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Donner

Donner

v. a. Dénoncer, — dans l’argot des voleurs. Être donné. Être dénoncé.

Donner

Pour donner dans le piège ; abonder, — dans le jargon des filles.

Vous les retrouverez, si les hommes ne donnent pas, arpentant le terrain jusqu’à deux heures du matin.

(F. d’Urville, Les Ordures de Paris, 1874.)

Donner

Dénoncer.

Donner

Dénoncer. Les nonneurs en dénonçant, mot à mot : donnent (livrent) leurs complices à la justice (Argot des voleurs).

Donner

Dénoncer.

Donner (la)

Regarder, dans le jargon des voleurs. — Le roublard la donne sur nos fioles, l’agent regarde nos physionomies. — La donne souffle mal, le regard d’un tel n’est pas franc, locution employée par les voleurs lorsqu’ils se sentent devinés soit par un agent, soit par n’importe qui. — La donner sur la croustille, n’avoir que du pain à manger ; c’est-à-dire tomber sur le pain.

Donner (la)

Chanter, — dans l’argot des barrières. C’est-à-dire : donner de la voix. — Entends-tu comme le gossier la donne ? entends-tu comme le particulier chante ?

Donner (la)

Penser, croire, juger. Argot des voyous.

Donner (la)

Regarder. Le roublard la donne sur nos fioles. L’agent regarde nos visages. Signifie aussi comprendre.

Donner (s’en)

v. réfl. Prendre d’un plaisir avec excès, — dans l’argot du peuple.

Donner (s’en)

S’amuser beaucoup. — Donner du cambouis, railler, tromper.

Donner (se la)

v. S’en aller, s’enfuir, — dans l’argot elliptique des faubouriens.

Donner (se la)

Se battre. Mot à mot : se donner la volée de coups.

Donner (se la)

Se battre. S’en aller, s’enfuir.

Donner à la bourbonnaise (la)

Regarder quelqu’un d’un mauvais œil, — dans l’argot des voleurs.

Donner à la bourbonnaise (la)

Vouloir du mal à un individu, n’oser lui en faire, ne lui rien dire, mais le regarder d’un mauvais œil.
— Qu’est-ce que tu as donc que tu la donnes à la Bourbonnaise sur le barbauttier ?
— Y m’a foutu huit jornes de franc carreau (Argot des voleurs).

Donner cinq et quatre

v. a. Donner deux soufflets, l’un de la paume de la main, où les cinq doigts assemblés frappent ensemble ; l’autre du revers de la main, le pouce demeurant alors sans action. Argot du peuple. On dit aussi Donner dix-huit.

Donner dans

Fréquenter : Donner dans la canaille. — Avoir du goût pour : Elle donne dans le militaire.

Donner dans l’œil

v. n. Plaire, — dans l’argot des petites dames, qui l’emploient aussi bien à propos des gens que des choses dont elles ont envie. Les faubouriens disent : Taper dans l’œil. C’est plus expressif, — parce que c’est plus brutal. Molière a employé Donner dans la vue avec la même signification, j’ai trouvé dans le Tempérament, tragédie parade de 1755 : Il m’a donné dans l’œil, employé dans le même sens.

Donner dans l’œil à un homme ou à une femme

Donner envie à un homme de coucher avec une femme, ou à une femme de coucher avec un homme.

Il m’a dit que votre chienne de mine lui avait donné dans l’œil.

La Popelinière.

Donner de coups de pied (ne pas se)

Faire son propre éloge, se dire des choses aimables, s’avantager dans un récit. Argot du peuple.

Donner de l’air

Se sauver.

Donner de l’air (se)

Se sauver.

Donner de l’air (se)

v. réfl. S’en aller de quelque part, non parce qu’on y étouffe, mais parce qu’on s’y ennuie, ou parce qu’il est l’heure de se retirer.

Donner de l’air (se)

Partir, s’enfuir. Donner un pont à faucher, tendre un piège. Donner un redoublement de fièvre, charger un accusé d’un nouveau méfait.

