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Faire

Faire

Nouer une intrigue galante.

Est-ce qu’un homme qui a la main large peut prétendre à faire des femmes ?

Ed. Lemoine.

Dans une bouche féminine, le mot faire indique de plus une arrière-pensée de lucre. c’est l’amour uni au commerce.

Et toi, ma petite, où donc as-tu volé les boutons de diamant que tu as aux oreilles ? As-tu fait un prince indien ?

Balzac.

Tu as donc fait ton journaliste ? répondit Florine. — Non, ma chère, je l’aime, répliqua Coralie.

id.

Faire

Faire la place, commercialement parlant.

De tous les points de Paris, une fille de joie accourait rait faire son Palais-Royal.

Balzac.

Je suis heureux d’avoir pris ce jour-ci pour faire la vallée de l’Oise.

Id.

Faire

Voler.

Nous sommes arrivés à faire les montres avec la plus grande facilité.

Bertall.

Son fils qui fait le foulard à ses moments perdus.

Commerson.

Faire

Risquer au jeu.

Nous faisions l’absinthe au piquet à trois.

, — Noriac.

Faire dans la quincaillerie, l’épicerie, la banque, etc. : Faire des affaires dans la quincaillerie, etc.

Faire

s. m. Façon d’écrire ou de peindre, — dans l’argot des gens de lettres et des artistes.

Faire

v. a. Dépecer un animal, — dans l’argot des bouchers, qui font un veau, comme les vaudevillistes un ours.

Faire

v. a. Visiter tel quartier commerçant, telle ville commerçante, pour y offrir des marchandises, — dans l’argot des commis voyageurs et des petits marchands.

Faire

v. n. Cacare, — dans l’argot à moitié chaste des bourgeois. Faire dans ses bas. Se conduire en enfant, ou comme un vieillard en enfance ; ne plus savoir ce qu’on fait.

Faire

v. n. Jouer, — dans l’argot des bohèmes. Faire son absinthe. Jouer son absinthe contre quelqu’un, afin de la boire sans la payer. On fait de même son dîner, son café, le billard, et le reste.

Faire

v. n. Travailler, être ceci ou cela, — dans l’argot des bourgeois. Faire dans l’épicerie. Être épicier. Faire dans la banque. Travailler chez un banquier.

Faire

v. a. Voler, et même Tuer, — dans l’argot des prisons. Faire le foulard. Voler des mouchoirs de poche. Faire des poivrots ou des gavés. Voler des gens ivres. Faire une maison entière. En assassiner tous les habitants sans exception et y voler tout ce qui s’y trouve.

Faire

Exploiter, duper. — Faire faire, trahir. Il m’a fait faire, — dans le jargon des voleurs.

Faire

Séduire.

La puissante étreinte de la misère qui mordait au sang Valérie, le jour où, selon l’expression de Marneffe, elle avait fait Hulot.

(Balzac, La Cousine Bette.)

L’artiste qui, la veille, avait voulu faire madame Marneffe.

(Idem.)

Faire une femme, c’est mot à mot : faire la conquête d’une femme.

Le temps de faire deux bébés que nous ramènerons souper ; j’ai le sac.

(Jean Rousseau, Paris-Dansant.)

Quand une femme dit qu’elle a fait un homme, cela veut dire qu’elle fonde des espérances pécuniaires sur celui qu’elle a séduit, qu’elle a fait une affaire avec un homme. — Les bals publics sont des lieux où les femmes vont faire des hommes, mot à mot : le commerce des hommes.

Faire

Parcourir un quartier au point de vue de la clientèle, — dans l’argot des filles. Elles font le Boulevard, le Bois, les Champs-Elysées, comme les placières font la place.

Faire

Dérober. — Faire le mouchoir, faire la montre. L’expression date de loin. M. Ch. Nisard l’a relevée dans Apulée.

Vous êtes de ces discrets voleurs, bons pour les filouteries domestiques, qui se glissent dans les taudis des vieilles femmes pour faire quelque méchante loque. (Scutariam facitis)

Faire

Distribuer les cartes, — dans le jargon des joueurs de whist. — Jouer des consommations, soit aux cartes, soit au billard. Faire le café en vingt points, — dans le jargon des piliers de café.

Faire

Tuer, — dans le jargon des bouchers : faire un bœuf, tuer un bœuf et le dépecer.

Faire

Vaincre, terrasser, — dans l’argot des lutteurs.

Il ajouta qu’en se glorifiant d’avoir fait le Crâne-des-Crânes, certains saltimbanques en avaient menti.

(Cladel, Ompdrailles, Le Tombeau des lutteurs.)

Faire

Guillotiner, — dans le langage de l’exécuteur des hautes-œuvres.

M. Roch (le bourreau de Paris) se sert d’une expression très pittoresque pour définir son opération. Les criminels qu’il exécute, il les fait.

(Imbert.)

Faire

Faire le commerce de ; être employé dans une branche quelconque du commerce. — Faire les huiles, les cafés, les cotons. Mot à mot : faire le commerce des huiles, des cotons, etc.

Faire

Arrêter. Argot des voleurs. Être fait, être arrêté.

Le lendemain matin, il questionne la Lie-de-Vin… puis il part. Dans l’après-midi il était fait.

(Gil Blas, juin, 1886.)

Faire

Exploiter, duper. Arrêter. Jouer. Trahir. Séduire : faire une femme, faire un homme. Raccrocher. Dérober. Tuer. Vaincre, terrasser. Guillotiner.

Faire

Les bouchers font un animal à l’abattoir. Faire : tuer, voler. Faire quelqu’un : le lever. Faire : synonyme de fabriquer (Argot du peuple et des voleurs).

Faire (celle-là il ne faut pas me la)

C’est-à-dire mot à mot : cette plaisanterie il ne faut pas me la faire.

Faire (la)

S’applique à une infinité de choses, dans le sens de chercher à en imposer par une attitude, un sentiment, vouloir faire croire à tel sentiment. Ainsi, on la fait à la dignité, à l’insolence, à la vertu, à la modestie, à la tendresse, etc.

Faire (le)

Faire l’amour — façon bégueule de parler d’une chose toute naturelle.

Le faire, ma mie, c’est décharger.

Henry Monnier.

Sexe charmant à qui l’on fait
Ce qu’il est si joli de faire,
Je voudrais vous avoir au fait
Pour vous montrer mon savoir-faire ;
Car avec vous quand on le fait,
On a tant de plaisir à faire,
Qu’on voudrait ne pas l’avoir fait
Pour pouvoir encor vous le faire.

(Parnasse satyrique.)

Faire (le)

v. a. Réussir, — dans l’argot du peuple, qui emploie ordinairement ce verbe avec la négative, quand il veut défier ou se moquer. Ainsi : Tu ne peux pas le faire, signifie : Tu ne me supplanteras pas, — tu ne peux pas lutter de force et d’esprit avec moi, — tu ne te feras jamais aimer de ma femme, — tu ne deviendras jamais riche, ni beau, — etc., etc. Comme quelques autres du même argot, ce verbe, essentiellement parisien, est une selle à tous chevaux.

Faire (se)

v. réfl. S’habituer, — dans l’argot des bourgeois. Se faire à quelque chose. Y prendre goût. Se faire à quelqu’un. Perdre de la répugnance qu’on avait eue d’abord à le voir.

Faire (se)

Se bonifier, — dans l’argot des marchands de vin.

Faire (se)

Sebonifier, en parlant du vin, de l’eau-de-vie. Le vin se fait en bouteille, l’eau-de-vie se fait en fût.

Faire à l’œil

À crédit.

Faire à l’oseille (la)

v. a. Jouer un tour désagréable à quelqu’un, — dans l’argot des vaudevillistes. L’expression sort d’une petite gargote de cabotins de la rue de Malte, derrière le boulevard du Temple, et n’a que quelques années. La maîtresse de cette gargote servait souvent à ses habitués des œufs à l’oseille, où il y avait souvent plus d’oseille que d’œufs. Un jour elle servit une omelette… sans œufs. — « Ah ! cette fois, tu nous la fais trop à l’oseille, » s’écria un cabotin. Le mot circula dans l’établissement, puis dans le quartier ; il est aujourd’hui dans la circulation générale.

Faire à l’oseille (la)

Faire une plaisanterie de mauvais goût, une mauvaise charge, se moquer de quelqu’un.

D’abord les pions sont en vacance, et s’ils ne sont pas contents, on la leur fait à l’oseille.

(Bertall, Les Courses de la saison.)

D’après M. Jules Richard (Journal l’Époque, 1866, cité par M. L. Larchey), cette expression aurait vu le jour dans un gargot du boulevard du Temple, à la suite d’une contestation culinaire entre la patronne et un client. Ce dernier ne trouvant pas assez verte une omelette aux fines herbes, la nymphe du gargot s’écria : « Fallait-il pas vous la faire à Voseille ? » Sans compter qu’il faut accueillir avec beaucoup de réserve les étymologies anecdotiques, l’expression « la faire à l’oseille » ne ferait-elle pas plutôt allusion à l’acidité de l’oseille qui, pour beaucoup de personnes, n’a rien d’agréable au goût.

Faire à la fenêtre (la)

Appeler les hommes par la fenêtre, — dans le monde des filles.

Faire à la main

Pratiquer l’onanisme. Terme de métier des filles de joie.

