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Botte (manger ou bouffer la)

(France, 1907) : Aimer platoniquement. Jus de botte, coup de pied.

Démanger

(d’Hautel, 1808) : La langue lui démange. Se dit d’un grand bavard qui ne peut trouver l’occasion de parler, et qui en meurt d’envie.
On dit aussi d’un homme vif, pétulant et impétueux, que les pieds lui démangent.
Le dos lui démange.
Pour dire, il fait tout ce qu’il faut pour se faire battre.
Gratter où cela démange. Flatter une passion dominante ; caresser ses vices.

Dieu (manger le bon)

(Rigaud, 1881) : Communier. — Mangeur, mangeuse de bon Dieu, celui, celle qui s’approche souvent de la Sainte Table.

Fromage (il nous fera manger du)

(Rigaud, 1881) : Il est à toute extrémité : nous irons à son enterrement. Allusion à lacollation que prend, chez le marchand de vin, le peuple, au sortir du cimetière, collation composée de pain et de fromage arrosés de quelques litres.

Fromage (manger du)

(Rigaud, 1881) : Bisquer, rager. Les enfants disent entre eux en ratissant un de leurs doigts sur l’autre : Tu bisques, tu rages, tu manges du fromage.

Victoire ! foutre ! victoire ! aristocrates, que vous allez manger du fromage !

(Le père Duchêne.)

Garde-manger

(Delvau, 1867) : s. m. Water-Closet, — dans l’argot du peuple, moins décent que l’argot anglais, qui ne fait allusion qu’à l’estomac en disant : Victualling-Office.

(Rigaud, 1881) : Postérieur. — Lieux d’aisances.

(Rossignol, 1901) : Le ventre. Les water-closets sont aussi le garde-manger.

Grenouille (manger la)

(Merlin, 1888) : Enlever la fin. caisse ; dissiper l’argent qui vous est confié.

Lapin (manger un)

(Boutmy, 1883) : v. Aller à l’enterrement d’un camarade. Cette locution vient sans doute de ce que, à l’issue de la cérémonie funèbre, les assistants se réunissaient autrefois dans quelque restaurant avoisinant le cimetière et, en guise de repas des funérailles, mangeaient un lapin plus ou moins authentique. Cette coutume tend à disparaître ; aujourd’hui, le lapin est remplacé par un morceau de fromage ou de la charcuterie et quelques litres de vin. Nous avons connu un compositeur philosophe, le meilleur garçon du monde, qui, avec raison, se croyait atteint d’une maladie dont la terminaison lui paraissait devoir être fatale et prochaine. Or, une chose surtout le chiffonnait : c’était la pensée attristante qu’il n’assisterait pas au repas de ses funérailles ; en un mot, qu’il ne mangerait pas son propre lapin. Aussi, à l’automne d’antan, par un beau dimanche lendemain de banque, lui et ses amis s’envolèrent vers le bas Meudon et s’abattirent dans une guinguette au bord de l’eau. On fit fête à la friture, au lapin et au vin bleu. Le repas, assaisonné de sortes et de bonne humeur, fut très gai, et le moins gai de tous ne fut pas le futur macchabée. N’est-ce pas gentil ça ? C’est jeudi. Il est midi ; une trentaine de personnes attendent à la porte de l’Hôtel-Dieu que l’heure de la visite aux parents ou aux amis malades ait sonné. Pénétrons avec l’une d’elles, un typographe, « dans l’asile de la souffrance ». Après avoir traversé une cour étroite, gravi un large escalier, respiré ces odeurs douceâtres et écœurantes qu’on ne trouve que dans les hôpitaux, nous entrons dans la salle Saint-Jean, et nous nous arrêtons au lit no 35. Là gît un homme encore jeune, la figure hâve, les traits amaigris, râlant déjà. Dans quelques heures, la mort va le saisir ; c’est le faux noyé dont il a été question à l’article attrape-science. Au bruit que fait le visiteur en s’approchant de son lit, le moribond tourne la tête, ébauche un sourire et presse légèrement la main qui cherche la sienne. Aux paroles de consolation et d’espoir que murmure son ami, il répond en hochant la tête : « N-i-ni, c’est fini, mon vieux. Le docteur a dit que je ne passerais pas la journée. Ça m’ennuie… Je tâcherai d’aller jusqu’à demain soir… parce que les amis auraient ainsi samedi et dimanche pour boulotter mon lapin. » Cela ne vaut-il pas le « Plaudite ! » de l’empereur Auguste, ou le « Baissez le rideau la farce est jouée ! » de notre vieux Rabelais ?