Donner de l’œil dans la perspective

Avoir l’œil au guet, — dans le jargon des truqueurs.

En ce moment arrivent deux agents, que les associés de Mi-chon n’avaient pas vus, bien que donnant de l’œil dans la perspective.

(Paris-Vivant, le Truqueur, 1858.)

Donner de la grosse caisse

Faire des réclames à un livre ou à un médicament, — dans l’argot des journaux.

Donner de la salade

Battre, secouer quelqu’un, — dans l’argot des faubouriens, qui ne se doutent pas que cette expression est une corruption de Donner la salle, c’est-à-dire fouetter un écolier en public. Ils disent aussi Donner une chicorée.

Donner des idées

Inspirer d’amoureux désirs.

Donner du balai

Chasser quelqu’un, remercier un employé, congédier un domestique, — dans l’argot des bourgeois.

Donner du bon temps (se)

Passer sa jeunesse a baiser les filles, quand on est homme, et à se faire baiser par les hommes, quand on est fille. C’est le Aimons ! aimons ! de M. Alphonse de Lamartine.

Où qu’est le mal après tout ? On béquille, on s’amuse, on s’donne du bon temps, on oublie sa misère : c’est toujours ça d’gagné.

Henry Monnier.

Not’ vivandière
S’en donna tant,
Qu’il survint un enfant.

H. Debraux.

Se donner à crédit pendant qu’on est si belle,
Et pendant qu’on pourrait amasser des trésors,
Ma fille, proprement c’est là ce qu’on appelle
Faire folie de son corps.

Montreuil.

Donner du bon temps (se)

Se divertir, « cueillir le jour » et la nuit, — dans le même argot [des bourgeois].

Donner du cambouis

Se moquer de quelqu’un, lui jouer un tour, le duper, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression depuis trois cents ans : « Ah ! très orde vieille truande ! vous me baillez du cambouys ! » s’écrie le Diable dans la Farce du meunier.

Donner du chasse à la rousse

Faire le guet.

Tu donneras du chasse a la rousse, au moment
Où le patron fera son petit boniment.

(De Caston : Le Voyou et le Gamin.)

Donner du contentement aux hommes

Savoir les faire jouir comme il faut, par des moyens que réprouve la morale et qu’autorise le bonheur.

Il dit qu’il me veut rendre une des plus habiles qui soient capables de donner du contentement aux hommes.

Mililot.

Donner du fil à retordre

Embarrasser quelqu’un, lui rendre une affaire épineuse, une question difficile à résoudre.

Donner du flan, de la galette

Argot des grecs. Jouer honnêtement.

Donner du mal

Communiquer la maladie vénérienne par le coït.

Elle est belle, ma Joséphine… et elle connaît son affaire !…
Mais, pas d’bêtises, ô mon père ! elle vous donnerait du mal…

Tisserand.

Donner du mal (se)

Dans l’argot des filles publiques, c’est raccrocher fréquemment sur le trottoir, c’est monter souvent avec de nouveaux michés.

Mais, va, c’est égal,
Je m’ donnerai du mal,
Je veux c’ soir, bravant Saint-Lazare.
Labourer l’ persil.

Dumoulin.

Donner du plaisir

Faire jouir un homme à coups de cul, ou une femme à coups de queue.

Il faut de tous ces dons savoir bien se servir,
Savoir les employer à donner du plaisir
A ceux qui dans nos bras cherchent la jouissance.

Louis Protat.

Donner du tabac

Battre. — V. Esbrouffe.

Si tu m’échauffes la bile, je te f… du tabac pour la semaine !

Vidal, 1833.

Donner du vague

Chercher pratique.

Donner du vague

Chercher fortune, vagabonder.

Donner du vent

Brimer, — dans l’argot des Saint-Cyriens.

Donner du vinaigre

Tourner très vite, — dans l’argot des enfants, lorsqu’ils jouent à la corde.

Donner l’assaut

Baiser une femme, monter sur elle et entrer par la brèche que vous savez.

