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Alboche

(Virmaître, 1894) : Allemand. Autrefois les ouvriers disaient boche, pour qualifier un lourdeau, al a été ajouté pour désigner les Allemands en général (Argot du peuple). N.

(Rossignol, 1901) : On désigne ainsi les Allemands, Luxembourgeois, Alsaciens, tous ceux qui parlent l’allemand.

(Hayard, 1907) : Allemand.

(France, 1907) : Allemand.

Bambochade

(Delvau, 1867) : s. f. Tableau sans prétentions, représentant des scènes gaies, — dans l’argot des artistes, qui ont conservé le souvenir de Pierre de Laer.

(France, 1907) : Tableau ou esquisse lestement poché représentant des scènes gaies.

Bamboche

(d’Hautel, 1808) : Sobriquet donné à un peintre célèbre (P. Van-Laër) d’abord à cause de sa difformité ; puis ensuite par allusion au genre de peinture qu’il avoit adopté, qui consistoit à représenter des auberges, des boutiques, des forges, et autres caricatures. Aujourd’hui c’est un terme de mépris qu’on applique à tout ce qui est petit, laid et grotesque.
Faire ses bamboches. Signifie, en style populaire, se livrer à de grands écarts ; mener une vie libertine et débauchée.

(Delvau, 1867) : s. f. Petite débauche, de quelque nature qu’elle soit. Argot des faubouriens. Être bamboche. Être en état d’ivresse. Faire des bamboches. Faire des sottises plus ou moins graves, qui mènent en police correctionnelle ou à l’hôpital.

(Delvau, 1867) : s. f. Plaisanterie ; chose de peu de valeur. Dire des bamboches. S’amuser à dire des contes bleus aux hommes et des contes roses aux femmes.

Bamboche (être)

(France, 1907) : Être ivre. Faire bamboche, s’amuser ; dire des bamboches, raconter des histoires égrillardes ou simplement grotesques.

Bambocher

(d’Hautel, 1808) : Faire des fredaines ; se laisser aller à tous les débordemens d’une folle jeunesse ; tenir des propos plaisans et railleurs.
Il ne faut pas bambocher. Pour il ne faut pas plaisanter, badiner ; c’est une chose sérieuse.

Bambocheur

(Delvau, 1867) : s. m. Fainéant ; ivrogne ; débauché. On dit aussi : Bambochineur.

(France, 1907) : Être comme le mari de la mère Gibou, ivrogne et fainéant.

Entre tous surgit un caractère plus tranché, un type exceptionnel, que les étudiants appellent bambocheur. Ses confrères se permettent l’estaminet et la guinguette à titre de distinction, le bambocheur y passe ses jours. Il entre à la taverne à dix heures du matin, déjeune amplement, consomme une infinité de petits verres et de chopes, fume un nombre considérable de pipes, joue au piquet et au billard, et le soir, à une heure avancée, se mêle à des chœurs qui chantent à gorge déployée.

(É. de la Bédollière.)

Au féminin, bambocheuse. Voyez la belle en cuisse, quelle bambocheuse !

Battant (le) le bocal

(Hayard, 1907) : L’estomac.

Boc

(anon., 1827) : Montre.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Montre. Boc d’orient, montre d’or.

Boc, bocan

(France, 1907) : Cabaret de bas étage ou bordel, maison de prostitution ; du vieux mot boque, bouc. « Le bouc, dit Lorédan Larchey, était l’emblème de la luxure et des querelles. On disait jadis boquer pour frapper. »

Le meilleur bocan du Marais
Devient presque une solitude.

(Cyrano de Bergerac.)

Chez la grosse Cateau vas-tu donc au bocan ?

(La Fontaine.)

Boc, bocan, boucan ou bocard

(Delvau, 1864) : Bordel, — dans l’argot militaire ou populaire. — Voir aussi boxon et bousin.

Le meilleur bocan du Marais
Devient presque une solitude.

Cyrano de Bergerac.

Chez la grosse Catedu, vas-tu donc au bocan ?

La Fontaine.

Boc, bocard, bocson

(Larchey, 1865) : Mauvais cabaret, lieu de débauche. — Vient du vieux mot boque : bouc. V. Roquefort. — Le bouc est l’emblème de la luxure et des querelles. On disait jadis boquer pour frapper.

Montron, ouvre ta lourde, si tu veux que j’aboule et pionce en ton bocson.

Vidocq.

Bocal

(Larchey, 1865) : Petit appartement.

Voyons si le susdit bocal est toujours à louer.