Faire à la raideur (la)

Se montrer raide, exigeant, dédaigneux, — dans l’argot des petites dames. Elles disent de même : La faire à la dignité, ou à la bonhommie, ou à la méchanceté, etc.

Faire accrocher (se)

Se faire mettre à la salle de police, — dans l’argot des soldats.

Faire aller

v. a. Se moquer de quelqu’un, le berner, — dans l’argot du peuple.

Faire aller

Se moquer, mystifier.

Faire aller en rateau

Trimballer quelqu’un et le remettre toujours au lendemain (Argot du peuple).

Faire au cold-cream (le)

Tromper, séduire quelqu’un en le flattant. (Jargon des filles.) Le mot a un autre sens trop intime pour que nous puissions le préciser.

Faire au même

v. a. Tromper, prendre sa revanche de quelque chose, — dans l’argot du peuple. Il dit aussi Refaire au même.

Faire au même

Tromper. — Se faire baiser, se laisser tromper, se faire remettre à sa place.

Faire au même

Tromper.

Faire aux cabinets (la)

Certaines habituées des bals publics, dans le but de réaliser une petite recette en dehors de celle que pourront leur procurer leurs charmes, vont de ! un à l’autre en demandant 50 centimes pour un besoin urgent. C’est ce qu’on appelle « la faire aux cabinets. » Il y en a qui récoltent ainsi leur pièce de cinq francs par soirée.

Faire baiser (se)

Se faire arrêter ou engueuler, — dans le même argot [du peuple]. On dit aussi Se faire choper.

Faire balai neuf

v. n. Montrer un zèle exagéré qui ne pourra pas se soutenir, — dans le même argot [du peuple].

Faire balai neuf

v. Changer de conduite… quand celle qu’on a laisse à désirer. Il est rare que le balai neuf soit bien solide.

Faire ballon

Avoir faim.

Faire belle (la)

Être heureux ; avoir une bonne situation, à n’importe quel degré de l’échelle sociale on appartienne. D’un grec heureux, les grecs disent : Il la fait belle ; d’un souteneur qui nage dans de hautes eaux, les souteneurs disent : Il la fait belle. D’un ouvrier qui gagne de bonnes journées, ses camarades disent : Il la fait belle. C’est une dés locutions les plus répandues pour le moment, et qui s’applique à n’importe qui réussit dans n’importe quoi.

Faire boum

Sacrifier à Vénus, — dans le jargon des ouvrières.

Il n’ignorait certainement pas comment se pratique cette agréable chose que les petites ouvrières appellent : « faire boum. »

(Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Faire brûler Moscou

Faire un punch monstre, — dans l’argot des soldats, qui connaissent tous, par ouï-dire, les belles flammes qui s’échappaient, le 29 septembre 1812, de l’antique cité des czars, brûlée par Rostopchin.

Faire ça ou cela

Faire l’acte vénérien, — le péché dont on n’ose pas prononcer le nom et auquel on fait sans cesse allusion. Cela, c’est l’amour.

Que moyennant vingt écus à la rose
Je fis cela, que chacun bien suppose.

F. Villon.

Veux-tu donc me faire cela ?
Promptement me coucherai là.

Théophile.

Je crois bien qu’ils firent cela,
Puisque les amours qui les virent
Me dirent que le lit branla.

Grécourt.

C’est que les grandes dames font ça par poids et mesures, et que, nous autres, c’est cul par-dessus tête.

La Popelinière.

Tout le monde à peu près, putain et femme honnête,
Ministre ou chiffonier, marquise ou bien grisette,
Dit : faire ça.

Louis Protat.

Ah ! maman, maman, que c’est bon !… Comme tu fais bien ça, mon chéri.

Henry Monnier.

Ça n’t’empechera pas de me faire ça, n’est ce pas ? Aux p’tits oignons, mon infante !

Lemercier de Neuville.

Faire cabriolet

Se traîner sur le cul, comme les chiens lorsqu’ils veulent se torcher. Argot du peuple.

Faire cascader la vertu

v. a. Obtenir d’une femme l’aveu de son amour et en abuser, — dans l’argot de Breda-Street, d’après la Belle Hélène.

Faire celui qui…

Faire semblant de faire une chose, — dans l’argot du peuple.

Faire chanter un Pété

Faire donner de l’argent d’autorité à un rivette.

Faire chapelle

Il existe une catégorie d’individus certainement malades du cerveau, car leur passion idiote ne peut autrement s’expliquer. Ils s’arrêtent devant la devanture des magasins ou travaillent les jeunes filles, généralement des modistes, ils entr’ouvrent leur paletot, en tenant un pan de chaque main et font voir ce que contient leur culotte déboutonnée. Ces cochons opèrent également dans les jardins publics ou jouent les petites filles. Ce n’est pas la police correctionnelle qu’il leur faudrait mais bien un cabanon à Charenton. On les nomme aussi des exhibitionnistes, de ce qu’ils font une exhibition (Argot du peuple).

Faire chapelle

Écarter les jambes et retrousser ses jupes pour se chauffer devant le feu. Une accouplée se chauffe de cette manière, l’autre qui la regarde lui dit :
— Fais-le assez cuire car je ne l’aime pas saignant (Argot des filles). N.

Faire Charlemagne

Se retirer du jeu après y avoir gagné, sans vouloir donner de revanche, — dans l’argot des joueurs, qui savent ou ne savent pas leur histoire de France. « Charlemagne (dit Génin en ses Récréations philologiques) garda jusqu’à la fin toutes ses conquêtes, et quitta le jeu de la vie sans avoir rien rendu du fruit de ses victoires ; » le joueur qui se retire les mains pleines fait comme Charlemagne : il fait Charlemagne :
Se non è vero… Je ne demande pas mieux d’en croire Génin, mais jusqu’ici il m’avait semblé que Charlemagne n’avait pas autant fait Charlemagne que le dit le spirituel et regrettable érudit, et qu’il y avait, vers les dernières pages de son histoire, une certaine défaite de Roncevaux qui en avait été le Waterloo. Et puis… Mais le chevalier de Cailly avait raison !

Faire chauffer de l’eau chaude

Expression ironique que l’on adresse au compagnon qui, restant longtemps penché sur le marbre pour corriger une composition chargée, semble y être collé. Un frère charitable lui propose alors de faire chauffer de l’eau chaude. Le plâtre, déjà mécontent de sa situation, gobe alors un bœuf pyramidal. Ce montage manque rarement son but et devient quelquefois l’occasion d’attrapances plus ou moins vives ; la victime en effet réplique souvent : « Imbécile, comment veux-tu faire chauffer de l’eau chaude ? » À cette réponse prévue, les rires augmentent… et le bœuf s’accroît.

Faire chibis

Se sauver de prison.

Faire chibis

S’enfuir d’une prison avec le concours d’un camarade, sans prévenir le gardien. C’est brûler la politesse au directeur (Argot des voleurs).

Faire chibis, faire un peigne

Se sauver de prison. Faire des yeux de hareng. Crever les yeux.

Faire chou blanc

Rater une femme.

Faire compter les solives à une femme

La renverser sur le dos et la baiser vivement, — acte pendant lequel, tout en jouissant, elle regarde au plafond et non ailleurs.

Faire comptoir

C’est, dans le jargon des saltimbanques, une forme nouvelle de : faire comtois.

Le soir ensuite vous avez « fait comptoir, » c’est-à-dire que vous entriez dans la loge foraine et en ressortiez encore pour « allumer » les spectateurs récalcitrants.

(Cours d’assises de la Seine, aud. du 29 août 1879, interrog. de M. le Prés, de Vienne.)

Faire corps neuf

v. a. Alvum deponere, — et le remplir ensuite de nouveaux aliments.

Faire coucou

Jouer à se cacher, — dans l’argot des enfants.

Faire couler un enfant

v. a. Prendre un médicament abortif, — dans l’argot des filles.

Faire cuire sa toile

v. a. Employer les tons rissolés, les grattages, les ponçages, — dans l’argot des critiques d’art, qui n’ont pas encore digéré la peinture de Decamps.

Faire cuire son homard

v. a. Rougir d’émotion ou d’autre chose, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi Faire cuire son écrevisse.

Faire cuire son homard

Rougir subitement. Synonyme de piquer son fard (Argot du peuple).

Faire danser

Battre.

Tu vas me payer l’eau d’aff, ou je te fais danser sans violons.

E. Sue.

Faire danser

Dissiper.

Et je me mets à faire danser mes 300 francs. Ça été mon grand tort.

Id.

Faire danser l’anse du panier

Une bonne qui compte 5 francs à ses maîtres ce qui lui coûte 4 fr. 50, fait danser l’anse du panier.

Faire danser la polka

Battre.

Ce grand empereur, On lui fera danser la polka.

Layale, Ch.

On a dit un moment à la polka, pour dire très-bien.

Faire danser un homme sur la pelle à feu

Exiger sans cesse de l’argent de lui, le ruiner, — dans l’argot des petites dames. On dit aussi Faire danser sur la poêle à frire.

Faire de cent sous quatre francs

v. a. Dépenser follement son argent, — dans l’argot des bourgeois, qui ajoutent quelquefois : Et de quatre francs rien.

