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Abasourdir

(d’Hautel, 1808) : Étourdir quelqu’un de plaintes sans fondement ; l’importuner, l’obséder ; le jeter dans la consternation, et l’abattement.
Cet homme est abasourdissant. Pour, est ennuyeux, fatigant ; ses discours sont d’une insipidité accablante.

(France, 1907) : Tuer ; argot des voleurs.

Allez voir là-bas si j’y suis

(Virmaître, 1894) : Ce qui veut dire nettement à une personne : Foutez-moi le camp (Argot du peuple).

Ambassadeur

(Halbert, 1849) : Cordonnier.

(Halbert, 1849) : Entreteneur d’une fille.

(Delvau, 1867) : s. m. Cordonnier — dans l’argot des voyous. Se dit aussi pour souteneur de filles.

(Rigaud, 1881) : Cordonnier, — dans le jargon des voyous. (A. Delvau) — Souteneur bien vêtu. Le bal qu’ils fréquentent est d’ailleurs très connu sous le nom « d’ambassade. » — « Allons à l’ambassade » disent les artistes du quartier Pigalle qui veulent s’encanailler ou qui cherchent des sujets d’études immorales. — Autrefois c’était un « ambassadeur d’amour. »

C’est un ambassadeur d’amour.

(Molière, Georges Dandin.)

Araignée de bastringue

(Rigaud, 1881) : Fille qui tend ses toiles dans les bals publics ; (Riche-en-gueule ou le nouveau Vadé 1824.) Les voyous d’aujourd’hui appellent les filles qui raccrochent : des araignées de pissotière. Quœrens quem devoret.

Barrabas

(d’Hautel, 1808) : Il est connu comme Barrabas et la passion. Se dit d’un homme auquel le public a souvent affaire, et dont le nom est très-répandu. Cette locution se prend fréquemment en mauvaise part et ne se dit que d’un homme mal famé.

Bas

(d’Hautel, 1808) : Un petit bas du cul. Terme de mépris. Bambin, marmouset ; homme extrêmement petit de taille, qui fait le j’ordonne et l’entendu.
Déchirez-vous les jambes, vous aurez des bas rouges. Baliverne usitée en parlant à un homme oisif et désœuvré, qui se plaint continuellement de ne savoir que faire.
Descendez, on vous demande en has. Se dit par raillerie lorsque quelqu’un monte sur une échelle ou sur un arbre, vient à tomber par terre.
Il a le cœur haut et la fortune basse. Se dit d’un homme qui veut prendre un ton au-dessus de ses moyens, et faire des libéralités quand il n’a pas lui-même de quoi subsister.
Les eaux sont basses. Pour, dire qu’on n’a presque plus d’argent ; que les moyens et les ressources sont presqu’épuisées.
À bas couvreur, la tuile est cassée. Se dit pour faire descendre quelqu’un d’un lieu élevé.
À bas la motion. Cri d’improbation qui, des assemblées révolutionnaires, est passé dans la conversation du peuple ; et qui signifie qu’une chose proposée doit être rejetée sans appel. On dit à peu-près dans le même sens, À bas la cabale.
Il y a du haut et du bas dans son esprit, dans sa conduite, dans son humeur. Signifie qu’un homme est inconstant et rempli d’inégalités.
Il est bien bas percé. Pour il est dans un grand dénûment. Se dit aussi en parlant d’un malade, pour faire entendre qu’il est en très-grand danger.
Les hirondelles volent basses. Un usage vicieux fait continuellement employer l’adjectif féminin pour l’adverbe bas, dans cette locution. Il faut dire pour bien parler, Les hirondelles volent bas.

Bas (le)

(Delvau, 1864) : La nature de la femme, à cause de sa situation.

Gargamelle commença à se porter mal du bas.

Rabelais.

Elle s’accointa de l’un des clercs, lequel par aventure lui mettait l’intelligence de ces mots en la tête par le bas.

Bonaventure Desperriers.

Bas de buffet

(Delvau, 1867) : s. m. Homme ou chose de peu d’importance. Argot du peuple. Vieux bas de buffet. Vieille femme, vieille coquette ridicule qui a encore des prétentions à l’attention galante des hommes.

(Virmaître, 1894) : Injure à l’adresse des vieilles femmes prétentieuses qui se maquillent outrageusement. Pour accentuer on dit : vieux bas de buffet (Argot du peuple).

