AccueilA B C D E F G H I J K L M N O ΠP Q R S T U V W X Y ZLiens

courriel

un mot au hasard

Dictionnaire d’argot classique
Argot classique
le livre


Facebook

Share

Russe-français
Russisch-Deutsch
Rusianeg-Brezhoneg
Russian-English
Ρώσικα-Ελληνικά
Russo-italiano
Ruso-español
Rus-român
Orosz-Magyar
Ruso-aragonés
Rusice-Latine
Французско-русский
Немецко-русский
Бретонско-русский
Französisch-Deutsch
Allemand-français
Блатной жаргон
Soldatensprachführer
Военные разговорники

Entrez le mot à rechercher :
  Mots-clés Rechercher partout 


Achate

Hayard, 1907 : Ami.

Acheter chat en poche

France, 1894 : Conclure légèrement un marché sans avoir examiné l’objet qu’on achète. Un paysan retors mit un chat dans un sac — poke — mot saxon dont nous avons fait poche, — et le vendit sur le marché comme cochon de lait à un benêt ou un ivrogne qui acheta de confiance et ne s’aperçut de la duperie qu’après la disparition du filou. Acheter le chat pour le lièvre, dit-on encore.

Ah ! Le bon billet qu’a La Châtre !

France, 1894 : Le jeune marquis de La Châtre aimait éperdument la fameuse Ninon de Lenclos. Il reçut l’ordre de rejoindre son régiment et ne pouvait se consoler d’être obligé de quitter sa maîtresse. Ce qui le désolait le plus était la pensée qu’elle pouvait lui être infidèle : elle avait beau lui jurer une éternelle constance, ses serments ne le rassuraient que peu, lorsque enfin une idée lumineuse lui vint en l’esprit, ce fut d’exiger de Ninon qu’elle s’engageât par écrit à lui rester fidèle. Peut-être avait-il connaissance du vieux proverbe latin : « Verba volant, scripta manent. »
Ninon consentit bien vite à donner par écrit tous les serments imaginables et jura sur le papier ce qu’elle avait juré par paroles. Le marquis mis le billet comme un talisman sur son cœur et s’en alla tranquillisé.
Deux jours après son départ ou peut-être le soir même, Ninon qui se trouvait dans les bras d’un nouvel amant se mit tout à coup à rire, et comme l’heureux successeur du naïf marquis lui en demandait l’explication, elle redoubla de gaité, s’écriant à plusieurs reprises : Ah ! le bon billet qu’a La Châtre ! Ah ! le bon billet qu’a La Châtre !
Cette saillie de la célèbre courtisane est devenue proverbiale et il n’est peut-être pas de mot qui ait été cité davantage pour exprimer le peu de solidité de certaines promesses sur lesquelles on compte sans aucune raison.

Bâti de boue et de crachat

Rigaud, 1881 : Bâti à la hâte, sans solidité, en parlant d’une maison, d’une bicoque, d’un ouvrage de maçonnerie. On devrait bien étendre l’expression jusqu’à certains personnages politiques.

Bille à châtaigne

Delvau, 1866 : s. f. Figure grotesque, — dans l’argot des faubouriens.

Bouillie pour les chats

Delvau, 1866 : s. f. Affaire avortée, chose mal réussie. Argot des bourgeois. Faire de la bouillie pour les chats. Travailler sans profit pour soi ni pour personne.

France, 1894 : Affaire avortée, mal réussie ; argot des bourgeois. Faire de la bouillie pour les chats, travailler sans profits pour soi ni pour personne. (A. Delvau.)

C’est le chat !

Delvau, 1866 : Expression de l’argot du peuple, qui souligne ironiquement un doute, une dénégation. Ainsi, quelqu’un disant : Ce n’est pas moi qui ai fait cela. — Non ! c’est le chat ! lui répondra-t-on.

Casser le cou à un chat

Delvau, 1866 : v. a. Manger une gibelotte, — dans l’argot du peuple.