Faire de l’eau

v. a. Meiere, — dans l’argot des bourgeois. Ils disent aussi Épancher de l’eau, Pencher de l’eau et Lâcher de l’eau.

Faire de l’épate

v. Faire des embarras : affecter de grands airs de grandes prétentions. Cette expression fréquemment employée dans l’atelier typographique, vient sans doute du verbe épater, dans le sens de étonner, ébahir.

Faire de l’harmone

Parler bruyamment dans un lieu public. Abréviation d’harmonie (Argot du peuple).

Faire de l’harmone

Faire du bruit.

Faire de l’œil

Provoquer un passant, par un coup d’œil, à monter tirer un coup de cul.

Aussi, je le dis sans orgueil,
Le beau sexe me fait de l’œil.

Jules Moineaux.

Faire de l’œil

On fait de l’œil à une femme pour tâcher de la posséder.

Faire de l’or

Gagner beaucoup d’argent. Le peuple, lui, dit Chier de l’or.

Faire de la musique

Se livrer à des conversations intempestives sur les coups. Argot des joueurs.

Faire de la musique

Se gratter au point de se faire saigner, ce qui rend la chair assez semblable à une page de musique. (Argot des hôpitaux).

Faire de la poussière

v. a. Faire des embarras, — dans l’argot des petites dames, qui recommandent toujours à leurs cochers d’aller grand train quand il s’agit de couper une rivale sur le boulevard, ou dans l’avenue des Champs-Elysées, ou dans les allées du bois de Boulogne.

Faire de la toile

Perdre la mémoire, oublier le texte et improviser, en attendant le secours du souffleur, — dans le jargon des coulisses. Frédérick Lemaître faisait souvent de la toile, et il faut avouer que, presque toujours, sa version était préférable à celle de l’auteur. Un jour, à la répétition générale d’une pièce de Barrière, comme il faisait de la toile : « Faites attention, lui dit le collaborateur de madame de Prébois, vous marchez dans ma prose. » Frédérick s’arrête, le toise, et avec cette ampleur de geste qui le caractérisait : « On prétend, répond-il, que ça porte bonheur. »

Faire de vieux os (ne pas)

v. a. Ne pas demeurer longtemps dans un emploi, dans un logement, etc. Signifie aussi : N’être pas destiné à mourir de vieillesse, par suite de maladie héréditaire ou de santé débile.

Faire dégraisser (se)

Faire l’acte vénérien. Les bons coqs sont maigres, en effet.

Faire des affaires

v. a. Faire beaucoup de bruit pour rien, exagérer l’importance des gens et la gravité des choses, — dans l’argot du peuple, qui se gausse volontiers des M. Prudomme. On dit aussi Faire des affaires de rien.

Faire des affaires (se)

v. réfl. S’attirer des désagréments, des querelles, des embarras.

Faire des choux et des raves

v. a. Faire n’importe quoi d’une chose, s’en soucier médiocrement, — dans l’argot des bourgeois.

Faire des cordes

v. a. Difficilimè excernere, — dans l’argot du peuple, qui emploie là une expression déjà vieille : Tu funem cacas ? dit à son camarade un personnage d’une comédie grecque traduite en latin.

Faire des crêpes

v. a. S’amuser comme il est de tradition de le faire au Mardi-Gras, — dans l’argot des artistes, gouailleurs de leur nature. Se dit volontiers pour retenir quelqu’un : « Restez donc ; nous ferons des crêpes. »

Faire des fonctions

Aider à la mise en pages, — dans le jargon des typographes.

Faire des gaufres

S’embrasser entre grêlés, — dans l’argot du peuple.

Faire des grâces

v. a. Minauder ridiculement. Signifie aussi : S’étendre paresseusement au lieu de travailler.

Faire des heures en bois

v. n. Faire des heures non rétribuées. Dis donc, compagnon est-ce que tu fais des heures en bois ? est une question que l’on adresse à un camarade qui s’attarde à l’atelier, quand l’heure du départ a sonné.

Faire des horreurs

En venir des paroles à l’action.

Puis, sur un lit je la jette, Et nous faisons des horreurs.

Les Amours de Mahieu, chanson, 1832.

Faire des manières, des simagrées

Hésiter à prendre le cœur — et le membre — d’un homme ; refuser son bonheur.

Ça fait des manières, et ça a dansé dans les chœurs.

Gavarni.

Et comme elle se vantait d’être pucelle, elle croyait devoir encore faire quelques petites simagrées avant que de se rendre.

Boursault.

Faire des parades

Voir postiche.

Faire des petits pains

Courtiser avec attouchements, genre Tartuffe. — Qu’est-ce que tu faisais avec la bonne du capiston, tu faisais des petits pains ? — Probable.

Faire des petits pains

Faire des manières. Prendre des airs mystérieux pour causer avec quelqu’un, lui dire des riens et avoir l’air de lui parler de choses intéressantes. Faire la cour à une femme c’est faire des petits pains (Argot du peuple). N.

Faire des petits pains

Faire la cour à quelqu’un, c’est lui faire des petits pains.

Faire des poivrots, des gavés

Dévaliser des ivrognes. La variante est : La faire au père François. Les voleurs secouent l’ivrogne endormi sur un banc. Ils l’appellent « père François. » — « Hé ! père François, réveillez-vous. » Et tout en lui parlant, ils le dépouillent.

Faire des postiches

Voir postiche.

Faire des siennes

v. a. Faire des folies ou des sottises, — dans l’argot des bourgeois.

Faire des yeux de carpe frite

Contourner les yeux à la manière des gens qui se pâment.

Faire des yeux de hareng

v. a. Crever les yeux à quelqu’un, — dans l’argot des voleurs.

Faire des yeux de hareng

Crever les yeux à quelqu’un, — dans le jargon des voleurs.

Faire des yeux de harengs

Crever les yeux à quelqu’un au moyen d’un coup bien connu des voleurs. Allusion à l’œil vide du hareng quand il arrive des ports de mer sur nos marchés (Argot du peuple).

Faire descendre le polonais

Expression usitée dans les bordels, lorsque les hôtes momentanés, les michés, font trop de vacarme : au lieu de menacer les perturbateurs d’aller chercher la garde, on les menace de faire descendre le Polonais — qui n’est autre, souvent, qu’un pauvre diable sans feu ni lieu recueilli par charité et logé dans les combles de la maison, — et les perturbateurs se taisent, effrayés par cette mystérieuse menace, — par cette épée de Damoclès.

Faire dessous (se)

Tomber en enfance, radoter. — Faire sous soi, même signification.

Faire dodo

Dormir.

Faire du bruit

Faire des embarras.

Faire du foin

Faire du bruit ; danser, — dans le jargon des voyous, qui ne sont pas précisément silencieux durant cet exercice.

Faire du genou, faire du pied

Frotter son genou, frotter son pied, contre le genou, contre le pied d’une femme. Petite polissonnerie innocente, quelque chose comme les bagatelles de la porte en espérant le lever du rideau.

Faire du gros

Voir débourrer.

Faire du lard

v. a. Dormir ; se prélasser au lit, — dans l’argot du peuple, à qui les exigences du travail ne permettront jamais d’engraisser. Aller faire du lard. Aller se coucher.

Faire du métier

Écrire, peindre ou sculpter dans le seul but de gagner de l’argent et non de la gloire.

Faire du papier marbré

v. a. Avoir la mauvaise habitude de se réchauffer les pieds avec un gueux, — dans l’argot du peuple, qui a eu maintes fois l’occasion de constater les inconvénients variqueux de cette habitude famimilière aux marchandes en plein vent, aux portières, et généralement à toutes les femmes trop pauvres pour pouvoir employer un autre mode de chauffage que celui-là.

Faire du pet

Se plaindre.

Faire du petit

Uriner.

Faire du plan de couillet

De la prison pour rien ou pour un autre.

Faire du plat

Voir Faire des petits pains.

Faire du potin

Faire du bruit, du tapage (Argot du peuple).

Faire du ressaut

Faire de la résistance, se gendarmer, se fâcher. Le voleur que l’agent arrête, s’il se fâche ou résiste, fait du ressaut. Celui qui se fâche fait du ressaut. Celui qui dit à un créancier qu’il ne le payera jamais, le fait ressauter.

Faire du schproum veut aussi dire être en colère

Crier, parler fort.

Faire du suif

Tricher, — dans le jargon des grecs.

Faire durer le plaisir

Branler savamment un homme, et, au moment où l’on devine à ses yeux tournés et à ses spasmes, que le sperme monte dans la colonne et qu’il va se jeter par-dessus le parapet, poser le doigt sur l’ouverture et ne le laisser s’échapper que par petits filets.

Faire éclater le péritoine (s’en)

Manger ou boire avec excès, — dans l’argot des étudiants.

Faire en levrette (le)

Baiser une femme par derrière, cul contre ventre au lieu de ventre contre ventre, à la façon des chiens et non à la façon des bons chrétiens. — Voir aussi Foutre en levrette.

Des baisers il vint aux attouchements et des attouchements à me mettre le vit au con, et me le fit encore une fois en lévrier, le con derrière.

Mililot.

Pour ne pas voir sa défaite,
Et se cacher au vainqueur,
Elle voulut qu’en levrette
Je lui fisse cet honneur.

Collé

J’ai, lui dit-il, avec un tendre objet
Depuis longtemps une intrigue secrète ;
Ce n’est là tout ; item je suis sujet…
— A quoi ? voyons. — À le faire en levrette.