Manger

(d’Hautel, 1808) : Manger l’ordre. Perdre mémoire de ce dont on avoit été chargé ; oublier totalement une commission.
Quand on est trop bon, le loup vous mange. Signifie que rien n’est plus pernicieux que l’excès de la bonté.
Elle mange comme un moineau. Se dit d’une femme qui fait la petite bouche, la sobre, ou qui est réellement d’une très-petite dépense sur la nourriture.
Cela se laisse manger. Pour dire qu’une chose sans être excellente, est fort agréable au goût.
Il en mangeroit deux comme lui. Pour marquer la supériorité d’une personne, et abaisser le mérite de quelqu’un qui exerce la même profession.
Il a mangé son pain blanc le premier. Pour dire que quelqu’un a fait l’ouvrage le plus facile en premier : que le commencement de sa vie a été plus heureux que n’est la suite.
Manger dans la main de quelqu’un. Pour, abuser de la bonté, de la complaisance de quelqu’un.
Manger de la vache enragée. Éprouver les angoisses de la faim, de la soif, et toutes les douleurs de la misère et de la fatigue ; apprendre à être sage à ses dépens.
N’as-tu pas peur qu’il te mange. Pour qu’as-tu à craindre ? pourquoi ne lui parlerois-tu pas ?
Se manger l’ame ; ou le blanc des yeux. Pour, se quereller ; vivre en mauvaise intelligence ; se disputer sans cesse sur des riens.
Manger quelqu’un des yeux. Le regarder avec affectation.
Manger quelqu’un de caresses. Lui faire de grandes amitiés ; le cajoler, lui faire des complimens à n’en plus finir.
Manger la moitié de ses mots. Bredouiller ; ne pas prononcer d’une manière intelligible ; serrer les dents en parlant.
Cela ne mange point de pain. Se dit de bijoux, ou d’effets quelconques dont on fait l’acquisition, afin de ne pas mal employer son argent ; pour faire entendre que ces objets ne coûtent rien à garder, et qu’on trouvera bien moyen d’en tirer parti au besoin. Se dit aussi, et dans le même sens, des papiers que l’on regarde comme inutiles, mais que quelques circonstances peuvent rendre nécessaires.
Manger son pain à la fumée du rôt. Voy. Fumée.
Manger son pain dans sa poche. Vivre heureux ; vivre dans l’aisance, sans y faire participer qui que ce soit.
Manger son blé en herbe, ou vert. Manger avance le bénéfice d’une affaire ou d’une spéculation ; vivre sur le crédit d’une succession qui n’est pas encore ouverte ; dépenser avec prodigalité, et généralement faire un mauvais usage de sa fortune.
Voilà ce que les rats n’ont pas mangé. Se dit ironiquement en montrant quelque chose que l’on avoit gardé secrètement.
Il sait bien son pain manger. Pour, il a soin de sa personne ; il sait vivre.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Dénoncer, avouer. Manger le morceau, avouer le crime.

(Delvau, 1867) : v. a. Subir, avoir, faire, — dans l’argot du peuple. Manger de la misère. Être besogneux, misérable. Manger de la prison. Être prisonnier. Manger de la guerre. Assister à une bataille.

(La Rue, 1894) : Faire chanter. Mangeur, maître chanteur (V. Chanter). Faire manger, faire profiter du produit d’une filouterie.

Manger dans la main

(Delvau, 1867) : v. n. Prendre des familiarités excessives, abuser des bontés de quelqu’un.

Manger de ce pain-là (ne pas)

(Delvau, 1867) : Se refuser à faire une chose que l’on croit malhonnête, malgré le profit qu’on en pourrait retirer ; répugner à certains métiers, comme ceux de domestique, de souteneur, etc.

Manger de la chair crue

(Delvau, 1864) : Faire l’acte vénérien.

Si elles savaient ce que c’était de manger de la chair crue la nuit.

Marguerite de Navarre.

Manger de la merde

(Delvau, 1867) : Souffrir de toutes les misères et de toutes les humiliations connues ; en être réduit comme l’escarbot, à se nourrir des immondices trouvées sur la voie publique, des détritus abandonnés là par les hommes et dédaignés même des chiens. Cette expression — de l’argot des faubouriens — est horrible, non parce qu’elle est triviale, mais parce qu’elle est vraie. Je l’ai entendue, cette phrase impure, sortir vingt fois de bouches honnêtes exaspérées par l’excès delà pauvreté. J’ai hésité d’abord à lui donner asile dans mon Dictionnaire, mais je n’hésite plus : il faut que tout ce qui se dit se sache.

