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À la bonne (prendre une chose)

(France, 1907) : La prendre de bonne humeur ; faire contre fortune bon cœur. Avoir quelqu’un à la bonne se dit pour aimer.

Abonné au guignon

(Virmaître, 1894) : Déveine persistante, qu’aucun effort ne peut conjurer. On dit aussi : « Il a si peu de chance qu’il se noierait dans un crachat » (Argot du peuple).

(France, 1907) : Malchanceux, pauvre diable poursuivi par la déveine.

Abonné au guignon (être)

(Delvau, 1867) : Être poursuivi avec trop de régularité par la déveine. Argot des faubouriens.

Avoir à la bonne

(Clémens, 1840) : Aimer.

(M.D., 1844) : Aimer.

(Delvau, 1867) : v. a. Avoir de l’amitié ou de l’amour pour quelqu’un. Argot du peuple.

Avoir à la bonne, avoir dans le sang

(La Rue, 1894) : Aimer.

Avoir à sa bonne

(Delvau, 1864) : Avoir de l’amour pour…

Surtout, p’tit cochon,
N’ fais pas l’ paillasson :
Je sais qu’ t’as Clarisse à la bonne ;
Mais dis-lui d’ ma part
Qu’ell’ craign’ le pétard…

A. Dumoulin.

Avoir quelqu’un à la bonne

(Virmaître, 1894) : Être très camarade, ne jamais se quitter, vivre comme deux frères (Argot du peuple).

Bobonne

(Rigaud, 1881) : Bonne, servante.

Tout au plus si les petits garçons qui marchaient en tête risquèrent une observation sur la bobonne d’Emma.

(Ed. About, Trente et quarante, 1865.)

(France, 1907) : Servante, bonne d’enfants.

Aux bobonnes tu souriras
Et leur feras du boniment.

(E. Blédort)

Bonne

(Larchey, 1865) : Bonne histoire.

Ah ! par exemple, en v’là une bonne.

Cormon.

(Delvau, 1867) : s. f. Chose amusante ou étonnante, bonne à noter. En dire de bonnes. Raconter des histoires folichonnes. En faire de bonnes. Jouer des tours excessifs.

(France, 1907) : Une chose ou une histoire amusante, quand ce n’est pas tout le contraire. Elle est bien bonne ! Quelle bonne plaisanterie ! Elle est bonne, celle-là ! Quelle fâcheuse affaire ! C’est trop fort, on veut me duper. Être à la bonne, être aimé ; être de la bonne, avoir de la chance ; avoir à la bonne, aimer, prendre en amitié ; en dire, en faire de bonnes, dire des plaisanteries salées ou faire des escapades.

Bonne !

(Fustier, 1889) : Exclamation qu’emploient les enfants dans la plupart de leurs jeux pour signifier à leur adversaire que le coup qu’il vient de jouer compte et ne saurait être annulé. (V. Mauvaise.)

Bonne (ala)

(Rigaud, 1881) : Franchement, sans tricher, — dans l’argot des grecs. — Flanchons-nous une manche à la bonne ?

Bonne (avoir à la)

(Rigaud, 1881) : Avoir en grande estime, faire grand cas de. — Être dans ses bonnes, être de bonne humeur.

Bonne (avoir quelqu’un à la)

(Rossignol, 1901) : Aimer ou avoir une grande amitié pour une personne ou une chose est l’avoir à la bonne.

Bonne (prendre à la)

(Larchey, 1865) : Prendre en bonne amitié. — Être à la bonne : Être aimé.

Je ne rembroque que tézigue, et si tu ne me prends à la bonne, tu m’allumeras bientôt caner.

Vidocq.

Bonne amie

(Delvau, 1867) : s. f. Maîtresse, — dans l’argot des ouvriers. Une expression charmante, presque aussi jolie que le sweetheart des ouvriers anglais, et qu’on a tort de ridiculiser.

Bonne enfant (être)

(Delvau, 1864) : C’est, pour une putain, se prêter tous les caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.

Déboutonn’-toi, tu verras comme
J’s’rai bonne enfant : j’ t’amus’rai bien

Henry Monnier.

