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As de pique

Le fondement. — Écusson en drap noir apposé au collet de la capote des soldats du bataillon d’Afrique.

As de pique

Se dit d’une femme qui possède abondamment ce que d’autres n’ont que très peu… (Argot du peuple). V. Fournitures.

As de pique (fichu comme l’)

Mal bâti, mal mis. Un individu fichu comme l’as de pique, un individu mal bâti ou mal mis. — Ouvrage fichu comme l’as de pique, ouvrage bousillé.

As de pique (fichu comme un)

Mal bâti, mal vêtu. Jadis on appelait as de pique un homme nul.

Taisez-vous, as de pique !

Molière.

Carte (piquer la)

Marquer d’un léger coup d’ongle, d’un signe microscopique les cartes dont on a besoin de se souvenir, et principalement les rois, à l’écarté… lorsqu’on veut corriger le sort et mériter le nom de grec. Ce système est bien démodé aujourd’hui, parce qu’il a été trop pratiqué jadis et qu’il est trop connu. Aux jeux de commerce, les grecs s’en tiennent au télégraphe, et, aux jeux de hasard, ils opèrent à l’aide de la portée.

Étrangère (piquer l’)

Penser à des choses étrangères à celles qui doivent occuper.

Il en est qui ne se font point scrupule de piquer l’étrangère, bouquiner, piquer un chien, c’est-à-dire rêver pendant les classes, lire des livres interlopes ou se pelotonner dans un coin pour dormir.

La Bédollière.

Étrangère (piquer l’)

Protester, les armes à la main, contre le livre du docteur Tissot, — dans le jargon des collégiens.

Fourneau, Fourneau philanthropique

Misérable, — dans le jargon des voyous, qui ont remarqué que ce n’étaient pas précisément les millionnaires, qui faisaient la queue devant la porte des fourneaux économiques.

Hydropique

adj. et s. Fille ou femme enceinte, — dans l’argot facétieux du peuple.

Marie-pique-rempart

Femme qui rôde la nuit sur les remparts, aux environs des postes de soldats. On devine ce qu’elle cherche : un gîte et un restant de soupe. Huit ou dix jours plus tard, le troupier sait ce qu’elle a apporté (Argot des troupiers). N.

Picton, piqueton

Vin supérieur à la piquette. — L’un et l’autre mot font allusion à l’effet produit par le vin commun qui picote le palais. V. Biture.

Si l’ancien picton n’est que de la piquette, Espérons ct’année en fair’ de meilleur.

Layale, ch., 1855.

Pique

Le membre viril.

Laquelle passa et repassa par les piques de neuf amoureux.

Brantôme.

Lors la lascive imprudemment applique
Son savoir grec pour redresser ma pique.

(Cabinet satyrique.)

Mais voyez ce brave cynique,
Qu’un bougre a mis au rang des chiens,
Se branler gravement la pique
À la barbe des Athéniens.

Piton.

De vieilles bigornes qui n’épargnent ni or ni argent pour se faire piquer.

Molière.

Il piquait ses pages au lieu de piquer ses chevaux.

Agrippa d’Aubigne.

En jouant au piquet,
Ma Philis me disait :
Je me sens tout en feu
De vie voir si beau jeu ;
Mais que me sert, hélas !
Que j’écarte si bien,
Si, dans ce que je porte,
Il n’entre jamais rien.

(Goguette du bon vieux temps.)

Pique

s. f. Petite querelle d’amis, petite brouille d’amants, — dans l’argot des bourgeois.

Piqué des vers (n’être pas)

Être bien conservé, avoir de l’élégance, de la grâce, — dans l’argot du peuple, qui emploie cette expression à propos des gens et des choses. On dit aussi N’être pas piqué des hannetons.

Piqué des vers (pas)

Très frais, très joli. — Elle n’est pas piquée des vers, la bourgeoise ! on dit aussi dans le même sens : Elle n’est pas piquée des z’hannetons.

Pique en terre

Volaille ; par allusion à la manière donl les poules cherchent leur nourriture.

Pique escouanes

Boucle d’oreilles.

Pique-chien

Concierge de l’École polytechnique, — dans le jargon des élèves de cette école.

Pique-chien

Portier consigne.

Pique-chien

Argot des élèves de l’École polytechnique. Le pique-chien n’est point, à proprement parler, comme le dit Rigaud dans son Dictionnaire d’argot moderne, le concierge de École. C’est un adjudant chargé de surveiller la sortie et la rentrée des élèves. Comme là se borne presque toutes ses occupations, il a tout le loisir de dormir, de piquer son chien.

