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À la bonne (prendre une chose)

(France, 1907) : La prendre de bonne humeur ; faire contre fortune bon cœur. Avoir quelqu’un à la bonne se dit pour aimer.

Accordeur de pianos

(Rigaud, 1881) : Libertin qui prend la taille des femmes pour un clavier, et qui pince, tapote et palpe comme s’il promenait ses doigts sur les touches d’un piano.

Accoster

(d’Hautel, 1808) : S’accoster de quelqu’un. Le hanter, le fréquenter, avoir des relations étroites avec lui, Ce verbe ainsi construit, se prend toujours en mauvaise part, et signifie s’associer à une personne d’une conduite suspecte.

Accoucher de quelque chose

(Delvau, 1867) : Divulguer un secret ; faire paraître un livre ; prendre un parti.

Agrippe-rossignols

(France, 1907) : Vrilles de vigne.

…Ces cassants tire-bouchon verts que les gamins de tous pays, dans leur langage fait de poésie et de chimère, appellent des agrippe-rossignols.

(Paul Arène.)

Albinos

(Rigaud, 1881) : Couleur blanche d’un jeu de dominos.

Aller à crosse

(Hayard, 1907) : Avouer.

Andosse

(anon., 1827) : Échine, dos.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Échine, dos.

(Bras-de-Fer, 1829) : Dos.

(Halbert, 1849) : Échine du dos.

(France, 1907) : Le dos ; argot des voleurs.

Andosses

(Clémens, 1840) : Epaules.

Apostrophe

(d’Hautel, 1808) : Au figuré, soufflet, coup de poing, coup de bâton appliqué sur le visage ; et qui y laisse one contusion, une blessure.

(Rigaud, 1881) : Soufflet, coup de poing sur le visage. (Dict. : des homonymes, Hurtaut, 1775.)

Armure d’Éros

(France, 1907) : Ce que nous appelons Capotes anglaises et nos voisins d’outre-Manche Lettres françaises. C’est ainsi que d’un pays à l’autre on se renvoie la balle.

Dame Coignet avoua au président des assises qu’en femme prudente elle avait dans son chiffonnier une provision de ces confections de mode anglaise que débitent à Paris des frères de nom italien, confections que le XVIIIe siècle fragonardesque appelait Armures d’Éros, carquois légers où il conserve ses flèches et que notre siècle, plus terre à terre, appelle les water-proofs de l’amour. L’infortuné Courtial était encore revêtu de cette cuirasse imperméable quand il reçut le coup fatal. Seule avec son cadavre, sa complice s’empressa de lui retirer cette pièce à conviction, qui ne figura pas aux débats.

(Gil Blas.)

Arrosage

(Rigaud, 1881) : Acompte donné à un créancier.

(Fustier, 1889) : Action de boire, de s’arroser le gosier.

(France, 1907) : Action de boire.

Arroser

(d’Hautel, 1808) : Arroser ses créanciers. Leur donner à chacun de petits à-comptes, afin de les rendre plus traitables et arrêter leurs poursuites.

(Delvau, 1864) : Éjaculer dans la nature de la femme — un charmant petit jardin dont nous sommes les heureux jardiniers. Pluie ou sperme, quand cela tombe à propos, cela féconde.

Pourquoi ne voudraient-elles pas être arrosées ?

Cyrano De Bergerac.

(Rigaud, 1881) : Donner un à-compte à un créancier.

À quoi bon arroser ces vilaines fleurs-là ?

(V. Hugo, Ruy-Blas.)

(Rigaud, 1881) : Ajouter de l’argent à une somme engagée après un coup gagné à la ponte. — Risquer une nouvelle mise en banque après décavage, — dans le jargon des joueurs. Ordinairement, à la ponte, on arrose après le premier coup de gain. C’est mot à mot : arroser le tapis avec de l’argent tiré de la masse. À force d’arroser sans succès, on finit par être à sec.