(France, 1907) : Vieille coquette prétentieuse et ridicule.

Bas de buffet (vieux)

(Rigaud, 1881) : Vieillard ridicule, vieille femme à prétentions.

Bas de plafond

(Delvau, 1867) : m. Homme d’une taille ridiculement exiguë. On dit aussi Bas du cul.

(France, 1907) : Homme de petite taille. On dit aussi bas du cul.

Bas de soie à un cochon (ça lui va comme des)

(Rigaud, 1881) : Locution populaire qui veut dire : Ça ne lui va pas du tout, ça produit sur lui le plus mauvais effet. — Le sifflet d’ébéne, rien que ça de chic ! ça te va comme des bas de soie à un cochon.

Bas du cul

(Virmaître, 1894) : Petite femme. Dans le peuple, pour bien caractériser sa petitesse, on dit : quand elle pète elle fait des ronds dans le sable (Argot du peuple).

Bas du cul (Monsieur, Madame)

(Rigaud, 1881) : Homme noué, femme nouée. Celui, celle dont le buste trop long est disproportionné avec les jambes. On dit encore : Avoir le derrière dans les talons.

Bas du… derrière

(Rossignol, 1901) : Homme de petite taille.

Trois pouces de jambes et le… derrière tout de suite.

Bas percé

(Delvau, 1867) : s. et adj. Homme pauvre ou ruiné. Argot du peuple.

(Rigaud, 1881) : Sans le sou.

(Virmaître, 1894) : Être à fond de cale, à bout de ressources. Allusion aux bas percés qui indiquent la misère (Argot du peuple). V. Lac.

Bas percé (être)

(France, 1907) : Être pauvre ; allusion aux bas que l’on portait du temps des culottes et que les pauvres diables ne pouvaient souvent remplacer.

Bas quelque part (avoir un vieux)

(Rigaud, 1881) : Avoir des économies. Les gens de la campagne placent encore leurs économies dans des bas ; de là l’expression.

Bas-bleu

(Delvau, 1867) : s. m. Femme de lettres, — dans l’argot des hommes de lettres, qui ont emprunté ce mot (blue stocking) à nos voisins d’outre-Manche.
Alphonse Esquiros (Revue des Deux Mondes, avril 1860) donne comme origine à cette expression le club littéraire de lady Montague, où venait assidûment un certain M. Stillingfleet, remarquable par ses bas bleus. D’un autre côté, M. Barbey d’Aurevilly (Nain jaune du 6 février 1886) en attribue la paternité à Addison. Or, le club de lady Montague ne date que de 1780, et Addison était mort en 1719. Auquel entendre ?

(France, 1907) : Nom donné aux femmes de lettres, traduction littérale de l’anglais Blue stocking. Alphonse Esquiros raconte que cette expression prit naissance dans le club littéraire de la célèbre lady Montague qui vivait au commencement du XVIIIe siècle. Dans sa résidence de Twickenham, près de Londres, elle réunit toutes les célébrités littéraires du temps, Pope, Addison, Steele, Young, etc., et dans le nombre se trouva un certain Stillingfleet, auteur ignoré aujourd’hui, qui avait l’habitude de porter des bas bleus. Quantité de femmes de lettres ou aspirant à le devenir fréquentaient le salon de lady Montague, et le public railleur appela ces réunions le club des Bas bleus, nom qui fut bientôt donné à chacune des habituées.
D’après Barbey d’Aurevilly, ce serait Addison qui aurait baptisé le club.
Mills, dans son History of Chivalry, raconte d’autre part qu’il se forma à Venise, en 1400, une société littéraire sous le nom de Société du Bas (Società della Calza) et dont tous les membres devaient, comme signe distinctif, chausser des bas bleus. Cette société fut connue plus tard en Angleterre, et c’est sans doute à elle qu’Addison fit allusion en baptisant de ce nom celle de Lady Montague. Quoi qu’il en soit, la provenance est bien anglaise, et c’est en Angleterre que pullule, plus qu’en aucun pays du monde, cette variété excentrique de la race humaine.
Dans tous les temps et dans toutes les nations, les femmes savantes ont excité les railleries, et, les hommes s’étant attribué l’universelle toute-puissance, nombreux sont les proverbes à l’adresse de celles qui essayent de se tailler une part de la masculine souveraineté.
Nos pères surtout se sont égayés à ce sujet :

La femme qui parle latin,
Enfant qui est nourri de vin,
Soleil qui luisarne au matin,
Ne viennent pas à bonne fin.
C’est une chose qui moult me déplait,
Quand poule parle et coq se tait.

