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À la bonne (prendre une chose)

La prendre de bonne humeur ; faire contre fortune bon cœur. Avoir quelqu’un à la bonne se dit pour aimer.

Accordeur de pianos

Libertin qui prend la taille des femmes pour un clavier, et qui pince, tapote et palpe comme s’il promenait ses doigts sur les touches d’un piano.

Accoster

S’accoster de quelqu’un. Le hanter, le fréquenter, avoir des relations étroites avec lui, Ce verbe ainsi construit, se prend toujours en mauvaise part, et signifie s’associer à une personne d’une conduite suspecte.

Accoucher de quelque chose

Divulguer un secret ; faire paraître un livre ; prendre un parti.

Agrippe-rossignols

Vrilles de vigne.

…Ces cassants tire-bouchon verts que les gamins de tous pays, dans leur langage fait de poésie et de chimère, appellent des agrippe-rossignols.

(Paul Arène.)

Albinos

Couleur blanche d’un jeu de dominos.

Aller à crosse

Avouer.

Andosse

Échine, dos.

Andosse

Échine, dos.

Andosse

Dos.

Andosse

Échine du dos.

Andosse

Le dos ; argot des voleurs.

Andosses

Epaules.

Apostrophe

Au figuré, soufflet, coup de poing, coup de bâton appliqué sur le visage ; et qui y laisse one contusion, une blessure.

Apostrophe

Soufflet, coup de poing sur le visage. (Dict. : des homonymes, Hurtaut, 1775.)

Armure d’Éros

Ce que nous appelons Capotes anglaises et nos voisins d’outre-Manche Lettres françaises. C’est ainsi que d’un pays à l’autre on se renvoie la balle.

Dame Coignet avoua au président des assises qu’en femme prudente elle avait dans son chiffonnier une provision de ces confections de mode anglaise que débitent à Paris des frères de nom italien, confections que le XVIIIe siècle fragonardesque appelait Armures d’Éros, carquois légers où il conserve ses flèches et que notre siècle, plus terre à terre, appelle les water-proofs de l’amour. L’infortuné Courtial était encore revêtu de cette cuirasse imperméable quand il reçut le coup fatal. Seule avec son cadavre, sa complice s’empressa de lui retirer cette pièce à conviction, qui ne figura pas aux débats.

(Gil Blas.)

Arrosage

Acompte donné à un créancier.

Arrosage

Action de boire, de s’arroser le gosier.

Arrosage

Action de boire.

Arroser

Arroser ses créanciers. Leur donner à chacun de petits à-comptes, afin de les rendre plus traitables et arrêter leurs poursuites.

Arroser

Éjaculer dans la nature de la femme — un charmant petit jardin dont nous sommes les heureux jardiniers. Pluie ou sperme, quand cela tombe à propos, cela féconde.

Pourquoi ne voudraient-elles pas être arrosées ?

Cyrano De Bergerac.

Arroser

Donner un à-compte à un créancier.

À quoi bon arroser ces vilaines fleurs-là ?

(V. Hugo, Ruy-Blas.)

Arroser

Ajouter de l’argent à une somme engagée après un coup gagné à la ponte. — Risquer une nouvelle mise en banque après décavage, — dans le jargon des joueurs. Ordinairement, à la ponte, on arrose après le premier coup de gain. C’est mot à mot : arroser le tapis avec de l’argent tiré de la masse. À force d’arroser sans succès, on finit par être à sec.

Arroser

Donner un accompte sur une dette. Un huissier cesse les poursuites commencées quand le débiteur arrose. Donner de l’argent à un fonctionnaire pour obtenir un privilège, c’est l’arroser. Nos députés le furent largement par Arton pour l’affaire du Panama. Martingaler son enjeu c’est arroser le tapis (Argot du peuple). JV.

Arroser

À la suite d’un achat on va boire une consommation pour arroser l’objet acheté.

Arroser

Payer, donner des acomptes.

Arroser

Faire des dépenses. Arroser le tapis, terme de joueur à la roulette pour couvrir le tapis d’argent. Arroser ses galons, terme militaire, payer sa bienvenue dans son nouveau grade. Arroser un créancier, lui donner des acomptes.

Arroser le bouton

Décharger son sperme dans le vagin d’une femme, sur le bouton de son clitoris.

Son directeur, dit-on,
Craignant qu’on lui ravisse
Sa Rose, sa Clarisse,
Lui arros’ le bouton.

Joachim Duflot.

Arroser ses galons

v. a. Offrir à boire à ses camarades quand on est reçu sous-officier. Argot des soldats.

Arroser un créancier

v. a. Lui donner un acompte, — dans l’argot des bohèmes, assez mauvais jardiniers.

Arroseur de verdouze

s. m. Jardinier, dans l’argot des voleurs.

Arroseur de Verdouze

Maraîcher.

Arroseur de verdouze

Jardinier (Argot des voleurs).

Arroseur de verdouze

Jardinier ; argot des voleurs.

Arrosoir (coup d’)

Verre de vin, tournée sur le comptoir du marchand de vin, opération qui arrose l’estomac.

Arrosoir (coup d’)

Boire un verre de vin.

Artie de gros-guillaume

Pain bis.

Artie du gros guillaume

Pain abominablement noir qui rappelle celui du siège de Paris, en 1870, qui contenait de tout, excepté de la farine (Argot des voleurs).

As de carreau dans le dos (avoir l’)

Être bossu, — dans l’argot du régiment.

Attraper quelque chose

Gagner la chaude-pisse ou la vérole dans un coït malsain, avec une coureuse ou avec une honnête femme.

Que ces drôlesses-là sont souvent de bons greniers à chaudes-pisses ! ce qu’on appelle de véritables attrape-michés.

Comte De Caylus.