Dames, dansez, et que l’on se déporte,
Si m’en croyez, d’écouter à la porte,
S’il donnera l’assaut sur le minuit.

Cl. Marot.

Donner l’aubaine

Baiser une femme, qui s’en trémousse beaucoup — de joie.

Aussi la dernière du bout
Se pâmant, cria : Le roi fout
Et chanta : Bon !
Le roi Salomon
M’en et donné l’aubaine !

Collé.

Donner la migraine à une tête de bois

v. a. Être excessivement ennuyeux, — dans l’argot des gens de lettres. L’expression appartient à Hippolyte Babou.

Donner la sauce

Donner la vérole.

Présent le plus funeste
Que puisse faire aux vits la colère céleste.

Donner le coup de pouce

Étrangler.

Donner le picotin

Baiser une femme — qui mourrait d’inanition sans cette ration d’amour quotidien.

Un dimanche matin, il cuidait lui donner le picotin.

(Moyen de parvenir.)

Donner le plaisir à une femme

Besogner du membre dans son vagin.

Témoin son père, qui a donné le plaisir à Marguerite, la servante que vous avez chassée.

Mililot.

Donner le sac

Mettre à la porte. — Mot à mot : Forcer quelqu’un à faire sa malle, son sac.

Donner ou recevoir un clystère

Faire l’acte vénérien, — par allusion a la forme de la seringue que l’on introduit dans le cul. Aussi trouve-t on dans les vieux auteurs, et notamment dans Rabelais, cette expression : Clystère barbarin dans le sens d’enculement. La seringue disparaît de jour en jour devant le clyso-pompe et autres irrigateurs : dans cinquante ans, nos petits-neveux ne sauront plus ce que c’est que de donner ou recevoir un clystère — barbarin ou non.

Donner sa langue aux chiens, aux chats

Renoncer à deviner.

Je donne ma langue aux chiens, dit Jérôme, je renonce.

E. Sue.

Donner sa rose

Offrir son pucelage sur l’autel du dieu Priape.

Ma fille, avant d’ céder ta rose,
Retiens bien ce précepte-là.

E. Debraux.

Donner son bout

v. a. Congédier un ouvrier, — dans l’argot des tailleurs. On dit aussi donner son bout de ficelle.

Donner sur le biffeton

Lire l’acte d’accusation et dévoiler les antécédents de l’accusé.

Donner un branle

Faire l’acte vénérien.

Mais quand quelqu’un lui donne un branle,
En l’absence de son cocu,
Vous diriez, comme elle se branle,
Qu’elle a des épines au cu.

Théophile.

Donner un coup de cul

Se remuer sous l’homme, de façon à le faire jouir lorsque cela tarde trop.

En baisant, à propos donner un coup de cul.

Louis Protat.

Donner un coup de pied jusque…

Aller jusqu’à tel endroit désigné, — dans l’argot du peuple.

Donner un coup de pilon

Les mendiants qui ont une jambe de bois nomment cette jambe un pilon. L’allusion de forme est juste. Quand ils vont mendier à une porte, ils ont soin de faire voir leur infirmité, de là l’expression donner un coup de pilon (Argot des mendiants). N.

Donner un coup de poing dont on ne voit que la fumée

v. a. L’appliquer sur le visage avec une grande violence, — même argot [du peuple]. J’ai entendu la phrase, et j’ai frémi pour celui a qui elle s’adressait : « Je te donnerai un coup de poing au nez, que tu n’en verras que la fumée ! » disait un robuste Auvergnat à un ouvrier d’apparence médiocre.

Donner un pont à faucher

Tendre un piége.

Donner un pont à faucher

v. a. Tendre un piège, — dans l’argot des voleurs.

Donner un redoublement de fièvre

v. a. Révéler un nouveau méfait à la charge d’un accusé, — dans le même argot [des voleurs].

Donner une affaire

Céder les renseignements propres à commettre un vol.

Donner une danse

Casser les épaules à coup de bâton.

d’Hautel, 1808.


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