(Jean de Meun.)

« Femme qui parle comme homme, geline qui chante comme coq, ne sont bonnes à tenir. »

Ne souffre à ta femme pour rien
De mettre son pied sur le tien,
Car lendemain la pute beste
Le vouloit mettre sur ta teste.

(G. Meurier, Trésor des sentences.)

Qui n’a qu’une muse pour femme faict des enfans perennels.

(Adages français, XVIe siècle.)

Napoléon Ier qui ne se piquait pas de galanterie et qui avait des idées particulières sur les femmes au point de vue de leur rôle social, avait coutume de dire :
« Une femme a assez fait quand elle a allaité son fils, ravaudé les chaussettes de son mari et fait bouillir son pot-au-feu. »
Aussi aimait-il peu les bas-bleus ; les femmes s’occupant de littérature lui paraissaient des monstres.
À une soirée des Tuileries, Mme de Staël demandait à l’empereur :
— Quelles femmes préférez-vous, sire ?
— Celles qui ont beaucoup d’enfants, répondit brutalement Napoléon.
Oui, mais elles ruinent leur mari.
En aucun pays du monde on aime les bas-bleus, que ce soit en France, en Chine ou au Japon.
Lorsque la poule chante, dit un proverbe japonais, la maison marche à sa ruine. Je suppose que chanter signifie, en ce cas, écrire des poèmes.
Si vous êtes coq, disent les Persans, chantez ; si vous êtes poule, pondez.
Et les Russes : Ça ne va jamais bien quand la poule chante.
Les Chinois : Une femme bruyante et une poule qui chante ne sont bonnes ni pour les Dieux ni pour les hommes.
Terminons par ce verset tiré du Talmud, et saluons, car c’est le meilleur :

Dieu n’a pas tiré la femme de la tête de l’homme, afin qu’elle le régisse ; ni de ses pieds afin qu’elle soit son esclave ; mais de son côté, afin qu’elle soit plus près du cœur.

Mais le dernier mot et le plus féroce sur les bas-bleus a été dit par Barbey d’Aurevilly, dans la Revue critique :

Ces bas-bleus ne le sont plus jusqu’aux jarretières. Ils le sont par-dessus la tête ! Leurs bas sont devenus une gaine. Les femmes maintenant sont bleues de partout et de pied en cap ; égales de l’homme, férocement égales, et toutes prêtes à dévorer l’homme demain… Vomissantes gargouilles de déclarations bêtes ou atroces, elles sont bleues jusqu’aux lèvres, qu’elles sont bleues comme de vieilles négresses !

Albert Cim a écrit un volume très documenté sur les bas-bleus.

Bas-bleuisme

(Delvau, 1867) : s. m. Maladie littéraire spéciale aux femmes qui ont aimé et qui veulent le faire savoir à tout le monde. Le mot a été créé récemment par M. Barbey d’Aurevilly.

(France, 1907) : Manie des désexées.

Les filles trop savantes font généralement de piètres ménagères, et notre société atteindra sûrement la fin du siècle et celle de plusieurs autres avant que les champions et championnes du Droit des femmes soient parvenus à faire entrer dans la cervelle rétive du mâle que, pour une épouse selon l’évangile des maris, l’étude des logarithmes et les recherches philosophiques ou linguistiques ne valent pas l’art modeste enseigné par le baron Brisse, celui d’accommoder les restes.
Nous sommes et resterons longtemps encore, nous autres grossiers barbus, courbés sous le prosaïsme des appétits matériels ; nous n’avons pas changé depuis Molière, et, comme le bonhomme Chrysale, nous vivons de bonne soupe et non de beau langage ; et si nos femmes s’occupent de belles-lettres, qui torchera les enfants et soignera le pot-au-feu ?

(Hector France, La Taverne de l’Éventreur.)

Bas-off

(Merlin, 1888) : Adjudant de Saint-Cyr et Polytechnique.

(France, 1907) : Abréviation de bas-officier, ancienne appellation des sous-officiers ; argot de Saint-Cyr et de l’École polytechnique.

Bas-off, Bazof

(Rigaud, 1881) : Adjudant sous-officier de l’École polytechnique ; c’est-à-dire bas-officier, par apocope dont les élèves font grand usage. Ainsi : bibli, biblo, pour bibliothèque ; colo, géné, corri, salle de récré, amphi, pour colonel, général, corridor, salle de récréation, amphithéâtre.

