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Achate

(Hayard, 1907) : Ami.

Acheter chat en poche

(France, 1907) : Conclure légèrement un marché sans avoir examiné l’objet qu’on achète. Un paysan retors mit un chat dans un sac — poke — mot saxon dont nous avons fait poche, — et le vendit sur le marché comme cochon de lait à un benêt ou un ivrogne qui acheta de confiance et ne s’aperçut de la duperie qu’après la disparition du filou. Acheter le chat pour le lièvre, dit-on encore.

Ah ! Le bon billet qu’a La Châtre !

(France, 1907) : Le jeune marquis de La Châtre aimait éperdument la fameuse Ninon de Lenclos. Il reçut l’ordre de rejoindre son régiment et ne pouvait se consoler d’être obligé de quitter sa maitresse. Ce qui le désolait le plus était la pensée qu’elle pouvait lui être infidèle : elle avait beau lui jurer une éternelle constance, ses serments ne le rassuraient que peu, lorsque enfin une idée lumineuse lui vint en l’esprit, ce fut d’exiger de Ninon qu’elle s’engageât par écrit à lui rester fidèle. Peut-être avait-il connaissance du vieux proverbe latin : « Verba volant, scripta manent. »
Ninon consentit bien vite à donner par écrit tous les serments imaginables et jura sur le papier ce qu’elle avait juré par paroles. Le marquis mis le billet comme un talisman sur son cœur et s’en alla tranquillisé.
Deux jours après son départ ou peut-être le soir même, Ninon qui se trouvait dans les bras d’un nouvel amant se mit tout à coup à rire, et comme l’heureux successeur du naïf marquis lui en demandait l’explication, elle redoubla de gaité, s’écriant à plusieurs reprises : Ah ! le bon billet qu’a La Châtre ! Ah ! le bon billet qu’a La Châtre !
Cette saillie de la célèbre courtisane est devenue proverbiale et il n’est peut-être pas de mot qui ait été cité davantage pour exprimer le peu de solidité de certaines promesses sur lesquelles on compte sans aucune raison.

Bâti de boue et de crachat

(Rigaud, 1881) : Bâti à la hâte, sans solidité, en parlant d’une maison, d’une bicoque, d’un ouvrage de maçonnerie. On devrait bien étendre l’expression jusqu’à certains personnages politiques.

Bille à châtaigne

(Delvau, 1867) : s. f. Figure grotesque, — dans l’argot des faubouriens.

Bouillie pour les chats

(Delvau, 1867) : s. f. Affaire avortée, chose mal réussie. Argot des bourgeois. Faire de la bouillie pour les chats. Travailler sans profit pour soi ni pour personne.

(France, 1907) : Affaire avortée, mal réussie ; argot des bourgeois. Faire de la bouillie pour les chats, travailler sans profits pour soi ni pour personne. (A. Delvau.)

C’est le chat !

(Delvau, 1867) : Expression de l’argot du peuple, qui souligne ironiquement un doute, une dénégation. Ainsi, quelqu’un disant : Ce n’est pas moi qui ai fait cela. — Non ! c’est le chat ! lui répondra-t-on.

Casser le cou à un chat

(Delvau, 1867) : v. a. Manger une gibelotte, — dans l’argot du peuple.

