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Baiser

(d’Hautel, 1808) : Baiser le cul de la vieille. Signifie en terme de jeu, ne pas prendre un point dans toute la partie ; et en terme de commerce, ne pas étrenner de la journée.
Il devroit baiser les pas par où elle passe. Se dit d’un homme ingrat, qui cherche à dénigrer une personne à laquelle il a de grandes obligations.
Baiser à la pincette. C’est pincer avec les doigts les deux joues de la personne que l’on veut embrasser sur la bouche ; ce que les enfans appellent Baiser à la godinette.

(Delvau, 1864) : Verbe excessivement actif, que l’humanité passa son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins. — Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.

…Et l’homme marié
Baise tout simplement, quand il peut, sa moitié.

Protat.

…Le galant, en effet,
Crut que par là baiserait la commère.

La Fontaine.

Parbleu, qu’un autre la baise.
J’aime mieux baiser mes sœurs.

Collé.

Chaud de boisson, certain docteur en droit,
Voulant un jour baiser sa chambrière,
Fourbit très bien d’abord le bon endroit.

Piron.

Baiser (quelqu’un)

(Hayard, 1907) : Le tromper.

Baiser (se faire)

(Rigaud, 1881) : Se laisser tromper grossièrement, se laisser voler. — Être baisé, être trompé, avoir le dessous dans une affaire d’amour, dans une affaire quelconque, dans une partie de jeu. « — Capitaine ! — Commandant ? — Vous allez faire la partie de la colonelle ; attention ! pas de blagues, pas de mots risqués. — Ayez pas peur… je veux que le tonnerre de N. D. D. m’emporte si… » On joue : Le capitaine (annonçant :) — « Le roi, (entre ses dents :) un foutu gueux. » — La colonelle : « La dame de pique. » — Le capitaine : « Je lui fends le c… (d’une voix de stentor :) atout, ratatout, le poil de mes… moustaches et je prends tout… vous êtes baisée, ma petite mère. »

Baiser à blanc

(Delvau, 1864) : Se branler, — ce qui est une façon de baiser sans femme, quand on est homme, sans homme quand on est femme.

Baiser à l’œil

(Delvau, 1864) : Ne rien payer pour jouir d’une femme galante, comme font les greluchons.

Quand on est jeune on doit baiser à l’œil ;
À soixante ans la chose est chère et rare ;
Aux pauvres vieux l’amour devient avare.

(Chanson d’étudiants.)

Baiser à la florentine

(Delvau, 1864) : Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement d’hoirie.

Baiser à la papa

(Delvau, 1864) : Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.

Baiser à vit sec

(Delvau, 1864) : Ne pas décharger dans la matrice de la femme, qui, à cause des enfants ou seulement par goût particulier, préfère manger le poisson sans la sauce.

Ainsi, femme qui dit que le vit sec est bon
Voudrait ôter la sauce et le sel au jambon,
Ce qu’il est de plus doux en toute la nature
Et qui donne la vie à toute créature.

Mililot.

Baiser en épicier

(Delvau, 1864) : Faire l’amour purement et simplement, comme un devoir, comme une presque corvée, — et non pas en levrette, non pas à la paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale : la femme dessous et l’homme dessus.

Quel moyen puis-je employer
Pour plaire à mon Antoinette ?
Je la baise en épicier…
Le bougre lui fait minette.

Gustave Nadaud.

Baiser en pigeon

(Delvau, 1864) : Faire une langue, comme fut baisée — d’abord — la Vierge Marie.

Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.

Brantôme.

Baiser la camarde

(Halbert, 1849) : Mourir.

(France, 1907) : Mourir. (Tony Révillon.)

Baiser Lamourette

(France, 1907) : Réconciliation de peu de durée.