Les sept punis, roulés dans leurs draps, ainsi que des fantômes d’opérette, emboîtant le pas du bazof.

(R. Maizeroy, La Vie moderne, 15 sep. 1879.)

Basane

(Delvau, 1867) : s. f. Peau du corps humain, — dans l’argot des faubouriens. Tanner la basane. Battre quelqu’un.

(Delvau, 1867) : s. f. Amadou, — dans l’argot des voleurs.

(La Rue, 1894) : Peau du corps humain. Amadou. Faire une basane. Défier du geste.

(Virmaître, 1894) : Peau. Les tabliers des forgerons se nomment basane (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Taper sa cuisse en faisant avec la main un geste significatif et dire : « Tiens, voilà pour toi, ou va porter ça à ton capitaine », est tailler une basane.

(France, 1907) : La peau. Tanner la basane à quelqu’un, le battre ; tailler une basane, « Geste grossier qu’explique d’une manière assez pittoresque le libellé de punition suivant, dont on nous garantit l’authenticité : Untel, quatre jours de salle de police, ordre du sous-officier X…, a répondu à ce sous-officier en lui taillant une basane : la main appliquée sur la braguette du pantalon, et lui faisant décrire une conversion à gauche, arec le pouce pour pivot et le petit doigt pour aile marchante. » (Léon Merlin, La langue verte du troupier.)

On dit aussi basane pour amadou.

Basane (tailler une)

(Merlin, 1888) : Geste grossier qu’explique d’une manière assez pittoresque le libellé de punition suivant, dont on nous garantit l’authenticité : Untel, quatre jours de salle de police, ordre du sous-officier X…, a répondu à ce sous-officier en lui taillant une basane : la main appliquée sur la braguette du pantalon, et lui faisant décrire une conversion à gauche, arec le pouce pour pivot et le petit doigt pour aile marchante.

Basarder

(un détenu, 1846) : Vendre.

(Virmaître, 1894) : Vendre.
— Je basarde mes frusques, mon mobilier.
Basarder veut dire aussi renvoyer :
— Je basarde ma maîtresse (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Vendre.

Je vais basarder mes bois (meubles) à un aminche (ami).

Bascule

(Delvau, 1867) : s. f. Guillotine, — dans l’argot des faubouriens.

(Rigaud, 1881) : Guillotine. — Basculer, guillotiner.

(Virmaître, 1894) : La guillotine. Allusion à la planche qui bascule pour pousser le condamné sous la lunette (Argot des voleurs).

(France, 1907) : Guillotine ; argot des faubouriens.

Basculer

(Delvau, 1867) : v. a. Guillotiner. Être basculé. Être exécuté.

(France, 1907) : Guillotiner.

Bascules

(Virmaître, 1894) : Épaules (Argot des voleurs). V. Porte turbin. N.

Basile

(France, 1907) : Calomniateur, personnage des comédies de Beaumarchais.

Basourdi

(Halbert, 1849) : Abattu.

Basourdir

(anon., 1827) : Tuer.

(Raban et Saint-Hilaire, 1829) : Tuer.

(Bras-de-Fer, 1829) : Tuer.

(Halbert, 1849) : Abattre, frapper quelqu’un.

(Larchey, 1865) : Assommer (Vidocq). — Abrév. d’abasourdir.

(Delvau, 1867) : v. a. Étourdir, et, par extension naturelle, Tuer, — dans l’argot des voleurs, qui ont dédaigné abasourdir comme trop long. Basourdir ses gaux picantis, ou seulement ses gaux. Chercher ses poux — et les tuer.

(France, 1907) : Aphérèse de abasourdir, tuer ; argot des voleurs.

Basque

(d’Hautel, 1808) : Marcher comme un basque. Marcher comme un fou ; courir comme un écervelé,

Basse

(Delvau, 1867) : s. m. La terre par opposition au ciel. Argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Terre. Elle est surtout basse pour les paysans. — « La terre est basse » dit-on, proverbialement dans le Midi, lorsqu’un travail exige beaucoup de fatigue.

(La Rue, 1894) : La terre.

(France, 1907) : Terre ; argot des voleurs.

Basse (la)

(Virmaître, 1894) : La terre. Pour qualifier un fainéant qui ne veut pas travailler on dit : il a les côtes en long, ce qui l’empêche de se baisser. La terre est trop basse (Argot du peuple). N.