Piron.

Faire ensemble

v. n. Jouer ou manger ensemble, — dans l’argot des écoliers, qui prêtent quelquefois cette expression aux grandes personnes.

Faire éternuer son cyclope

Inscrire cent sous sur son carnet de dépenses sous cette rubrique significative ; On n’est pas de bois ! (Argot du peuple). N.

Faire faux-bond à l’échéance

Manquer à un rendez-vous, ne pas payer une traite (Argot du peuple).

Faire faux-col

Laisser passer un bout du col de la chemise, — en terme de régiment.

Faire femme

Au régiment, le troupier qui a l’habitude de sortir avec la même femme, celui qui, dans une maison de tolérance, consomme habituellement avec la même Dulcinée, « fait femme ». La variante est : Avoir une femme en consigne.

Faire feu

v. a. Boire, — dans l’argot des francs-maçons, qui ont des canons pour verres.

Faire feu des dents

Manger gloutonnement. (XVIIe siècle.) Une très pittoresque image dont on ne se sert plus aujourd’hui.

Faire flanelle

Rester des heures dans un débit, devant la même consommation, c’est faire flanelle.

Faire flotter

Noyer.

Faire gaffe

Faire le guet.

Faire gasfre

Surveiller.

Faire Godard

Crever de faim, — dans le jargon des voleurs. C’est la variante de s’enlever cher. Allusion au ballon Godard qui s’enlève dans l’air.

Faire Godard

Mourir de faim. On dit aussi s’enlever (comme un ballon) parce que le corps, vide de nourriture, est léger.

Faire Jacques déloge

v. n. Partir précipitamment sans payer son terme ou sans prendre congé de la compagnie, — dans l’argot du peuple.

Faire Jacques Déloge

S’enfuir. — Déménager en oubliant de payer son propriétaire. L’expression est démodée.

Faire l’amour

Accomplir le plus impérieux des devoirs et le plus sacré des besoins physiques et intellectuels.

Ferons-nous l’amour, cette nuit ?

Ch. Sorel.

Si tu veux, nous allons faire l’amour… c’est meilleur… Ote ton pantalon.
Il faut s’aimer toujours
Et ne s’épouser guère ;
Il faut faire l’amour
Sans curé ni notaire.

Collé.

Faire l’arçon

Avertir.

Faire l’article

v. a. Vanter sa marchandise, — dans l’argot des marchands. Parler de ses titres littéraires, — dans l’argot des gens de lettres. Faire étalage de ses vices, — dans l’argot des petites dames.

Faire l’écureuil

Faire une besogne inutile, marcher sans avancer, — dans le même argot [du peuple].

Faire l’égard

Détourner à son profit partie d’un vol. On disait autrefois Écarter, — ce qui est faire son écart.

Faire l’égard

Garder la part d’un vol qui revient à un complice. Ce devrait être plutôt faire l’écart, à moins que ce ne soit pris dans le sens de manquer d’égard en ne partageant pas (Argot des voleurs).

Faire l’esque, l’esgard

S’approprier la part de vol d’un complice. C’est manquer de délicatesse entre voleurs.

On disait autrefois escarter, dans le sens de s’approprier le bien d’autrui.

(F. Michel.)

Faire l’harmonie

Se fâcher.

Faire l’homme

« Parfois la femme aussi veux faire l’homme ; C’est un plaisir que l’on renomme ! Elle monte à cheval sur vous Pour tirer ses deux ou trois coups, Sa motte agit sur votre ventre ; Plus elle pousse, mieux ça rentre ; Et son foutre mouillant les draps, Elle se pâme entre vos bras. »

Marc-Constantin.

Faire l’œil de carpe

Jouer de la prunelle d’un air langoureux, pour allumer, soit les hommes quand on est femme, soit les femmes quand on est homme.

Un petit coup d’épée à porter en écharpe,
De quoi traîner la jambe et faire l’œil de carpe.

E. Augier.

Faire l’œil de carpe

Rouler les yeux de façon à n’en montrer que le blanc, — dans l’argot des petites dames, qui croient ainsi donner fort à penser aux hommes.

Faire la balle élastique

Manquer de vivres, — dans l’argot des voleurs, que cela doit faire bondir.

Faire la barbe

v. a. Se moquer de quelqu’un, lui jouer un vilain tour, — dans l’argot du peuple.

Faire la barbe

Railler ; tromper.

Faire la bête

v. a. Faire des façons. On dit aussi Faire l’âne pour avoir du son.

Faire la carpe

S’évanouir sous l’homme, dans l’excès de la jouissance qu’il procure au moment de l’introït. Voir faire l’œil de carpe.

Faire la chambre

Faire le compte-rendu des débats de la Chambre dans un journal.

Je fais la Chambre comme adjoint à un vieux rédacteur sténographe nommé Millot.

(Figaro du 8 janvier 1879.)

Faire la culbute

Faire faillite. Un objet quelconque fait la culbute lorsqu’il est vendu le double de son prix d’achat.

Faire la fenêtre

Se dit d’une prostituée qui a son logement donnant sur la rue et qui toute la journée, est derrière le rideau entr’ouvert, faisant signe aux passants de monter chez elle.

Faire la grande soulasse

Assassiner.

Faire la grande soulasse

v. a. Assassiner, — dans l’argot des voleurs.

Faire la grande soulasse

Assassiner tous les habitants d’une maison (Argot des voleurs).

Faire la grande soûlasse

Assassiner par profession.

Faire la grasse matinée

v. a. Rester longtemps au lit à dormir ou à rêvasser, — dans l’argot des bourgeois, à qui leurs moyens permettent ce luxe.

Faire la manche

Demander quelque chose.

Faire la manche

v. a. Faire la quête, — dans l’argot des saltimbanques.

Faire la manche

Mendier, quêter, faire souscription.

Faire la nique

Se moquer de quelqu’un au moyen d’un geste familier aux voyous (Argot du peuple). V. Battre une basane.

Faire la paire

Se sauver, — dans l’argot du peuple. Mot à mot : faire la paire de jambes. — Faire la paire en fringue, se sauver d’une maison de tolérance en emportant les hardes prêtées par la matrone.

Faire la paire

S’en aller, se sauver.

Faire la paire

Se sauver.

Faire la paire (se)

Se sauver.

Faire la paire (se)

Se sauver à toutes jambes. Ou dit aussi : se tirer des deux (Argot du peuple).

Faire la partie

Se battre.

Faire la place pour les pavés à ressorts

Faire semblant de chercher de l’ouvrage et prier le bon Dieu de ne pas en trouver, — dans l’argot des ouvriers, ennemis-nés des paresseux.

Faire la pluie et le beau temps

Être le maître quelque part ; avoir une grande influence dans une compagnie, dans un atelier. Argot des bourgeois.

Faire la queue

Tromper.

Il faut se contraindre et vous avez un fameux toupet si vous parvenez à lui faire la queue.

Phys. de la Chaumière. 1841.

Faire la queue de cervelas

Le condamné a plus d’une année de prison subit sa peine dans une maison centrale, où pendant les heures de promenade il lui est défendu de s’asseoir et de parler. Ils se suivent à la queue leu leu faisant le tour de la cour : c’est ce qu’ils appellent faire la queue de cervelas.

Faire la retape

Aller se promener sur les boulevards, pour y raccrocher des hommes et les amener baiser au bordel.

Faire la retape

v. a. Aller se promener sur le trottoir des rues ou des boulevards, en toilette tapageuse et voyante, bien retapée en un mot, pour y faire la chasse à l’homme. Argot des filles et des souteneurs.

Faire la révision

Tous les brocanteurs, ou autres marchands, dans les ventes par autorité de justice ou du mont-de-piété, font la révision ; il y en a qui ne font absolument que cela et qui gagnent de l’argent sans avoir de marchandises. Ils sont par groupes de cinq ou six, jamais ils ne poussent les enchères et achètent pour leur compte personnel. Ils sont tellement connus par les commissaires-priseurs que lorsqu’un lot est adjugé à l’un d’eux on ne lui demande pas son nom pour le transcrire sur le procès verbal, La vente terminée, on fait la révision et la marchandise reste au plus enchérisseur d’entre eux ; le surplus qu’a produit la surenchère est à partager entre le groupe. Dans les monts-de-piété, notamment dans la salle de vente des bijoux, il y a plusieurs groupes qui sont toujours les mêmes marchands, qui ont une place attitrée ; chacun prend note de l’objet acheté, du prix et de la valeur approximative. La révision se fait ensuite le plus souvent d’une autre façon que les brocanteurs ; chacun inscrit en cachette, sur un morceau de papier qu’il plie, ce qu’il offre de tout le lot ; chacun dépose son papier, on en fait le dépouillement et le lot reste au plus enchérisseur, et alors chacun touche au prorata de ce qu’il a offert. Cela se passe rarement en présence des commissaires-priseurs qui n’interviennent pas, quoique cela constitue une escroquerie.

Faire la riboule

Vendre a l’époque de la conscription et du conseil de révision des rubans et numéros pour conscrits. Voir Riboulet.