Montépin.

(Larchey, 1865) : Estomac.

Au restaurant le bohème dit qu’il va se garnir le bocal.

Lespès.

Dans les deux mots, l’allusion s’explique d’elle-même, et les logements parisiens continuent de la mériter.

(Delvau, 1867) : s. m. Carreau de vitre, — dans l’argot des faubouriens.

(Delvau, 1867) : s. m. Estomac. Se garnir le bocal. Manger.

(Delvau, 1867) : s. m. Logement.

(Rigaud, 1881) : Vitre, — dans le jargon des voleurs. — Camelotte en bocal, marchandise sous vitrine.

(Rigaud, 1881) : Estomac. Bocal vide, estomac à jeun. Emplir le bocal, manger. — Se rincer le bocal, boire.

(La Rue, 1894) : Vitre. Estomac. Logement.

(France, 1907) : Anus, dans l’argot du peuple, toujours disposé aux grasses plaisanteries. Se dit aussi de l’estomac et d’un petit logement.

Bocal ou boc (?)

(Rossignol, 1901) : Anus.

Bocard

(Clémens, 1840) : Lieu public où vont les filles.

(Delvau, 1867) : s. m. Mauvais lieu habité par des femmes de mauvaise vie. Argot des soldats.

(Virmaître, 1894) : Maison de tolérance (Argot du peuple). V. Magasin de blanc.

(Rossignol, 1901) : Tôle ou Christ, maison à grand numéro.

(France, 1907) : Même signification que Boc.

(France, 1907) : Beaucaire ; argot des voleurs.

Bocard, bordel

(La Rue, 1894) : Prostibulum.

Boche

(Delvau, 1867) : s. m. Mauvais sujet — dans l’argot des petites dames, qui le préfèrent au muche. (V. ce dernier mot.)

(La Rue, 1894) : Mauvais, laid. Allemand. Tête de boche, individu entêté ou d’esprit borné, tête dure.

(Virmaître, 1894) : Allemand (Argot du peuple). V. Alboche.

(France, 1907) : Mauvais garnement ; argot des petites dames. Tête de boche, Allemand.

Boche (tête de)

(Rigaud, 1881) : Tête dure, individu dont l’intelligence est obtuse, c’est-à-dire tête de bois, — dans le jargon du peuple. Dans le patois de Marseille une boule à jouer est une boche.

(Boutmy, 1883) : s. f. Tête de bois. Ce terme est spécialement appliqué aux Belges et aux Allemands parce qu’ils comprennent assez difficilement, dit-on, les explications des metteurs en pages, soit à cause d’un manque de vivacité intellectuelle, soit à cause de la connaissance imparfaite qu’ils ont de la langue française et de leur impardonnable ignorance de l’argot typographique.

Boche ou Alboche

(Rossignol, 1901) : Tous ceux des nationalités où l’on parle allemand.

Bochon

(Rossignol, 1901) : Coup. Recevoir un coup, c’est attraper un bochon.

Bock

(Rigaud, 1881) : Verre de bière, plus grand que la chope. De l’allemand bockbier, bière nouvelle, mot à mot : bière de bouc.

(France, 1907) : Verre de bière ; germanisme inutile, puisque l’on avait déjà le mot chope. C’est, parait-il, l’abréviation de bock-bier (bière du bouc), marque de fabrique d’une bière célèbre en Allemagne.

Il est bon que les habitués des cafés qui sont encore à la contribution indirecte des 10 ou 15 centimes donnés par-dessus le prix du bock ou de la demi-tasse sachent ceci : — dans une grande partie de ces établissements, le patron prend sa part, une part de lion — des produits du tronc aux gratifications ; il en est même où ce produit est affermé d’avance par un des garçons. On a calculé que les pourboires, à Paris, représentent quatre millions par an.

(Charles Reboux, Les Ficelles de Paris.)

Bocker

(Rigaud, 1881) : Prendre des bocks.

Ne pas bocker le soir ! mais mon chat, pourquoi ne m’envoies-tu pas en province tout de suite ?

(Darjou, Croquis parisiens.)

(France, 1907) : S’abrutir comme les Allemands en vidant des bocks de bière en nombre infini.

Bocoter

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Enrager.

Bocotter

(Delvau, 1867) : v. n. Murmurer, marmotter entre ses dents ; rechigner, — dans l’argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Grogner, ne pas être content.

(France, 1907) : Grogner ; bêler comme une bocquotte (chèvre).

Bocque

(France, 1907) : Montre.