(Virmaître, 1894) : Donner un accompte sur une dette. Un huissier cesse les poursuites commencées quand le débiteur arrose. Donner de l’argent à un fonctionnaire pour obtenir un privilège, c’est l’arroser. Nos députés le furent largement par Arton pour l’affaire du Panama. Martingaler son enjeu c’est arroser le tapis (Argot du peuple). JV.

(Rossignol, 1901) : À la suite d’un achat on va boire une consommation pour arroser l’objet acheté.

(Hayard, 1907) : Payer, donner des acomptes.

(France, 1907) : Faire des dépenses. Arroser le tapis, terme de joueur à la roulette pour couvrir le tapis d’argent. Arroser ses galons, terme militaire, payer sa bienvenue dans son nouveau grade. Arroser un créancier, lui donner des acomptes.

Arroser le bouton

(Delvau, 1864) : Décharger son sperme dans le vagin d’une femme, sur le bouton de son clitoris.

Son directeur, dit-on,
Craignant qu’on lui ravisse
Sa Rose, sa Clarisse,
Lui arros’ le bouton.

Joachim Duflot.

Arroser ses galons

(Delvau, 1867) : v. a. Offrir à boire à ses camarades quand on est reçu sous-officier. Argot des soldats.

Arroser un créancier

(Delvau, 1867) : v. a. Lui donner un acompte, — dans l’argot des bohèmes, assez mauvais jardiniers.

Arroseur de verdouze

(Delvau, 1867) : s. m. Jardinier, dans l’argot des voleurs.

Arroseur de Verdouze

(Rigaud, 1881) : Maraîcher.

Arroseur de verdouze

(Virmaître, 1894) : Jardinier (Argot des voleurs).

(France, 1907) : Jardinier ; argot des voleurs.

Arrosoir (coup d’)

(Rigaud, 1881) : Verre de vin, tournée sur le comptoir du marchand de vin, opération qui arrose l’estomac.

(France, 1907) : Boire un verre de vin.

Artie de gros-guillaume

(Halbert, 1849) : Pain bis.

Artie du gros guillaume

(Virmaître, 1894) : Pain abominablement noir qui rappelle celui du siège de Paris, en 1870, qui contenait de tout, excepté de la farine (Argot des voleurs).

As de carreau dans le dos (avoir l’)

(Rigaud, 1881) : Être bossu, — dans l’argot du régiment.

Attraper quelque chose

(Delvau, 1864) : Gagner la chaude-pisse ou la vérole dans un coït malsain, avec une coureuse ou avec une honnête femme.

Que ces drôlesses-là sont souvent de bons greniers à chaudes-pisses ! ce qu’on appelle de véritables attrape-michés.

Comte De Caylus.

Si j’attrape quéque chose, au moins j’ l’aurai pas volé.

Lemercier de Neuville.

Avant-postes

(Rigaud, 1881) : Seins.

Il y en eut un qui, tenté par ses maîtres avant-postes de chair-vive, voulut prendre des libertés avec elle.

(J. Barbey d’Aurévilly, Les Diaboliques, 1874.)

Avant-postes, avant-scènes

(La Rue, 1894) : Seins développés.

Avoir eu quelque chose avec une femme

(Delvau, 1864) : Avoir couché avec elle, une ou plusieurs fois ; avoir été son amant.

Tu me feras peut-être accroire que tu n’as rien eu avec Henriette ?

Gavarny.

Avoir les pieds dans l’dos

(Rossignol, 1901) : Être recherché par la police.

Avoir mangé de l’oseille

(Delvau, 1867) : Être d’un abord désagréable, rébarbatif ; avoir la parole aigre, être grincheux. Argot du peuple.

Avoir quelque chose avec une femme ou avec un homme

(Delvau, 1864) : Être son amant ou sa maîtresse ; ou s’être donné rendez-vous pour coucher ensemble.

Bastos ?