Faire la salle

Chercher, un soir de première représentation, à se rendre le public favorable en semant des billets de faveur au ban et à l’arrière-ban de ses amis et connaissances, de ses fournisseurs, de ses créanciers ; chercher à composer une salle d’amis et de gens bienveillants. Il y a encore des auteurs assez naïfs pour compter sur l’enthousiasme des camarades. Il n’y a encore rien de tel que le zèle et la conviction et l’enthousiasme des créanciers. L’auteur qui pourrait en bonder’une salle obtiendrait un rude succès… le premier soir.

Faire la serre

Faire le guet.

Faire la simone

Quêtes faites à l’époque du jour de l’an chez les particuliers par des individus se disant vidangeurs, et qui ne travaillent que rarement ; il y a escroquerie.

Faire la souris

v. n. Enlever délicatement et sans bruit son argent à un homme au moment où il doit y penser le moins, — dans l’argot des petites dames qui ne craignent pas d’ajouter le vol au vice.

Faire la souris

Dévaliser un client dans le feu de la conversation, — dans le jargon des filles.

Faire la souris

Fille qui vole son client pendant qu’il dort (Argot des filles). Albert Glatigny a dit à ce sujet :

En robes plus ou moins pompeuses,
Elles vont comme des souris.
Ce sont les jeunes retapeuses
Qui font la gloire de Paris.

Faire la tortue

Jeûner.

Faire la tortue

Jeûner (Vidocq). — On connaît la sobriété de la tortue.

Faire la tortue

Jeûner, — dans l’argot des voleurs et des faubouriens, qui font allusion à l’abstinence volontaire ou forcée à laquelle l’intéressant testudo est astreint pendant des mois entiers.

Faire la tortue

Jeûner ; imiter, contraint et forcé, la sobriété de la tortue.

Faire la tortue

Ne rien manger. Jeûner volontairement ou par la force des choses (Argot des voleurs). N.

Faire la vie

Mener une vie débauchée, coucher tous les jours avec un nouvel amant lorsqu’on est femme, avec une nouvelle maîtresse lorsqu’on est homme.

Faire la vie

v. n. Se débaucher, courir les gueuses, ou avoir de nombreux amants, selon le sexe, — dans l’argot des bourgeois, qui pensent peut-être que c’est plutôt défaire sa vie.

Faire la vie

Faire de la vie une noce perpétuelle. Racine a dit pour exprimer la même idée :

De fleurs en fleurs, de plaisirs en plaisirs,
Promenons nos désirs.

Faire le balancier

Aller et venir sur un trottoir en attendant quelqu’un.

Faire le benjamin

Substituer une chose à une autre.

Faire le bon fourrier

v. n. C’est, dans un repas, servir ou découper de façon à ne pas s’oublier soi-même. Faire le mauvais fourrier. Servir ou découper de façon à contenter tout le monde excepté soi-même.

Faire le bon fourrier

Faire les portions égales, dans un repas.

Faire le boulevard

Se promener sur le boulevard des Italiens, ou sur le boulevard Montmartre, à l’heure où les hommes abondent, pour en raccrocher un ou plusieurs. — Se dit des lorettes, dans l’intervalle d’un entreteneur à l’autre.

Faire le boulevard

v. n. Se promener, en toilette provocante et en tournure exagérée, sur les boulevards élégants, — dans l’argot de Breda-Street, qui est l’écurie d’où sortent chaque soir, vers quatre heures, de si jolis pur-sang, miss Arabella, miss Love, etc. On dit aussi Faire la rue ou Faire le trottoir.

Faire le cas

Se masturber.

Lorsque j’y pense, et même encore ici,
Je fais le cas. — Pardieu, lui dit le moine,
Je le crois bien, car je le fais aussi.

Piron.

Faire le chapeau du commissaire

Faire jouir un homme en lui suçant la pine et, en même temps, en lui pelotant doucement les couilles.

Tu me f’ras l’chapeau du commissaire ?

Lemercier de Neuville.

En même temps elle peut faire
Aussi chapeau du commissaire.
Ce doux jeux qu’inventa l’amour
Est aussi simple que bonjour !
Tant que sa petite menotte
Avec adresse vous pelote,
Sa bouche vous suce le dard
Pour en obtenir le nectar…

Marc-Constantin.

Faire le con cocu

Enculer une femme, ou un homme.

Il déconne et s’adresse au cul,
Puis zeste !… il fait le con cocu,
En et avant merde et foire.

(Parnasse satyrique.)

Faire le cul de poule

v. n. Faire la moue en avançant les lèvres et en les pressant, — dans l’argot du peuple.

Faire le dessus

Se placer dessus dans le duo amoureux, avec la femme dessous. Quelquefois, c’est la femme qui fait le dessus et l’homme le dessous. Voir la Diligence de Lyon.

Mais cette fille trop pensante
Qu’amour d’innover consumait,
Prit le dessus, tant elle aimait
La philosophie agissante.

Béranger.

Faire le garçon, faire la fille (pour)

Avoir de l’argent mignon pour s’amuser.

Faire le grand

v. a. Alvum deponere, — dans l’argot des pensionnaires. Elles disent aussi Faire le grand tour.

Faire le gros

Faire ses nécessités. — Faire le petit, uriner.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile, faire quelque chose d’humiliant, de pénible, — dans le jargon du régiment. Jacques exprime la même idée que l’ancien Jeannot. As-tu fini de faire le Jacques ? Pendant trois heures nous avons fait les Jacques dans la cour, nous avons fait l’exercice ; expression surtout employée par les cavaliers pour les classes à pied.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile. On fait le Jacques auprès d’une femme pendant qu’elle est la maîtresse d’un autre (Argot du peuple). N.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile.

Faire le Jacques

Faire l’imbécile.

Faire le jaja

S’en aller, se sauver.

Faire le lézard

v. n. S’étendre au soleil et y dormir ou y rêver, — dans l’argot des bohèmes et du peuple.

Faire le lézard

Battre sa flemme sur l’herbe, le ventre au soleil. On dit aussi : manger une soupe à l’herbe (Argot du peuple). V. Loupeur.

Faire le lézard

Se coucher sur l’herbe au soleil.

Faire le métier

Sous-entendu de putain.

Qu’ils sont jolis tes tétons ! qu’ils sont ronds et fermes ! je vois bien qu’il n’y a pas longtemps que tu fais le métier.

La Popelinière.

Faire le monôme

Marcher dans les rues à la queue-leu-leu et aller prendre des prunes chez la mère Moreau, à l’issue d’un des examens d’admission à l’École polytechnique, — dans le jargon des candidats à cette école.

Hier, à une heure de l’après-midi, a eu lieu la promenade annuelle, le monôme traditionnel, des candidats de l’École polytechnique.

(Petit Journal du 2 juillet 1880.)

La variante est : File indienne.

Faire le monsieur

Trancher du maître, du fashionable.

Sa suffisance le fait haïr, il fait le monsieur.

Hilpert.

Faire le mouchoir

v. a. Voler une idée de drame, de vaudeville ou de roman, — dans l’argot des gens de lettres.

Faire le mouchoir

Voler l’idée d’une pièce de théâtre, d’une œuvre littéraire, sorte de vol trop pratiqué par les gens de lettres sans aucune espèce de scrupule.

Faire le pet

Donner l’alerte.

Faire le pet

Faire le guet. Pendant qu’un vol se commet, le complice qui regarde s’il ne voit venir personne fait le pet.

Faire le petit

v. a. Meiere ; — dans l’argot des pensionnaires. Blés disent aussi Faire le petit tour.

Faire le plongeon

v. a. Se confesser in extremis — dans l’argot du peuple, qui a horreur de l’eau. C’est le mot de Condorcet parlant des derniers moments d’Alembert : « Sans moi, dit-il, il faisait le plongeon. »

Faire le plongeon

Faire faillite. — Renier ses principes, se parjurer.

Faire le poil

Surpasser. — Mot à mot : raser.

Personne n’a fait le poil à Gaudissart.

Balzac.

Il n’y a pas moyen de me faire le poil.

Vidal, 1833.

Faire le poireau

Attendre longtemps quelqu’ un, si la personne ne vient pas, celui qui attend est planté là pour reverdir. On dit aussi : poiroter. Synonyme de : Attends-moi sous l’orme (Argot du peuple).

Faire le poireau

Attendre.

Faire le poireau

Attendre.

Faire le proute

Avertir la police, crier à la garde.

Faire le quart

On dit qu’un mac est un entier dont la moitie fait le quart. Ce mot quart vient de ce que les filles des maisons de tolérance de province font, à tour de rôle, une faction d’un quart d’heure à une porte à claire-voie, pour appeler les clients.

Faire le rade

Voler de l’argent dans le tiroir-caisse d’un comptoir.

Faire le saut

Se dit d’une femme que l’insistance passionnée d’un homme oblige à se laisser baiser par lui.

De ces brebis à peine la première
A fait le saut, qu’il suit une autre sœur.

La Fontaine.

Faire le serrurier

Frotter longtemps son membre contre les parois du vagin d’une femme sans parvenir à éjaculer. Voir limer.

Faire le sert, le serre

Faire le guet. En argot de voleur, sert veut dire « signal. » C’est une abréviation, sans doute, de service. Faire le sert ou le serre, c’est donc faire le service, surveiller.

Faire le singe

Attendre.

Faire le tape

Être exposé sur l’échafaud.

