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Ab irato

France, 1894 : En colère ; latinisme.

Abraté

France, 1894 : Fatigué, paresseux, privé de bras. Patois du Centre.

Adjuger une banque à un opérateur

Fustier, 1889 : Argot de cercle. Voler ou tricher au jeu. (V. Revers.)

Aller au gratin

Delvau, 1864 : Baiser une femme publique, — à l’œil — ce qui est une gourmandise pour certains travailleurs. Allusion au gratin que laisse un mets au fond de la casserole et qui trouve toujours un amateur — quand tout le monde est servi.

Amour socratique

Delvau, 1864 : La pédérastie, que Socrate pratiquait si volontiers à l’endroit — je veux dire à l’envers d’Alcibiade.

Attache de gratousse

France, 1894 : Nœud de dentelle. Gratousse signifiant dentelle parce que, dit Lorédan Larchey, elle gratte légèrement la peau.

Baratter

Delvau, 1864 : Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est du fromage.

Boulangers de l’impératrice

Merlin, 1888 : Autrefois Pénitenciers — par allusion à leur tenue de couleur grise.

Bric-à-brac (Littérature de)

France, 1894 : Littérature faite de toutes pièces, ne tenant pas debout, composée de vieux clichés puisés de droite et de gauche. « Donc, M. Pierre Loti qui nous a donné dans ses livres une Océanie de convention, une bataille tonkinoise faite de chic… qui nous a servi un Sahara de bric-à-brac, un spahi en caramel fondant au soleil et un matelot en pain d’épices s’amollissant dans les temps doux, peut fort bien se distraire et récréer ses convives en leur offrant un moyen âge de fantaisie et un Louis XI de théâtre forain »

(Edmond Lepelletier.)

Bureaucrate

d’Hautel, 1808 : Commis employé dans un bureau.

Bureaucratie

d’Hautel, 1808 : Pouvoir, influence des chefs de bureaux dans une administration ; on donne aussi ce nom à la classe des commis et des employés.

Cadratin

Rigaud, 1881 : Chapeau haute forme, — dans le jargon des typographes. Au propre, le cadratin est un petit morceau de fonte qui sert à maintenir les caractères d’imprimerie. Les ouvriers, pour se distraire, ont combiné un jeu avec les cadratins.

France, 1894 : Chapeau à haute forme ; lettre apocryphe. Se dit aussi, dans l’argot des typographes, pour les petits carrés placés au commencement des alinéas.

Cadratins

Boutmy, 1883 : s. m. pl. Petits parallélépipèdes de même métal et de même force que les caractères d’imprimerie, mais moins hauts que les lettres de diverses sortes. Ils servent à renfoncer les lignes pour marquer les alinéas et portent sur une de leurs faces un, deux ou trois crans. Jeu des cadratins. On joue avec ces petits prismes rectangulaires à peu près comme avec les dés à jouer. Les compositeurs qui calent, et même ceux qui ne calent pas, s’amusent quelquefois à ce jeu sur le coin d’un marbre. Quand le joueur n’amène aucun point, on dit qu’il fait blèche. Il va sans dire que l’enjeu est toujours une chopine, un litre ou toute autre consommation. Les typographes appellent aussi cadratin le chapeau de haute forme, désigné dans l’argot parisien sous le nom si juste et si pittoresque de tuyau de poêle.

Canif dans le contrat (coup de)

France, 1894 : Commettre une infidélité conjugale et, par extension, une infidélité extra-conjugale.

— Écoutez, disait un vieux grigou à Mlle X., je vous donnerais 4.000 francs par mois, mais chaque fois que vous donnerez un coup de canif dans le contrat, vous me remettrez cinq louis.
— Merci ! fit la charmante danseuse, vous gagneriez plus que moi.

(Gil Blas)

Capatrat

France, 1894 : Tête ; argot des voleurs.

La bataille allait prendre une tournure plus sérieuse, car Nib avait dit à voix basse à ses acolytes, parodiant, sans le connaître, le mot de César recommandant à ses soldats de frapper au visage :
— Escarpez à la capatrat, vieux fiasses !… (Tapez à la tête vieux frères).
Ses compagnons, suivant ce conseil, s’efforçaient d’atteindre le comte à la tête avec leurs bouteilles et leurs verres lancés à toute volée.

(Ed. Lepelletier, Les Secrets de Paris)

Carat

d’Hautel, 1808 : Il est bête à trente-six carats. Manière exagérée et grossière d’exprimer qu’un homme est d’une stupidité, d’une ineptie au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer.