(Rossignol, 1901) : (Puisque vous m’offrez de passer l’été à la campagne et que vous me donnez à choisir entre Vaux et Houilles, je vous assure, mon ami, que de ces deux localités j’aime mieux Vaux qu’Houilles.)

Beautés postérieures

(Delvau, 1864) : Les fesses.

Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette… et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.

(Mon noviciat.)

Bebose

(Rossignol, 1901) : Femme.

Bérgosse

(Rossignol, 1901) : Mouton.

Bête à deux dos (faire la)

(Delvau, 1864) : Faire l’acte vénérien, pendant lequel les deux fouteurs, cellés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que des dos. — L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais après lui, et, après Rabelais, Shakespeare — dans la première scène d’Othello :

Your daughter and the Moor are now making the beast with two backs…

On s’en sert toujours avec avantage dans la conservation.

(France, 1907) : Faire l’amour ; accomplir l’acte qui perpétue l’espèce humaine. L’expression est de vieille date.

Il est difficile à un auteur dramatique de s’échapper des sujets reconnus d’utilité théâtrale et de pratiquer une conception supérieure au mensonge sempiternel de l’amour et aux variations écœurantes de la bête à deux dos. En vain, nous réclamons, pour l’art dramatique avili, un champ plus vaste et plus haut d’expérience : il semble condamné au bagne de la pornographie macabre, sinistre ou farceuse, aux truculences de la pièce rosse, poncif du Théâtre-Libre, ou aux éjaculations idiotes du Vaudeville.

(Henri Bauer, Les grands Guignols.)

… Les rideaux
Sont tirés. L’homme, sur la femme à la renverse,
Lui bave entre les dents, lui met le ventre en perce,
Leurs corps, de par la loi, font la bête à deux dos.

(Jean Richepin, Les Blasphèmes.)

Beurre (gros comme deux liards de)

(Rigaud, 1881) : Tout petit, avorton. — C’est gros comme deux liards de beurre et ça pense déjà aux femmes.

Binos

(France, 1907) : Les testicules ; du latin binos, deux.

Tu n’as point de frères,
Pardieu ! voici beaux binos.

(Ancien Théâtre François.)

Bitte et bosse

(France, 1907) : Exclamation joyeuse des marins.

Tout à la noce !
Bitte et bosse !
Ho ! hissa ! Ho !
Gai matelot !

(Chant de mer.)

Bleu (gros)

(Rigaud, 1881) : Gros vin du midi, vin dont on se sert pour les coupages.

Bleu, petit bleu, gros bleu

(France, 1907) : Vin rouge. Ce terme de bleu que tous les étymologistes attribuent aux taches bleues laissées sur les tables de cabaret ou les nappes ne serait-il pas une corruption du mot béarnais blous, pur, sans mélange, donné ironiquement : bii blous, en béarnais, vin pur ?

Le p’tit bleu,
P’tit bleu,
P’tit bleu,
Ça vous met la tête en feu,
Ça ravigote un peu.

(Air de L. de Wentzel.)

Bobosse

(Delvau, 1864) : Entreteneur, miché sérieux.

Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
Qui sans façon vous font présent
D’une guimbarde et de deux rosses :
C’est du nanan.

Émile Debraux.

(Delvau, 1867) : s. m. Vieux galantin bossu, — dans l’argot du peuple.

(Delvau, 1867) : s. f. Fille ou femme affligée d’une gibbosité. Argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Bosse. — Bossue. (L. Larchey) Elle est un peu bobosse. Avoir une bobosse dans l’estomac, être enceinte.

(France, 1907) : Bossue ; se dit aussi d’un vieux galantin, dans l’argot populaire.

Boite à dominos

(Delvau, 1867) : s. f. Cercueil, — dans l’argot des faubouriens.

Boîte à dominos

(Virmaître, 1894) : La bouche. Allusion à la blancheur des dents et à leur forme qui ressemble aux dés (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : La bouche.