Chat

(d’Hautel, 1808) : Ce n’est pas lui qui a fait cela ; non, c’est le chat. Locution bouffonne et adversative qui a été long-temps en vogue parmi le peuple de Paris, et dont on se sert encore maintenant pour exprimer qu’une personne est réellement l’auteur d’un ouvrage qu’on ne veut pas lui attribuer ; ou pour affirmer que quelqu’un a commis une faute que l’on s’obstine à mettre sur le compte d’un autre.
Il a autant de caprices qu’un chat a de puces. Se dit d’un enfant fantasque, inconstant et capricieux, comme le sont tous les enfans gâtés et mal élevés.
J’ai bien d’autres chats à fouetter. Pour, j’ai bien d’autres choses à faire que de m’occuper de ce que vous dites.
Il a de la patience comme un chat qui s’étrangle. Se dit par plaisanterie d’une personne vive, impatiente, d’une pétulance extrême, et qui se laisse aller facilement à la colère et à l’emportement.
Il trotte comme un chat maigre. Se dit d’une personne qui marche rapidement et avec légèreté ; qui fait beaucoup de chemin en peu de temps.
Mon chat. Nom d’amitié et de bienveillance que les gens de qualités donnent à leurs protégés, et notamment aux petits enfans.
Il a un chat dans le gosier. Se dit d’un homme de temps qui avale sans cesse sa salive, et qui fait des efforts pour cracher.
Il le guette comme le chat fait la souris. Pour, il épie, il observe soigneusement jusqu’à ses moindres actions.
Acheter chat en poche. Faire une acquisition, sans avoir préalablement examiné l’objet que l’on achette.
Il a emporté le chat. Se dit d’un homme incivil et grossier qui sort d’un lieu sans dire adieu à la société.
Chat échaudé craint l’eau froide. Signifie que quand on a été une fois trompé sur quelque chose, on devient méfiant pour tout ce qui peut y avoir la moindre ressemblance.
Traître comme un chat. Faussaire, hypocrite au dernier degré.
Elles s’aiment comme chiens et chats. Se dit de deux personnes qui ne peuvent s’accorder en semble ; qui se portent réciproquement une haine implacable.
À bon chat bon rat. Pour, à trompeur, trompeur et demi ; bien attaqué, bien éludé.
À mauvais rat faut mauvais chat. Pour, il faut être méchant avec les méchans.
À vieux chat jeune souris. Signifie qu’il faut aux vieillards de jeunes femmes pour les ranimer.
Jeter le chat aux jambes. Accuser, reprocher, rejeter tout le blâme et le mauvais succès d’une affaire sur quelqu’un.
A la nuit, tous chats sont gris. Pour dire que la nuit voile tous les défauts.
Il a joué avec les chats. Se dit de quelqu’un qui a le visage écorché, égratigné.
Il est propre comme une écuelle à chat. Se dit par dérision d’un homme peu soigneux de sa personne, et fort malpropre.
Bailler le chat par les pattes. Exposer une affaire par les points les plus difficiles.
Il entend bien chat, sans qu’on dise minon. Se dit d’un homme rusé et subtil, qui entend le demi-mot.
Il a payé en chats et en rats. Se dit d’un mauvais payeur ; d’un homme qui s’acquitte ric à ric, et en mauvais effets.
Une voix de chats. Voix sans étendue, grêle et délicate.
Une musique de chat. Concert exécuté par des voix aigres et discordantes.
Elle a laissé aller le chat au fromage. Se dit d’une fille qui s’est laissé séduire, et qui porte les marques de son déshonneur.

(Bras-de-Fer, 1829) : Geôlier.

(Larchey, 1865) : Guichetier (Vidocq). — Allusion au guichet, véritable chatière derrière laquelle les prisonniers voient briller ses yeux.

(Larchey, 1865) : Nom d’amitié.

Les petits noms les plus fréquemment employés par les femmes sont mon chien ou mon chat.

Ces Dames, 1860.

(Delvau, 1867) : s. m. Geôlier, — dans le même argot [des voleurs]. Chat fourré. Juge ; greffier.

(Delvau, 1867) : s. m. Lapin, — dans l’argot du peuple qui s’obstine à croire que les chats coûtent moins cher que les lapins et que ceux-ci n’entrent que par exception dans la confection des gibelottes.

(Delvau, 1867) : s. m. Enrouement subit qui empêche les chanteurs de bien chanter, et même leur fait faire des couacs.

(Rigaud, 1881) : Pudenda mulierum.

(Rigaud, 1881) : Couvreur. Comme le chat, il passe la moitié de sa vie sur les toits.

(Rigaud, 1881) : Guichetier, — dans l’ancien argot.

(Rigaud, 1881) : Enrouement subit éprouvé par un chanteur.

(Rigaud, 1881) : Greffier, employé aux écritures, — dans le jargon du régiment. Et admirez les chassez-croisez du langage argotique : les truands appelaient un chat un greffier et les troupiers appellent un greffier un chat. Tout est dans tout, comme disait Jacotot.

(La Rue, 1894) : Guichetier. Couvreur. Enrouement subit. Pudenda mulierum.

Chat (être)

(Delvau, 1867) : Avoir des allures caressantes, félines, — dans l’argot du peuple, qui dit cela en bonne comme en mauvaise part.