Chat

d’Hautel, 1808 : Ce n’est pas lui qui a fait cela ; non, c’est le chat. Locution bouffonne et adversative qui a été long-temps en vogue parmi le peuple de Paris, et dont on se sert encore maintenant pour exprimer qu’une personne est réellement l’auteur d’un ouvrage qu’on ne veut pas lui attribuer ; ou pour affirmer que quelqu’un a commis une faute que l’on s’obstine à mettre sur le compte d’un autre.
Il a autant de caprices qu’un chat a de puces. Se dit d’un enfant fantasque, inconstant et capricieux, comme le sont tous les enfans gâtés et mal élevés.
J’ai bien d’autres chats à fouetter. Pour, j’ai bien d’autres choses à faire que de m’occuper de ce que vous dites.
Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit par plaisanterie d’une personne vive, impatiente, d’une pétulance extrême, et qui se laisse aller facilement à la colère et à l’emportement.
Il trotte comme un chat maigre. Se dit d’une personne qui marche rapidement et avec légèreté ; qui fait beaucoup de chemin en peu de temps.
Mon chat. Nom d’amitié et de bienveillance que les gens de qualités donnent à leurs protégés, et notamment aux petits enfans.
Il a un chat dans le gosier. Se dit d’un homme de temps qui avale sans cesse sa salive, et qui fait des efforts pour cracher.
Il le guette comme le chat fait la souris. Pour, il épie, il observe soigneusement jusqu’à ses moindres actions.
Acheter chat en poche. Faire une acquisition, sans avoir préalablement examiné l’objet que l’on achette.
Il a emporté le chat. Se dit d’un homme incivil et grossier qui sort d’un lieu sans dire adieu à la société.
Chat échaudé craint l’eau froide. Signifie que quand on a été une fois trompé sur quelque chose, on devient méfiant pour tout ce qui peut y avoir la moindre ressemblance.
Traître comme un chat. Faussaire, hypocrite au dernier degré.
Elles s’aiment comme chiens et chats. Se dit de deux personnes qui ne peuvent s’accorder en semble ; qui se portent réciproquement une haine implacable.
À bon chat bon rat. Pour, à trompeur, trompeur et demi ; bien attaqué, bien éludé.
À mauvais rat faut mauvais chat. Pour, il faut être méchant avec les méchans.
À vieux chat jeune souris. Signifie qu’il faut aux vieillards de jeunes femmes pour les ranimer.
Jeter le chat aux jambes. Accuser, reprocher, rejeter tout le blâme et le mauvais succès d’une affaire sur quelqu’un.
À lanuit, tous chats sont gris. Pour dire que la nuit voile tous les défauts.
Il a joué avec les chats. Se dit de quelqu’un qui a le visage écorché, égratigné.
Il est propre comme une écuelle à chat. Se dit par dérision d’un homme peu soigneux de sa personne, et fort malpropre.
Bailler le chat par les pattes. Exposer une affaire par les points les plus difficiles.
Il entend bien chat, sans qu’on dise minon. Se dit d’un homme rusé et subtil, qui entend le demi-mot.
Il a payé en chats et en rats. Se dit d’un mauvais payeur ; d’un homme qui s’acquitte ric à ric, et en mauvais effets.
Une voix de chats. Voix sans étendue, grêle et délicate.
Une musique de chat. Concert exécuté par des voix aigres et discordantes.
Elle a laissé aller le chat au fromage. Se dit d’une fille qui s’est laissé séduire, et qui porte les marques de son déshonneur.

Bras-de-Fer, 1829 : Geôlier.

Larchey, 1865 : Guichetier (Vidocq). — Allusion au guichet, véritable chatière derrière laquelle les prisonniers voient briller ses yeux.

Larchey, 1865 : Nom d’amitié.

Les petits noms les plus fréquemment employés par les femmes sont mon chien ou mon chat.

Ces Dames, 1860.

Delvau, 1866 : s. m. Geôlier, — dans le même argot [des voleurs]. Chat fourré. Juge ; greffier.

Delvau, 1866 : s. m. Lapin, — dans l’argot du peuple qui s’obstine à croire que les chats coûtent moins cher que les lapins et que ceux-ci n’entrent que par exception dans la confection des gibelottes.

Delvau, 1866 : s. m. Enrouement subit qui empêche les chanteurs de bien chanter, et même leur fait faire des couacs.

Rigaud, 1881 : Pudenda mulierum.

Rigaud, 1881 : Couvreur. Comme le chat, il passe la moitié de sa vie sur les toits.

Rigaud, 1881 : Guichetier, — dans l’ancien argot.

Rigaud, 1881 : Enrouement subit éprouvé par un chanteur.

Rigaud, 1881 : Greffier, employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. Et admirez les chassez-croisez du langage argotique : les truands appelaient un chat un greffier et les troupiers appellent un greffier un chat. Tout est dans tout, comme disait Jacotot.

