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À la douce

Doucement.

Comment qu’ça va, vous, à ce matin ? — Mais, merci, à la douce.

H. Monnier.

On dit quelquefois à la douce, comme les marchands de cerises, par allusion au cri de ce métier (à la douce ! à la douce !).

À pince

Pédestrement.

J’ai fait le trajet de Paris à Marseille à pince.

Abadouce

Toile fine, mousseline.

Abattage (en recevoir un)

Être grondé à en être abattu. Équivalent à recevoir un gras, un suif, en un mot, à être enlevé (Argot du peuple). N.

Abcès

s. m. Homme au visage boursouflé, au nez à bubelettes, sur lequel il semble qu’on n’oserait pas donner un coup de poing, — de peur d’une éruption purulente.
On a dit cela de Mirabeau, et on le dit tous les jours des gens dont le visage ressemble comme le sien à une tumeur.

Abloquiseuse de verdouces

Marchande de pommes.

Accent

Voir arçon.

Accent, Arçon

Signe d’intelligence entre voleurs. — Signal de reconnaissance. Avoir de l’accent, signifie être reconnu pour un voleur à certains signes.

Accentuer ses gestes

v. a. Donner un soufflet ou un coup de poing, — ce qui est une manière de se prononcer suivant les règles de l’accent tonique.

Accessoires

s. m. pl. Matériel servant à meubler la scène ; tous les objets dont l’usage est nécessaire à l’action d’une pièce de théâtre, depuis la berline jusqu’à la croix de ma mère. Les acteurs emploient volontiers ce mot dans un sens péjoratif et comme point de comparaison. Ainsi, du vin d’accessoires, un poulet d’accessoires, etc., sont du mauvais vin, un poulet artificiel, etc.

Accessoires

Objets de théâtre. Dans le peuple, on donne à ce mot un tout autre sens : accessoires, les testicules (Argot du peuple). N.

Accointances (avoir des)

Commercer charnellement avec un homme lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.

Je supposai qu’elle avait eu des accointances avec le baron ou avec son laquais.

A. Lireux.

De quelque valet l’accointance
Serait-ce bien votre désir ?

Théophile.

C’est qu’à l’ombre des crucifix,
Souvent faites filles ou fils,
En accointant les belles-mères.

G. Coquillart.

Il faut que quelqu’un se soit accointé que notre ménage a ainsi renforcé.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)

Accommoder quelqu’un à la sauce piquante

v. a. Se moquer de lui, — et même se livrer sur sa personne à des voies de fait désagréables.

Accommoder quelqu’un à la sauce piquante

Relever les ridicules de quelqu’un avec le filet de vinaigre de la parole, comme les cuisinières relèvent une sauce avec un filet de vinaigre plus ou moins d’Orléans. Déjà au XVIIIe siècle, accommoder avait le sens de maltraiter. — Je l’ai pas mal accommodé à la sauce piquante. — Ça ne m’étonne pas, il est assez cornichon pour ça.

Affuter des pincettes (s’)

Courir, se sauver à grande vitesse (Argot des voleurs).

Affûter ses pincettes

Courir, ou seulement marcher. Argot des faubouriens.

Affûter ses pincettes

Danser.

Agacer le sous-préfet

Se masturber. — L’expression est tout à fait moderne, et fréquemment employée, quoique d’une étymologie difficile.

Agacer un polichinelle sur le zinc

On nomme polichinelle un verre d’eau-de-vie, environ un cinquième de litre, que certains pochards abrutis boivent sur le zinc. Il en est qui agacent jusqu’à cinq polichinelles dans une matinée (Argot du peuple). N.

Agaceur

Boute-en-train, — argot de sport.

Aller au numéro cent

Se rendre aux lieux d’aisance. — Calembour. C’est le numéro qui sent le plus.

Aller au vice

Aller au bordel.

Aller au vice

Hanter les mauvais lieux, — dans l’argot des bourgeois.

Alliance

Poucettes.

Alliances

s. f. pl. Poucettes avec lesquelles les gendarmes joignent les mains des malfaiteurs pour gêner leurs mouvements.

Alliances

Poucettes. Les gendarmes mettent poucettes aux prisonniers pour les conduire de brigade en brigade. (Argot des voleurs) V. Cabriolet.

Alliances (les)

Les poucettes.

Allonger la ficelle, la courroie, la croupière

Augmenter une punition.

Amandes de pain d’épice

s. f. pl. Dents noires et rares. Argot des faubouriens. L’expression a été employée par le duc de Grammont-Caderousse qui, le soir de la Ire représentation du Cotillon, au Vaudeville, avait cassé trois dents à un quidam.

Amandes de pain dépice

Grandes dents d’anglaise. Pour que rien ne se perde dans la langue métaphorique de l’argot, on appelle, par contre, « dents d’anglaise » les amandes de pain d’épice.