Chat (mon petit)

(Virmaître, 1894) : Terme d’amitié employé souvent vis-à-vis d’une jeune fille. Chat… (Argot du peuple). V. Tâte-minette. N.

Chat à neuf queues

(Merlin, 1888) : Martinet.

Chat dans la gouttière

(Rigaud, 1881) : Enrouement persistant éprouvé par un chanteur.

Chat, chatte

(Delvau, 1864) : Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont au bas du ventre, — à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois à cause des griffes avec les quelles elle déchire la pine des honnêtes gens qui s’y frottent.

Elle aime tous les rats
Et voudrait, la Lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats.

Joachim Duflot.

Chataigne

(Virmaître, 1894) : Soufflet.
— Je vais te coller une chataigne, ou je vais te plaquer un marron (Argot du peuple).

Châtaigne

(Delvau, 1867) : s. f. Soufflet appliqué sur la joue, — dans l’argot des ouvriers, qui ont emprunté cette expression à des Lyonnais.

(Rossignol, 1901) : Gifle.

Si tu continues à m’embêter, je vais t’envoyer une châtaigne.

On dit aussi un marron.

(Hayard, 1907) : Coup.

Chataud, de

(Delvau, 1867) : adj. et s. Gourmand, gourmande, — dans l’argot du peuple. « J’étais chataude et fainéante, » dit la jolie Manon de Rétif de la Bretonne.

Château

(Fustier, 1889) : Abrév. de Chateaubriand. (V. Delvau.)

Château-branlant

(Delvau, 1867) : s. m. Chose ou personne qui remue toujours, et qu’à cause de cela on a peur de voir tomber. Argot du peuple.

Château-Campèche

(Rigaud, 1881) : Mauvais vin coloré avec du bois de Campèche ; par opposition ironique à Château-Laffite.

Chateaubriand

(Rigaud, 1881) : Bifteck très épais, bifteck à triple étage, — dans le jargon des restaurants. — Un Chateaubriand aux pommes.

Chatellerault

(Virmaître, 1894) : Couteau. Allusion à la ville renommée pour sa fabrication. On pourrait aussi bien dire Thiers ou Noutron (Argot des voleurs). V. Lingre.

Châtier

(d’Hautel, 1808) : Qui aime bien châtie bien. Signifie que l’amour d’un bon père pour ses enfans ne doit point le rendre aveugle sur leurs défauts ; que le devoir lui ordonne, au contraire, de réprimer avec sévérité le vice, dès qu’il se montre en eux.

Chaton

(d’Hautel, 1808) : Diminutif ; petit chat. Nom d’amitié, que l’on donne aux plus petits enfans.

(Fustier, 1889) : Petit chat. Individu charmant. (Richepin.)

Chatouillage au roupillon

(Fustier, 1889) : Vol au poivrier.

Chatouille (une)

(Virmaître, 1894) : Une chansonnette. Vieux terme de goguette :
— Allons, dégoise-nous ta petite chatouille (Argot du peuple). N.

Chatouiller

(d’Hautel, 1808) : Se chatouiller pour se faire rire. C’est se représenter intérieurement en soi-même des sujets agréables et burlesques qui excitent à rire, ou chercher à se mettre en joie, quoiqu’on n’en ait pas sujet. On dit aussi, et dans le même sens, Se pincer pour se faire rire.

Chatouiller le public

(Rigaud, 1881) : Charger un rôle, ajouter à la prose de l’auteur des facéties dans l’espoir de faire rire le public. (Jargon des coulisses.)

Chatouilleur marron

(Rigaud, 1881) : C’est le romain, le claqueur de fonds publics. Son rôle consiste à chauffer une émission, à stimuler le zèle des souscripteurs, comme le rôle des chevaliers du lustre consiste à chauffer la pièce, à entretenir le feu sacré des acteurs. (Jargon de la Bourse.)

Châtrer

(d’Hautel, 1808) : Châtrer une bourse. En diminuer la valeur, en ôter une partie.
Voix de châtré. Voix aigre, foible et grêle.

(Delvau, 1864) : Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les testicules.

Beau con dont la beauté tient mon âme ravie,
Qui les plus vieux châtrés pourrait faire dresser.

Théophile.

Chatte

(Delvau, 1867) : s. f. Autrefois écu de six livres, aujourd’hui pièce de cinq francs, — dans l’argot des filles.