(Hayard, 1907) : Cercueil.

Boîte à dominos, au chocolat

(La Rue, 1894) : Cercueil.

Boîte à dominos, boîte à doche

(Rigaud, 1881) : Cercueil. Le corps y est serré comme des dominos dans leur boîte. La variante boîte à doche offre un jeu de mots sur à mère et amère. Doche en argot veut dire mère ; c’est-à-dire la boîte à mère pour amère.

Boîte aux dominos

(Larchey, 1865) : Cercueil. — Domino est pris ici pour os. Il y a de plus quelque analogie d’aspect, car la forme du cercueil, comme celle de la boîte, est oblongue.

Puisqu’on va l’un après l’autre Dans la boîte aux dominos.

E. Aubry, Chanson.

Bosch, bosche

(France, 1907) : Allemand, Allemande ; de l’anglais bosh, bêtise.

Bosco, Boscotte

(Rigaud, 1881) : Bossu, bossue.

Boscot, Bosco

(Delvau, 1867) : s. m. Bossu. Au féminin, Boscotte.

Boscot, boscotte

(d’Hautel, 1808) : Diminutifs badins et moqueurs. Bamboche ; petit homme, petite femme contrefaits, bossus.

(France, 1907) : Bossu, bossue.

— Hé, la Boscotte ! Cours donc pas si vite, tu vas la laisser en route !
Le gamin répéta : Hé ! La Boscotte ! Et voyant qu’elle ne se retournait pas, continua sa route en sifflant. Elle ne s’était point retournée, mais elle avait tressailli, une contraction rapide aux coins des lèvres, une pâleur aux joues.
Plus grande que ne le sont généralement les déshéritées de son espèce, elle l’avait visible, cette proéminence ridicule, malgré l’épaisseur de ses cheveux blonds qu’elle laissait libres et qui ne la cachaient, en attirant le regard par leur belle nuance dorée, que pour la faire remarquer davantage.

(Georges Maldague, La Boscotte.)

Boscot, tte

(Larchey, 1865) : « Petit homme, petite femme contrefaits, bossus. »

d’Hautel, 1808.

Bossard

(Rigaud, 1881) : De travers, louche, qui n’est pas droit ; dérivé de bosse.

Maintenant, comme tout est bossard dans cette affaire là.

(La petite Lune, 1879.)

Bosse

(d’Hautel, 1808) : Se faire une bosse. Locution basse et triviale qui signifie ribotter, s’empiffrer, se mettre dans les vignes du seigneur.
Donner dans la bosse. Se laisser aller à des paroles artificieuses ; être pris pour dupe ; tomber dans un piège.
Il ne demande que plaies et bosses. Se dit d’un esprit séditieux, querelleur, qui ne se plaît qu’à semer le trouble et la division partout où il se trouve.

(Delvau, 1867) : s. f. Excès de plaisir et de débauche. Si donner une bosse. Manger et boire avec excès. Se faire des bosses. S’amuser énormément. Se donner une bosse de rire. Rire à ventre déboutonné.

(France, 1907) : Excès de toute nature. Se flanquer, se foutre une bosse, boire sec, manger fort, s’amuser avec les filles ; se faire des bosses, s’amuser, boire, rire et chanter ; se donner une bosse de rire, rire à gorge déployée ; rouler sa bosse, cheminer gaiment, vivre sans préoccupation ; tomber sur la bosse, attaquer quelqu’un ; on dit aussi tomber sur le casaquin.

Bosse (se donner une)

(Larchey, 1865) : S’empiffrer. — Allusion à la bosse formée par la réplétion du ventre.

Je veux, dit-il, qu’à sa noce Ça soit beau Et qu’on s’y flanque une bosse De chameau.

Delange, Chansons.

Se donner une bosse de rire : Rire immodérément. — Rouler sa bosse : Cheminer.