Rossignol, 1901 : Années. Ce mot est employé par les placiers ou correspondants de maisons de tolérance de province pour désigner l’âge d’une femme : il dira que le colis qu’il va expédier a dans les dix-huit carats pour âge.

Castrat

Delvau, 1864 : Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.

Dans tan théâtre, où règnent les castrats.

Joachim Duflot.

Es-tu pédéraste ou castrat, voyons ?
Un pareil état m’excite et m’offense :
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons.

Anonyme.

Chevalier du râteau

France, 1894 : Croupier des tables de roulette.

Conspiration du silence

Rigaud, 1881 : Entente tacite de la presse, — la seule peut-être qui existe — dans le but d’étouffer un nouveau journal sous le poids du silence, un silence plus préjudiciable que les critiques les plus acerbes. En vain pour le faire rompre, le nouveau venu passe-t-il de la flatterie aux invectives et des invectives à la provocation : Nouvelles à sensation, premiers-Paris remarquables, articles originaux, autant d’encre perdue. Les vétérans du journalisme demeurent muets ; puis, un beau jour, la feuille infortunée rend le dernier soupir sans que le public se soit seulement douté de son existence ; et un autre beau jour, les articles originaux morts-nés, légèrement démarqués, obtiennent un succès prodigieux dans la feuille d’un des conspirateurs sans délicatesse.

Coup de canif dans le contrat

Virmaître, 1894 : Homme qui trompe sa femme ou femme qui trompe son mari. On dit aussi, quand une femme a une masse d’amants, que le contrat est criblé de coups de sabre (Argot du peuple).

Coup de canif dans le contrat (donner un)

Delvau, 1864 : Tromper son mari au profit d’un amant, sa femme au profit d’une maîtresse.

Et puis ces messieurs, comme ils se gênent pour donner des coups de canif dans le contrat ! La Gazette des Tribunaux est pleine de leurs noirceurs ; aussi nous sommes trop bonnes.

L. Festeau.

Courir le rat

Larchey, 1865 : Voler la nuit à l’auberge (Vidocq).

Craticuler

France, 1894 : Copier un dessin en mesurant toutes ses parties à l’aide de petits carrés de papier.

(L’Argot de l’X)

Crème du gratin

France, 1894 : Société de choix.

Une salle de première représentation au Théâtre-Français, c’est plus que la crème de gratin ou du gratin de crème, messeigneurs, et l’on y voit des types et des prototypes de toutes les aristocraties, même des intellectuelles, avec, au parterre, des rois du génie humain, s’il en traine. Mais on y voit surtout des femmes, attendu que le théâtre, étant l’art de l’amour, est leur art, et qu’elles y raffinent.

(Émile Bergerat, Le Journal)

Dératé

d’Hautel, 1808 : Il court comme un dératé. Pour dire à toutes jambes, comme un fou.
Un dératé. Homme éveillé, alerte et rusé, dont il est difficile de faire une dupe.

École préparatoire

Fustier, 1889 : Prison.

Égratigner

d’Hautel, 1808 : Cette femme n’est pas encore trop égratignée. Se dit d’une femme qui, quoique d’un âge mûr, a encore un air de fraicheur et quel que trace de beauté.
S’il ne mord, il égratigne. Expression proverbiale qui se dit d’un homme dont la langue est satirique et dangereuse.

Fafiot garaté

Rigaud, 1881 : Billet de banque, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : papier de Garat, l’un des signataires des billets de banque. — Fafiot mâle, billet de banque de mille francs. — Fafiot femelle, billet de banque de cinq cents francs. — Fafiot en bas âge, billet de banque de cent francs.

Faire aller en rateau

Virmaître, 1894 : Trimballer quelqu’un et le remettre toujours au lendemain (Argot du peuple).

Figuration

Delvau, 1867 : s. f. Les figurants, — dans l’argot des coulisses.

Finir en queue de rat

Delvau, 1867 : v. n. finir fâcheusement, tristement, bêtement, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Fouler la rate (ne pas se)

Delvau, 1867 : En prendre à son aise, ne pas se donner beaucoup de mal. On dit aussi absolument : Ne pas se fouler.

Frater

d’Hautel, 1808 : Un frater. Sobriquet donné à un barbier, à un perruquier, et quelquefois aussi à un élève en chirurgie. On se sert plus communément du mot carabin, pour désigner un jeune étudiant en chirurgie.

Fraternellados, Inséparables

Rigaud, 1881 : Cigares à trois sous les deux. La régie les appelle des esquichados parce qu’ils sont aplatis.

Gérontocratie

Larchey, 1865 : Puissance de la routine et des anciennes idées, représentées au théâtre par le type de Géronte.