Manger de la vache enragée

(Delvau, 1867) : v. a. Pâtir beaucoup ; souffrir du froid, de la soif et de la faim ; n’avoir ni sou ni maille, ni feu ni lieu ; vivre enfin dans la misère en attendant la richesse, dans le chagrin en attendant le bonheur. Cette expression est de l’argot du peuple et de celui des bohèmes, qui en sont réduits beaucoup trop souvent, pour se nourrir, à se tailler des beefsteaks invraisemblables dans les flancs imaginaires de cette bête apocalyptique.

(Virmaître, 1894) : Malheureux qui ne mange pas tous les jours.
— Ah ! tu ne veux pas travailler, propre à rien, tu vas foutre le camp, tu mangeras de la vache enragée (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Ne pas arriver, tout en travaillant beaucoup à ne pouvoir se donner le strict nécessaire.

Manger des briques

(Rossignol, 1901) : Ne rien avoir à manger, c’est bouffer des briques à la sauce cailloux.

Manger des pissenlits par la racine

(Delvau, 1867) : v. a. Être mort.

Manger du bœuf

(Delvau, 1867) : v. a. Être pauvre, — dans l’argot des ouvriers, qui savent combien l’ordinaire finit par être fade et misérable.

Manger du fromage

(Delvau, 1867) : Être mécontent ; avoir de la peine à se débarbouiller de ses soucis. On connaît l’épigramme faite en 1814 contre Cambacérès, duc de Parme :

Le duc de Parme déménage ;
Plus d’hôtel, plus de courtisan !
Monseigneur mange du fromage,
Mais ce n’est plus du parmesan…

Manger du mérinos

(Delvau, 1867) : v. a. Jouer au billard, — dans l’argot des habitués d’estaminet. Ils disent aussi Manger du drap.

Manger du pain et du fromage

(Virmaître, 1894) : Repas de funérailles. C’est une vieille coutume. Quand on enterre un camarade, on mange du pain et du fromage, ou on casse la gueule à un lapin en souvenir du mort (Argot du peuple).

Manger du pain rouge

(Delvau, 1867) : v. a. Vivre d’assassinats impunis, — dans l’argot du peuple.

(La Rue, 1894) : Vivre d’assassinats.

Manger du pavé

(Delvau, 1867) : v. a. Chercher de l’ouvrage et n’en jamais trouver, — dans l’argot des coiffeurs. Trimer, — dans l’argot du peuple.

(La Rue, 1894) : Chercher de l’ouvrage et n’en pas trouver.

Manger du sucre

(Delvau, 1867) : v. a. Recevoir des applaudissements, — dans l’argot des comédiens.

Manger l’anguille sans la sauce

(Delvau, 1864) : Retirer vivement la pine d’un homme au moment où il va décharger, afin de n’avoir pas d’enfants de lui, — la sauce de cette anguille étant fort agréable, mais aussi pleine d’inconvénients.

Prenez donc des précautions !
Sans la sauce mangez l’anguille !
Beau moyen et bien éprouvé :
J’en suis pour un enfant trouvé.

Béranger.

Manger la botte

(Rossignol, 1901) : Faire à une femme une cour assidue sans arriver à un résultat.

Manger la chandelle (ne pas)

(Delvau, 1867) : N’avoir rien contre soi qu’on puisse reprocher, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression à propos des gens qu il ne connaît pas assez pour en répondre. Ainsi quand il dit : C’est un bon enfant, il ne mange pas la chandelle, cela signifie : Je n’en sais ni bien ni mal, ce n’est ni mon ami ni mon ennemi.

Manger la grenouille

(Virmaître, 1894) : Caissier qui mange le contenu de la caisse. Notaire qui vole les fonds qui lui sont confiés. Sergent-major qui lève le pied avec la solde de sa compagnie. Se dit en général de tous ceux qui mangent l’argent qui ne leur appartient pas. Cette expression vient de ce que, en Hollande, les banquiers avaient pour emblème protecteur, sur la serrure de leur coffre-fort, une grenouille en bronze ; lorsque le coffre-fort était fracturé, la grenouille était déplacée. De là, manger la grenouille (Argot du peuple). N.

Manger la laine sur le dos de quelqu’un

(Delvau, 1867) : v. a. Le tromper, et même le voler, sans qu’il proteste ou s’en aperçoive. Même argot [du peuple].

Manger la soupe à la quéquette

(Rossignol, 1901) : C’est à la suite de cela qu’arrivent les bébés.

Manger la vache enragée

(Larchey, 1865) : Endurer des privations.

Sans l’illusion, où irions-nous, elle donne la puissance de manger la vache enragée des arts.

Balzac.

Son père dit qu’il veut lui faire manger de la vache enragée.

