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Tirer

Tirer

Baiser une femme.

Et dans les bois, je savait la tirer.

E. Debraux.

Aimes tu mieux en gamine
Tirer le coup du macaron ?

Saunière.

Montrez à ma mère
Tout votre savoir,
Elle va vous faire
Tirer dans le noir.

(Les Archers de l’amour.)

À ce prix-là, dans toute la boutique
De faire un choix j’eus la permission,
Et je montai pour tirer une chique…

(Chanson anonyme moderne.)

— Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chiqué,
Dit un futur Gerbier.

L. Protat.

Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,
Et tirant tous les jours des coups extravagants.

A. Glatigny.

J’ vois que vous y prenez goût.
Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup.

F. De Calonne.

Tirer

v. a. Peindre, spécialement le portrait, — dans l’argot du peuple.

Tirer

v. intr. Mettre sous presse, imprimer. Ce mot, en ce sens, vient sans doute de l’opération nécessitée par l’impression au moyen des presses manuelles, opération dans laquelle l’imprimeur tire, en effet, le barreau.

Tirer

Voler à la tire.

Tirer

Avoir peu de temps à rester au régiment. Mot à mot : tirer à la fin du service militaire.

Tirer

Tirer à la conscription, — dans le jargon du peuple.

Tirer

Tirer une carte ou demander une carte au jeu de baccarat.

Tirer

Subir une condamnation. — Combien que tu tires ? par abréviation pour : combien tires-tu de longes ?

Tirer

Faire, (se) partir.

Tirer (ça s’ tire !)

Se dit de tout ce qui touche à sa fin. Une garde, une punition, le congé militaire se tirent.

Tirer (se la)

v. réfl. Fuir.

Tirer à boulets rouges sur quelqu’un

v. n. Le poursuivre inexorablement, lui envoyer des monceaux de papier timbré, — dans l’argot des bourgeois, qui deviennent corsaires avec les flibustiers. On dit aussi Poursuivre à boulets rouges.

Tirer à la ligne

v. n. Écrire des phrases inutiles, abuser du dialogue pour allonger un article ou un roman payé à tant la ligne, — dans l’argot des gens de lettres, qui n’y tireront jamais avec autant d’art, d’esprit et d’aplomb qu’Alexandre Dumas, le roi du genre.

Tirer à la ligne

Délayer un article de journal, l’allonger, non plus avec des alinéas et des blancs comme pour le choufliquage, mais avec des épithètes, des synonymes, des périphrases.

Tirer au c…

Se soustraire à un service.

Tirer au cul

User de prétextes pour ne pas travailler.

Tirer au flanc

Manquer à sa parole, ne pas tenir ce qu’on a promis, — dans le jargon du régiment.

Tirer au grenadier

Laisser sa part de travail retomber sur d’autres.

Tirer au mur

Se passer de, se priver, — dans le jargon des soldats. (L. Larchey)

Tirer au mur

Se passer, se priver.

Tirer au renard

Pour un cheval, c’est lever le nez en l’air, quand on le tient par la bride ou qu’il est attaché au râtelier, — dans le jargon des soldats de cavalerie. — Tirer au vent, c’est quand le cheval portant son cavalier lève la tête. Il n’y a pas moyen d’arrêter un cheval emballé qui tire au vent.

Tirer aux grenadiers

Carroter le service, militairement parlant. Comme les compagnies d’élite sont exemptes de corvées, tirer aux grenadiers, c’est s’attribuer indûment leurs privilèges. — Tirer une dent : Escroquer (Vidocq). — V. Carotte.

Tirer aux grenadiers

v. n. Emprunter de l’argent à quelqu’un en inventant une histoire quelconque, — dans l’argot du peuple.

Tirer aux grenadiers

Forger une histoire pour emprunter de l’argent.

Tirer d’épaisseur (se)

v. réfl. Se tirer d’un mauvais pas, — dans l’argot des ouvriers. Signifie aussi diminuer, — en parlant d’une besogne commencée.

Tirer d’épaisseur (se)

Sortir d’un mauvais pas.