La gérontocratie sous laquelle tout se flétrit en France.

Balzac.

Delvau, 1867 : s. f. Puissance des préjugés, de la routine et des idées caduques, « sous laquelle tout se flétrit en France ». — où les Gérontes sont encore plus nombreux que les Scapins. L’expression est d’Honoré de Balzac.

Rigaud, 1881 : Rabâchage, routine, idées surannées. M. Éd. About s’est souvent servi de ce mot.

Grate

Rigaud, 1881 : Gratification obtenue pour travail supplémentaire, — dans le jargon des typographes.

Boutmy, 1883 : s. f. Abréviation de gratification. La journée des typographes, dans les ateliers de Paris, est de dix heures. Quand un ouvrage est pressé, le prote fait quelquefois travailler un ou plusieurs ouvriers en dehors des heures réglementaires ou les jours fériés. Ces heures supplémentaires donnent droit à une gratification que le Tarif fixe à 25 centimes par heure. C’est ce qu’on appelle la grate. Elle a été établie surtout en vue de provoquer le maître imprimeur à occuper le plus possible d’ouvriers. Il a, on le comprend, un moyen facile d’échapper à la gratification : c’est de mettre sur le même ouvrage un nombre d’hommes suffisant pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours aux heures supplémentaires. Tous le feraient assurément, si trop souvent l’espace ne leur manquait.

Fustier, 1889 : Le bénéfice accordé aux commis de nouveautés sur la vente de certains articles.

Grate, gratouille

La Rue, 1894 : Gale.

Grater les pavés

Bras-de-Fer, 1829 : Vivre dans la misère.

Gratias

d’Hautel, 1808 : Deo gratias les moines sont soûls. Se dit en plaisantant lorsque quelqu’un rote en compagnie.

Gratin

Fustier, 1889 : Le gratin, c’est dans l’argot boulevardier l’ensemble du monde élégant ou soi-disant tel.

Les échotiers mondains ont trouvé un mot assez pittoresque, mais par trop irrespectueusement culinaire, pour désigner ce que nos pères — non moins pittoresques, mais plus fleuris dans leur langage — appelaient le dessus du panier. Le mot des échotiers sus-mentionnés, c’est le gratin du gratin. Elles (les jolies femmes) essaiment comme des papillons. Plus de thés au coin du feu, plus de raoûts intimes où elles ne reçoivent que le gratin.

(Du Boisgobey : Le Billet rouge.)

De gratin, on a forgé le verbe gratiner, suivre la mode, être à la mode et l’adjectif gratinant, signifiant beau, joli, distingué.

La toquade pour l’instant, c’est la fête de Neuilly, c’est là qu’on gratine. Ce qui veut dire en français moins gommeux : c’est là que le caprice du chic amène tous les soirs hommes et femmes à la mode.

(Monde illustré, juillet 1882.)

Grand raoût chez la comtesse S…, un des plus gatinants de la saison. Tout le faubourg y est convié.

(Figaro, mars 1884.)

La Rue, 1894 : L’ensemble du monde à la mode.

Virmaître, 1894 : Il y a du gratin, il y a de quoi. Il est gratin : il est à la mode. Pour un homme du monde, on dit : C’est un homme du gratin. On traduit dans le peuple : personna grata par personne gratinée, du gratin. Les moutards préfèrent manger le gratin qui s’attache à la casserole, quand la mère prépare la bouillie du petit frère (Argot du peuple). N.

Gratin (du)

Rigaud, 1881 : Des coups, — dans le jargon du peuple.

Un grand sec, en bras de chemise, ouvre la porte, saute sur l’homme et lui fout un gratin à le tuer.

(La petite Lune, 1879.)

Refiler un gratin, donner une gifle formidable.

Gratis

Delvau, 1867 : s. m. Crédit, — dans l’argot des marchands de vin.

Rigaud, 1881 : Crédit, — dans l’argot des marchands de vin. Pour eux, faire crédit, c’est, souvent, donner la marchandise gratis.

Gratou

Halbert, 1849 : Rasoir.

Delvau, 1867 : s. m. Rasoir, — dans l’argot des voleurs.

Gratouille

Delvau, 1867 : s. f. Gale, — dans le même argot [des voleurs].

Virmaître, 1894 : La gale (Argot du peuple). V. Charmante.

Hayard, 1907 : La gale.

Gratouse

anon., 1827 : Dentelle.

Bras-de-Fer, 1829 : Dentelle.

Clémens, 1840 : Gale.

Halbert, 1849 : Dentelle.

Delvau, 1867 : s. f. Dentelle, — dans le même argot [des voleurs].