(Fustier, 1889) : Pédéraste. Argot des voleurs. Terme injurieux que s’adressent les enfants des rues.

(Virmaître, 1894) : Homme aimé des pédérastes pour ses manières câlines. La femme aussi est chatte si elle est câline à ses heures, à d’autres elle sait griffer (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Lop ou lob, gueuse, coquine, tante, fiote, copaille, tapette. Singulier masculin qui se fait mettre au féminin.

Chattement

(Delvau, 1867) : adv. Doucement, calmement. L’expression est de Balzac.

Crachat

(d’Hautel, 1808) : Cette maison est bâtie de boue et de crachat. Voyez Boue.
Il se noyeroit dans son crachat. Pour dire qu’un homme est malheureux au-dessus de toute expression ; qu’il ne réussit dans aucune de ses entreprises.

Cru du chateau la pompe

(Virmaître, 1894) : Eau. Se dit par ironie (Argot du peuple).

Donner sa langue aux chiens, aux chats

(Larchey, 1865) : Renoncer à deviner.

Je donne ma langue aux chiens, dit Jérôme, je renonce.

E. Sue.

Emporter le chat

(Delvau, 1867) : v. a. Se mêler d’une chose que l’on ne connaît pas, et recevoir pour sa peine une injure, ou pis encore. — Argot du peuple.

Entrechater

(Rigaud, 1881) : Battre des entrechats, en terme de chorégraphie.

Fouetteux de chats

(Delvau, 1867) : s. m. Homme-femme, sans énergie sans virilité morale.

Laisser aller le chat au fromage

(Delvau, 1867) : Perdre tout droit à porter le bouquet de fleurs d’oranger traditionnel. L’expression est vieille, — comme l’imprudence des jeunes filles. Il y a même à ce propos, un passage charmant d’une lettre écrite par Voiture à une abbesse qui lui avait fait présent d’un chat : « Je ne le nourris (le chat) que de fromages et de biscuits ; peut-être, madame, qu’il n’était pas si bien traité chez vous ; car je pense que les dames de *** ne laissent pas aller le chat aux fromages et que l’austérité du couvent ne permet pas qu’on leur fasse si bonne chère. »

Laisser aller son chat au fromage

(Delvau, 1864) : Se laisser foutre par un homme.

Dites-moy, et ne mentez point,
Vous êtes-vous laissée aller ?

(Farces et Moralités.)

La fille a laissé aller le chat au fromage si souvent que l’on s’est aperçu qu’il fallait rélargir sa robe.

(Variétés hist. et littér.)

Langue de chat

(Virmaître, 1894) : Petit morceau de savon très mince, en forme de langue de chat, que les vagabonds portent constamment dans leur poche. On nomme aussi langue de chat, une sorte de petit gâteau sec que l’on mange en buvant du thé (Argot du peuple). N.

Mou pour ton chat

(Virmaître, 1894) : Quand on regarde avec insistance une jolie fille et que cela ne lui plaît pas, elle répond :
— Ça, mon vieux, c’est pas du mou pour ton chat.
D’aucunes, plus expressives, disent :
— Tu peux regarder, c’est pas de la viande pour ton serin (Argot du peuple). N.

Patte de chat (la)

(Delvau, 1864) : Bordel fameux, situé sur le boulevard Courcelles, où presque toute la présente génération aura passé.

Ils entretienn’nt des gonzesses
Qui log’t à la Patt’ de chat.

Guichardet.

Péter la châtaigne (faire)

(Rigaud, 1881) : Métamorphoser une fille en femme.

Petite chatte

(Delvau, 1867) : s. f. Drôlesse qui joue avec le cœur des hommes comme une véritable chatte avec une véritable souris, — dans l’argot de M. Henri de Kock, romancier, élève et successeur de son père.

Plat de chat

(Virmaître, 1894) : Il ne s’agit pas de la gibelotte de gouttière servie chez les Borgias à vingt-trois sous (Argot des filles). V. Accouplées.

Poêle à châtaignes

(Delvau, 1867) : s. f. Visage marqué de petite vérole, — par allusion aux trous, de la poêle dans laquelle on fait rôtir les marrons.

Queue d’un chat (pas la)

(Delvau, 1867) : Solitude complète.


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