(Hayard, 1907) : La terre.

Basses-chasses

(France, 1907) : Les galères, telles qu’elles étaient autrefois quand les forçats ramaient. — Voir Bachasse.

Bassin

(d’Hautel, 1808) : Cracher au bassin. Donne, quelque chose malgré soi ; à contre-cœur.
On dit aussi Faire cracher quelqu’un au bassin. Pour lui soutirer de l’argent ; lui faire payer un écot auquel il n’a point pris part.

(Delvau, 1864) : La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop souvent.

J’eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.

Tabarin.

(Delvau, 1867) : s. m. Homme ennuyeux, — dans l’argot des filles et des faubouriens, qui n’aiment pas à être ennuyés, les premières surtout. On dit aussi Bassinoire.

(Boutmy, 1883) : s. m. Homme ennuyeux. Ce mot appartient aussi à l’argot parisien et n’est pas spécial à la typographie : Tais-toi, vieux bassin. On dit aussi bassinoire.

(Virmaître, 1894) : Insipide, ennuyeux (Argot du peuple). V. Bassinoire.

(Rossignol, 1901) : Individu ennuyeux.

(France, 1907) : Homme ennuyeux. On dit aussi bassinoire. « Quel bassin que ce curé ! »

Bassin, bassinoire

(Larchey, 1865) : Importun.

Allons, vieux bassin, Avez-vous fini vos manières.

Becquet, chanson.

Bassiner : Importuner.

Il me bassine, cet avoué.

Labiche.

Bassinoire : Grosse montre de cuivre. — Moins le manche, elle offre un diminutif assez exact de la bassinoire classique.

C’était une vénérable montre de famille, dite bassinoire en langage familier.

Champfleury.

Bassin, Bassinoire

(Rigaud, 1881) : Individu ennuyeux, qui a le talent de tous agacer les nerfs.

Bassinant

(Delvau, 1867) : adj. Ennuyeux, importun, bavard.

(Rossignol, 1901) : Ennuyant.

Si Pierre vient, dis-lui que je n’y suis pas, il est bassinant commt un boisseau de puces.

Bassiner

(Delvau, 1867) : v. a. Importuner.

(Rigaud, 1881) : Ennuyer fortement. La conversation de quelqu’un qui vous bassine produit sur les nerfs le mouvement monotone de la bassinoire passée et repassée sur les draps de lit pour les chauffer. — Dans le glossaire génevois de M. J. Humbert ce mot et le précédent ont la même signification que chez nous. À qui la paternité : à Genève ou à Paris ?

(France, 1907) : Ennuyer. « Alexandre Dumas a voulu chausser les escarpins de de Diderot ; mais Dieu sait si Alexandre Dumas nous… bassine. »

Le mot bassiner, appliqué aux personnes comme synonyme d’ennuyer, est-il une injure ?
Voilà un point important de jurisprudence fixé aujourd’hui, grâce au tribunal de Clamecy, qui, conformément aux conclusions du procureur de la République, a déclaré que l’expression : il me bassine constitue une injure envers la personne à laquelle elle est adressée, et il a condamné l’auteur de ce délit à une amende de deux cents francs.

(Radical.)

Bassinet (cracher au)

(Rigaud, 1881) : Donner de l’argent de mauvaise grâce. Autrefois à l’église, et encore aujourd’hui, les offrandes, au moment de la quête, sont déposées dans un plat de métal, dans un bassin. — Cracher au bassinet. Avouer, se décider à parler.

Une fois ! deux fois ! tu ne veux pas cracher au bassinet ?

(J. Lermina, Les Chasseurs de femmes, 1879.)

Bassinoire

(Delvau, 1867) : s. f. Grosse montre, — dansl’argot des bourgeois.

(Rigaud, 1881) : Montre d’argent très large et très épaisse, montre de paysan.

(Fustier, 1889) : « À Paris, il est de ces hôtels où, pour quelques sous, couchent les maçons, qui s’en vont à leur travail, à l’aube. Eh bien ! Par les nuits d’hiver, il est de pauvres diables qui attendent, l’onglée aux mains, que ces maçons soient partis pour se glisser, au rabais, dans leurs draps encore chauds. Ils font queue devant le logeur, comme devant un théâtre. Ils battent la semelle en attendant le sommeil. Ils appellent, dans leur argot, les compagnons maçons qui leur cèdent ainsi leur couche, les bassinoires. »

(J. Claretie : La Vie à Paris.)