La Rue, 1894 : Guichetier. Couvreur. Enrouement subit. Pudenda mulierum.

France, 1894 : Guichetier d’une geôle.

France, 1894 : Couvreur. Comme les chats, il se tient sur les toits.

France, 1894 : Nature de la femme. Au moment où le fameux Jack l’Éventreur terrifiait à Londres le quartier de Whitechapel, le Diable Amoureux du Gil Blas racontait cette lourde plaisanterie :
« — Tond les chiens ! coupe les chats !
Un Anglais se précipite sur le malheureux tondeur en criant :
— Enfin, je te tiens, Jack ! »
Ce quatrain du Diable Boiteux est plus spirituel :

 Prix de beauté de Spa, brune, bon caractère !
 Au harem aurait fait le bonheur d’un pacha ;
 Aime les animaux félins, tigre ou panthère,
 Et possède, dit-on, un fort beau petit chat !

Chez lui, revenant après fête,
Un pochard rond comme un portier,
Faible de jambe et lourd de tête,
Cherchait le lit de sa moitié.

Mais il se glissa près de Laure,
La jeunes femme du couvreur…
Et ce n’est qu’en voyant l’aurore
Qu’il s’aperçut de son erreur.

— Que va me dire mon épouse ?
Pensa-t-il. Zut ! Pas vu, pas pris !
Elle ne peut être jalouse,
Car la nuit tous les chats sont gris !

(Gil Blas)

Chat, emplové pour le sexe de la femme, n’a aucun sens. Le mot primitif est chas, ouverture, fente, dont on a fait châssis. Les Anglais ont le substantif puss, pussy, pour désigner la même chose, mais ils n’ont fait que traduire notre mot chat.

France, 1894 : Enrouement. Avoir un chat dans le gosier ou dans la gouttière, être enroué.

Chat (appeler un chat un)

France, 1894 : Appeler les choses par leur nom suivant le conseil de Victor Hugo :

Ô fils set frères ! ô poètes !
Quand la chose est, dites le mot.

Expression tirée de la IXe Satire de Boileau :

J’appelle un chat un chat et Rollet un fripon.

Les Anglais disent : Appeler une biche biche.

Chat (c’est le)

France, 1894 : Expression populaire qui exprime une dénégation ou un doute. « Ce n’est pas moi qui ai laissé brûler le rôti. — Non, c’est le chat ! »

Chat (être)

Delvau, 1866 : Avoir des allures caressantes, félines, — dans l’argot du peuple, qui dit cela en bonne comme en mauvaise part.

France, 1894 : Être caressant, félin, hypocrite.

Chat (mon petit)

Virmaître, 1894 : Terme d’amitié employé souvent vis-à-vis d’une jeune fille. Chat… (Argot du peuple). V. Tâte-minette. N.

Chat à neuf queues

Merlin, 1888 : Martinet.

Chat dans la gouttière

Rigaud, 1881 : Enrouement persistant éprouvé par un chanteur.

Chat-fourré

France, 1894 : Juge, greffier.

Ah ! comme je la vois venir, toute la séquelle des chats-fourrés, s’avançant à pas de velours vers les plus nobles, les plus hardis d’entre nous — jusqu’à ce que la griffe de fer s’abatte sur la liberté pantelante, sur la pensée meurtrie !

(Séverine)

Chat, chatte

Delvau, 1864 : Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont au bas du ventre, — à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois à cause des griffes avec les quelles elle déchire la pine des honnêtes gens qui s’y frottent.

Elle aime tous les rats
Et voudrait, la Lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats.

Joachim Duflot.

Châtaigne

Delvau, 1866 : s. f. Soufflet appliqué sur la joue, — dans l’argot des ouvriers, qui ont emprunté cette expression à des Lyonnais.

Virmaître, 1894 : Soufflet.
— Je vais te coller une chataigne, ou je vais te plaquer un marron (Argot du peuple).

France, 1894 : Soufflet.

Rossignol, 1901 : Gifle.

Si tu continues à m’embêter, je vais t’envoyer une châtaigne.

On dit aussi un marron.

Hayard, 1907 : Coup.

Chataud, chataude

Delvau, 1866 : adj. et s. Gourmand, gourmande, — dans l’argot du peuple. « J’étais chataude et fainéante, » dit la jolie Manon de Rétif de la Bretonne.

