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Ab irato

(France, 1907) : En colère ; latinisme.

Abraté

(France, 1907) : Fatigué, paresseux, privé de bras. Patois du Centre.

Adjuger une banque à un opérateur

(Fustier, 1889) : Argot de cercle. Voler ou tricher au jeu. (V. Revers.)

Aller au gratin

(Delvau, 1864) : Baiser une femme publique, — à l’œil — ce qui est une gourmandise pour certains travailleurs. Allusion au gratin que laisse un mets au fond de la casserole et qui trouve toujours un amateur — quand tout le monde est servi.

Amour socratique

(Delvau, 1864) : La pédérastie, que Socrate pratiquait si volontiers à l’endroit — je veux dire à l’envers d’Alcibiade.

Attache de gratousse

(France, 1907) : Nœud de dentelle. Gratousse signifiant dentelle parce que, dit Lorédan Larchey, elle gratte légèrement la peau.

Baratter

(Delvau, 1864) : Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est du fromage.

Boulangers de l’impératrice

(Merlin, 1888) : Autrefois Pénitenciers — par allusion à leur tenue de couleur grise.

Bric-à-brac (Littérature de)

(France, 1907) : Littérature faite de toutes pièces, ne tenant pas debout, composée de vieux clichés puisés de droite et de gauche. « Donc, M. Pierre Loti qui nous a donné dans ses livres une Océanie de convention, une bataille tonkinoise faite de chic… qui nous a servi un Sahara de bric-à-brac, un spahi en caramel fondant au soleil et un matelot en pain d’épices s’amollissant dans les temps doux, peut fort bien se distraire et récréer ses convives en leur offrant un moyen âge de fantaisie et un Louis XI de théâtre forain »

(Edmond Lepelletier.)

Bureaucrate

(d’Hautel, 1808) : Commis employé dans un bureau.

Bureaucratie

(d’Hautel, 1808) : Pouvoir, influence des chefs de bureaux dans une administration ; on donne aussi ce nom à la classe des commis et des employés.

Cadratin

(Rigaud, 1881) : Chapeau haute forme, — dans le jargon des typographes. Au propre, le cadratin est un petit morceau de fonte qui sert à maintenir les caractères d’imprimerie. Les ouvriers, pour se distraire, ont combiné un jeu avec les cadratins.

Cadratins

(Boutmy, 1883) : s. m. pl. Petits parallélépipèdes de même métal et de même force que les caractères d’imprimerie, mais moins hauts que les lettres de diverses sortes. Ils servent à renfoncer les lignes pour marquer les alinéas et portent sur une de leurs faces un, deux ou trois crans. Jeu des cadratins. On joue avec ces petits prismes rectangulaires à peu près comme avec les dés à jouer. Les compositeurs qui calent, et même ceux qui ne calent pas, s’amusent quelquefois à ce jeu sur le coin d’un marbre. Quand le joueur n’amène aucun point, on dit qu’il fait blèche. Il va sans dire que l’enjeu est toujours une chopine, un litre ou toute autre consommation. Les typographes appellent aussi cadratin le chapeau de haute forme, désigné dans l’argot parisien sous le nom si juste et si pittoresque de tuyau de poêle.

Carat

(d’Hautel, 1808) : Il est bête à trente-six carats. Manière exagérée et grossière d’exprimer qu’un homme est d’une stupidité, d’une ineptie au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer.

(Rossignol, 1901) : Années. Ce mot est employé par les placiers ou correspondants de maisons de tolérance de province pour désigner l’âge d’une femme : il dira que le colis qu’il va expédier a dans les dix-huit carats pour âge.

Castrat

(Delvau, 1864) : Se dit, non pas seulement des hommes qui ont perdu leurs testicules naturellement, mais encore de ceux qui ne bandent plus à force d’avoir bandé dans le cours de leur vie.

Dans tan théâtre, où règnent les castrats.

Joachim Duflot.

Es-tu pédéraste ou castrat, voyons ?
Un pareil état m’excite et m’offense :
Descends de mon lit, ou bien rouscaillons.

Anonyme.

Conspiration du silence

(Rigaud, 1881) : Entente tacite de la presse, — la seule peut-être qui existe — dans le but d’étouffer un nouveau journal sous le poids du silence, un silence plus préjudiciable que les critiques les plus acerbes. En vain pour le faire rompre, le nouveau venu passe-t-il de la flatterie aux invectives et des invectives à la provocation : Nouvelles à sensation, premiers-Paris remarquables, articles originaux, autant d’encre perdue. Les vétérans du journalisme demeurent muets ; puis, un beau jour, la feuille infortunée rend le dernier soupir sans que le public se soit seulement douté de son existence ; et un autre beau jour, les articles originaux morts-nés, légèrement démarqués, obtiennent un succès prodigieux dans la feuille d’un des conspirateurs sans délicatesse.