(Virmaître, 1894) : Individu qui répète cent fois la même chose pour ne rien dire (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Celui qui répète plusieurs fois la même chose pour ne rien dire.

(France, 1907) : Grosse montre, comme en portaient nos grands-pères. Le mot s’applique également à un individu ennuyeux qui fatigue les gens de son bavardage. « Fifine, vous êtes une bassinoire. »

Un marchand d’antiquités disait un jour à Vivier :
— J’attends une pièce des plus curieuses : la dernière bassinoire de Louis XIV.
— Madame de Maintenon ! s’écrie Vivier.

(Dr Grégoire, Turlutaines.)

Bassouille

(France, 1907) : Boue ; argot des canuts.

Basta

(Merlin, 1888) : Assez, — de l’espagnol. On dit aussi Barka, — de l’arabe.

(France, 1907) : Assez ; mot rapporté par les troupiers d’Algérie.

— Vous pouvez nous fouiller, vous m’avez fait flanquer deux semaines à l’ours et vous avez le toupet de me réclamer de l’argent ! Vous vous montez joliment le bourrichon. J’ai soupé de votre fiole, mon bon ami, basta !

(Hector France, L’Homme qui tue.)

Bastille

(d’Hautel, 1808) : Il ne se remue non plus qu’une bastille. Se dit d’un homme nonchalant, sédentaire et apathique, que l’on ne peut faire mouvoir.

Bastimage

(Delvau, 1867) : s. m. Travail, — dans l’argot des voleurs.

(Rigaud, 1881) : Travail, — dans le jargon des voleurs.

(La Rue, 1894) : Travail.

(France, 1907) : Travail ; argot des voleurs.

Bastinguer (se)

(Rigaud, 1881) : Se cacher, — dans le jargon des marins.

Bastos ?

(Rossignol, 1901) : (Puisque vous m’offrez de passer l’été à la campagne et que vous me donnez à choisir entre Vaux et Houilles, je vous assure, mon ami, que de ces deux localités j’aime mieux Vaux qu’Houilles.)

Bastringue

(d’Hautel, 1808) : Nom donné primitivement à une contredanse qui a été long-temps on vogue à Paris ; ce mot a reçu depuis une grande extension : le peuple, à qui il a plu, s’en est emparé, et l’a appliqué à des choses de nature différente.
Un bastringue signifie tantôt un bal mal composé ; tantôt un mauvais joueur de violon ; puis une maison en désordre ; un mauvais lieu.
Un bastringue est aussi une petite mesure qui équivaut à peu-près à ce que les buveurs appeloient autrefois un canon, dont la capacite répondoit à celle d’un verre moyen.
Boire un bastringue signifie donc vulgairement, boire un verre de vin.

(Halbert, 1849) : Scie pour scier le fer.

(Larchey, 1865) : Étui conique en fer d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, contenant un passe-port, de l’argent, des ressorts de montres assez dentelés pour scier un barreau de fer, un passe-port, de l’argent, etc. — Vidocq — Les malfaiteurs, sur le point d’être pris, cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, mais il doit être introduit par le gros bout. Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un prisonnier périt il y a quelques années de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.

(Delvau, 1867) : s. m. Guinguette de barrière, où le populaire va boire et danser les dimanches et les lundis.

(Delvau, 1867) : s. m. Bruit, vacarme, — comme on en fait dans les cabarets et dans les bals des barrières.

(Delvau, 1867) : s. m. Scie à scier les fers, — dans l’argot des prisons, où l’on joue volontiers du violon sur les barreaux.

(Rigaud, 1881) : Vacarme. — Faire du bastringue.

(Rigaud, 1881) : Lime, scie. — Étui dans lequel les récidivistes serrent les outils nécessaires à leur évasion, tels que lime, scie, ressort de montre. De là l’habitude qu’on a dans les prisons, lors de la visite, au moment de l’arrivée du prévenu ou du condamné, de le faire complètement déshabiller et de lui administrer une forte claque sur le ventre, dans le but de s’assurer s’il a un bastringue sous lui.

(La Rue, 1894) : Lime, scie, outils d’évasion renfermés dans un étui. Guinguette et bal de barrière.