E. Sue.

Manger le blanc des yeux (se)

(Delvau, 1867) : Se dit de deux personnes qui se regardent avec colère, comme prêtes à se jeter l’une sur l’autre et à se dévorer.

Manger le bon Dieu

(Delvau, 1867) : v. a. Communier, — dans l’argot des faubouriens.

Manger le bon dieu

(Virmaître, 1894) : Communier. L’allusion est claire (Argot du peuple).

Manger le fruit d’une femme

(Delvau, 1864) : Gamahucher une femme, enceinte peut-être.

Prends gardé !… Tu vas manger mon fruit.

Jean du Boys.

Jean, rentrant chez lui, à l’improviste, trouve Pierre, son voisin, la tête entre les cuisses de sa femme, et bien en train de la gamahucher. — Fouchtra ! s’écrie-t-il, cha m’étonne plus, chi je n’ai pas d’enfants ; j’en fais tous les jours, et Pierre me les mange !

Manger le gibier

(Delvau, 1867) : v. a. Ne rien exiger des hommes, ou ne pas rapporter intégralement l’argent qu’ils ont donné, — dans l’argot des souteneurs oui disent cela à propos des filles, leurs maîtresses.

(La Rue, 1894) : Dans l’argot des filles, ne pas rapporter intégralement au souteneur l’argent reçu d’un client.

Manger le morceau

(Bras-de-Fer, 1829) : Dénoncer.

(Delvau, 1867) : v. a. Faire des révélations, nommer ses complices, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Casser le morceau.

(Delvau, 1867) : v. a. Trahir un secret ; ébruiter trop tôt une affaire, — dans l’argot du peuple.

(Virmaître, 1894) : Dénoncer ses complices, ou avouer ses méfaits (Argot des voleurs). V. Mouton.

(Rossignol, 1901) : Aveux faits par un voleur qui fait connaître ses complices. Il a mangé le morceau.

(Hayard, 1907) : Dénoncer ses complices.

Manger le mot d’ordre

(Delvau, 1867) : v. a. Ne plus se le rappeler, — dans l’argot des troupiers.

Manger le nez (se)

(Delvau, 1867) : Se battre avec acharnement, — dans l’argot des faubouriens, qui jouent parfois des dents d’une manière cruelle. Par bonheur, ils jouent plus souvent de la langue, et, dans leurs « engueulements », — qui rappellent beaucoup ceux des héros d’Homère, — s’il leur arrive de dire, en manière de début : « Je vais te manger le nez ! » ils se contentent de se moucher.

Manger le pain hardi

(Delvau, 1867) : v. a. Être domestique, — dans l’argot du peuple, qui veut marquer que ces sortes de gens mangent le pain de leurs maîtres, sans se soucier autrement de le gagner.

Manger le poulet

(Delvau, 1867) : v. a. Partager un bénéfice illicite, — dans l’argot des ouvriers, qui disent cela à propos des ententes trop cordiales qui existent parfois entre les entrepreneurs et les architectes, grands déjeuneurs.

Manger les sens (se)

(Delvau, 1867) : S’impatienter, se mettre en colère, — dans l’argot des bourgeois.

Manger ou faire sauter la grenouille

(Larchey, 1865) : Dissiper les fonds dont on est dépositaire. V. Crapaud.

Il a fait sauter la grenouille de la société.

L. Reybaud.

Manger son beefsteak

(Delvau, 1867) : v. a. Se taire, — dans l’argot des faubouriens, qui ne devraient pourtant pas ignorer qu’il y a des gens qui parlent la bouche pleine.

Manger son pain blanc le premier

(Delvau, 1867) : v. a. De deux choses faire d’abord la plus aisée ; s’amuser avant de travailler, au lieu de s’amuser après avoir travaillé. Cette expression, — de l’argot du peuple, signifie aussi : Se donner du bon temps dans sa jeunesse et vivre misérablement dans sa vieillesse.

Manger sur

(Larchey, 1865) : Dénoncer.

François a mangé sur vous.

Canler.

Manger sur l’orgue

(Halbert, 1849) : Dénoncer ses pratiques ou complices.

(Delvau, 1867) : v. n. Dénoncer un complice pour se sauver soi-même ou atténuer son propre crime, — dans l’argot des voleurs. On dit aussi Manger sur quelqu’un.

(Virmaître, 1894) : Charger un complice. Mot à mot : lui mettre ses méfaits sur le dos pour essayer de s’en décharger (Argot des voleurs).

(Hayard, 1907) : Charger un complice.

Manger un lapin

(Delvau, 1867) : v. a. Enterrer un camarade, — dans l’argot des typographes, qui, comme tous les ouvriers, s’arrêtent volontiers chez le marchand de vin en revenant du cimetière.