Pique-en-terre

Volaille. — Mot imagé. On sait que les poules piquent toujours la terre du bec.

Pique-en-terre

s. f. Volaille quelconque vivante, — dans l’argot des faubouriens.

Pique-escouanes

Boucles d’oreilles.

Pique-pou, pique-prune

Tailleur.

Pique-poux

s. m. Tailleur, — dans l’argot des faubouriens, qui ont voulu faire une allusion au mouvement de l’aiguille sur l’étoffe. On dit aussi Pique-puces et Pique-prunes. Pourquoi ne dit-on pas plutôt Pique-Pouce ?

Pique-prune

Ouvrier tailleur. Allusion à la marche de l’aiguille. On dit aussi : Pique-puce et pique-poux. C’est un terme de métier (Argot du peuple).

Pique-prunes

Tailleur.

Pique-vert

Scie faite d’un ressort de montre.

Pique-vert

Petite scie fabriquée avec un ressort de montre (Argot des voleurs).

Piquelard

s. m. Charcutier. Le mot sort du Théâtre italien de Ghérardi (les Deux Arlequins).

Piquenter

Un poulet.

Piquepou

Tailleur, — dans le jargon du peuple. C’est sans doute une déformation de piqueprou, c’est-à-dire pique beaucoup, dans l’ancienne langue française. Le mot est loin d’être jeune. La variante est : Pique-prune ; prune également mis pour prou.

Piquer

v. a. Faire quelque chose, — dans l’argot des Polytechniciens. Piquer l’étrangère. S’occuper d’une chose étrangère à la conversation.

Piquer

Chiffonner.

Piquer en victime

v. n. Plonger dans l’eau, les bras contre le corps, au lieu de plonger les mains en avant au-dessus de la tête.

Piquer en victime

Plonger les pieds en avant, le corps raide, les mains collées aux cuisses.

Piquer l’étrangère

Rêvasser, être distrait.

Piquer l’étrangère

Argot du régiment. Tomber de cheval.

Piquer le banc

Attendre quelqu’un sur un banc. — Se reposer sur un banc aux Champs-Élysées en attendant un amoureux de rencontre, — dans le jargon des filles.

Piquer le banc

Attendre fortune sur un banc public.

Piquer le nez (se)

v. réfl. Boire avec excès, à en devenir ivre, — dans l’argot du peuple.

Piquer le nez (se)

Se payer une belle soulographie (Argot du peuple).

Piquer le tasseau (se)

V. Delvau : Se piquer le nez.

Piquer sa plaque

v. a. Dormir, — dans l’argot des tailleurs. Signifie aussi, par extension, Mourir.

Piquer son chien

Dormir, — dans l’argot des faubouriens. On dit aussi, Piquer un chien. D’où vient cette expression ? S’il faut en croire M. J. Duflot, elle viendrait de l’argot des comédiens et sortirait de l’Aveugle de Montmorency, une pièce oubliée. Dans cette pièce, l’acteur qui jouait le rôle de l’aveugle, tenant à ne pas s’endormir, avait armé l’extrémité de son bâton d’une pointe de fer qui, par suite du mouvement d’appesantissement de sa main, en cas de sommeil, devait piquer son caniche placé entre ses jambes, et chaque fois que son chien grognait, c’est qu’il avait piqué son chien, c’est-à-dire qu’il s’était laissé aller au sommeil.

Piquer son chien

Dormir pendant le jour. — Les tailleurs disent avec une variante : Piquer sa plaque.

Piquer son chien

Dormir pendant le jour.

Piquer son fard

Rougir en entendant un propos grossier (Argot du peuple).

Piquer son fard

Rougir.

Piquer son fard, piquer un soleil

Rougir.

Piquer son moulin

Salade trop épicée. Elle vous pique le moulin (la bouche) (Argot du peuple). N.

Piquer un chien

Dormir. On trouve dans Rabelais un exemple de dormir en chien.

Sur l’étude passons. Il n’est qu’un seul moyen de la bien employer, c’est de piquer son chien.

Souvenirs de Saint-Cyr.

Piquer un chien

Dormir. — Rabelais l’écrit dormir en chien dans son livre IV, page 159. C’est, dit le Duchat, son annotateur, Dormir indifféremment à toute heure et en tous lieux.

Lorsque la nuit est sombre, que les voyageurs pioncent ou piquent leur chien.