Un baiser historique célèbre et dont le souvenir fait sourire à tort, c’est le baiser Lamourette.
L’Assemblée législative de 1792 était divisée. Des députés, les uns voulaient la paix, les autres la guerre. Un parti soutenait la constitution monarchique, un autre parti essayait de la renverser pour rétablir la République.
Cependant les armées ennemies allaient passer la frontière, entrer en France.
Devant ce cri : « La patrie est en danger ! » Les discordes civiles devraient-elles continuer à troubler les discussions de l’Assemblée ? Une pensée commune ne devrait-elle pas réunir tous les citoyens ?
Un brave homme, l’abbé Lamourette, monta à la tribune et fit un appel à la conciliation.
— Jurons de n’avoir qu’un seul esprit, qu’un seul sentiment ! Jurons-nous fraternité éternelle ! Que l’ennemi sache que ce que nous voulons, nous le voulons tous, et la patrie est sauvée !
À ces mots, un souffle d’enthousiasme passa sur l’Assemblée. Les députés des opinions les plus opposées se jetèrent dans les bras les uns des autres. Il n’y eut plus ni droite ni gauche, mais des hommes confondus, échangeant un baiser fraternel. Ce ne fut qu’une trêve dans la guerre implacable entre l’ancien régime et le nouveau ; et pourtant le baiser Lamourette s’impose à l’histoire par sa grandeur, car il représente, dans la Révolution, la tolérance philosophique : des hommes épris du bien, combattant pour le triomphe de leurs idées sans cesser de s’aimer, oubliant, à un moment donné, leurs querelles dans l’élan d’un sentiment de justice et d’amour.

Baiser le cul de la vieille

(Delvau, 1867) : v. a. Ne pas faire un seul point. Argot des joueurs.

(Rigaud, 1881) : Ne pas marquer un seul point dans une partie de cartes.

(Virmaître, 1894) : Joueur déveinard qui perd la partie sans marquer un point. Dans le peuple on dit aussi : passer sous la table (Argot du peuple).

(France, 1907) : Ne pas faire un point ; argot des joueurs.

Baiser ou foutre à couillons rabattus, ou comme un dieu

(Delvau, 1864) : Avec énergie, sans songer au mari que l’on cocufie ni aux enfants que l’on procrée, — comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et comme toutes les femmes voudraient bien être foutues.

Et maintenant, gonzesse, que je t’ai foutue à couillons rabattus, comme tu n’es pas foutue d’être foutue jamais de ta garce de vie…..

Lemercier de Neuville.

Les hommes, lorsqu’ils ont foutu
À double couillon rabattu,
Se lavent dans une terrine.

Dumoulin-Darcy.

Madame Durut, sentant les approches du suprême bonheur, se livre au transport, et, s’agitant à l’avenant, s’écrie : Foutre ! c’est trop de plaisir ! il fout comme un Dieu !

A. de Nerciat.

Baiser ou foutre à la dragonne ou en maçon

(Delvau, 1864) : Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.

Baiser ou foutre à la paresseuse

(Delvau, 1864) : Se placer derrière une femme que l’on veut baiser, couché sur le côté comme elle, entrecroiser mutuellement les cuisses, insinuer doucement l’outil dans le trou qui l’attend, et besogner sans effort.

Celui dont la pine est mollasse, filandreuse,
Et lente à décharger, fout à la paresseuse.

Louis Protat.

Baiser ou foutre en aisselle

(Delvau, 1864) : Tirer un coup dans le pli formé par le dessous du bras et de l’épaule.

En aisselle, en tétons, le Turc met son braqmard.

Louis Protat.

Baiser ou foutre en cygne

(Delvau, 1864) : Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda, à genoux et ses jambes sur les épaules.

Baiser ou foutre en levrette

(Delvau, 1864) : Baiser une femme in more — du prince de Canino.

En levrette est encore un moyen fort joli
Quand on a sous son ventre un cul ferme et poli.

Louis Protat.

Baiser ou foutre en tétons

(Delvau, 1864) : Décharger dans cette petite vallée formée par les deux tétons et qu’on peut rendre aussi étroite qu’on veut en les rapprochant avec les mains.

Baiser sur le pouce

(Delvau, 1864) : Tirer un coup précipitamment, là où l’on se trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.

Je t’ai baisée sur le pouce, ça ne compte pas : nous recommencerons sur le lit, quand ton mari sera à son bureau.

Seigneurgens.

Faire baiser (se)

(Delvau, 1867) : Se faire arrêter ou engueuler, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Se faire choper.

Pincette (baiser à la)

(Rigaud, 1881) : Baiser que donnent les enfants en pinçant de chaque main les joues de la personne qu’ils embrassent.


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