Faire le trottoir

Sa promener, décolletée, dans les rues, à la nuit tombante, en remuant habilement les fesses, pour allumer les hommes et les engager à venir au bordel voisin.

Mon cher, j’descends dans la rue ; a y était qui f’sait l’trottoir.

Henry Monnier.

Commèr’ vaut compère :
Il fait le mouchoir,
Elle le trottoir.

(Chanson anonyme moderne.)

Faire les cabinets

Aller de cabinet en cabinet particulier à la recherche du client, — dans le jargon des soupeuses.

Ça m’amuse ensuite de faire les cabinets.

(Ces Petites dames, 1862.)

Faire les cours

Être parquées par catégories dans des quartiers séparés avec défense de communiquer, — dans le jargon des détenues de Saint-Lazare.

Faire les poches

Fouiller quelqu’un.

Faire les yeux en coulisse

Regarder une femme amoureusement comme pour lui dire : Veux-tu ?

Faire lesse (se)

Se tromper.

Faire mal

Faire pitié, — dans l’argot des faubouriens et des filles, qui disent cela avec le plus grand mépris possible. Ah ! tu me fais mal ! est d’une éloquence à nulle autre pareille : on a tout dit quand on a dit cela.

Faire mettre (se le)

Sous-entendu : le membre viril dans le vagin ou dans le cul.

Le Florentin lui dit :
Ne m’en fais pas reproche,
Car dans une bamboche
Tu te l’ fais mettre aussi.

Joachim Duflot.

Faire minon minette

Branler une femme avec la langue.

— Comment, ma mie, ça s’appelle quand on branle avec sa langue ? — Faire minon-minette.

Henry Monnier.

Elle vous fait minette
Et puis avale tout.

Joachim Duflot.

Faire mouche

Tirer assez juste pour que la balle s’applatisse sur un point noir (mouche), au centre de la cible.

Elles font mouche à tout coup et tuent les hirondelles au vol.

Second.

Faire mouiller la fesse (se)

Se faire baiser, — parce que dans l’averse de sperme qui tombe tout à coup sur elle, la femme n’a pas le temps d’ouvrir son parapluie et de préserver son ventre et ses fesses de l’inondation.

Par un député ce mac
A fait repasser sa nièce,
Qui s’est fait mouiller la fesse
Pour un bureau de tabac.

Dumoulin.

Faire mourir (s’en)

Désirer ardemment une chose, — dans l’argot du peuple. S’emploie d’ordinaire comme formule de refus à une demande indiscrète ou exagérée : Ah ! tu t’en ferais mourir ! C’est le refrain d’une chanson récente qui a fait son tour de Paris comme le drapeau rouge, et qui est en train de faire son tour du monde comme le drapeau tricolore.

Faire mousser

Louer immodérément.

Celui-ci commande de longs articles dans lesquels il faut faire mousser les modistes en dix lignes.

Roqueplan.

Mousser : Écumer de rage.

Ne moussez donc pas comme ça.

Labiche.

Mousseux : Faisant de l’effet redondant.

J’estime et j’honore celui qui est un peu mousseux dans sa façon de parler.

La Bédollière.

Faire nonne

Prêter la main à un vol, — dans l’argot des prisons.

Faire nonne

Être complice d’un vol, faciliter un vol.

Faire nonne

Être complice d’un vol.

Faire nonne

Se rendre le complice d’un vol préparé de longue main par le nonneur lui-même (Argot des voleurs).

Faire pallas

Faire des manières, faire du genre.

Faire pan pan

Baiser une femme, imiter avec la queue dans le vagin le bruit sourd du marteau de cordonnier frappant pour l’assouplir sur un morceau de cuir.

Si du paon dépend
Mon plaisir, c’est qu’un paon,
Cet animal pimpant,
A Vénus fit pan pan !

J. Du Boys.

Faire papa, maman

Apprendre à battre du tambour, — dans le jargon des élèves-tambours. Onomatopée des baguettes frappant à tour de rôle la caisse.

Faire passer le goût du pain

Tuer. On trouve Perdre le goût du pain (Mourir) dans le Dictionnaire comique de Leroux. V. Claquer.

Tous les jean-f…… qui voulaient faire perdre le goût du pain aux braves montagnards.

1793, Hébert.

V’là la guillotine qui se met à jouer. On enlève le goût du pain au monde.

H. Monnier.

Faire passer le goût du pain

Tuer quelqu’un, — dans l’argot du peuple. On dit aussi Perdre le goût du pain, pour Mourir.

Faire patatro

Se sauver, s’en aller.

Faire patrouille

Se débaucher de compagnie, courir les rues après minuit avec des libertins et des ivrognes.

Faire peau neuve

S’habiller à neuf.

Faire péter le cylindre (s’en)

Se dit, dans l’argot des aubouriens, de toute chose faite avec excès, comme de manger, de boire, etc., et qui pourrait faire éclater un homme, — c’està-dire le tuer. On dit aussi S’en faire péter la sous-ventrière.

Faire petite chapelle

v. n. Se chauffer comme ont la pernicieuse habitude de le faire les femmes du peuple, qui s’exposent ainsi à des maladies variqueuses.

Faire pieds neufs

v. a. Accoucher d’un enfant, — dans l’argot du peuple, qui se souvient, sans l’avoir lu, du livre Ier, chap. VI, de Gargantua.

Faire piler du poivre

Terrasser quelqu’un plusieurs fois en le laissant retomber aussi lourdement qu’un pilon. — Poivre indique la cuisson qu’en ressent la partie contuse.

Faire pisser des lames de rasoir en travers

Ennuyer.

Faire plaisir

Faire jouir, soit en branlant, soit en baisant une personne.

Ah ! petite bougresse ! que tu me fais de plaisir !… Ahi ! ahi ! je décharge ! je décharge !…

La Popelinière.

C’est un homme qui trop s’ingère
A faire plaisir aux femmes.

(Farces et moralités.)

S’ils font plaisir à nos commères,
Ils aiment ainsi les maris.

F. Villon.

Faire pleurer son aveugle

Meiere, — dans l’argot des faubouriens.

Faire pleurer son aveugle

Uriner.

Faire pleurer un simple

Escroquer, voler, ou gagner quelqu’un.

Faire postillon

Introduire son doigt dans le cul d’un homme, lorsqu’il vous baise, afin de le faire jouir plus vite.

Avec mon nez, bien qu’il soit long,
Je ne puis me fair’ postillon.
Et voilà ce qui me chagrine :
Avant ma mort j’aurais voulu
Foutre mon nez dans l’ trou d’ mon cul.

Dumoulin.

— Rendre le même servira à la femme, lorsqu’elle fait le dessus et vous le dessous, dans le duo vénérien.

L’homme, de sa main droite, ou lui fait postillon,
Ou la glisse en dessous et lui branle le con.

L. Protat.

Faire prier (se)

Se dit d’une femme qui refuse, ou fait semblant de refuser l’offre qu’un homme lui fait de son membre, — ce qui est refuser son bonheur.

Dans le siècle où les dames
Ne se font pas prier,
Avoir toutes les femmes
Afin de varier.

Collé.

Faire quatre chiffres

Argot de théâtre. Faire une recette d’au moins mille francs.

On se frottait les mains au théâtre, le soir, quand, par hasard, on avait atteint ce qu’on appelait les quatre chiffres. Les quatre chiffres cabalistiques, c’était mille francs.

(F. Sarcey : Temps, 1882.)

Faire ramasser (se)

Se faire arrêter par les agents de police pour avoir excité les passants à la débauche ; après onze heures du soir.

Si bien qu’eune nuit, c’était hors barrière, on m’ramasse… De là, au dépôt… Quand j’ai sorti, j’étais putain…

Henry Monnier.

Faire ramasser (se)

Se faire arrêter, — dans l’argot des voleurs et des filles.

Faire relâche

Se refuser à toute conjonction, par maladie mensuelle ou par fantaisie pure, — ce qui est assez rare, qui a bu voulant toujours boire.

Il faut que tous les mois l’artiste se repose…
Une affiche à la porte, affiche de couleur,
Sur laquelle en travers, une bande s’attache,
Avertit le public qu’ici l’on fait relâche.

Aug. Roussel.

Faire remplir (se)

Se faire faire un enfant.

L’un me remplit, l’autre me bourre…
Que puis-je désirer de plus ?

Marcillac.

Faire river son clou

Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

La petite savequière
Qui demeure en ce carquié,
Va faire river son clou
Tous les dimanches à Saint-Cloud.

(La Comédie des Chansons.)

Faire sa balle

v. a. Suivre les instructions ou les conseils de quelqu’un, — dans l’argot des prisons.

Faire sa dame

L’expression était fort en usage parmi le peuple au commencement du XVIIIe siècle, et signifiait comme aujourd’hui : prendre du bon temps, se prélasser, s’amuser.

Faire sa gueule

Faire une figure renfrognée. Être mécontent sans en rien dire (Argot du peuple). N.

Faire sa merde

Faire des façons, des cérémonies — en parlant d’une femme qui ne veut pas être baisée.

Mais tu ne l’aimes pas. Avec moi tu veux faire
Ta merde, voilà tout…..

Louis Protat.

Faire sa merde

Faiseur d’embarras. Les gascons ont ce privilège (Argot du peuple).