Si j’attrape quéque chose, au moins j’ l’aurai pas volé.

Lemercier de Neuville.

Avant-postes

Seins.

Il y en eut un qui, tenté par ses maîtres avant-postes de chair-vive, voulut prendre des libertés avec elle.

(J. Barbey d’Aurévilly, Les Diaboliques, 1874.)

Avant-postes, avant-scènes

Seins développés.

Avoir eu quelque chose avec une femme

Avoir couché avec elle, une ou plusieurs fois ; avoir été son amant.

Tu me feras peut-être accroire que tu n’as rien eu avec Henriette ?

Gavarny.

Avoir les pieds dans l’dos

Être recherché par la police.

Avoir mangé de l’oseille

Être d’un abord désagréable, rébarbatif ; avoir la parole aigre, être grincheux. Argot du peuple.

Avoir quelque chose avec une femme ou avec un homme

Être son amant ou sa maîtresse ; ou s’être donné rendez-vous pour coucher ensemble.

Bastos ?

(Puisque vous m’offrez de passer l’été à la campagne et que vous me donnez à choisir entre Vaux et Houilles, je vous assure, mon ami, que de ces deux localités j’aime mieux Vaux qu’Houilles.)

Beautés postérieures

Les fesses.

Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette… et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.

(Mon noviciat.)

Bebose

Femme.

Bérgosse

Mouton.

Bête à deux dos (faire la)

Faire l’acte vénérien, pendant lequel les deux fouteurs, cellés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que des dos. — L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais après lui, et, après Rabelais, Shakespeare — dans la première scène d’Othello :

Your daughter and the Moor are now making the beast with two backs…

On s’en sert toujours avec avantage dans la conservation.

Beurre (gros comme deux liards de)

Tout petit, avorton. — C’est gros comme deux liards de beurre et ça pense déjà aux femmes.

Bleu (gros)

Gros vin du midi, vin dont on se sert pour les coupages.

Bobosse

Entreteneur, miché sérieux.

Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses
Qui sans façon vous font présent
D’une guimbarde et de deux rosses :
C’est du nanan.

Émile Debraux.

Bobosse

s. m. Vieux galantin bossu, — dans l’argot du peuple.

Bobosse

s. f. Fille ou femme affligée d’une gibbosité. Argot des faubouriens.

Bobosse

Bosse. — Bossue. (L. Larchey) Elle est un peu bobosse. Avoir une bobosse dans l’estomac, être enceinte.

Boite à dominos

s. f. Cercueil, — dans l’argot des faubouriens.

Boîte à dominos

La bouche. Allusion à la blancheur des dents et à leur forme qui ressemble aux dés (Argot du peuple).

Boîte à dominos

La bouche.

Boîte à dominos

Cercueil.

Boîte à dominos, au chocolat

Cercueil.

Boîte à dominos, boîte à doche

Cercueil. Le corps y est serré comme des dominos dans leur boîte. La variante boîte à doche offre un jeu de mots sur à mère et amère. Doche en argot veut dire mère ; c’est-à-dire la boîte à mère pour amère.

Boîte aux dominos

Cercueil. — Domino est pris ici pour os. Il y a de plus quelque analogie d’aspect, car la forme du cercueil, comme celle de la boîte, est oblongue.

Puisqu’on va l’un après l’autre Dans la boîte aux dominos.

E. Aubry, Chanson.

Bosco, Boscotte

Bossu, bossue.

Boscot, Bosco

s. m. Bossu. Au féminin, Boscotte.

Boscot, boscotte

Diminutifs badins et moqueurs. Bamboche ; petit homme, petite femme contrefaits, bossus.

Boscot, tte

« Petit homme, petite femme contrefaits, bossus. »

d’Hautel, 1808.

Bossard

De travers, louche, qui n’est pas droit ; dérivé de bosse.

Maintenant, comme tout est bossard dans cette affaire là.

(La petite Lune, 1879.)

Bosse

Se faire une bosse. Locution basse et triviale qui signifie ribotter, s’empiffrer, se mettre dans les vignes du seigneur.
Donner dans la bosse. Se laisser aller à des paroles artificieuses ; être pris pour dupe ; tomber dans un piège.
Il ne demande que plaies et bosses. Se dit d’un esprit séditieux, querelleur, qui ne se plaît qu’à semer le trouble et la division partout où il se trouve.

Bosse

s. f. Excès de plaisir et de débauche. Si donner une bosse. Manger et boire avec excès. Se faire des bosses. S’amuser énormément. Se donner une bosse de rire. Rire à ventre déboutonné.

Bosse (se donner une)

S’empiffrer. — Allusion à la bosse formée par la réplétion du ventre.

Je veux, dit-il, qu’à sa noce Ça soit beau Et qu’on s’y flanque une bosse De chameau.

Delange, Chansons.

Se donner une bosse de rire : Rire immodérément. — Rouler sa bosse : Cheminer.

Nous roulons not’bosse Dans un beau carrosse.

Decourcelle, 1832.

Bosse (se flanquer une)

Faire un excès quelconque. Manger et boire outre mesure, c’est-à-dire : devenir bossu par devant et par derrière à force de boisson et de victuailles. — Se flanquer une bosse de rire. Rire énormément, rire comme un bossu.

Bosselard

Chapeau haute forme, — dans le jargon du collège ; pour bosselé. Allusion à l’état ordinaire des chapeaux des collégiens. (L. Larchey)

Bosseler, bossuer

Ces deux verbes, qui diffèrent beaucoup dans leurs acceptions, sont souvent employés l’un pour l’autre ; On dit habituellement d’un gobelet, qu’on a laissé tomber par terre qu’il est bosselé au lieu de dire bossué ; bosseler signifie travailler en bosse.


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