(Virmaître, 1894) : Bal de bas étage où se donne rendez-vous la canaille du quartier dans lequel il est situé. Bastringue, faire du bruit, du tapage. Quand l’homme rentre au logis, un peu humecté et qu’il casse la vaisselle, la ménagère, furieuse, lui dit :
— T’as pas bientôt fini ton bastringue, sale chameau ? (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Bal de bas étage.

(Rossignol, 1901) : Étui en ivoire ou en argent que les voleurs tiennent constamment caché dans leurs intestins et qui peut contenir jusqu’a 800 francs en or ; ainsi, lors qu’ils se trouvent arrêtés, ils ne sont jamais sans argent. Il y a des bastringues qui contiennent tournevis, scies et monture. Avec une scie semblable, votre serviteur a scié un barreau de la grosseur de ceux des prisons en trente-six heures. Cet étui est bien connu dans les prisons centrales, mais il est difficile de le trouver, le voleur le retire le soir de sa cachette pour le remettre le matin où il reste toute la journée. Il y a une chanson sur les prisons centrales où il est dit :

Un surveillant vous fait regarder à terre En vous disant : Baissez-vous à moitié ; Il vous palpe et regarde le derrière, Dans la maison, c’est l’usage de fouiller.

(Hayard, 1907) : Bal de bas étage.

(France, 1907) : Bal de barrière.

Mademoiselle, voulez-vous danser ?
V’là le bastringue.
V’là le bastringue !
Mademoiselle, voulez-vous danser ?
Le bastringue va commencer.

(Vieille chanson.)

On appelle aussi bastringue, dans l’argot des prisons, une scie à scier le fer ; c’est également un étui conique, d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, qui sert à renfermer cette scie et d’autres objets utiles aux prisonniers.

Les malfaiteurs arrêtés cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, qui doit être introduit par le gros bout. Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un détenu périt, il y a quelques années, de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.

(Lorédan Larchey.)

Bastringuer

(d’Hautel, 1808) : Dérivé de Bastringue. Courir les bals ; hanter les mauvais lieux ; mener une vie libertine et débauchée ; gobelotter, siroter ; faire débauche de vin.

(Rigaud, 1881) : Danser, courir les bals. — Bastringueur, bastringueuse, coureur, coureuse de bals publics.

Bastringueur

(d’Hautel, 1808) : Homme de mauvaise vie ; coureur de cabarets ; qui fréquente les bastringues.

Bastringueuse

(Delvau, 1867) : s. f. Habituée de bals publics.

(France, 1907) : Coureuse de bastringues.

Bateau, bastaud

(La Rue, 1894) : Soulier.

Battre une basane

(Virmaître, 1894) : Geste familier aux gamins qui se frappent la cuisse du revers de la main droite. Ce geste veux dire : Merde (Argot du peuple).

Bénir bas

(Delvau, 1867) : v. a. Donner un ou des coups de pied au derrière de quelqu’un, — comme ferait par exemple un père brutal à qui son fils aurait précédemment demandé, avec sa bénédiction, quelques billets de mille francs pour courir le monde.

(France, 1907) : Donner un coup de pied au derrière.

Bibasse

(M.D., 1844) : Vieille femme.

(Delvau, 1867) : s. f. Vieille femme.

(Virmaître, 1894) : Vieille femme. Arrivée à un certain âge, la femme c’est comme les vieux souliers, ça boit ; elle bibasse dans les bars (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Vieux, âgé.

(Hayard, 1907) : Vieille femme.

(France, 1907) : Vieille femme.

Bibasse (la)

(Boutmy, 1883) : s. f. Nom familier sous lequel était désignée la Société typographique de Lyon.

Bibasserie

(un détenu, 1846) : Vieillesse.

(Delvau, 1867) : s. f. Vieillesse. On dit aussi Bibarderie.

(France, 1907) : Vieillesse ; on dit aussi bibarderie.

Bibassier

(Delvau, 1867) : s. m. Vieil homme. Signifie aussi Ivrogne, — le vin étant le lait des vieillards.

(Boutmy, 1883) : s. m. Qui a l’habitude de boire, de bibasser (du latin bibere) ; ivrogne. Signifie plutôt maintenant radoteur, maussade, tatillon, gourgousseur : Vieux bibassier, va !

(Rossignol, 1901) : Synonyme de bibasse.

(France, 1907) : Radoteur, tatillon, comme le sont généralement les vieilles barbes.