Nous roulons not’bosse Dans un beau carrosse.

Decourcelle, 1832.

Bosse (se flanquer une)

(Rigaud, 1881) : Faire un excès quelconque. Manger et boire outre mesure, c’est-à-dire : devenir bossu par devant et par derrière à force de boisson et de victuailles. — Se flanquer une bosse de rire. Rire énormément, rire comme un bossu.

Bosselard

(Rigaud, 1881) : Chapeau haute forme, — dans le jargon du collège ; pour bosselé. Allusion à l’état ordinaire des chapeaux des collégiens. (L. Larchey)

(France, 1907) : Chapeau à haute forme, c’est-à-dire bon pour être bosselé.

Bosseler, bossuer

(d’Hautel, 1808) : Ces deux verbes, qui diffèrent beaucoup dans leurs acceptions, sont souvent employés l’un pour l’autre ; On dit habituellement d’un gobelet, qu’on a laissé tomber par terre qu’il est bosselé au lieu de dire bossué ; bosseler signifie travailler en bosse.

Bosser

(Fustier, 1889) : Rire, s’amuser.

(France, 1907) : Rire, s’amuser.

Bossmar, bossmarde

(France, 1907) : Personne de l’un ou de l’autre sexe affligée d’une bosse.

Bossoirs

(Larchey, 1865) : Seins. — Terme de marine.

(Delvau, 1867) : s. m. pl. La gorge d’une femme, — dans l’argot des marins.

(Rigaud, 1881) : Seins exagérés. Allusion au bossoir d’un navire.

(France, 1907) : La gorge d’une femme. Les bossoirs sont les saillies en avant d’un navire qui servent à suspendre les ancres. Aux bossoirs d’une femme, on commence par suspendre l’ancre d’espérance, comme eût dit le sergent Lafleur.

Ouvre l’œil au bossoir,
Car la nuit sera sombre,
Et tu verras dans l’ombre
Le capitaine noir.

(Vieille romance.)

C’est la belle-sœur de notre hôte, j’espère qu’elle en a des bossoirs ; c’est gras comme une pelote, rond comme une bouée… aussi est-ce un plaisir.

(Marc Mario et Louis Launay.)

Bossoirs (les)

(Delvau, 1864) : Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant. — D’où cette facétie libertine : « Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits. »

Rembarque-moi ces bossoirs,
Quoi qu’tu fais d’ces morceaux d’tripe’ ?

(Parnasse satyrique.)

Bossu

(d’Hautel, 1808) : Rire comme un bossu. Pour dire à gorge déployée ; s’ébouffer de rire ; parce que les, personnes affligées de cette infirmité ont ordinairement l’humeur folâtre, badine et enjouée.

Bossus (il y a des)

(Rigaud, 1881) : On siffle dans la salle. (Argot des comédiens de l’ancien boulevard du Crime). — V. Les secrets des coulisses de J. Dullot, 1865.

(France, 1907) : Argot des coulisses signifiant, lorsqu’une pièce est sifflée, qu’il y a une cabale dans la salle. D’après Joachin Duflot, c’est un vaudeville d’Édouard Brisebarre Les Aventures de Mayeux, qui a donné lieu à ce dicton. La pièce était fortement sifflée et l’auteur, qui de la coulisse entendait ce bruit affligeant, lança cette boutade : Il y a des bossus dans la salle qui se sont donné le mot pour faire tomber la pièce.

Boston

(Fustier, 1889) : Képi, chapeau, coiffure d’homme.

Restait à choisir un képi. Impossible ; tous couvraient la tête jusqu’aux épaules et Pompignan dut aller jusqu’à la réserve où parmi les anciens bostons, il en trouva un qui pouvait servir.

(Revue alsacienne, juillet 1887.)

Bouder aux dominos

(Halbert, 1849) : Avoir des dents de moins.