Paillet.

Piquer un cinabre

v. n. Rougir subitement, du front aux oreilles et des oreilles aux mains. Argot des artistes.

Piquer un Pédé

Lever un rivette.

Piquer un renard

Vomir. — V. Renard. — Piquer un soleil : Rougir subitement. — Piquer l’étrangère : V. ce mot. — Piquer une tête : S’élancer ou tomber la tête la première. — Piquer un laïus : V. ce mot. — Piquer une carte :

Lui imprimer certaines marques imperceptibles, et susceptibles de ne les faire connaître a d’autres qu’à vous.

Mornand.

Piquer sur quatre : Gagner une partie d’écarté presque perdue, lorsque votre adversaire a sur vous quatre points d’avance. — Se piquer le nez : V. ce mot. — Pas piqué des vers, des hannetons : Vigoureux, intact, frais, sain.

C’est qu’il fait un froid qui n’est pas piqué des vers ici !

Gavarni.

Une jeunesse entre quinze et seize, point piquée des hannetons, un vrai bouton de rose.

Montépin.

C’est qu’elle n’était pas piquée des vers, Et oui, morbleu ! C’est ce qu’il faut à Mahieu.

Les amours de Mahieu, ch., 1832.

Piquer un renard

Restituer forcément un bon ou un mauvais repas.

Piquer un soleil

v. n. Rougir subitement, — dans l’argot du peuple.

Piquer un soleil

Rougir.

Piquer une m…

Rester court, interloqué.

Piquer une muette

Faire silence. Argot de Saint-Cyr.

Aujourd’hui, il sera piqué une muette au réfectoire.

(Maizeroy : Souvenirs d’uu Saint-Cyrien.)

Piquer une note

Pour le professeur, c’est marquer une note à l’élève ; pour l’élève, c’est obtenir une note : piquer un cinq, un dix, un dix-sept, — dans le jargon des élèves du cours de mathématiques spéciales. Piquer le bâton d’encouragement, obtenir la note 1, la plus mauvaise note. Piquer une huître, ne pas savoir répondre au professeur, quand on passe au tableau en colle.

Piquer une plate

Ne pouvoir, ne savoir répondre aux questions posées à un examen, argon des élèves de l’École navale. Nos lycéens disent : piquer une sèche.

Le timonier apparaît. — M. A…, au cabinet de bâbord ! — M. A… court un grand danger de piquer une plate. Heureusement l’interrogation est remise à huitaine.

(Illustration, octobre 1885.)

Piquer une romance

Dormir, renfler.

Piquer une romance

Dormir. Argot militaire.

Piquer une romance

Dormir. Allusion au ronflement du dormeur qui est une sorte de chanson en faux-bourdon (Argot du peuple).

Piquer une romance

Dormir.

Piquer une sèche

Argot des lycéens et des élèves des Écoles. Avoir un zéro, c’est-àdire la note très mal, pour une des parties d’un examen.

Il est constant que tout pipo qui est sorti sans piquer une sèche, de ses examens généraux, se croit parfaitement apte à régenter l’État.

(Gaulois, mars 1881. V. Delvau : Sec.)

Piquet

Livre de messe. Juge de paix, dans le jargon du peuple.

Piquette

Fourchette. L’allusion est claire (Argot des voleurs). N.

Piqueuse de trains

Raccrocheuse qui attend la pratique dans les gares, assise sur un banc dans une gare de chemin de fer. Elle guette l’arrivée des trains.

Poireau (faire le, piquer son)

Attendre, de planton dans la rue. — Se croiser les bras. — Attendre de l’ouvrage, — dans le jargon du peuple.

Rapiquer

v. n. Revenir quelque part, retourner à quelque chose. Argot des faubouriens. On dit aussi et mieux Rappliquer.

Renard (piquer un)

Vomir. — On a commencé par dire écorcher le renard. — Le renard est une bête si puante qu’on s’expose à vomir de dégoût en voulant l’écorcher. V. Gaz.

Et tous ces bonnes gens rendoient leurs gorges devant tout le monde, comme s’ils eussent escorché le regnard.

Rabelais.

Le voyageur Jacques Lesaige dit en faisant allusion aux effets du mal de mer :

Loué soit Dieu ! Javons bon apétit car je n’avois fait que escorchier le regnart. (1518)

Repiquer

Recommencer, reprendre le dessus, se tirer d’une mauvaise passe.

On repique son chaste cancan.

1846 Privat d’Anglemont.


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