Bonne ferte

(La Rue, 1894) : Bonne aventure.

(Rossignol, 1901) : Bonne aventure. Les bohémiennes qui, dans les fêtes, disent la bonne aventure dans leur entresort (voiture) font la bonne ferte.

(France, 1907) : Bonne aventure. (Jean La Rue.)

Bonne fortanche

(Fustier, 1889) : (V. Infra Frangeuse.)

(France, 1907) : Tireuse de cartes, diseuse de bonne aventure.

Bonne grâce

(Rigaud, 1881) : Toilette en lustrine à l’usage des tailleurs.

(France, 1907) : Toile noire dans laquelle les tailleurs ou les couturières enveloppent les habits qu’ils portent à domicile.

Bonne pour un homme (avoir été)

(Rigaud, 1881) : S’être livrée à un homme, dans le jargon des bourgeoises qui ne savent rien refuser.

Bonne truie à pauvre homme

(France, 1907) : Se disait autrefois d’une femme qui avait beaucoup d’enfants. C’est malheureusement une des fatalités sociales ; plus l’homme est pauvre, moins il a les moyens d’élever une famillle, plus sa femme est féconde. Dieu bénit les familles nombreuses, — à ce que prétendent les prêtres, — mais il ne les nourrit pas.

Bonne-grâce

(Larchey, 1865) : Toile dans laquelle les tailleurs enveloppent les habits.

Le concierge de l’hôtel dépose qu’il a vu Crozard traverser la cour avec une bonne grâce sous son bras.

La Correctionnelle.

Bonne-Grâce

(Delvau, 1867) : s. f. Toilette de tailleur.

Bonne, bien bonne (une)

(Rigaud, 1881) : Une bonne histoire, une bien bonne plaisanterie.

Impossible de se fâcher, quand, après quelque farce de sa façon, il vous disait avec sa grosse voix : Elle est toujours bien bonne !

(Vicomte Richard, Les Femmes des autres.)

En dire une bonne, en raconter une bien bonne, et, avec un déplorable jeu de mots : une bien bonne d’enfants.

Bonneau

(Clémens, 1840) : Bête.

(Delvau, 1864) : Homme serviable qui se charge — moyennant finance — d’aplanir les difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles et des maîtresses à ceux qui en désirent.

Bonnes fortunes

(Delvau, 1864) : Coups qu’un homme tire avec le sexe : autant de femmes, autant de bonnes fortunes.

Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme : — Il a eu tant de bonnes fortunes. — Mais elle se croirait déshonorée si elle disait de lui : — Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est exactement la même chose.

A. François.

Chacun rencontre sa chacune,
Nul ne fut sans bonne fortune.

Voiture.

Bonnet

(d’Hautel, 1808) : Ramasse ton bonnet. Se dit en plaisantant à quelqu’un qui se laisse tomber, ou lorsqu’on a adressé quelqu’épithète satirique à une personne qui ne peut y parer sur-le-champ.
Un bonnet de cochon. Facétie grossière ; pour dire un bonnet de coton porté par un rustre, un malpropre.
Triste comme un bonnet de nuit. Se dit d’un homme taciturne et ennuyeux, parce qu’un bonnet de nuit est ordinairement dépourvu d’ornemens.
Ce sont trois têtes dans un bonnet. Se dit de trois personnes qui, par la bonne intelligence qui règne entr’elles, sont toujours du même sentiment ; et quelquefois en mauvaise part, de trois personnel qui forment entr’elles une coalition.
Un janvier à trois bonnets. Homme extrêmement frileux, qui se couvre beaucoup.
Il a mis son bonnet de travers. Pour dire, il ne sait à qui il en veut ; il est de mauvaise humeur ; il querelle tout le monde.
On dit des Picards, qu’ils ont la tête près du bonnet, parce que les gens de ce pays s’emportent aisément, et se mettent facilement en colère.
J’y mettrois mon bonnet. Espèce d’affirmation qui équivaut à, je gagerois, je parierois, etc.
Un bonnet vert. Banqueroutier ; parce qu’autrefois ces sortes de gens portoient un bonnet vert comme marque de réprobation.
Opiner du bonnet. C’est marquer par un signe de tête que l’on adopte un avis, que l’on y donne sa sanction.
Jeter son bonnet par-dessus les moulins. Se moquer du qu’en dira-t-on ; braver l’opinion et les conséquences ; n’être arrêté par aucune considération.
C’est bonnet blanc blanc bonnet. Pour, c’est tout de même, c’est absolument la même chose d’un côté comme de l’autre.
Un gros bonnet. Un matador, un personnage important par sa fortune, son crédit et ses emplois.