Coup de canif dans le contrat

(Virmaître, 1894) : Homme qui trompe sa femme ou femme qui trompe son mari. On dit aussi, quand une femme a une masse d’amants, que le contrat est criblé de coups de sabre (Argot du peuple).

Coup de canif dans le contrat (donner un)

(Delvau, 1864) : Tromper son mari au profit d’un amant, sa femme au profit d’une maîtresse.

Et puis ces messieurs, comme ils se gênent pour donner des coups de canif dans le contrat ! La Gazette des Tribunaux est pleine de leurs noirceurs ; aussi nous sommes trop bonnes.

L. Festeau.

Courir le rat

(Larchey, 1865) : Voler la nuit à l’auberge (Vidocq).

Dératé

(d’Hautel, 1808) : Il court comme un dératé. Pour dire à toutes jambes, comme un fou.
Un dératé. Homme éveillé, alerte et rusé, dont il est difficile de faire une dupe.

École préparatoire

(Fustier, 1889) : Prison.

Égratigner

(d’Hautel, 1808) : Cette femme n’est pas encore trop égratignée. Se dit d’une femme qui, quoique d’un âge mûr, a encore un air de fraicheur et quel que trace de beauté.
S’il ne mord, il égratigne. Expression proverbiale qui se dit d’un homme dont la langue est satirique et dangereuse.

Fafiot garaté

(Rigaud, 1881) : Billet de banque, — dans le jargon des voleurs. Mot à mot : papier de Garat, l’un des signataires des billets de banque. — Fafiot mâle, billet de banque de mille francs. — Fafiot femelle, billet de banque de cinq cents francs. — Fafiot en bas âge, billet de banque de cent francs.

Faire aller en rateau

(Virmaître, 1894) : Trimballer quelqu’un et le remettre toujours au lendemain (Argot du peuple).

Figuration

(Delvau, 1867) : s. f. Les figurants, — dans l’argot des coulisses.

Finir en queue de rat

(Delvau, 1867) : v. n. finir fâcheusement, tristement, bêtement, — dans l’argot des ouvriers qui ont servi dans l’infanterie de marine.

Fouler la rate (ne pas se)

(Delvau, 1867) : En prendre à son aise, ne pas se donner beaucoup de mal. On dit aussi absolument : Ne pas se fouler.

Frater

(d’Hautel, 1808) : Un frater. Sobriquet donné à un barbier, à un perruquier, et quelquefois aussi à un élève en chirurgie. On se sert plus communément du mot carabin, pour désigner un jeune étudiant en chirurgie.

Fraternellados, Inséparables

(Rigaud, 1881) : Cigares à trois sous les deux. La régie les appelle des esquichados parce qu’ils sont aplatis.

Gérontocratie

(Larchey, 1865) : Puissance de la routine et des anciennes idées, représentées au théâtre par le type de Géronte.

La gérontocratie sous laquelle tout se flétrit en France.

Balzac.

(Delvau, 1867) : s. f. Puissance des préjugés, de la routine et des idées caduques, « sous laquelle tout se flétrit en France ». — où les Gérontes sont encore plus nombreux que les Scapins. L’expression est d’Honoré de Balzac.

(Rigaud, 1881) : Rabâchage, routine, idées surannées. M. Éd. About s’est souvent servi de ce mot.

Grate

(Rigaud, 1881) : Gratification obtenue pour travail supplémentaire, — dans le jargon des typographes.

(Boutmy, 1883) : s. f. Abréviation de gratification. La journée des typographes, dans les ateliers de Paris, est de dix heures. Quand un ouvrage est pressé, le prote fait quelquefois travailler un ou plusieurs ouvriers en dehors des heures réglementaires ou les jours fériés. Ces heures supplémentaires donnent droit à une gratification que le Tarif fixe à 25 centimes par heure. C’est ce qu’on appelle la grate. Elle a été établie surtout en vue de provoquer le maître imprimeur à occuper le plus possible d’ouvriers. Il a, on le comprend, un moyen facile d’échapper à la gratification : c’est de mettre sur le même ouvrage un nombre d’hommes suffisant pour qu’il ne soit pas nécessaire d’avoir recours aux heures supplémentaires. Tous le feraient assurément, si trop souvent l’espace ne leur manquait.

(Fustier, 1889) : Le bénéfice accordé aux commis de nouveautés sur la vente de certains articles.

Grate, gratouille

(La Rue, 1894) : Gale.