Manger un morceau

(Clémens, 1840) : Vendre une affaire (un délit).

Manger une soupe aux herbes

(Delvau, 1867) : Coucher dans les champs. Argot des faubouriens.

Manger, manger le morceau

(Larchey, 1865) : Dénoncer, avouer.

Le morceau tu ne mangeras de crainte de tomber au plan… — Paumé tu ne mangeras dans le taffe du gerbement.

Vidocq.

Manger, manger le morceau, manger sur l’orgue

(La Rue, 1894) : Dénoncer un complice, révéler un secret.

Manger, Manger le morceau, Manger sur, Manger du lard

(Rigaud, 1881) : Dénoncer un complice, révéler un secret. — Manger dans la main, être très familier, ne pas observer les distances sociales. — Manger de la misère, manger de la prison, subir la misère, la prison. — Manger de la vache enragée, être misérable. — Manger de la merde, être dans le dénûment le plus profond, être abreuvé de souffrances physiques et morales. — Manger sur le pouce, manger à la hâte. — Manger du drap, jouer au billard. — Manger du pavé, chercher en vain de l’ouvrage. — Manger la laine sur le dos de quelqu’un, vivre aux dépens de quelqu’un, le ruiner sans le faire crier. — Manger du pain rouge, dépenser l’argent provenant d’un assassinat. — Manger à tous les râteliers, accepter de tous les côtés, sans scrupules. — Manger le Bon Dieu, communier. — Manger du sucre, être applaudi au théâtre. — Manger le poulet, partager un pot de vin, partager un bénéfice illicite. — Manger le gibier, faire sauter l’anse du panier de la prostitution, — dans le jargon des souteneurs qui n’entendent pas la plaisanterie sur ce chapitre. — Manger le pain hardi, être domestique. — Manger son pain blanc le premier, dépenser sans compter avec la misère à venir. — Manger l’herbe par la racine, être mort depuis longtemps. — Manger ses mots, parler vite et d’une manière incompréhensible. — Manger la consigne, oublier un ordre qu’on vous a donné. — Avoir mangé la bouillie avec un sabre, avoir une très, grande bouehe. — Se manger, se manger le nez, se disputer vivement de très près, se menacer d’en venir aux mains. — Se manger les sangs, s’inquiéter. — Se manger les pouces, s’impatienter.

Mangerie

(d’Hautel, 1808) : Pour, exaction, monopole, dilapidation, tour de bâton ; escroquerie, filouterie, vol.
Relever mangerie. Pour, recommencer à manger.

Paillasse (manger sa)

(Rigaud, 1881) : S’agenouiller pour prier au pied de son lit, — dans le jargon des troupiers.

Pain rouge (manger du)

(Halbert, 1849) : Vivre d’assassinats.

Pain-là (ne pas manger de ce)

(Rigaud, 1881) : Repousser une proposition, un gain indignes d’un honnête homme.

Pissenlits par la racine (manger des)

(La Rue, 1894) : Être mort.

Pissenlits par la racine (manger les)

(Rigaud, 1881) : Être mort.

Salle à manger

(Delvau, 1867) : s. f. La bouche, — dans l’argot des faubouriens. N’avoir plus de chaises dans sa salle à manger. N’avoir plus de dents.

(Rigaud, 1881) : Bouche. — N’avoir plus que trois ou quatre chaises dans la salle à manger, n’avoir plus que trois ou quatre dents. — La salle à manger se démeuble, se dit quand on perd ses dents.

(Virmaître, 1894) : La bouche. Pour indiquer qu’un individu n’a pas de dents, on dit dans le peuple :
— Il n’a plus de tabourets dans la salle à manger (Argot du peuple).

Sauce-là, on mangerait son père (à cette)

(Rigaud, 1881) : Sauce succulente. Expression des gastronomes pour qui rien n’est sacré hormis la bonne chère.

Soupe à l’herbe (en manger une)

(Virmaître, 1894) : Aller gouaper dans les champs sans avoir le sou et s’allonger sur l’herbe pour dormir :
— Qui dort dîne (Argot du peuple). N.

Soupe au poireau (faire manger la)

(Rigaud, 1881) : Faire attendre. (V. poireau.) C’est la variante moderne de faire le poireau.

Sucre (manger du)

(Rigaud, 1881) : Être satisfait d’un éloge. — Être applaudi, — dans le jargon des comédiens. On dit plus fréquemment aujourd’hui : Boire du lait.

Tabourets dans la salle à manger

(Rossignol, 1901) : Celui qui n’a plus de dents n’a plus de tabourets dans la salle à manger.


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