(Rigaud, 1881) : Coterie autoritaire dans un atelier typographique.

Le bonnet est tyrannique, injuste et égoïste.

(Boutmy.)

(Boutmy, 1883) : s. m. Espèce de ligue offensive et défensive que forment quelques compositeurs employés depuis longtemps dans une maison, et qui ont tous, pour ainsi dire, la tête sous le même bonnet. Rien de moins fraternel que le bonnet. Il fait la pluie et le beau temps dans un atelier, distribue les mises en pages et les travaux les plus avantageux à ceux qui en font partie d’abord, et, s’il en reste, aux ouvriers plus récemment entrés qui ne lui inspirent pas de crainte. Le bonnet est tyrannique, injuste et égoïste, comme toute coterie. Il tend, Dieu merci ! à disparaître ; mais c’est une peste tenace.

(Hayard, 1907) : Bonneteau.

(France, 1907) : Secrète entente parmi les imprimeurs.

Espèce de ligue offensive et défensive que forment quelques compositeurs employés depuis longtemps dans une maison, et qui ont tous, pour ainsi dire, la tête sous le même bonnet. Rien de moins fraternel que le bonnet. Il fait la pluie et le beau temps dans un atelier, distribue les mises en pages et les travaux les plus avantageux à ceux qui en font partie.

(E. Boutmy.)

Bonnet à poil

(Virmaître, 1894) : Le bonnet que portaient les grenadiers et les sapeurs. Cette coiffure a été supprimée. On l’applique à un tout autre objet (Argot du peuple). V. As de pique. N.

Bonnet carré

(Rossignol, 1901) : Juge.

(France, 1907) : Juge. Bonnet vert à perpèt, forçat condamné à perpétuité ; — de coton, homme mesquin aux idées étroites, à cause de ce couvre-chef, ridiculisé par Louis Reybaud, et dont se coiffe le bourgeois ; — de nuit, homme mélancolique, ennuyeux : Triste comme un bonnet de nuit ; — d’évêque, croupion d’une volaille ; — jaune, pièce d’or, argot des filles, jeu de mot signifiant : « Elle est bonne et jaune. »

Bonnet d’évêque

(Delvau, 1867) : s. m. Le train de derrière d’une volaille. Argot des bourgeois.

(Delvau, 1867) : s. m. Petite loge du cintre. Argot des coulisses.

(Rigaud, 1881) : Loge des quatrièmes en forme de mitre, d’où le nom. — Train de derrière d’une volaille découpée de façon à ce qu’il figure la mitre. C’est un des morceaux les plus délicats, et, à table, chez d’honnêtes bourgeois, l’objet d’aimables plaisanteries.

Bonnet de nuit

(Virmaître, 1894) : Triste comme un bonnet de nuit. Homme taciturne, mélancolique, dont la tristesse est communicative, sa présence dans une réunion jette un froid (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Celui qui n’est pas gai est triste comme un bonnet de nuit.

Bonnet de nuit sans coiffe

(Delvau, 1867) : s. m. Homme mélancolique, — dans l’argot du peuple.

Bonnet de police

(France, 1907) : Sobriquet que les anciens donnaient autrefois aux conscrits qui, pour l’école de soldat, étaient coiffés du bonnet de police et ne prenaient le shako qu’à l’école de peloton. Argot militaire.

Bonnet jaune

(Delvau, 1867) : s. m. Pièce de vingt francs, — dans l’argot des filles.