(Delvau, 1867) : v. n. Avoir des dents de moins, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Avoir des dents de moins. Les variantes sont : Bouder à la dent, être chauve de la gueule, manquer de chaises dans la salle à manger.

Boulendos

(Delvau, 1867) : s. m. Bossu, — dans l’argot des voyous. Ils disent aussi Bosco, Bossemar.

(Virmaître, 1894) : Bossu. On dit aussi : boscando. Dans le peuple par allusion à la gibbosité on dit également :

— Il a volé un pain.
— Il a un orgue de Barbarie dans le dos.
— Il a un durillon dans le dos.

Les troupiers disent d’un bossu :

— Il a le sac au dos (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Bossu.

(France, 1907) : Bossu.

Brosse

(d’Hautel, 1808) : Ça fait brosse. Locution baroque et très-usitée parmi le peuple, pour faire entendre à quelqu’un qu’on ne veut pas lui accorder ce qu’il demande ; qu’il est venu trop tard pour avoir part à quelque chose dont on faisoit la distribution, qu’il s’en passera.

(France, 1907) : Rien. Brosse pour toi, rien pour toi.

Brosse à dents

(Merlin, 1888) : Eau-de-vie.

Brosse, brodeuse

(La Rue, 1894) : La femme des prisons d’hommes.

Brossée

(Larchey, 1865) : Grêle de coups, défaite.

Les Turcs ont reçu une brossée.

Ricard.

(Delvau, 1867) : s. f. Coups donnés ou reçus, — dans l’argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Victoire remportée à coups de poing sur un ennemi intime. — Victoire remportée à coups de fusil sur des ennemis en bataille rangée. — Donner, recevoir une fameuse brossée.

Brossée, brosser

(France, 1907) : Coups, donner des coups. Recevoir une brossée, brosser quelqu’un, le rouer de coup.

Brosser

(d’Hautel, 1808) : Ce verbe, dans le sens qui lui est propre, signifie frotter avec une brosse ; mais dans le langage vulgaire il reçoit une autre acception.
Cette affaire sera bientôt brossée. Pour dire quelle ne traînera pas ; qu’on la fera aller grand train ; qu’elle sera promptement expédiée.
On dit aussi brosser un ouvrage. Pour le faire à la hâte ; le bousiller, n’y apporter aucun soin.

(Larchey, 1865) : Battre. Mot à mot : brosser de coups.

(Delvau, 1867) : v. a. Donner des coups. Signifie aussi Gagner une partie de billard. Se faire brosser. v. réfl. Se faire battre, — au propre et au figuré.

(Rigaud, 1881) : Battre, vaincre son adversaire.

Brosser le ventre (se)

(Delvau, 1867) : v. réfl. Se passer de manger, et coucher sans souper.

(Rigaud, 1881) : Jeûner, contraint et forcé. On se brosse le ventre et l’on danse devant le buffet.

Quand les cartes me font des mistoufles, il ne me reste plus qu’à me brosser le ventre.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

(France, 1907) : Jeûner par force. Se dit également au figuré pour se passer de tout autre chose que le manger et le boire.

Cabriolet, cachemire d’osier

(Larchey, 1865) : Hotte de chiffonnier (Vidocq). — Comparaison ironique. Comme le cachemire, la hotte se met sur le dos. Même ironie pour le premier mot. Le chiffonnier roule avec son cabriolet comme le fantassin part à cheval sur Azor.

Cachemire d’osier

(anon., 1827) : Hotte de chiffonnier.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Hotte de chiffonier.

(Bras-de-Fer, 1829) : Hotte de chiffonnier.

(Halbert, 1849) : Hotte de chiffonnier.

(Delvau, 1867) : s. m. Hotte, — dans l’argot des chiffonniers. Ils disent aussi Cabriolet, et Carquois d’osier.

(Rigaud, 1881) : Hotte de, madame la chiffonnière, — dans le jargon du peuple.

(Rossignol, 1901) : Hotte de chiffonnier.


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