Faire sa nouveauté

C’est, dans le jargon des filles, se produire sur un nouveau trottoir, montrer un nouveau visage aux dilettanti de la prostitution.

Faire sa poire

Faire des façons, — en parlant d’une femme qui hésite à se laisser baiser.

Faire sa poire

Sa tête, sa Sophie, son Joseph, son étroite, ses embarras, faire suisse. V. ces mots.

Faire sa poire

Ne jamais rien trouver de bien ; s’imaginer être au-dessus de tout et de tous (Argot du peuple). N.

Faire sa poire

Être difficile.

Faire sa sophie

Se dit de toute femme qui fait la sage quand il ne le faut pas.

A quoi ça m’aurait avancé de faire ma Sophie ?

Charles Monselet.

Faire sa Sophie

v. n. Se scandaliser à propos d’une conversation un peu libre, montrer plus de sagesse qu’il ne convient. On dit aussi Faire sa poire, Faire sa merde, et Faire son étroite, — dans l’argot des voyous.

Faire sa Sophie

Faire le dégoûté, à table ne manger que du bout des lèvres. Mot à mot : faire des manières. Synonyme de chipie (Argot du peuple). N.

Faire sa toilette

Se laver après le coït, le cul lorsqu’on est femme, la queue quand on est homme, pour éviter les dangers qui résulteraient infailliblement d’une accumulation de sperme — et par amour de propreté, lorsqu’on s’est habitué des l’enfance à être propre.

N’entre pas, mon chéri ; attends que j’aie fini ma toilette.

Lemercier de Neuville.

Faire saigner

Faire de la peine à quelqu’un.

Faire saluer le polichinelle

Réussir, faire mieux que les autres, — dans l’argot des faubouriens. C’est une allusion aux tirs à l’arbalète des fêtes publiques, où, quand on met dans le mille, on voit sortir et saluer une tête de Turc quelconque.

Faire sauter la coupe

Battre à l’écarté de façon à retourner le roi, en neutralisant la coupe.

Faire sauter la coupe

Battre les cartes de façon à toujours amener le roi, — dans l’argot des grecs.

Faire sauter le bouchon

Branler un homme, ou baiser avec lui, — ce qui, naturellement, provoque l’éjaculation du sperme.

Il se sent déjà des velléités pour cette friponne de Célestine, dont il est voisin, et qui joue avec lui de la prunelle à faire sauter le bouchon.

A. de Nerciat.

Vous êtes gai comme un sermon,
L’abbé, le diable vous conseille ;
Faites sauter votre bouchon
Sans ma bouteille.

H. Cantel.

Faire sauter le système (se)

v. réfl. Se brûler la cervelle, — dans l’argot des faubouriens.

Faire ses choux gras de quelque chose

En faire ses délices, s’en arranger, — dans l’argot des bourgeois.

Faire ses frais

v. a. Emmener un homme du Casino, — dans l’argot des petites dames, à qui leur toilette de combat coûterait bien cher si elles étaient forcées de la payer.

Faire ses frais

v. a. Réussir à plaire à une jolie femme un peu légère, — dans l’argot des libertins, qui sèmeraient en vain leur esprit et leur amabilité s’ils ne semaient en même temps quelques gouttes de « boue jaune ».

Faire ses orges

v. a. Faire des profits illicites, — dans l’argot du peuple.

Faire ses orges

Gratter. Faire danser l’anse du panier. Engraisser ses poches aux dépens de celles des autres (Argot du peuple).

Faire ses petites affaires

Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Ils se firent allumer du feu dans une chambre où ils firent leurs petites affaires.

Tallemant des Réaux.

Faire ses petits paquets

v. a. Être à l’agonie, — dans l’argot des infirmiers, qui ont remarqué que les malades ramassent leurs draps, les ramènent vers eux instinctivement, à mesure que le froid de la mort les gagne.

Faire siphon

Argot des voyous. Vomir.

Faire soixante-neuf

Gamahucher une femme pendant qu’elle vous suce la pine, — ce qui ne peut se faire qu’en intervertissant mutuellement la position ordinaire au coït, c’est-à-dire en faisant d’un 6 un 9. et d’un 9 un 6 : 69.

Soixante-neuf et son vit se redresse !
Soixante-neuf ferait bander un mort !

(Chanson anonyme moderne.)

Faire son beurre

à la même signification. V. Faire ses orges.

Faire son beurre

Gagner de l’argent. Un domestique fait aussi son beurre lorsqu’il fait danser l’anse du panier.

Faire son Cambronne

Cacare, — dans l’argot dédaigneux des duchesses du faubourg Saint-Germain, qui disent cela depuis l’apparition des Misérables de Victor Hugo.

Faire son cheval de corbillard

Faire le malin. Poser.

Faire son deuil

Se passer.

Tu vas faire ton deuil de me voir avant deux ou trois heures.

L. Reybaud.

Faire son deuil d’une chose

La considérer comme perdue, s’en passer, — dans l’argot du peuple.

Faire son devoir

Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Et si l’époux avait fait son devoir.

Cl. Marot.

Il y vint tout apprêté en chemise pour faire son devoir.

Brantôme.

Quand le mari fut couché et qu’il eut fait son devoir.

Tallemant des Réaux.

Faire son étroite

Faire la dégoûtée, en parlant d’une femme à qui un homme propose de la baiser.

…Homme de qui la femme…
Fait l’étroite avec lui, même lorsqu’elle est large.

L. Protat.

Faire son gaz

Aller à la garde-robe (Dict. d’Argot, 1827).

Faire son joseph

Résister aux avances d’une femme, comme le fils aîné de Jacob à madame Putiphar.

Faire son michaud

v. a. Dormir, — dans le même argot [du peuple].

Faire son palais-royal

Se promener dans les galeries du Palais-Royal pour y raccrocher des hommes, — ce qui avait lieu surtout lorsque le Palais-Royal était un immense bordel où se donnaient rendez-vous, pour jouir, les membres virils des cinq parties du monde.

De tous les points de Paris une fille de joie accourait faire son Palais-Royal.

H. De Balzac.

Faire son temps

v. a. Rester en prison ou au bagne pendant un nombre déterminé de mois ou d’années, à l’expiration duquel on est libre. — Se dit aussi du Service militaire auquel on est astreint lorsqu’on est tombé à la conscription.

Faire suer

Tuer.

Faire suer

Assassiner. — Mot à mot : Faire suer du sang. — V. Chêne.

Faire suer

v. a. Tuer. — dans l’argot des escarpes, qui d’un coup de surin, procurent immédiatement à un homme des sueurs de sang. — Faire suer un chêne. Tuer un homme.

Faire suer

Faire suer une affaire, lui faire rendre l’impossible. Faire suer, expression employée par les cuisiniers pour faire revenir certaines viandes très légèrement dans la casserole. Dire à quelqu’un : Vous me faites suer, signifie : Vous m’embêtez (Argot du peuple).

Faire suer le chêne

Assassiner.

Faire suer le chêne

Tuer un homme (Argot des voleurs).

Faire suer le chêne

Tuer quelqu’un.

Faire suer un chêne

Assassiner un homme.

Faire suer un chêne

Assassiner un homme.

Faire suisse

Ouvrier qui boit seul et ne fraternise jamais avec ses camarades (Argot du peuple). V. Ours.

Faire Suisse

Boire seul.

Faire suisse

Boire seul.

Faire tête-bêche

Se placer mutuellement de façon que la pine de l’homme soit à la hauteur de la bouche de la femme qui la suce, et que le con de la femme soit à la hauteur de la langue de l’homme qui s’y introduit. De même, naturellement, entre tribades qui veulent jouir ensemble.

A leurs côtés j’entends
Des cris intermittents ;
Géraudon et Tautin
Font tête-bêche un repas clandestin.

J. Duflot.

Mais, parfois, quand il trouve une motte bien fraîche,
Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche.

L. Protat.

Faire tomber le rouge

Avoir l’inconvénient de la bouche — dans l’argot des comédiens, à qui l’émotion inséparable donne souvent cette infirmité passagère.

Faire tout

Ce qu’une fille qui raccroche un homme dans la rue lui promet de faire quand ils seront seuls dans une chambre du bordel ; cela consiste à se mettre nue, à le branler, à le sucer, etc., etc.

J’te collerai cent sous… Mais tu m’f’ras tout !

Lemercier de Neuville.

Faire trêve du cul

S’arrêter dans l’acte vénérien.

Pourquoi fais-tu, dit la garce affolée,
Trêve du cul ?

Régnier.

La garce après maintes secousses,
Lui dit : Faisons trêve du cu.

Théophile.

Faire un cran

Tenir bonne note d’une chose.

Faire un dieu de son ventre

v. a. Ne songer qu’à bien manger et à bien boire, — dans l’argot des bourgeois.

Faire un homme

Jeter son hameçon dans une foule masculine, au Casino ou ailleurs, et le retirer avec un goujon au bout.

Les lorettes ne vont pas dans les réunions publiques pour autre chose que pour faire des hommes.

Seigneurgens.

Faire un homme

v. n. Se faire emmener du bal par un noble inconnu, coiffeur ou banquier. Argot des petites dames.

Faire un homme

Action de lever au bal ou ailleurs un individu à la recherche d’une bonne ou d’une mauvaise fortune, à l’heure, à la course ou à la nuit (Argot des filles).