(Rigaud, 1881) : Pièce d’or, — dans le jargon des filles.

Bonnet ou bonnet à poil

(Delvau, 1864) : La nature de la femme, que l’homme place sur la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.

Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet.

E. Debraux.

Tu vas me dire, je le gage,
Que la chaleur de ton bonnet
Fera transpirer son… visage.

Guillemé.

Un bonnet à poil, je te jure,
Aujourd’hui ferait son bonheur ;
Pour faire admirer sa tournure,
Coiffe mon petit voltigeur.

Guillemé.

Mon ourson ne serait plus guère ;
Car, comm’ disait notre aumônier :
J’connais c’pays qu’on prône,
Novi, Florence, Ancône ;
Mais l’Italien, peu guerrier,
Rarement coiffe — un bonnet d’guernadier.

Henri Simon.

Bonneteau

(Rigaud, 1881) : Toute espèce de jeux de cartes tenus dans les foires, où le public est naturellement dupe. L’antique jeu de bonneteau consiste à faire deviner une carte parmi trois que manie avec une maladresse affectée le bonneteur. On ne devine jamais, grâce à une substitution.

(La Rue, 1894) : Jeu de cartes où le public est toujours dupe.

(Virmaître, 1894) : Jeu des trois cartes. Ce jeu ou plutôt ce vol s’exécute à Auteuil, Saint-Ouen et dans les wagons de chemin de fer. M. Marcel Schwob, pour arriver à expliquer l’expression de bonneteur dit qu’il faut passer par des intermédiaires : bonnet. bonneteur, lingerie. Bonnet, dans les ateliers, signifie se réunir plusieurs pour former une coterie, résister au patron ou aux autres camarades. Les bonneteurs sont généralement trois pour opérer : le bonneleur qui tient le jeu, l’engayeur qui ponte pour allécher les naïfs, le nonneur qui est en gaffe pour avertir si la rousse dévale. Ce trio forme donc bien un bonnet, et bonneteur en dérive tout naturellement, et il n’est nullement question de lingerie. Bonnet et bonneteur sont deux expressions en circulation depuis plus de cinquante ans ; Vidocq en parle dans ses Voleurs (Argot du peuple).

(France, 1907) : Sorte de jeu de cartes dont se servent certains filous pour attraper les naïfs. En voici une description minutieuse dans un arrêt du tribunal de Compiègne.

Le jeu des trois cartes, dit de bonneteau, qui consiste en un pari sur la place occupée par telle ou telle des cartes que le banquier a montrées à découvert et que les joueurs croient pouvoir suivre et désigner à coup sûr, constitue une escroquerie lorsque, par un tour de main pratiqué avec dextérité, le banquier est parvenu à substituer aux deux autres une carte de couleur différente sur laquelle il avait fixé l’attention des compères, et à déjouer ainsi l’attention de celui qui a parié avec lui.
En opérant ainsi, il modifie à sa volonté les conditions de l’aléa qui forme l’essence du jeu, et s’assure à l’avance un gain illicite.

Jouer sur une borne ou sur une petite tablette, le nom est bonneteau. En wagon, on appelle ce même jeu consaltion, car c’est généralement en revenant des courses que les bonneteurs cherchent la victime parmi les perdants.

Bonneter

(d’Hautel, 1808) : Avoir toujours le bonnet ou le chapeau à la main ; faire des révérences à ne plus finir ; des soumissions sans nombre à quelqu’un, pour s’en attirer les faveurs et les bonnes graces.

(France, 1907) : Amadouer.

Bonneteur

(Larchey, 1865) : Industriel tenant aux foires de campagne un de ces jeux de cartes auxquels on ne gagne jamais. — Vidocq.

(Delvau, 1867) : s. m. Filou qui, dans les fêtes des environs de Paris, tient des jeux de cartes où l’on ne gagne jamais.

(Rigaud, 1881) : Industriel, doublé d’un filou, tenant un jeu de bonneteau.

(La Rue, 1894) : Escroc tenant un jeu de bonneteau. Annonceur ; il amadoue (bonnette) le public.