Rigaud, 1881 : Dentelle, — dans l’ancien argot.

La Rue, 1894 : Dentelle.

Gratouze

Raban et Saint-Hilaire, 1829 : Dentelle.

Gratte

Larchey, 1865 : Abus de confiance.

Il y a de la gratte là-dessous.

la Correctionnelle.

Delvau, 1867 : s. f. Dîme illicite prélevée sur une étoffe, — dans l’argot des couturières, qui en prélèvent tant et si fréquemment qu’elles arrivent à s’habiller de soie toute l’année sans dépenser un sou pour cela. C’est un vol non puni, mais très punissable. Les tailleurs ont le même mot pour désigner la même chose, — car eux aussi ont la conscience large.

Rigaud, 1881 : Gale. — Avoir pincé la gratte, avoir attrapé la gale.

Rigaud, 1881 : Excédant d’une marchandise confiée à un ouvrier à façon, et qu’il croit devoir s’approprier.

Rossignol, 1901 : Bénéfice. Faire danser l’anse du panier, c’est faire de la gratte. Lorsqu’un patron donne à un ouvrier la matière première pour confectionner douze objets, et que l’ouvrier en tire quatorze, s’il garde le surplus, il fait de la gratte. Aucun ne se doute que cela constitue un vol.

Gratte (en faire)

Virmaître, 1894 : Chiper sa patronne en majorant les achats (Argot du peuple). V. Gratter.

Gratte (faire de la)

Hayard, 1907 : Bénéfice malhonnête.

Gratte (la)

Delvau, 1867 : La gale, — dans l’argot des faubouriens.

Hayard, 1907 : La gale.

Gratte-couenne

Halbert, 1849 : Perruquier.

Larchey, 1865 : Barbier. — Mot à mot : gratte-peau.

Rigaud, 1881 : Barbier.

Gratte-cu

d’Hautel, 1808 : Il n’y a point de si belle rose qui ne devienne gratte-cu. Pour dire que quel que belle que soit une femme, ses charmes ne sont point à l’abri de l’outrage des ans.
Ce proverbe est exprimé avec beaucoup de noblesse dans ces vers d’Horace :

Non semper idem floribus est honos
Vernis. . . . . . . . . .

Gratte-cul

Delvau, 1864 : Femme qui n’est plus bonne au service amoureux.

Dans c’ siècle-ci, plus d’un mauvais sujet
Change en gratte-cul la rose la plus belle.

E. Debraux.

Delvau, 1867 : s. m. Femme qui a été jolie comme une rose et n’a rien conservé de sa fraîcheur et de son parfum, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas que.

Si la jeunesse est une fleur,
le souvenir en est l’odeur.

Virmaître, 1894 : Vieille femme repoussante, laide à faire peur.
— Elle est laide comme un cul gratté à deux mains (Argot du peuple).

Gratte-papier

Larchey, 1865 : Fourrier. — Allusion à ses fonctions de scribe. V. Rogneur.

Delvau, 1867 : s. m. Employé, clerc d’huissier, expéditionnaire etc., — tous les scribes enfin.

Merlin, 1888 : Fourrier.

Virmaître, 1894 : Employé aux écritures (Argot du peuple). V. Chieur d’encre.

Gratte-poux

Rossignol, 1901 : Coiffeur.

Grattée

Delvau, 1867 : s. f. Coups donnés ou reçus. Se donner une grattée. Se battre à coups de poing.

Gratter

d’Hautel, 1808 : S’il n’a pas de quoi, qu’il en gratte. Se dit de celui à qui on refuse des secours ; que l’on éconduit impitoyablement.
Qui se sent galeux se gratte. Se dit de ceux qui prennent pour eux personnellement les reproches que l’on fait en général.
J’aimerois mieux gratter la terre. Sert à exprimer l’aversion que l’on a pour une chose.
Un âne gratte l’autre. Se dit deux personnes de peu de mérite qui se louent réciproquement. Asinus asinum fricat, dit Phèdre.
Gratter quelqu’un où cela lui démange. Lui parler d’une chose qu’elle prend plaisir à entendre, qui la flatte.
Trop gratter cuit, trop parler nuit. V. Cuire.

Halbert, 1849 : Raser.

Larchey, 1865 : Voler.

Au diable la gloire ! il n’y a plus rien à gratter.

M. Saint-Hilaire.

Larchey, 1865 : Arrêter (Vidocq). V. Raclette.

Delvau, 1867 : v. n. et a. Prélever un morceau plus ou moins considérable sur une pièce d’étoffe, — de façon à pouvoir trouver un gilet dans une redingote et un tablier dans une robe.