Bibassier, Biberon

(Rigaud, 1881) : Vieil ivrogne. À aussi le sens de maniaque, grognon, méticuleux, tatillon, — dans le jargon des typographes. M. Décembre-Alonnier (Typographes et gens de lettres) orthographie bibacier. — Biberon est un vieux mot français.

À toi gentil Anacréon,
Doit son plaisir le biberon,
Et Bacchus te doit ses bouteilles.

(Ronsard, Ode gauloise.)

Bibassier, bibon, birbe, birbette

(La Rue, 1894) : Vieux.

Bibasson

(Rossignol, 1901) : Les vieilles femmes comme il y en a chez le père Lunette et au Château-Rouge sont des bibassons, surtout lorsqu’elles se livrent à la boisson.

(France, 1907) : Vieillard.

Bibasson, bibassier

(Virmaître, 1894) : Vieillard (Argot du peuple). V. Birbe.

Birbade, birbasse

(France, 1907) : Vieille femme.

Birbasse ou birbade

(Halbert, 1849) : Vieille femme.

Bouche d’en bas (la)

(Delvau, 1864) : La nature de la femme, — si éloquente dans son langage muet.

D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on dirait qu’elles y ont la fièvre.

Brantôme.

Pour récompenser mon mérite,
Arrachant les dents bien à point,
Permettez que je vous visite
Votre bouche qui n’en a point.

(Cabinet satyrique.)

Branle-bas

(Delvau, 1867) : s. m. Vacarme, bouleversement ; déménagement. Argot du peuple. Faire du branle-bas. Faire du tapage.

Cabas

(d’Hautel, 1808) : Un vieux cabas. Terme de mépris ; voiture antique ; mauvais fiacre, traîné ordinairement par des haridelles qui valent moins encore.

(Delvau, 1867) : s. m. Vieux chapeau d’homme ou de femme, — dans l’argot des bourgeois.

Cabasser

(Delvau, 1867) : v. n. Bavarder, — dans l’argot du peuple. Signifie aussi Tromper, et même Voler.

(Virmaître, 1894) : Bavarder sans cesse à tort et à travers (Argot du peuple).

Cabasseur

(Delvau, 1867) : s. m. Faiseur de cancans. Signifie aussi Voleur.

(Rigaud, 1881) : Bavard. — Cabasser, bavarder, tromper.

(Virmaître, 1894) : Cancanier ou cancanière (Argot du peuple).

Cabasson

(Rigaud, 1881) : Vieux chapeau de femme, chapeau démodé.

Calebasse

(d’Hautel, 1808) : Frauder la calebasse. Pour dire tromper quelqu’un, le frustrer de la part qui lui revient.

(Bras-de-Fer, 1829) : Tête.

(Larchey, 1865) : Tête. — Allusion de forme.

Faudrait pas gros de sens commun pour remplir une calebasse comm’ ça.

Gavarni.

(Delvau, 1867) : s. f. Tête, — dans l’argot des faubouriens, qui ont trouvé une analogie quelconque entre l’os sublime et le fruit du baobab, presque aussi vides l’un que l’autre. Grande calebasse. Femme longue, maigre et mal habillée.

(Fustier, 1889) : Secret. Vendre la calebasse, révéler le secret. (Littré.)

(La Rue, 1894) : Tête.

(Virmaître, 1894) : Seins. Se dit quand les malheureux sont sans consistance, qu’ils pendent et se répandent (Argot du peuple).

(Rossignol, 1901) : Objets, marchandises, produit d’un vol.

Calebasses

(Delvau, 1867) : s. f. pl. Gorge molle, qui promet plus qu’elle ne tient.

(Rossignol, 1901) : Seins pendants. Il y a une quantité de noms selon l’âge : titis, tétés, tétons, tétasses, tripasses, calebasses, blagues à tabac, cuirs à rasoirs.

Carabas

(Delvau, 1867) : s. m. Vieille berline de comte ou de marquis, carrosse d’un modèle suranné.

(Delvau, 1867) : s. m. Riche propriétaire de terres ou de maisons. On dit aussi Marquis de Carabas.

Chier dans ses bas

(Delvau, 1867) : v. n. Donner des preuves d’insanité d’esprit, — dans l’argot du peuple.

Contre-Basse

(Rigaud, 1881) : Derrière, — dans le jargon des voyous. — Travailler la contre-basse, porter des coups de pied au derrière. Sauter sur la contre-basse, même signification.


Argot classique, le livreTelegram

Dictionnaire d’argot classique