Amandes de pains d’épice

V. Dominos.

Amorcer

Préparer un vol ou se préparer à voler.

Andouille mal ficelée

Individu déguingandé. à la démarche traînante. Se dit surtout de quelqu’un mal habillé, ayant des allures ridicules. On dit aussi : mal fagoté (Argot du peuple).

Angluce

Oie. Tortiller de l’angluce, manger de l’oie.

Angluce

s. f. Oie, — dans l’argot des voleurs.

Angluce

Oie.

Angluce

Oie (Argot des voleurs). V. Ornichon.

Angluces

Oies.

Angluces

Oies.

Angluces

Oies.

Apiéceur

Ouvrier tailleur qui fait la grande pièce, c’est-à-dire le paletot, la redingote, l’habit.

Arçon, accent

Signe d’alerte convenu entre voleurs. Du temps de Vidocq (1837) c’était un crachement et un C figuré à l’aide du pouce droit sur la joue droite. — Vient d’arçon : archet, petit arc. V. Roquefort. — La courbe du C représente bien la forme d’un arc. — Accent nous paraît de même une allusion au son du crachat.

Arcpincer

Arrêter quelqu’un. — Pincer au demi-cercle est très usité dans le même sens. Il est à remarquer qu’arc et demi-cercle sont presque synonymes et qu’ils paraissent dériver de la même image.

Arcpincer ou Arquepincer

v. a. Prendre, saisir quelqu’un ou quelque chose. Argot des faubouriens.

Armoire à glace

Quatre d’un jeu de cartes.

Armoire à glace

Sac du troupier (Argot du troupier). V. As de carreau.

Arquepincer

Arrêter.

Arquepincer

Prendre, saisir.

Arquepincer

Dérober adroitement. — Prendre, surprendre avec adresse. — Un voleur arquepince un porte-monnaie, un agent survient qui arquepince le voleur.

Arquepincer

Dérober très adroitement. Arrêter le voleur de même.

Arquepincer

Prendre, arrêter.

Artilleur de la pièce humide

Infirmier militaire. — Pompier.

Artilleurs de la pièce humide

Infirmiers, par allusion à l’instrument de l’emploi. — On dit aussi : Artilleurs à genoux.

As percé

As seul de sa couleur, — dans les mains d’un joueur de bouillotte. Les joueurs prudents n’engagent jamais le jeu avec un as percé.

Assoce

Associée, — dans le jargon des couturières. Dans les grands ateliers de couture, les ouvrières travaillent deux à deux, et elles s’appellent « associées. » La première associée fait les garnitures des corsages et la seconde associée les accessoires : boutonnières, doublures, etc.

Assurance (une)

Une canne.

Asticot de cercueil

Verre de bière, — dans l’argot des étudiants, que les jeux de mots de ce calibre ne dégoûtent pas.

Astiqué à l’ail (un ceinturon)

Brillant comme du vernis. Pour arriver à ce résultat, il faut en user, de l’huile de coude !

Astuce

Toupet, audace, effronterie.

Attrapance

s. f. Vive dispute.

Attrape-science

s. m. Apprenti, — dans l’argot des typographes.