Faire un homme

Une prostituée fait un homme lorsqu’elle va avec lui quelques minutes, soit chez elle, soit en hôtel.

Faire un loup

Un ouvrier qui a mal débité son bois pour fabriquer un meuble a fait un loup.

Faire un miche

Attraper un simple.

Faire un peigne, faire le peigne

Prendre la clef des champs, — dans l’ancien jargon du peuple. Peigne ou pigne, signifie clef.

Faire un pli (ne pas)

Aller tout seul, — dans l’argot du peuple.

Faire un poulain

Tomber de cheval, — dans le jargon des régiments de cavalerie ; jeu de mot hippique ; c’est-à-dire : mettre bas son cavalier.

Faire un revers

Tricher entre grecs, faute de mieux. La lutte s’engage, ordinairement, dans les villes d’eaux entre grecs du Midi et grecs du Nord qui se détestent et se font une grande concurrence. Naturellement l’un d’eux, le plus souvent un grec de première année, ignore à qui il a affaire. Au lieu d’une dupe facile à plumer, il trouve son maître, un vieux professeur aussi rompu aux tricheries que Mithridate aux poisons.

Faire un rigolo

Vol identique à celui que l’on nomme l’embrassade. L’homme volé n’a guère envie de rigoler et ne trouve pas rigolo le vol dont il est victime (Argot des voleurs).

Faire un serpent

Courir dans la cour de récréation en se tenant à la queue leu-leu, — dans le jargon des collégiens. (L. Larchey)

Faire un tassement

v. a. Boire un verre de cognac ou de madère au milieu d’un repas, — dans l’argot des bohèmes. On dit aussi Faire un trou.

Faire un trou

Prendre un verre d’eau-de-vie au milieu du repas, pour précipiter la digestion, faire un trou destiné à l’ingestion de nouveaux aliments.

Faire un trou à la lune

Décamper par un trou à la clarté de la lune.

Mazarin a fait un trou à la lune, comme font ordinairement les larrons.

Le Ministre fugitif, Paris, 1651.

Faire un trou à la lune

Faire faillite, enlever la caisse de son patron et se réfugier en Belgique. Argot du peuple.

Faire un trou dans la lune

Faire banqueroute (Argot du peuple).

Faire une affaire

Commettre un vol.

Faire une belle jambe

Ne servir à rien, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression ironiquement et à propos de n’importe quoi. Ça lui fait une belle jambe ! La « Belle Heaulmière » de François Villon disait dans le même sens : J’en suis bien plus grasse !

Faire une cavalcade

La femme sur le dos et le vit dans le con, l’homme, au lieu de rester entre les cuisses de la dame, les serre l’une contre l’autre afin de jouir davantage et passe ses genoux par-dessus elle, comme s’il allait à cheval.

Ça fait des manières, un porte-maillot comme ça !… et qui en a vu, des cavalcades !

Gavarni.

Faire une commission

v. a. Levare ventris onus, — dans l’argot des bourgeoises.

Faire une conquête

Débaucher une femme, une fille ; l’emmener coucher.

Faire une coquille de Bergerac

v. a. Se dit, — dans l’argot des tailleurs, quand un ouvrier a fait une pièce dont les pointes de collet ou de revers, au lieu de se courber en dessous, relèvent le nez en l’air et poignardent le ciel. C’est une plaisanterie de Gascon, maintenant parisiennée.

Faire une entrée de ballet

v. a. Entrer quelque part sans saluer, — dans l’argot des bourgeois, amis des bienséances.

Faire une fausse couche

Éjaculer en dormant, soit parce qu’on est couché sur le dos et que cette position vous met toujours en érection, soit parce qu’on a un songe libertin dans lequel on croit foutre réellement une femme.

.. Je bandais, et si fort, sur ma couche étendue,
Que j’en fis une fausse…

Louis Protat.

Faire une femme

Distinguer parmi la foule, au bal ou au théâtre, une femme quelconque, qui vous porte à la peau, et l’emmener coucher.

En attendant, il a fait une femme superbe, dit un autre en voyant Rodolphe s’enfuir avec la danseuse.

Henry Murger.

— On dit aussi dans le même sens : Lever une femme.

Faire une femme

v. n. Nouer une intrigue amoureuse avec elle, — dans l’argot des étudiants.

Faire une fin

Se marier. — Après avoir bien vécu, bien fait la noce, devenir épicier, maître de bordel et… cocu, comme X, Y et Z, que tout le monde connaît. — Ces dames font également une fin.

Quoique l’état ne manque pas
D’appas,
Foi de Margot, si ça ne reprend pas,
Je m’expatrie.
Ou bien je me marie ;
Il faut enfin
Que je fasse une fin.

F. Seré.

Faire une fin

v. n. Se marier, — dans l’argot des viveurs, qui finissent par où les gens rangés commencent, et qui ont lieu de s’en repentir.

Faire une grosse dépense

Faire de suite un grand nombre de fois l’acte vénérien.

Le duc de Saux avait fait la nuit une grosse dépense avec Louise d’Arquien, fameuse courtisane.

(La France galante.)

Faire une heure

Dormir une heure, — dans le jargon du régiment. Mot à mot : faire une heure de sommeil. — Faire une sacrée heure, dormir longtemps.

Faire une maison entière

Assassiner tous les habitants d’une maison, et faire main basse sur tout ce qui s’y trouve, — dans le jargon des voleurs.

Faire une moulure

v. a. Levare ventris onus, — dans l’argot des menuisiers.

Faire une pince au bonnet de grenadier

Se dit des femmes qui, lorsqu’on les baise, se placent de façon à rendre l’introduction du membre moins facile et à faire supposer — aux imbéciles — qu’elles sont étroites.

V’là pourtant qu’un jeune vélite,
Malgré sa taille tout’ petite,
Un soir voulut en essayer.
A ses désirs je m’ prête
Mais je n’ perds pas la tête :
Pour qu’il n’y entr’ pas tout entier,
Je fis un’ pince — au bonnet d’ guernadier.

Henri Simon.

Faire une queue

Faire une infidélité à sa femme ou à sa maîtresse est lui faire une queue.

Faire une scène, un air

Faire réussir, souligner par des applaudissements un air, une scène, en terme de théâtre.

On peut faire tous les airs et presque tous les duos des Huguenots.

(Ch. de Boigne.)

Faire une tête (se)

Se grimer d’une manière caractéristique, suivant le type du personnage à représenter. Argot des coulisses. Got, Mounet-Sully, Paulin Ménier excellent dans cet art difficile.

Faire une tête dans la filasse

Aller se coucher.

Faire valser

Accabler de coups.

Nous ferons valser les Prussiens.

Henry, Ch., 1838.

Faire venir l’eau à la bouche

Donner soif de fouterie à une vierge où à un puceau, en faisant devant eux un tableau éloquent des béatitudes amoureuses.

Elle lui sait si bien représenter les douceurs de l’amour, avec des instructions et des naïvetés si plaidantes, qu’elle lui en fait venir l’eau à la bouche.

Mililot.

Faire venir le foutre à la bouche

Mettre une femme ou un homme en appétit d’amour, en patinant l’une ou en polissonnant avec l’autre.

T’es bien monté… mâtin ! Ça vous fait venir la foutre à la bouche.

Lemercier de Neuville.

Faire vit qui dure

Être avare de son sperme, ne le dépenser qu’à bon escient, avec sa propre femme ou avec celles des autres, mais sans furie, sans extravagance, en homme qui tient à jouir jusqu’aux confins extrêmes de l’âge mûr.

Puis sentant le bouillon monter
Et voulant fair’ vit qui dure,
Je me retrouve en posture,
Un’ chandelle où vous savez.

(Parnasse satyrique.)

Faire voir la feuille à l’envers

Baiser une femme dans les bois, parce qu’étant sur le dos et levant les yeux au ciel elle ne peut apercevoir que le dessous des feuilles d’arbre.

Bientôt, par un doux badinage,
Il la jette sur le gazon.
— Ne fais pas, dit-il, la sauvage,
Jouis de la belle saison…
Ne faut-il pas, dans le bel âge
Voir un peu la feuille à l’envers ?

Rétif De La Bretonne.

Faire voir la lune

Montrer son cul.

Parlez-moi d’une planète
Qu’on examine à l’œil nu
Chaque soir, me dit ma brune,
Si tu veux être discret,
Je te ferai voir la lune
A dada sur mon bidet.

A. Jacquemart.

Faire zague, zague

Branler un homme.

Comtesse, empoigne-le par le milieu… La ! là !… à merveille ! Promène ta main d’un bout à l’autre, et serre-le-moi fort, de peur qu’il n’échappe… Fais zague, zague… Ah !…

La Popelinière.

Faire zizi, panpan

Faire l’acte vénérien — si plein d’onomatopées.

Près d’Ève, Satan déguisé,
Avec deux mots fit sa conquête ;
En les prononçant, le rusé
Brandillait la queue et la tête.
Voici les deux mots du serpent :
Zizi, panpan.

Louis Festeau.

Faire, refaire au même

Tromper.

Je me suis engagé tantôt, et les racoleurs qui croient m’avoir fait me retiennent.

Garde-moi le secret, brûle ma lettre ; je veux faire ces drôles-ci…

Rétif, 1776.

Les soldats s’imaginent toujours que les sergents majors les refont au même.

La Bédollière.


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