’argot des rapins et des cabotins. Avoir le sacré chien. Jouer d’inspiration et avec succès. Peindre avec emportement.

Sacré-chien

(Larchey, 1865) : Eau-de-vie. — Dans le monde artistique le sacré-chien, c’est le sentiment de l’art, c’est le feu sacré. — On dit dans le même sens : Il a du chien. Allusion à l’eau-de-vie.

Temps de chien

(Delvau, 1867) : Mauvais temps, pluie ou neige, — temps à ne pas mettre un chien dehors. Argot du peuple.

Vie de chien

(Delvau, 1867) : s. f. Conduite déréglée, crapuleuse. Faire ou Mener une vie de chien. Vivre dans le désordre et le vagabondage. Les Anglais ont la même expression, dans le même sens : to lead a dog’s life. On dit aussi Faire une vie de polichinelle.


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