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Affaire filée

Coup prémédité depuis longtemps.

Affiler le bandage

Bander, — arrigere.

Ainsi que des amants temporels pigeonnaient la mignotise d’amour, affilant le bandage.

(Moyen de parvenir.)

Air (se donner de l’air, se pousser de l’air, jouer la fille de l’air)

Partir, se sauver.

Air (se donner, se pousser de l’, jouer la fille de l’)

Fuir. — Les deux premiers termes font image ; le troisième a été enfanté par la vogue de La Fille de l’Air, une ancienne pièce du Boulevard du Temple.

La particulière voulait se donner de l’air.

Vidal, 1833.

Dépêchez-vous et jouez-moi la Fille de l’air avec accompagnement de guibolles.

Montépin.

Allons, môme, pousse-toi de l’air.

Id.

Vivre de l’air du temps : Être sans moyens d’existence. Terme ironique.

Tous deux vivaient de l’air du temps.

Balzac.

Être à plusieurs airs : Être hypocrite, jouer plusieurs rôles à la fois.

Aller au refil

Dénoncer un complice (Argot des voleurs). V. Mouton N.

Aller au refil

Rendre, donner.

Il faut aller au refil de ce que tu me dois.

Il y a aussi une autre façon d’aller au refil, c’est lorsqu’un ivrogne ne peut garder le liquide qu’il a dans l’estomac ; alors il va au refil.

Aller au refil

Dénoncer.

Aller voir défiler les dragons

Dîner par cœur, c’est-à-dire ne pas dîner du tout, — dans l’argot du peuple, qui se rappelle le temps où, ne pouvant repaître son ventre, il allait repaître ses yeux, sous la République, des hussards de la guillotine, et sous l’Empire des dragons de l’Impératrice. Qui admire, dîne !

Aller voir défiler les dragons

Ne pas manger. Être de la revue signifie la même chose (Argot du peuple).

Aller voir défiler les dragons

Se passer de manger.

Apprivoiser une fille

La dépuceler, — ce qui la rend naturellement moins sauvage.

Malgré les grands parents, malgré les fortes grilles,
Mon cher, je connais l’art d’apprivoiser les filles.

Léon Sermet.

Artilleur (fille d’)

Fille à puissante poitrine. Pourquoi fille d’artilleur ? Parce que son père lui a glissé deux boulets dans le corset.

Avoir du fil à retordre

Pour mener à bonne fin une affaire difficile, il y a du fil à retordre.

D’une mauvaise femme, pour en faire une bonne, il y a du fil à retordre.

Avoir le fil

Un couteau qui coupe bien a le fil. Un individu malin, rusé, possède le fil.
— Y a pas moyen de lui mettre à ce gonce là, il a le fil.
Avoir le fil, être au courant de toutes choses et être constamment en éveil (Argot du peuple). N.

Avoir pas inventé le fil à couper le beurre (n’)

Être simple d’esprit, et même niais. On dit aussi N’avoir pas inventé la poudre.

Avoir un fil à la patte

Être tenu par sa femme ou par un emploi ; ne pas être libre de ses actions est avoir un fil à la patte.

Bonbonnière à filous

s. f. Omnibus, — dans l’argot des voyous, qui savent mieux que personne avec quelle facilité on peut barboter dans ces voitures publiques.

Bonbonnière à filous

Omnibus. (Colombey.)

Bonbonnière à filous

Omnibus. Les voyageurs sont serrés, le vol à la tire est facile ; il y a des voleurs qui n’ont que la spécialité de voler les morlingues en bonbonnière (Argot des voleurs). N.

Carotte filandreuse

Carotte tirée de longueur, mais peu claire comme explications. Allusion à une vieille carotte pleine de filaments, qui ne se digère pas facilement.
— Ça ne prend pas, la carotte est filandreuse (Argot du peuple). N.

Carroubleur refilé

Voleur à fausse clef.

Coton (filer un mauvais)

Se mal porter. Rappel mythologique du fil de la Parque.

Il file un mauvais coton.

E. Jourdain.

Coupe-file

Carte délivrée par la Préfecture de police aux membres du corps diplomatique, aux ministres, aux personnages de distinction et qui sert à couper les files de voitures, à circuler ou à stationner dans des endroits où le public ne peut ni circuler, ni stationner.

Tu ne verras pas, conduisant
Leur bois peint, tout frais reluisant,
Un groom en croupe,
Avec un coupe-file, au Bois,
Des gens qui faisaient autrefois
Filer la coupe !

Clairon, 1882.)