Rigaud, 1881 : Arrêter, — dans l’ancien argot. — Garder l’excédant d’une marchandise confiée pour un travail à façon. — Chiper, retirer un profit illicite. — Il n’y a rien a gratter dans cette baraque, il n’y a pas de bénéfices à faire dans cette maison.

La Rue, 1894 : Rouer de coups. Gratter le pavé, vivre misérablement.

Virmaître, 1894 : Battre quelqu’un.
— Je vais te gratter.
Gratter : prendre, grapiller sur tout pour grossir son lopin (Argot du peuple).

Rossignol, 1901 : Raser.

J’ai la barbe longue, je vais me faire gratter.

Rossignol, 1901 : Donner des coups à quelqu’un, c’est le gratter.

Rossignol, 1901 : Prendre.

Je lui ai gratté son tabac.

Gratter (se faire)

Hayard, 1907 : Se faire raser, se faire battre ; travailler.

Gratter (se)

Rossignol, 1901 : Ne rien recevoir est se gratter. — « Tu as pris tout le fricot, moi, je me gratte. » On dit aussi : je me tape.

Gratter à la corbeille

Rigaud, 1881 : Dans le jargon de la Bourse, c’est ne plus pouvoir jouer sur les fonds publics, parce qu’on est dans l’impossibilité de fournir une couverture (provisions) à l’agent de change.

Gratter au foyer

Rigaud, 1881 : En terme de théâtre, c’est, pour un auteur, attendre le tour de sa pièce ; pour un acteur, c’est attendre un rôle.

Gratter dans la main

Delvau, 1864 : Déclaration muette. Sorte de pantomime, qui se joue discrètement dans le monde des filles. — Qu’un homme désire une femme ou… vice-versa, il lui suffit, profitant de la poignée de main d’adieu, de gratter légèrement du médium la paume de la main qu’il presse. Si la réponse a lieu de la même manière, l’affaire est dans le sac, — demande et réponse affranchie.

Gratter la couenne (se faire)

Virmaître, 1894 : Se faire raser (Argot du peuple).

Gratter les pavés

Rigaud, 1881 : Vivre dans une grande misère.

Gratter son devant

Delvau, 1864 : Se masturber.

Si j’eusse pensé que ma fille eût été si vite en besogne, je lui eusse laissé gratter son devant jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans.

(Les Caquets de l’accouchée.)

Grattoir

Larchey, 1865 : Rasoir (Vidocq). — Il gratte l’épiderme. — Grattouse : Dentelle. — Elle gratte aussi légèrement la peau.

Delvau, 1867 : s. m. Rasoir, — dans l’argot du peuple. Se passer au grattoir. Se raser.

Rigaud, 1881 : Rasoir, — Passer au grattoir, se faire raser.

Grattou (un)

M.D., 1844 : Un rasoir.

Grattouse

Hayard, 1907 : La gale.

Hôtel du rat qui pète

Delvau, 1867 : s. m. Cabaret populacier, — dans l’argot des marbriers de cimetière.

Impératrice

Rigaud, 1881 : Impériale d’omnibus, — dans le jargon du régiment. Pourquoi « impératrice » ? — Simplement pour avoir l’occasion de placer un déplorable jeu de mots quand on grimpe sur l’impériale.

Impératrice (faire l’)

Fustier, 1889 : Le français ne bravant pas l’honnêteté dans les mots, il est impossible de traduire ici cette locution fort usitée chez les non-conformistes. Aux lecteurs trop curieux, je rappellerai les singulières relations de Julia et Pompée, et les renverrai, les lecteurs, à un ouvrage aussi curieux que rare : Centuria librorum absconditorum. pp. 404 et circa.

Laboratoire

Delvau, 1867 : s. m. Cuisine, — dans l’argot des restaurateurs, chimistes ingénieux qui savent transformer les viandes et les vins de façon à dérouter les connaisseurs.

Littérature jaune

Delvau, 1867 : s. f. Le Réalisme, — une maladie ictérique désagréable qui a sévi avec assez d’intensité dans les rangs littéraires il y a une dizaine d’années, et dont a été particulièrement atteint Champfleury, aujourd’hui (1867) presque guéri. L’expression, fort juste, appartient à Hippolyte Babou.

Littératurier

Delvau, 1867 : s. m. Mauvais écrivain, — dans l’argot des gens de lettres.

Lundicrate

Delvau, 1867 : adj. et s. Feuilletoniste du lundi, — dans l’argot dés gens de lettres. Ce mot appartient à M. Pierre Véron.


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