Tirer de longueur (se)

Se dit — dans l’argot des faubouriens — d’une chose qui tarde à venir, d’une affaire qui a de la peine à aboutir, d’une histoire qui n’en finit pas.

Tirer des balladoires (se)

Se sauver ; c’est-à-dire : se tirer des jambes. Les balladoires, ce sont les jambes, qui servent à la ballade.

Tirer des longes

Faire plusieurs années de prison.

Tirer des pieds (se)

v. réfl. S’en aller, s’enfuir.

Tirer l’échelle

Ne pas aller plus loin.

Tirer la bourre

Se battre.

Tirer la droite

v. a. Traîner la jambe droite par habitude de la manicle qu’elle a portée au bagne, — dans l’argot des agents de police, qui se servent de ce diagnostic pour reconnaître un ancien forçat.

Tirer la ficelle

Sacrifier à Onan.

Tirer la langue

v. a. Être extrêmement pauvre, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Tirer la langue d’un pied.

Tirer la langue

Courir à en perdre haleine. Faire tirer la langue à un débiteur en lui promettant de l’argent. Tirer la langue : avoir faim, attendre après quelque chose qui ne vient jamais (Argot du peuple). N.

Tirer la langue

Avoir envie ou besoin d’une chose qu’on ne vous donne pas.

Je suis sans argent, mes parents ne m’en envoient pas, ils me font tirer la langue.

Tirer la langue d’une aune

Être très altéré. — Être misérable.

Tirer le canon

v. a. Conjuguer le verbe pedere, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Tirer le canon d’alarme.

Tirer le chausson

v. a. S’enfuir, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi se battre.

Tirer le chausson

Décamper.

Tirer le diable par la queue

v. a. Mener une vie besogneuse d’où les billets de banque sont absents, remplacés qu’ils sont par des billets impayés. Argot des bohèmes. On dit aussi Tirer la Ficelle ou la corde.

Tirer le diable par la queue

Il y en a (la moitié de Paris) qui passent leur temps à cette besogne, sans être jamais avancés un jour plus que l’autre. La misère ne les lâche pas. Ce pauvre diable, depuis le temps que l’on la lui tire, n’en devrait plus avoir (Argot du peuple).

Tirer les pattes (se)

v. réfl. S’ennuyer, — dans l’argot des typographes, à qui il répugne probablement de s’étirer les bras.

Tirer les pattes (se)

Bâiller en allongeant les bras au-dessus de la tête.

Tirer sa coupe

S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot des faubouriens.

Tirer sa longe

v. a. Marcher avec difficulté par fatigue ou par vieillesse, — dans l’argot des faubouriens.

Tirer sa longe

Traîner la jambe. — Expression primitivement appliquée à la démarche des forçats libérés.

Tirer sa longe

Traîner la jambe.

Tirer ses guêtres

v. a. S’en aller de quelque part, s’enfuir, — dans l’argot du peuple. On disait autrefois Tirer ses grègues.

Tirer ses guêtres, sa coupe, son chausson ; se tirer des flûtes, des pieds

Se sauver.

Tirer ses guêtres, Se la tirer

Se sauver, partir. Variantes : Tirer sa coupe, se tirer des pattes.

Tirer son plan

Faire son temps de prison ou de bagne, — dans l’argot des voleurs.

Tirer son plan

Subir un emprisonnement.

Tirer son plan

Faire son temps de peine.

Tirer un bouchon

Voleur qui fait dix ans du prison (Argot des voleurs).

Tirer une coupe sur le grand fleuche

Aller à la Nouvelle-Calédonie, — dans le jargon des voleurs.

Tirer une coupe sur le grand fleuche

Aller à la Nouvelle Calédonie.

Tirer une d’épaisseur (en)

Mot à mot : tirer une énorme carotte. — En tirer une de longueur, même signification.

Tirer une dent

v. a. Escroquer de l’argent à quelqu’un en lui contant une histoire.

Tirer une dent

Soutirer de l’argent sous un faux prétexte.

Tirer une dent

Escroquer de l’argent.

Tirer une râpée

Sacrifier à Vénus, — dans le jargon du régiment.


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