Damer une fille

v. a. La séduire, — ce qui, du rang de demoiselle, la fait passer à celui de dame, de petite dame.

Débaucher une fille

Lui prendre son pucelage et lui donner le goût de la pine — qu’elle ne perdra plus désormais qu’en perdant le goût du pain.

Défiler la parade

v. n. Mourir, — dans l’argot des troupiers, qui blessés en pleine poitrine par un éclat d’obus, trouvent encore le temps de faire le salut militaire à leur chef comme pour lui dire : Ave, Cæsar, morituri te salutant.

Défiler la parade

Mourir, — dans le jargon des troupiers.

Défiler la parade

Se dit à quelqu’un que l’on chasse.
— Allons, défilez la parade, et plus vite que ça (Argot du peuple).

Défiler son chapelet

Quand deux commères se disputent, c’est un déluge de paroles et d’épithètes interminable.
— As-tu vu comme je lui ai défilé mon chapelet ?
Allusion au chapelet qu’une dévote fait tourner toute sa vie dans ses mains sans en trouver la fin (Argot du peuple). N.

Déflorer une fille

Lui enlever son pucelage, — une rose diablement épineuse.

Si fut-il admiré pour masle très-puissant
D’en avoir une nuit défloré demi-cent.

J. De Schélandre.

Démorfillage

Action de démarquer une carte, c’est-à-dire enlever les signes, traits d’ongles, points de repère que les grecs font aux cartes qu’ils veulent reconnaître.

Je vas leur z’y en coller du démorfillage.

(A. de Caston, Les Tricheurs.)

Démorfiller

Démarquer une carte, — dans le jargon des grecs.

Dépuceler une fille

La débarrasser, à coups de pine, du fardeau de sa virginité ; briser la cloison de l’hymen pour entrer dans son divin retrait, — où déjà, peut-être, est entré l’indiscret médium.

Il trouve son écolière sur le lit, qui l’attendait, dont il jouit à son souhait, et la dépucelle.

Mililot.

Il vaut mieux dépuceler une garce que d’avoir les restes d’un roi.

Brantôme.

Çà donc, mon cœur et ma rebelle,
Çà mon âme, çà mes amours,
Qu’à ce coup je vous dépucelle.

(Cabinet Satyrique.)

La nouvelle mariée fit pourtant si bien qu’elle dépucela son mari.

Tallemant des Réaux.

Diable bat sa femme et marie sa fille (le)

Il pleut et fait soleil tout à la fois, — même argot [du peuple].

Donner du fil à retordre

Embarrasser quelqu’un, lui rendre une affaire épineuse, une question difficile à résoudre.

Dragons (aller voir défiler les)

Jeûner forcément. À l’heure du déjeuner, les ouvriers qui n’ont ni argent ni crédit chez le miarchand de vin disent :

Nous allons les voir défiler.

Enfant (filer l’)

Introduire la pince monseigneur sous la porte.

Enfilade

Série de pertes.

Ils croient que la veine est revenue, mais ils ont une enfilade désespérante.

Paillet.

Enfilage

Pertes successives au jeu. — Celui qui court après son argent risque l’enfilage.

Enfilage

Arrestation en flagrant délit. — Avoir écopé à l’enfilage. Enfilé, pris en flagrant délit de vol. Enfilé par les roublards au moment de dégraisser une bobine en jonc. Se faire enfiler, être arrêté. Pas d’chance, v’là trois fois c’tte année que je m’fais enfiler.

Enfilage

Arrestation en flagrant délit.

Enfiler

Se faire enfiler, se faire arrêter.

Enfiler (s’)

v. réfl. S’endetter, — dans l’argot des faubouriens. Signifie aussi : Se bisser entraîner à jouer gros jeu.

Enfiler (s’)

Perdre successivement plusieurs coups de cartes. — S’être enfilé, avoir beaucoup perdu dans une partie, dans une soirée.

Ce qui ne l’avait pas empêché quelques minutes auparavant, de jouer contre Servet, et de se faire enfiler.

(Vast-Ricouard, Le Tripot.)

Enfiler (s’)

Perdre beaucoup au jeu en peu de temps. S’endetter. S’enfiler des briques, jeûner.

Enfiler (s’)

Boire.

Enfiler des briques (s’)

Jeûner, contraint et forcé, — dans le jargon du peuple.

Enfiler des perles

Travailler avec nonchalance.

Enfiler une femme

Comme une perle, avec un bout de pine au lieu d’un bout de fil.

Voudrais-tu m’enfiler, mon petit homme ?

Henry Monnier.

Si vous ne voulez pas vous laisser enfiler,
Par mon chien aussitôt je vous fais enculer.