Grater les pavés

(Bras-de-Fer, 1829) : Vivre dans la misère.

Gratias

(d’Hautel, 1808) : Deo gratias les moines sont soûls. Se dit en plaisantant lorsque quelqu’un rote en compagnie.

Gratin

(Fustier, 1889) : Le gratin, c’est dans l’argot boulevardier l’ensemble du monde élégant ou soi-disant tel.

Les échotiers mondains ont trouvé un mot assez pittoresque, mais par trop irrespectueusement culinaire, pour désigner ce que nos pères — non moins pittoresques, mais plus fleuris dans leur langage — appelaient le dessus du panier. Le mot des échotiers sus-mentionnés, c’est le gratin du gratin. Elles (les jolies femmes) essaiment comme des papillons. Plus de thés au coin du feu, plus de raoûts intimes où elles ne reçoivent que le gratin.

(Du Boisgobey : Le Billet rouge.)

De gratin, on a forgé le verbe gratiner, suivre la mode, être à la mode et l’adjectif gratinant, signifiant beau, joli, distingué.

La toquade pour l’instant, c’est la fête de Neuilly, c’est là qu’on gratine. Ce qui veut dire en français moins gommeux : c’est là que le caprice du chic amène tous les soirs hommes et femmes à la mode.

(Monde illustré, juillet 1882.)

Grand raoût chez la comtesse S…, un des plus gatinants de la saison. Tout le faubourg y est convié.

(Figaro, mars 1884.)

(La Rue, 1894) : L’ensemble du monde à la mode.

(Virmaître, 1894) : Il y a du gratin, il y a de quoi. Il est gratin : il est à la mode. Pour un homme du monde, on dit : C’est un homme du gratin. On traduit dans le peuple : personna grata par personne gratinée, du gratin. Les moutards préfèrent manger le gratin qui s’attache à la casserole, quand la mère prépare la bouillie du petit frère (Argot du peuple). N.

Gratin (du)

(Rigaud, 1881) : Des coups, — dans le jargon du peuple.

Un grand sec, en bras de chemise, ouvre la porte, saute sur l’homme et lui fout un gratin à le tuer.

(La petite Lune, 1879.)

Refiler un gratin, donner une gifle formidable.

Gratis

(Delvau, 1867) : s. m. Crédit, — dans l’argot des marchands de vin.

(Rigaud, 1881) : Crédit, — dans l’argot des marchands de vin. Pour eux, faire crédit, c’est, souvent, donner la marchandise gratis.

Gratou

(Halbert, 1849) : Rasoir.

(Delvau, 1867) : s. m. Rasoir, — dans l’argot des voleurs.

Gratouille

(Delvau, 1867) : s. f. Gale, — dans le même argot [des voleurs].

(Virmaître, 1894) : La gale (Argot du peuple). V. Charmante.

(Hayard, 1907) : La gale.

Gratouse

(anon., 1827) : Dentelle.

(Bras-de-Fer, 1829) : Dentelle.

(Clémens, 1840) : Gale.

(Halbert, 1849) : Dentelle.

(Delvau, 1867) : s. f. Dentelle, — dans le même argot [des voleurs].

(Rigaud, 1881) : Dentelle, — dans l’ancien argot.

(La Rue, 1894) : Dentelle.

Gratouze

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Dentelle.

Gratte

(Larchey, 1865) : Abus de confiance.

Il y a de la gratte là-dessous.

la Correctionnelle.

(Delvau, 1867) : s. f. Dîme illicite prélevée sur une étoffe, — dans l’argot des couturières, qui en prélèvent tant et si fréquemment qu’elles arrivent à s’habiller de soie toute l’année sans dépenser un sou pour cela. C’est un vol non puni, mais très punissable. Les tailleurs ont le même mot pour désigner la même chose, — car eux aussi ont la conscience large.

(Rigaud, 1881) : Gale. — Avoir pincé la gratte, avoir attrapé la gale.

(Rigaud, 1881) : Excédant d’une marchandise confiée à un ouvrier à façon, et qu’il croit devoir s’approprier.

(Rossignol, 1901) : Bénéfice. Faire danser l’anse du panier, c’est faire de la gratte. Lorsqu’un patron donne à un ouvrier la matière première pour confectionner douze objets, et que l’ouvrier en tire quatorze, s’il garde le surplus, il fait de la gratte. Aucun ne se doute que cela constitue un vol.

Gratte (en faire)

(Virmaître, 1894) : Chiper sa patronne en majorant les achats (Argot du peuple). V. Gratter.

Gratte (faire de la)

(Hayard, 1907) : Bénéfice malhonnête.