Bonnetier

(d’Hautel, 1808) : Il est comme le bonnetier, il n’en fait qu’à sa tête. Se dit d’un homme opiniâtre, revêche et entêté, qui ne veut suivre l’avis de personne.

(Delvau, 1867) : s. m. Homme vulgaire, ridicule, — dans l’argot des gens de lettres, qui méprisent les commerçants autant que les commerçants les méprisent.

Bonneton

(Rigaud, 1881) : Commis employé au rayon de la bonneterie, dans le jargon de la nouveauté.

Boucs du régiment ou bonnes du colonel

(Merlin, 1888) : Les sapeurs.

Chapelure sur le jambonneau (pas de)

(Virmaître, 1894) : Absence complète de cheveux. Genou hors ligne. On dit aussi : pas de cresson sur le caillou (Argot du peuple).

Courte et bonne

(Rigaud, 1881) : Devise des Épicuriens modernes qui prétendent dire par là que la vie doit être courte et semée de plaisirs.

Désenbonnetdecotonner

(Delvau, 1867) : v. a. Débourgeoiser, donner de l’élégance à quelqu’un ou à quelque chose. Le mot est de Balzac.

Enbonnetdecotonner (s’)

(Delvau, 1867) : v. réfl. Prendre des allures bourgeoises, mesquines, vulgaires. Argot des gens de lettres.

Être à la bonne

(Delvau, 1867) : v. n. Inspirer de la sympathie, de l’intérêt de l’amour, — dans l’argot du peuple, qui a conservé là, en la modifiant un peu, une vieille expression française. Les gens de lettres modernes ont employé cette expression à propos de M. Sainte-Beuve, et ils ont cru l’avoir inventée pour lui. « Vous ne poviez venir à heure plus opportune, nostre maistre est en ses bonnes, » dit Rabelais.

Être de la bonne

(Clémens, 1840) : Être riche.

(Delvau, 1867) : v. n. Être heureux, avoir toutes les chances, — dans l’argot des voleurs.

Faire une pince au bonnet de grenadier

(Delvau, 1864) : Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer — aux imbéciles — qu’elles sont étroites.

V’là pourtant qu’un jeune vélite,
Malgré sa taille tout’ petite,
Un soir voulut en essayer.
A ses désirs je m’ prête
Mais je n’ perds pas la tête :
Pour qu’il n’y entr’ pas tout entier,
Je fis un’ pince — au bonnet d’ guernadier.

Henri Simon.

Ferte (bonne)

(Hayard, 1907) : Bonne aventure.

Feuilles (bonnes)

(Fustier, 1889) : Les passages les plus remarquables d’un livre, d’une brochure.

Franquette (à la bonne)

(d’Hautel, 1808) : Ingénûment ; et non à la bonne flanquette, comme on le dit par corruption.

Grand-bonnet

(Halbert, 1849) : Évêque.

Guette (bonne)

(Rigaud, 1881) : Bonne garde, en parlant d’un chien. Cabot rup pour la guette, bon chien de garde.

Jambonneau

(Virmaître, 1894) : Les cuisses (Argot du peuple). V. Boudinots.

(Rossignol, 1901) : La tête. Celui qui n’a plus de cheveux, n’a plus de chapelure sur le jambonneau.

Jambonneau (ne plus avoir de chapelure sur le)

(Rigaud, 1881) : Ne plus avoir de cheveux sur la tête.

Jambonneaux

(Rossignol, 1901) : Les cuisses.

Jambonner

(Rossignol, 1901) : Battre quelqu’un, c’est le jambonner.

Jambonner (?)

(Rossignol, 1901) : On jambonne dans tous les pays, mais cela se passe toujours à deux, d’un sens different.

Jambonner (se)

(Hayard, 1907) : Se battre.

Jeter son bonnet par dessus les moulins

(Delvau, 1867) : Dire adieu à la pudeur, à l’innocence, et, par suite au respect des honnêtes gens, et se lancer à cœur perdu dans la voie scabreuse des aventures amoureuses. Argot du peuple.