L. Protat.

Leste et gai, j’enfile, j’enfile, j’enfile.

Béranger.

C’est votre bonne fille
Qu’un infâme paillard honteusement enfile.

Trotterel.

Je ne m’étonne plus s’il l’a si bien enfilée puisqu’elle est la perle des filles.

(La Comédie des Proverbes.)

Votre beauté sans seconde
Vous fait de tous appeler
La perle unique au monde ;
Il faut donc vous enfiler.

Collé.

Enfileur

Joueur qui profite de sa veine pour pousser son adversaire à jouer contre lui, pour l’enfiler.

Entrefilet

s. m. Petit article placé dans le corps du journal, entre deux autres.

Exercer une fille

La baiser, pour lui apprendre le métier de fouteuse.

Faire le garçon, faire la fille (pour)

Avoir de l’argent mignon pour s’amuser.

Faire une tête dans la filasse

Aller se coucher.

Feux de file (ne pas s’embêter dans les)

Être indépendant. — Mot à mot : faire feu à volonté.

Pour lors ! not’colonel, qui ne s’embête pas dans les feux de file…

Ancien Figno, 1827.

Feux de file (ne pas s’embrouiller dans les)

Conserver son sang-froid.

Fil

s. m. Adresse, habileté, — dans l’argot du peuple, qui assimile l’homme à un couteau et l’estime en proportion de son acuité. Avoir le fil. Savoir comment s’y prendre pour conduire une affaire. Connaître le fil. Connaître le truc. On dit aussi d’une personne médisante ou d’un beau parleur : C’est une langue qui a le fil.

Fil

Au théâtre, toutes les cordes ont reçu le nom de fils. — Descendre un fil, descendre une corde qui supporte les amours dans les féeries.

Fil

Cheveu. Fil bis. Cheveu blanc.

Fil (avoir le)

Être rompu à tel ou tel exercice. — Allusion au fil qui donne à une arme ou à un outil le dernier degré de perfection.

Voyez comm’elle avait le fil Pour tramer la guerre civile.

Chansons, 1830.

Quand le jean-jean est passé de l’école du soldat à l’école de peloton, il possède ce qu’on appelle le fil.

M. Saint-Hilaire.

Une langue qui a le fil est une langue médisante, acérée comme une lame fraîchement émoulue.

Fil (avoir le)

Être adroit, finaud, rusé, — dans le jargon des voyous ; allusion au fil d’un couteau, d’un rasoir.

Je suis nabot, mais j’ai le fil.

(P. Mahalin, Les Monstres de Paris.)

Fil (avoir le)

Être adroit, rusé.

Fil (prendre un)

Prendre un verre d’eau-de-vie. Mot à mot : un verre de fil-en-quatre.

Fil à couper le beurre (n’avoir pas inventé le)

Être naïf, être niais. Les amis d’une douce plaisanterie disent également : N’avoir pas découvert la mine de pains à cacheter.

Fil à la patte (en avoir un)

Être gêné par quelqu’un. Être entravé dans ses affaires, n’avoir pas ses coudées franches. Une femme crampon est un rude fil à la patte (Argot du peuple).

Fil à retordre (avoir du)

Peiner pour réussir une affaire. Essayer de convenir un incrédule.
— Pas moyen de venir à bout de cette mauvaise tête d’Alfred. En voilà un enfant qui m’a donné du fil à retordre (Argot du peuple).

Fil dans la trousse

Être poilu.

Fil de soie

Voleur.

Fil de soie

Filou, voleur (Argot du peuple).

Fil de soie

Voleur.

Fil en aiguille (de)

adv. De propos en propos, — dans l’argot du peuple, qui a eu l’honneur de prêter cette expression à Mathurin Régnier :

Enfin, comme en caquets ce vieux sexe fourmille,
De propos en propos et de fil en esquille,
Se laissant emporter au flus de ses discours,
Je pense qu’il falloit que le mal eust son cours,

dit le vieux poète en sa Macette.

Fil en double

Bon vin.

Fil en double

Le vin s’appelle du fil en double.

Grandval, 1827.

Fil en quatre

Eau-de-vie.

Fil en quatre

« Voulez-vous une gorgée de fil en quatre ? — Je veux bien… Elle est bonne, votre eau-de-vie. » — H. Monnier, 1836. — « Allons, Auguste, un petit verre de fil en quatre, histoire de se velouter et de se rebomber le torse. » — Th. Gautier. Fil en quatre signifie plus fort que le vin, car celui ci s’appelle aussi fil en deux.


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