Gratte (la)

(Delvau, 1867) : La gale, — dans l’argot des faubouriens.

(Hayard, 1907) : La gale.

Gratte-couenne

(Halbert, 1849) : Perruquier.

(Larchey, 1865) : Barbier. — Mot à mot : gratte-peau.

(Rigaud, 1881) : Barbier.

Gratte-cu

(d’Hautel, 1808) : Il n’y a point de si belle rose qui ne devienne gratte-cu. Pour dire que quel que belle que soit une femme, ses charmes ne sont point à l’abri de l’outrage des ans.
Ce proverbe est exprimé avec beaucoup de noblesse dans ces vers d’Horace :

Non semper idem floribus est honos
Vernis. . . . . . . . . .

Gratte-cul

(Delvau, 1864) : Femme qui n’est plus bonne au service amoureux.

Dans c’ siècle-ci, plus d’un mauvais sujet
Change en gratte-cul la rose la plus belle.

E. Debraux.

(Delvau, 1867) : s. m. Femme qui a été jolie comme une rose et n’a rien conservé de sa fraîcheur et de son parfum, — dans l’argot du peuple, qui ne sait pas que.

Si la jeunesse est une fleur,
le souvenir en est l’odeur.

(Virmaître, 1894) : Vieille femme repoussante, laide à faire peur.
— Elle est laide comme un cul gratté à deux mains (Argot du peuple).

Gratte-papier

(Larchey, 1865) : Fourrier. — Allusion à ses fonctions de scribe. V. Rogneur.

(Delvau, 1867) : s. m. Employé, clerc d’huissier, expéditionnaire etc., — tous les scribes enfin.

(Merlin, 1888) : Fourrier.

(Virmaître, 1894) : Employé aux écritures (Argot du peuple). V. Chieur d’encre.

Gratte-poux

(Rossignol, 1901) : Coiffeur.

Grattée

(Delvau, 1867) : s. f. Coups donnés ou reçus. Se donner une grattée. Se battre à coups de poing.

Gratter

(d’Hautel, 1808) : S’il n’a pas de quoi, qu’il en gratte. Se dit de celui à qui on refuse des secours ; que l’on éconduit impitoyablement.
Qui se sent galeux se gratte. Se dit de ceux qui prennent pour eux personnellement les reproches que l’on fait en général.
J’aimerois mieux gratter la terre. Sert à exprimer l’aversion que l’on a pour une chose.
Un âne gratte l’autre. Se dit deux personnes de peu de mérite qui se louent réciproquement. Asinus asinum fricat, dit Phèdre.
Gratter quelqu’un où cela lui démange. Lui parler d’une chose qu’elle prend plaisir à entendre, qui la flatte.
Trop gratter cuit, trop parler nuit. V. Cuire.

(Halbert, 1849) : Raser.

(Larchey, 1865) : Voler.

Au diable la gloire ! il n’y a plus rien à gratter.

M. Saint-Hilaire.

(Larchey, 1865) : Arrêter (Vidocq). V. Raclette.

(Delvau, 1867) : v. n. et a. Prélever un morceau plus ou moins considérable sur une pièce d’étoffe, — de façon à pouvoir trouver un gilet dans une redingote et un tablier dans une robe.

(Rigaud, 1881) : Arrêter, — dans l’ancien argot. — Garder l’excédant d’une marchandise confiée pour un travail à façon. — Chiper, retirer un profit illicite. — Il n’y a rien a gratter dans cette baraque, il n’y a pas de bénéfices à faire dans cette maison.

(La Rue, 1894) : Rouer de coups. Gratter le pavé, vivre misérablement.

(Virmaître, 1894) : Battre quelqu’un.
— Je vais te gratter.
Gratter : prendre, grapiller sur tout pour grossir son lopin (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Raser.

J’ai la barbe longue, je vais me faire gratter.

(Rossignol, 1901) : Donner des coups à quelqu’un, c’est le gratter.

(Rossignol, 1901) : Prendre.

Je lui ai gratté son tabac.

Gratter (se faire)

(Hayard, 1907) : Se faire raser, se faire battre ; travailler.

Gratter (se)

(Rossignol, 1901) : Ne rien recevoir est se gratter. — « Tu as pris tout le fricot, moi, je me gratte. » On dit aussi : je me tape.

Gratter à la corbeille

(Rigaud, 1881) : Dans le jargon de la Bourse, c’est ne plus pouvoir jouer sur les fonds publics, parce qu’on est dans l’impossibilité de fournir une couverture (provisions) à l’agent de change.

Gratter au foyer

(Rigaud, 1881) : En terme de théâtre, c’est, pour un auteur, attendre le tour de sa pièce ; pour un acteur, c’est attendre un rôle.