Bocquotte

(France, 1907) : Chèvre ; féminin du provençal boc, bouc.

Bocson

(Rigaud, 1881) : Maison de tolérance, lieu mal famé.

(La Rue, 1894) : Logis, garni.

(France, 1907) : Maison de prostitution, bordel, garni de bas étage ; église, dans l’argot des libres penseurs.

Quand douze plombes crossent,
Les pègres s’en retournent
Au tapis de Montron.
Montron, ouvre ta lourde,
Si tu veux que j’aboule,
Et piausse en ton bocson.

(Mémoires de Vidocq.)

Cabèche, caboche

(Hayard, 1907) : Tête.

Cabochard

(Rigaud, 1881) : Chapeau, — dans le jargon du peuple.

Caboche

(d’Hautel, 1808) : Pour la tête, le chef de l’homme.
Rien ne peut entrer dans sa maudite caboche. Se dit de quelqu’un qui a la tête dure et l’intelligence très-bornée.
Il se fera donner sur la caboche. Pour il se fera corriger.
Quand il a mis quelque chose dans sa caboche, le diable ne lui ôteroit pas. Se dit d’un opiniâtre, d’un sot, d’un homme extrêmement entêté.
Une grosse caboche. Une grosse tête.
Une bonne caboche. Une tête bien organisée, pleine de sens et de jugement.

(Halbert, 1849) : Tête.

(Delvau, 1867) : s. f. Tête, — dans l’argot du peuple, qui s’éloigne bien du χεφαλέ, grec et du caput latin, mais ne s’éloigne pas du tout de la tradition : « D autant plus qu’il n’avoit pas beaucoup de cervelle en sa caboche, » — disent les Nuits de Straparole.

Biau sire, laissiés me caboche,
Par la char Dieu, c’est villenie !

disent les poésies d’Eustache Deschamps. On dit aussi Cabosse.

(Virmaître, 1894) : Tête (Argot des voleurs).

(Rossignol, 1901) : Tête.

Caboche, Cabèce

(Rigaud, 1881) : Forte tête. C’est la tête de l’homme intelligent. Une caboche à X, une tête à mathématiques.

D’un petit tonnerre de poche, Lui frêle toute la caboche.

(Scarron, Gigantomachie, chap. 5.)

Caboche, cabéche

(La Rue, 1894) : Tête.

Caboches

(un détenu, 1846) : Sabots.

Cabochon

(Delvau, 1867) : s. m. Coup reçu sur la tête, ou sur toute autre partie du corps.

(Rigaud, 1881) : Caractère d’imprimerie très usé ; vignette effacée, déteriorée.

(Rigaud, 1881) : Taloche, choc, contusion. — Se cabochonner, se battre.

(Rossignol, 1901) : Coup ou blessure.

J’ai reçu un cabochon qui m’a fendu la tête.

Crever le bocal (s’en faire)

(Virmaître, 1894) : Avoir trop mangé. S’être bourré au point que le bocal (ventre) en crève (Argot du peuple).

Dégueulbite, Dégueulboche

(Rigaud, 1881) : Dégoûtant, — dans le jargon des voyous. Dérivés de dégueulis.

Fantaboche

(Virmaître, 1894) : Fantassin (Argot du peuple).

Fantasboche

(Fustier, 1889) : Fantassin.

Flibocheuse

(Rigaud, 1881) : Variété de fille publique, fille publique du genre rapace. C’est un dérivé de flibustier.

Les flibocheuses, êtres hybrides, moitié femmes, moitié éponges, qui sont de tous les dîners, de tous les soupers et de tous les réveillons, chipant tout, rinçant tout, lavant tout.

(Paris à vol de canard.)

Gilbocque

(Halbert, 1849) : Billard.

Lichoter un rigolboche

(Fustier, 1889) : Argot du peuple. Faire un bon dîner.

On va trimballer sa blonde, mon vieux ; nous irons lichoter un rigolboche à la place Pinel.

(Huysmans : Sœurs Vatard.)

Moc-aux-beaux, mocaubocheteaux

(La Rue, 1894) : Le quartier Maubert.

Nettoyer un bocart

(Fustier, 1889) : Piller une maison.

Rabibochage

(Delvau, 1867) : s. m. Boni, dédommagement, consolation, — dans l’argot des enfants, qui font entre eux ce que M. Bénazet fait pour les décavés de Bade : à celui qui a perdu toutes ses billes à la Moquette ils en rendent une douzaine pour qu’il puisse en aller gagner d’autres — à d’autres.