France, 1894 : Gourmand, gourmande,

Château

Fustier, 1889 : Abrév. de Chateaubriand. (V. Delvau.)

France, 1894 : Prison.

Château branlant

France, 1894 : Personne ou chose toujours en mouvement.

Château de l’ombre

France, 1894 : Bagne.

Château-branlant

Delvau, 1866 : s. m. Chose ou personne qui remue toujours, et qu’à cause de cela on a peur de voir tomber. Argot du peuple.

Château-Campèche

Rigaud, 1881 : Mauvais vin coloré avec du bois de Campèche ; par opposition ironique à Château-Laffite.

Château-campêche

France, 1894 : Nom donné par dérision du petit bleu que sert le mastroquet, dans lequel le bois de campêche joue le rôle essentiel.

Chateaubriand

Rigaud, 1881 : Bifteck très épais, bifteck à triple étage, — dans le jargon des restaurants. — Un Chateaubriand aux pommes.

France, 1894 : Transformation du beef-steack sur la note du restaurateur. Une maison qui se respecte ne sert aux clients que des chateaubriands. Le publie bénévole paye le baptême. Pourquoi ce nom célèbre à un morceau de bœuf ? Théodore de Banville raconte qu’il voulut en avoir le cœur net :

Enfin, je n’y tins plus, je voulus absolument le savoir, et j’interrogeai Magny. À ce qu’il m’apprit, le chateaubriand fut baptisé ainsi, parce qu’il avait été inventé sous les auspices de… M. de Chabrillan ! N’est-ce pas là l’origine commune des histoires et des légendes qui, sauf de rares exceptions, sont toutes nées d’une faute de langue ou d’une faute d’orthographe ?

Il est vrai qu’il reste à ce grand écrivain, à ce philosophe morose, la popularité, énorme, permanente, la gloire en billon circulant du bouillon Duval au cabaret du Lyon d’Or, d’avoir servi de patron à un beefsteack renommé — lui qui n’en mangeait jamais et ne se nourrissait que de laitage, d’encens et de souvenirs. Ô ironie ! ô reconnaissance des peuples ! Un beefsteack aux pommes, voilà peut-être tout ce qui restera un jour d’un Atlas de la pensée, d’un Archimède de la philosophie. Il portait un monde dans son vaste cerveau, il rêvait d’en soulever un autre avec sa plume, et le résultat de tout cela : un nom qu’on crayonne sur un menu de restaurant. C’est ça la gloire !

(E. Lepelletier)

On vient d’installer à la Bibliothèque nationale un petit buffet, très commode pour les travailleurs. L’un de ceux-ci y pénètre dernièrement :
Que désire monsieur ?
— Qu’est-ce qu’on peut bien manger dans celte cité des lires ? Donnez-moi un Chateaubriand.
— Voilà, monsieur.
— Grand format, surtout.

Chatellerault

Virmaître, 1894 : Couteau. Allusion à la ville renommée pour sa fabrication. On pourrait aussi bien dire Thiers ou Noutron (Argot des voleurs). V. Lingre.

Châtier

d’Hautel, 1808 : Qui aime bien châtie bien. Signifie que l’amour d’un bon père pour ses enfans ne doit point le rendre aveugle sur leurs défauts ; que le devoir lui ordonne, au contraire, de réprimer avec sévérité le vice, dès qu’il se montre en eux.

Chaton

d’Hautel, 1808 : Diminutif ; petit chat. Nom d’amitié, que l’on donne aux plus petits enfans.

Fustier, 1889 : Petit chat. Individu charmant. (Richepin.)

Chatouillage au roupillon

Fustier, 1889 : Vol au poivrier.

Chatouille

France, 1894 : Chansonnette comique appelée ainsi parce qu’elle excite au rire.

France, 1894 : Légère sensation provenant d’un frôlement sur l’épiderme.

Et un de ces corps délicats, souples, graciles comme il en apparait dans les gouaches galantes des petits maîtres de l’autre siècle, résistant avec de feintes pudeurs aux assauts d’amour, tressaillant, palpitant, riant, perdant la tête à la plus imperceptible chatouille qui les frôle, et si étourdies qu’elles tendent leurs lèvres quand on n’implorait qu’un timide baiser sur les doigts.