(Virmaître, 1894) : Traîner sa fleur d’oranger dans les ruisseaux (Argot du peuple).

Moule du bonnet

(Delvau, 1867) : s. m. La tête, — dans l’argot du peuple, qui parle comme écrivait Rabelais.

Paie (bonne)

(Delvau, 1867) : s. f. Homme qui fait honneur à sa parole ou à sa signature, — dans l’argot des bourgeois. Mauvaise paie. Débiteur de mauvaise foi. Il faut prononcer paye, à la vieille mode.

Paye (bonne)

(Larchey, 1865) : Débiteur solvable.

Une lorette très-mauvaise paye.

Ed. Lemoine.

Pièce (bonne)

(Rigaud, 1881) : Mauvais sujet ; par ironie.

Platine (bonne)

(Rigaud, 1881) : Langue bien pendue, loquacité, bavardage.

Pondeuse (bonne)

(Rigaud, 1881) : Femme qui a beaucoup d’enfants ; femme qui est toujours en état de grossesse.

Rebonnetage

(Delvau, 1867) : s. f. Réconciliation, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Réconciliation.

(La Rue, 1894) : Réconciliation. Flatterie.

Rebonneter

(Delvau, 1867) : v. a. Aduler, flatter, — dans l’argot des voleurs. Rebonneter pour l’af. Flatter ironiquement.

(Rigaud, 1881) : Flatter, courtiser.

(Virmaître, 1894) : Amadouer un individu pour le fourrer dans une affaire. Cacher ses griffes sous un gant de velours, faire le patelin pour mieux tromper.
— As-tu rebonneté le pante pour l’aff ?
— Oui, il est bon !
Rebonneter
dans le peuple veut dire raccommoder (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : Voir rabibocher.

Rebonneter (se)

(Delvau, 1867) : v. réfl. Devenir meilleur, — dans l’argot des faubouriens, qui emploient ce verbe à propos des choses et des gens.

Rebonneter pour l’af

(Rigaud, 1881) : Mystifier quelqu’un en le flattant.

Rebonneteur

(Delvau, 1867) : s. m. Confesseur, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Confesseur.

(La Rue, 1894) : Confesseur.

(Virmaître, 1894) : Le confesseur. Il rebonnète le pécheur avec Dieu. Mot à mot ; il le réconcilie dans la planche à lavement (Argot des voleurs).

Sorbonne

(d’Hautel, 1808) : Pour dire, le chef, la tête.
Quand il a mis quelque chose dans sa sorbonne, le diable ne lui en feroit pas sortir. Se dit d’un homme opiniâtre, entêté.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Tête. Porter la sorbonne à Charlot, aller à l’échafaud.

(Bras-de-Fer, 1829) : Tête.

(Halbert, 1849) : Tête.

(Larchey, 1865) : Cerveau. V. d’Hautel, 1808.

La sorbonne est la tête de l’homme vivant, son conseil, sa pensée.

Balzac.

Date du temps où les décisions de la Sorbonne faisaient plus de bruit dans le monde intellectuel. — V. Paumer.

(Delvau, 1867) : s. f. La tête, — parce qu’elle « médite, raisonne et conseille le crime ». Argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Tête. Autrefois, c’était la tête sur les épaules, la tête qui pense. L’autre, la tête coupée, était la tronche. Messieurs les assassins, qui ne sont jamais sûrs de conserver cette partie si essentielle de leur individu, avaient créé deux mots pour exprimer les deux manières d’être, de la tête. Aujourd’hui sorbonne n’est guère plus usité.

(Virmaître, 1894) : Tête. Vieille expression ; on lit en effet, dans la chanson du Canstel :

Des réflexions m’trottaient dans la Sorbonne. (Argot des voleurs).

(Rossignol, 1901) : Tête.

(Hayard, 1907) : Tête.

Sorbonne, boussole

(La Rue, 1894) : Tête.

Sorbonner

(Halbert, 1849) : Penser.

Trouver bonne, mauvaise (la)

(Rigaud, 1881) : Mot à mot : trouver la plaisanterie mauvaise.


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