Gratter dans la main

(Delvau, 1864) : Déclaration muette. Sorte de pantomime, qui se joue discrètement dans le monde des filles. — Qu’un homme désire une femme ou… vice-versa, il lui suffit, profitant de la poignée de main d’adieu, de gratter légèrement du médium la paume de la main qu’il presse. Si la réponse a lieu de la même manière, l’affaire est dans le sac, — demande et réponse affranchie.

Gratter la couenne (se faire)

(Virmaître, 1894) : Se faire raser (Argot du peuple).

Gratter les pavés

(Rigaud, 1881) : Vivre dans une grande misère.

Gratter son devant

(Delvau, 1864) : Se masturber.

Si j’eusse pensé que ma fille eût été si vite en besogne, je lui eusse laissé gratter son devant jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans.

(Les Caquets de l’accouchée.)

Grattoir

(Larchey, 1865) : Rasoir (Vidocq). — Il gratte l’épiderme. — Grattouse : Dentelle. — Elle gratte aussi légèrement la peau.

(Delvau, 1867) : s. m. Rasoir, — dans l’argot du peuple. Se passer au grattoir. Se raser.

(Rigaud, 1881) : Rasoir, — Passer au grattoir, se faire raser.

Grattou (un)

(M.D., 1844) : Un rasoir.

Grattouse

(Hayard, 1907) : La gale.

Hôtel du rat qui pète

(Delvau, 1867) : s. m. Cabaret populacier, — dans l’argot des marbriers de cimetière.

Impératrice

(Rigaud, 1881) : Impériale d’omnibus, — dans le jargon du régiment. Pourquoi « impératrice » ? — Simplement pour avoir l’occasion de placer un déplorable jeu de mots quand on grimpe sur l’impériale.

Impératrice (faire l’)

(Fustier, 1889) : Le français ne bravant pas l’honnêteté dans les mots, il est impossible de traduire ici cette locution fort usitée chez les non-conformistes. Aux lecteurs trop curieux, je rappellerai les singulières relations de Julia et Pompée, et les renverrai, les lecteurs, à un ouvrage aussi curieux que rare : Centuria librorum absconditorum. pp. 404 et circa.

Laboratoire

(Delvau, 1867) : s. m. Cuisine, — dans l’argot des restaurateurs, chimistes ingénieux qui savent transformer les viandes et les vins de façon à dérouter les connaisseurs.

Littérature jaune

(Delvau, 1867) : s. f. Le Réalisme, — une maladie ictérique désagréable qui a sévi avec assez d’intensité dans les rangs littéraires il y a une dizaine d’années, et dont a été particulièrement atteint Champfleury, aujourd’hui (1867) presque guéri. L’expression, fort juste, appartient à Hippolyte Babou.

Littératurier

(Delvau, 1867) : s. m. Mauvais écrivain, — dans l’argot des gens de lettres.

Lundicrate

(Delvau, 1867) : adj. et s. Feuilletoniste du lundi, — dans l’argot dés gens de lettres. Ce mot appartient à M. Pierre Véron.

Lustre (admirateur du)

(Larchey, 1865) : Claqueur posé au parterre sous le lustre.

Les admirateurs du lustre donnèrent, mais le public resta froid.

L. Reybaud.

Machurat

(d’Hautel, 1808) : Nom injurieux qu’on donne généralement à un mauvais ouvrier.

Maçon de pratique

(Delvau, 1867) : s. m. Ouvrier en bâtiment, — dans l’argot des francs-maçons.

Magistrat

(d’Hautel, 1808) : Un magistrat à la galoche. Sobriquet que l’on donne aux petits garçons qui polissonnent et jouent dans les rues.

Malfrat

(Delvau, 1867) : s. m. Vaurien, homme qui mal fait, ou gamin qui mal fera, — dans l’argot des paysans de la banlieue de Paris. M. Francisque Michel donne Malvas, en prenant soin d’ajouter que ce mot est « provençal » et qu’il est populaire à Bordeaux. M. F. Michel a beaucoup plus vécu avec les livres qu’avec les hommes. D’ailleurs, les livres aussi me donnent raison, puisque je lis dans l’un d’eux que le peuple parisien disait jadis un Malfé (malefactus) à propos d’un malfaiteur, et donnait le même nom au Diable.

(Fustier, 1889) : Argot des vagabonds. Le malfrat est un ouvrier travaillant parfois dans les carrières situées aux environs de Paris, mais qui cherche surtout dans ces carrières un gîte et un abri pour échapper aux recherches de la police. Le malfrat s’appelle aussi malfera ou malfranc.


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