(Riquet, Gil Blas)

Chatouille (une)

Virmaître, 1894 : Une chansonnette. Vieux terme de goguette :
— Allons, dégoise-nous ta petite chatouille (Argot du peuple). N.

Chatouiller

d’Hautel, 1808 : Se chatouiller pour se faire rire. C’est se représenter intérieurement en soi-même des sujets agréables et burlesques qui excitent à rire, ou chercher à se mettre en joie, quoiqu’on n’en ait pas sujet. On dit aussi, et dans le même sens, Se pincer pour se faire rire.

Chatouiller le public

Rigaud, 1881 : Charger un rôle, ajouter à la prose de l’auteur des facéties dans l’espoir de faire rire le public. (Jargon des coulisses.)

France, 1894 : Faire ou dire des plaisanteries sur la scène.

Chatouiller les côtes

France, 1894 : Battre, donner une volée à quelqu’un.

Chatouiller les menesses

France, 1894 : Faire rire les femmes.

Le patron n’aime pas beaucoup les « comtois » qui tirent la bourre en représentations pour chatouiller les menesses.

(Hugues Le Roux, Les Larrons)

Chatouiller un roupilleur

France, 1894 : Fouiller doucement les poches d’un dormeur.

Chatouilleur

France, 1894 : Fripon de bourse ou de banque qui cherche à vendre de mauvaises valeurs.

Chatouilleur marron

Rigaud, 1881 : C’est le romain, le claqueur de fonds publics. Son rôle consiste à chauffer une émission, à stimuler le zèle des souscripteurs, comme le rôle des chevaliers du lustre consiste à chauffer la pièce, à entretenir le feu sacré des acteurs. (Jargon de la Bourse.)

Châtrer

d’Hautel, 1808 : Châtrer une bourse. En diminuer la valeur, en ôter une partie.
Voix de châtré. Voix aigre, foible et grêle.

Delvau, 1864 : Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les testicules.

Beau con dont la beauté tient mon âme ravie,
Qui les plus vieux châtrés pourrait faire dresser.

Théophile.

Chatte

Delvau, 1866 : s. f. Autrefois écu de six livres, aujourd’hui pièce de cinq francs, — dans l’argot des filles.

Fustier, 1889 : Pédéraste. Argot des voleurs. Terme injurieux que s’adressent les enfants des rues.

Virmaître, 1894 : Homme aimé des pédérastes pour ses manières câlines. La femme aussi est chatte si elle est câline à ses heures, à d’autres elle sait griffer (Argot du peuple). N.

France, 1894 : Pièce de cinq francs ; argot des filles.

Rossignol, 1901 : Lop ou lob, gueuse, coquine, tante, fiote, copaille, tapette. Singulier masculin qui se fait mettre au féminin.

Chattement

Delvau, 1866 : adv. Doucement, calmement. L’expression est de Balzac.

Chattemiteux

France, 1894 : Personne collet monté, obtuse, emmitouflée dans les préjugés et l’hypocrisie. « Une vieille dévote chattemiteuse. »

Une fois, cependant, une seule fois par an, je me promets d’écrire une histoire pour les gens pudibonds. Les cafards et les chattemiteux se peuvent donc abonner comme les autres. Je leur mets en réserve un conte si honnête, si monstrueusement décent, si scandaleusement innocent qu’ils en jetteront leur Berquin au feu comme corrupteur de la jeunesse et pour ne plus lire que moi.

(Armand Silvestre)

Crachat

d’Hautel, 1808 : Cette maison est bâtie de boue et de crachat. Voyez Boue.
Il se noyeroit dans son crachat. Pour dire qu’un homme est malheureux au-dessus de toute expression ; qu’il ne réussit dans aucune de ses entreprises.

Cru du chateau la pompe

Virmaître, 1894 : Eau. Se dit par ironie (Argot du peuple).

Donner sa langue aux chiens, aux chats

Larchey, 1865 : Renoncer à deviner.

Je donne ma langue aux chiens, dit Jérôme, je renonce.

E. Sue.

Emporter le chat

Delvau, 1866 : v. a. Se mêler d’une chose que l’on ne connaît pas, et recevoir pour sa peine une injure, ou pis encore. — Argot du peuple.

Entrechater

Rigaud, 1881 : Battre des entrechats, en terme de chorégraphie.

Fouetteux de chats

Delvau, 1866 : s. m. Homme-femme, sans énergie sans virilité morale.