Attrape-science

s. m. Nom ironique par lequel les ouvriers désignent quelquefois un apprenti compositeur. L’attrape-science est l’embryon du typographe ; la métamorphose demande trois à quatre ans pour s’accomplir ; vers seize ou dix-sept ans, la chrysalide est devenue papillon, et le gamin s’est fait ouvrier. À l’atelier, il a une certaine importance : c’est le factotum des compositeurs ; il va chercher le tabac et fait passer clandestinement la chopine ou le litre qui sera bu derrière un rang par quelque compagnon altéré. Il va chez les auteurs porter les épreuves et fait, en général, plus de courses que de pâté. Quand il a le temps, on lui fait ranger les interlignes ou trier quelque vieille fonte ; ou bien encore il est employé à tenir la copie au correcteur en première, besogne pour laquelle il montre d’ordinaire une grande répugnance. Parfois victime des sortes de l’atelier, il en est aussi le complice ou le metteur en œuvre. Il nous revient en mémoire une anecdote dont le héros fut un apprenti. Ses parents habitant dans un faubourg, notre aspirant Gutenberg apportait à l’atelier sa fripe quotidienne, dont faisait souvent partie une belle pomme. Le gaillard, qui était un gourmet, avait soin de la faire cuire en la plaçant sur un coin du poële. Mais plus d’une fois, hélas ! avant d’être cuite, la pomme avait disparu, et notre apprenti faisait retentir les échos de ses plaintes amères : « Ma pomme ! on a chipé ma pomme ! » La chose s’étant renouvelée plus souvent que de raison, l’enfant s’avisa d’un moyen pour découvrir le voleur. Un beau jour, il apporta une maîtresse pomme qu’il mit cuire sur le poêle. Comme le gamin s’y attendait, elle disparut. Au moment où il criait à tue-tête : « On a chipé ma pomme ! » on vit un grand diable cracher avec dégoût ; ses longues moustaches blondes étaient enduites d’un liquide noirâtre et gluant, et il avait la bouche remplie de ce même liquide. C’était le chipeur qui se trouvait pris à une ruse de l’apprenti : celui-ci avait creusé l’intérieur de sa pomme et avait adroitement substitué à la partie enlevée un amalgame de colle de pâte, d’encre d’imprimerie, etc. L’amateur de pommes, devenu la risée de l’atelier, dut abandonner la place, et jamais sans doute il ne s’est frotté depuis à l’attrape-science. Certains apprentis, vrais gamins de Paris, sont pétris de ruses et féconds en ressources. L’un d’eux, pour garder sa banque (car l’attrape-science reçoit une banque qui varie entre 1 franc et 10 francs par quinzaine), employa un moyen très blâmable à coup sûr, mais vraiment audacieux. Il avait eu beau prétendre qu’il ne gagnait rien, inventer chaque semaine de nouveaux trucs, feindre de nouveaux accidents, énumérer les nombreuses espaces fines qu’il avait cassées, les formes qu’il avait mises en pâte, rien n’avait réussi : la mère avait fait la sourde oreille, et refusait de le nourrir plus longtemps s’il ne rapportait son argent à la maison. Comment s’y prendre pour dîner et ne rien donner ? Un jour d’été qu’il passait sur le pont Neuf, une idée lumineuse surgit dans son esprit : il grimpe sur le parapet, puis se laisse choir comme par accident au beau milieu du fleuve, qui se referme sur lui. Les badauds accourent, un bateau se détache de la rive et le gamin est repêché. Comme il ne donne pas signe de vie, on le déshabille, on le frictionne, et, quand il a repris ses sens, on le reconduit chez sa mère, à laquelle il laisse entendre que, de désespoir, il s’est jeté à l’eau. La brave femme ajouta foi au récit de son enfant, et jamais plus ne lui parla de banque. Le drôle avait spéculé sur la tendresse maternelle : il nageait comme un poisson et avait trompé par sa noyade simulée les badauds, ses sauveurs et sa mère. — Nous retrouverons cet attrape-science grandi et moribond à l’article LAPIN. À l’Imprimerie nationale, les apprentis sont désignés sous le nom d’élèves. Il en est de même dans quelques grandes maisons de la ville.

Attrape-Science

Apprenti cordonnier. Pour laver la tête à l’apprenti, les ouvriers la lui plongent plus d’une fois dans le baquet de science, le baquet où trempent les cuirs.

Avalé une chaise percée (avoir)

Se dit dans l’argot des faubouriens, — à propos de quiconque a l’haleine homicide.

Avaler le poisson sans sauce

Être baisée par un homme qui ne décharge point, ou que l’on empêche de décharger.

Ah ! combien l’apparence est fausse !
Au chaponneau point de cresson,
Et mon amphitryon sans sauce,
Me fit avaler le poisson.

Marcillac.

Avances

Privautés que laisse prendre à un homme, et que parfois même prend, avec lui, la femme à qui le cul démange.

J’ai un caprice, il ne sait le deviner ; je le lui explique aux trois quarts ; il ne comprend rien, et mon butor me quitte après mes avances humiliantes.

A. de Nerciat.

Un monsieur qu’était dans l’aisance,
Désirant lui faire quelqu’avance,
S’approch’ d’elle une bourse en main.

Perchelot.

Avant-postes, avant-scènes

Seins développés.

Avant-scène

La gorge des femmes, parce qu’elle avance plus que le reste du corps en dehors de la perpendiculaire, et que c’est la première chose que l’on remarque.

Ce ne sont pas les avant-scène qui lui manquent, mâtin !

Barthet.

Avant-scène

Les seins. Ils avancent, en effet, quand… il y en a. (Argot du peuple). V. Capitonnée.

Avant-scènes

s. f. pl. La poitrine, lorsqu’elle fait un peu saillie en avant du buste, — dans l’argot des petites dames. Balzac a dit Avant-cœur.

Avant-scènes

Seins qui tournent au majestueux.

Avant-scènes

On dit d’une femme favorisée par la nature au point de vue poitrine :

Elle a une paire d’avant-scènes à la mode.

Avant-scènes (les)

Les seins.

Avantages, avant-cœur, avant-scènes

Seins.

N’étouffons-nous pas un petit brin ? lui dit-il en mettant la main sur le haut du busc ; les avant-cœur sont bien pressés, maman.

Balzac.

C’est trop petit ici : la société y sera comme les avantages de madame dans son corset.

Villemot.

Avoir celui

v. a. Avoir l’honneur de…, — dans l’argot des bourgeois.


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