(Rigaud, 1881) : Réconciliation, — dans le jargon des enfants.

Rabibocher

(Larchey, 1865) : Raccommoder. V. Collant.

N’en parlons plus ! Il faut que je me rabiboche avec vous.

E. Sue.

(Delvau, 1867) : v. a. Réconcilier des gens fâchés, — dans l’argot des bourgeois. Se rabibocher. Se réconcilier.

(Rigaud, 1881) : Réparer. — Se rabibôcher, se réconcilier entre enfants.

(La Rue, 1894) : Réparer. Réconcilier.

(Virmaître, 1894) : Quand un ménage est en désaccord et qu’un raccomodage a lieu, il est rabiboché. Le rabibochage n’est le plus souvent qu’un replâtrage. Quand les enfants jouent aux billes, ceux qui ont perdu disent au gagnant :
— Veux-tu nous rabibocher ?
C’est-à-dire nous rendre quelques billes (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Faire la paix avec un ami lorsqu’on est fâché, c’est se rabibocher.

(Hayard, 1907) : Se remettre en camaraderie après avoir été fâché.

Rigolbochade

(Delvau, 1867) : s. f. Drôlerie dite ou faite, écrite ou peinte, — dans l’argot des faubouriens. Ici encore se pose l’éternelle question : Quel est le premier né de l’œuf ou de la poule ? Est-ce mademoiselle Marguerite la Huguenote — plus généralement oubliée aujourd’hui sous le nom de Rigolboche — qui a donné naissance à ce substantif, ou est-ce ce substantif qu’on a décerné comme un brevet à cette aimable bastringueuse ? J’inclinerais volontiers à admettre cette dernière hypothèse. La foule se laisse parfois imposer certains noms, mais elle a pour habitude d’en inventer. Quant aux Mémoires de mademoiselle Marguerite, où elle prétend que c’est elle qui a créé le mot en question, il me suffit que ce soient des Mémoires pour que je ne leur accorde pas la moindre créance.

(Rigaud, 1881) : Action de s’amuser, de rire, de danser, d’après la méthode Rigolboche, danseuse célèbre de bals publics, il y a une douzaine d’années. Elle aimait beaucoup à rigoler ; d’où son surnom.

Rigolboche

(Larchey, 1865) : Amusant drôle. — Diminutif de rigollot.

C’était au Prado… La querelle allait son train… Les agents s’approchèrent… Laissez-les donc ! m’écriai-je, sans doute inspirée, c’est bien plus rigolboche ! — Le mot fut sur-le-champ acclamé. — Marguerite, me dit C., tu viens de créer un mot qui fera fortune.

1860, Mémoires de Rigolboche.

(Rigaud, 1881) : Partie de plaisir, partie fine, et, en général, toute partie où l’on rigole, — dans le jargon du peuple.

On va trimbaler sa blonde, mon vieux ; nous irons lichoter un rigolboche à la place Pinel.

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

(La Rue, 1894) : Très amusant, drôle.

(Virmaître, 1894) : Quelque chose de supérieurement amusant, beaucoup plus fort que rigolo. Rigolboche était connue à Bullier sous le nom de Marie la Huguenote ; ce nom lui venait de ce qu’elle protestait sans cesse quand le municipal la rappelait à l’ordre ou plutôt à la décence. Elle débuta aux Délassements-Comiques en 1860 sous le nom de Rigolboche. On la nommait aussi Boboche. Ce n’est pas elle l’inventeur de ce mot ; il était connu dans les ateliers depuis 1840. On dit également, pour affirmer que l’on s’est bien amusé :
— Nous avons rudement rigolboché (Argot du peuple).

Rigolboche (être)

(Delvau, 1867) : Être excentrique, amusant, drôle.

Rigolbocher

(Larchey, 1865) : Cancaner à la façon de Rigolboche, danseuse dont les lignes précédentes expliquent le nom et la vogue.

Nous rigolbochons parfois à Bullier.

1860, Les Étudiants.

(Delvau, 1867) : v. n. S’amuser, soit en buvant, soit en dansant.

Saboche

(Delvau, 1867) : s. f. Mauvais ouvrier, personne maladroite, — dans l’argot du peuple.

(La Rue, 1894) : Mauvais ouvrier. Homme déplaisant. Niais.

Saboche (la)

(Halbert, 1849) : Homme qui déplaît : terme de mépris employé particulièrement en prison.

Sabocher

(Delvau, 1867) : v. a. Travailler sans soin, avec trop de hâte.


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