Jeter sa langue aux chiens ou aux chats

France, 1894 : Renoncer à comprendre on à deviner une chose.

On jette aux chiens un os, un reste de nourriture dont on ne veut plus. Quand on n’a rien à répondre à une question, la langue devient inutile et bonne à jeter aux chiens. Les Romains disaient : « Je sais la vérité là-dessus : j’ai mangé de la langue du chien. » Pour eux, manger de la langue de chien était un moyen d’acquérir la sagacité de cet animal. Pour nous, donnersa langue à manger aux chiens c’est avouer qu’on manque de sagacité.

(L. Martel)

Kamchatka

France, 1894 : Néologisme inventé par Léon Daudet pour désigner la nombreuse catégorie de gens qui dénigrent tout et n’ont rien su produire.

Un véritable écrivain est-il sorti de leurs rangs, ce qui excuserait, et au delà, le long crédit que leur ont fait tous les gens de bonne foi ? Je leur serais reconnaissant de me le nommer. Ont-ils la même excuse de misère et de vague philanthropie que défendait Dupont et Durand contre la satire de Musset ? Pas le moins du monde. Les « Kamchatkas » sont donc venus, à leur heure, pour leur dire leur fait. Et puis, le ton est amusant, d’une vraie gaieté, un peu féroce d’ailleurs, d’une forme et d’un style bien français.

(Armand Silvestre)

Laisser aller le chat au fromage

Delvau, 1866 : Perdre tout droit à porter le bouquet de fleurs d’oranger traditionnel. L’expression est vieille, — comme l’imprudence des jeunes filles. Il y a même à ce propos, un passage charmant d’une lettre écrite par Voiture à une abbesse qui lui avait fait présent d’un chat : « Je ne le nourris (le chat) que de fromages et de biscuits ; peut-être, madame, qu’il n’était pas si bien traité chez vous ; car je pense que les dames de *** ne laissent pas aller le chat aux fromages et que l’austérité du couvent ne permet pas qu’on leur fasse si bonne chère. »

Laisser aller son chat au fromage

Delvau, 1864 : Se laisser foutre par un homme.

Dites-moy, et ne mentez point,
Vous êtes-vous laissée aller ?

(Farces et Moralités.)

La fille a laissé aller le chat au fromage si souvent que l’on s’est aperçu qu’il fallait rélargir sa robe.

(Variétés hist. et littér.)

Langue de chat

Virmaître, 1894 : Petit morceau de savon très mince, en forme de langue de chat, que les vagabonds portent constamment dans leur poche. On nomme aussi langue de chat, une sorte de petit gâteau sec que l’on mange en buvant du thé (Argot du peuple). N.

Mou pour ton chat

Virmaître, 1894 : Quand on regarde avec insistance une jolie fille et que cela ne lui plaît pas, elle répond :
— Ça, mon vieux, c’est pas du mou pour ton chat.
D’aucunes, plus expressives, disent :
— Tu peux regarder, c’est pas de la viande pour ton serin (Argot du peuple). N.

Patte de chat (la)

Delvau, 1864 : Bordel fameux, situé sur le boulevard Courcelles, où presque toute la présente génération aura passé.

Ils entretienn’nt des gonzesses
Qui log’t à la Patt’ de chat.

Guichardet.

Péter la châtaigne (faire)

Rigaud, 1881 : Métamorphoser une fille en femme.

Petite chatte

Delvau, 1866 : s. f. Drôlesse qui joue avec le cœur des hommes comme une véritable chatte avec une véritable souris, — dans l’argot de M. Henri de Kock, romancier, élève et successeur de son père.

Plat de chat

Virmaître, 1894 : Il ne s’agit pas de la gibelotte de gouttière servie chez les Borgias à vingt-trois sous (Argot des filles). V. Accouplées.

Poêle à châtaignes

Delvau, 1866 : s. f. Visage marqué de petite vérole, — par allusion aux trous, de la poêle dans laquelle on fait rôtir les marrons.

Queue d’un chat (pas la)

Delvau, 1866 : Solitude complète.

Qui aime bien châtie bien

France, 1894 : Voir Qui bene amat.

Uzerche (maison à), château en Limousin

France, 1894 : La situation naturellement fortifiée d’Uzerche, autrefois la seconde ville du bas Limousin, située sur une colline escarpée au pied de laquelle coule la Vézère, a donné lieu à ce vieux dicton.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique