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Abonné au guignon

Déveine persistante, qu’aucun effort ne peut conjurer. On dit aussi : « Il a si peu de chance qu’il se noierait dans un crachat » (Argot du peuple).

Abonné au guignon (être)

Être poursuivi avec trop de régularité par la déveine. Argot des faubouriens.

Aller au bonheur

Jouir en baisant, parvenir à la félicité suprême. — Cette expression, une des plus justes de la langue érotique moderne, est précisément celle qui se lisait comme enseigne sur les bordels de Pompéï : Hic habitat felicitas.

Tu as donc envie d’aller au bonheur, mon petit homme !

Lemercier de Neuville.

Aller son petit bonhomme de chemin

Aller doucement ; se conduire prudemment — pour aller longtemps.

Attelage (un bon)

Une bonne paire d’amis, chez les cavaliers.

Au bonjour

Voler le matin pendant le sommeil.

Avoir à la bonne

Aimer.

Avoir à la bonne

Aimer.

Avoir à la bonne

v. a. Avoir de l’amitié ou de l’amour pour quelqu’un. Argot du peuple.

Avoir à la bonne, avoir dans le sang

Aimer.

Avoir à sa bonne

Avoir de l’amour pour…

Surtout, p’tit cochon,
N’ fais pas l’ paillasson :
Je sais qu’ t’as Clarisse à la bonne ;
Mais dis-lui d’ ma part
Qu’ell’ craign’ le pétard…

A. Dumoulin.

Avoir des bontés

Employé dans un sens obscène pour accorder ses faveurs à un homme.

Tu as eu des bontés pour lui, ça prouve ton bon cœur.

Voisenon.

Une femme sensible se décide difficilement à laisser pendre un homme pour qui elle a eu des bontés.

Pigault-Lebrun.

Ayez des bontés pour moi, et mademoiselle Hortense est mariée.

H. De Balzac.

Avoir quelqu’un à la bonne

Être très camarade, ne jamais se quitter, vivre comme deux frères (Argot du peuple).

Avoir un bon doigté

Savoir peloter habilement les couilles d’un homme ; faire à merveille la patte d’araignée.

Baignoire à bon Dieu

s. f. Calice, — dans l’argot des voyous.

Baignoire à bon dieu

Le calice. Cette figure peint bien l’hostie consacrée baignant dans le saint-ciboire (Argot des voleurs).

Baignoire à Bon-Dieu

Calice.

Berribono

s. m. Homme facile à duper, — dans l’argot des voleurs. Ils disent aussi Béricain.

Berribono

Naïf, — dans le jargon des voleurs.

Bête à bon dieu

V. Bête à pain.

Bibassier, bibon, birbe, birbette

Vieux.

Bibon

Vieux.

Bibon

Vieux homme.

Bibon

Vieux, vieil.

Bibon

s. m. Vieillard qu’on ne respecte pas, parce qu’il ne se respecte pas lui-même. C’est une corruption péjorative du mot barbon.

Birbe, birbon, birbette

« Les dames des tables d’hôte ont adopté trois mots pour peindre la vieillesse : à cinquante-cinq ans, c’est un birbon ; à soixante ans, c’est un birbe ; passé ce délai fatal, c’est une birbette. »

Lespès.

Vidocq donne un quatrième synonyme : birbasse. — Birbe dabe : grand-père. — Birbasserie : vieillerie. — Id.

Bobonne

Bonne, servante.

Tout au plus si les petits garçons qui marchaient en tête risquèrent une observation sur la bobonne d’Emma.

(Ed. About, Trente et quarante, 1865.)

Bon

Bon apôtre, hypocrite.

Vous n’êtes bons ! vous… N’allons, vous n’avez fait vos farces !

Balzac.

Bon

s. m. Homme sur lequel on peut compter, — dans l’argot du peuple, à qui l’adjectif ne suffisait pas, paraît-il.

Bon

s. m. Épreuve sur laquelle l’auteur a écrit : Bon à tirer, c’est-à-dire bon à imprimer. Cette épreuve est lue une dernière fois, après l’auteur, par le correcteur en seconde ou en bon.

Bon

Agent des mœurs, — dans l’argot des filles et des voleurs. Le bon me fiole, l’agent des mœurs me dévisage.

Bon

Homme bon à voler. Agent des mœurs. Le bon me fiole, l’agent me regarde. Avoir bon, prendre en flagrant délit.

Bon (avoir du)

v. Avoir de la composition non portée sur son bordereau, et qu’on garde pour la compter à la prochaine banque. C’est le contraire du salé.

Bon (avoir du)

Avoir de la composition non portée sur son bordereau et qu’on garde, pour la compter à la prochaine banque. C’est le contraire du salé. (Boutmy.)

Bon (c’est un)

C’est un bon républicain, c’est un pur. L’expression était à la mode en 1848.

Bon (c’est)

En voilà assez, inutile d’en dire davantage.

Bon (être)

S’il y a des preuves matérielles sur un individu arrêté, il est inutile qu’il aille à Niort, il est monsieur Le Bon.

Bon à nib

Paresseux. Mot à mot : bon à rien (Argot des voleurs).

Bon cheval de trompette

s. m. Homme qui ne s’effraye pas aisément, dans l’argot du peuple.

Bon Dieu

s. m. Sabre, — dans l’argot des fantassins.

Bon endroit

Derrière. (L. Larchey) Attraper au bon endroit, donner du pied au derrière.

Bon là (être)

Être capable, être bon ouvrier, — dans le jargon des ateliers. — Être des bons, être classé parmi les bons ouvriers, parmi les meilleurs. Au dix-huitième siècle, pour désigner quelqu’un de solide, on disait : Il est des bons.

Bon motif

« Vous ne savez pas ce que c’est que le bon motif ? — Ah ! vous voulez dire un mariage ? — Précisément. » — Aycard.

Bon motif

s. m. Mariage, — dans l’argot des bourgeois.

Bon motif

Mariage, — dans le jargon des bourgeois. Faire la cour pour le bon motif, viser au mariage.

Ce ne peut pas être pour le bon motif.

(E. Augier, Les Fourchambault, 1878.)

Bon nez

s. m. Homme fin, qui devine ce qu’on veut lui cacher, au figuré, ou qui, au propre, devine qu’un excellent dîner se prépare dans une maison où il s’empresse d’aller — quoique non invité. C’est l’olfacit sagacissime de Mathurin Cordier.

Bon numéro

« Deux papas très-bien, ce sont deux papas d’un bon numéro. Comprenez-vous ? — Pas trop. — Deux pères parfaitement ridicules en leur genre. » — Th. Gautier.

Bon pour Bernard

Imprimé, journal, papier quelconque qui ne finira pas dans la hotte du chiffonnier, c’est-à-dire : bon pour les lieux d’aisances.

Bon pour cadet !

Se dit d’une lettre désagréable ou d’un journal ennuyeux que l’on met dans sa poche pour servir de cacata charta. C’est l’histoire du sonnet d’Oronte.

Bon premier

Argot de courses. Un cheval arrive bon premier quand il a fourni la course bien avant ses concurrents. Il est bon dernier quand il arrive non seulement le dernier, mais encore avec un retard considérable sur les autres chevaux.

Bon sang de bon sang !

Autre exclamation poussée en apprenant une nouvelle surprenante. (L. Larchey)

Bon sort de bon sort (sacré) !

Exclamation qui exprime le désappointement ou la colère. La variante est : Coquin de bon sort !

Bon-dieu

Sabre-poignard ; allusion à la croix figurée par la lame et la poignée.

Bon-Dieu

« On m’avait réservé la copie d’un petit état récapitulatif des corvées du jour, dont j’avais à faire une douzaine d’exemplaires. J’en avais pour trois quarts d’heure environ… Cela s’appelait des bon-dieu. Je n’ai jamais pu savoir pourquoi. »

(A. Humbert : Mon bagne.)

Bon-dieu (il n’y a pas de)

Mot à mot il n’y a pas de bon Dieu qui puisse l’empêcher.

Gn’y a pas d’Bon-Dieu, Faut s’dire adieu.

Désaugiers.

Bonaparteux

Bonapartiste, — dans le jargon des adversaires politiques des bonapartistes.

Bonbon à liqueur

Furoncle, bouton pustuleux. — Bonbon anglais, petit bouton sec, — dans le jargon des voyous.

Bonbon à liqueurs

Bouton qui suinte constamment une humeur liquide. Individu qui a des écrouelles (Argot du peuple). N.

Bonbonnière

Tinette à vidange, — dans le jargon des vidangeurs.

Bonbonnière

Élégante petite chambre, petit appartement meublé avec goût. — Élégante petite salle de spectacle où l’on croque des bonbons aux avant-scènes et des sucres d’orge aux galeries.

Bonbonnière

Tonneau de vidange. Allusion, sans doute, à ce qu’en l’ouvrant on prend une prise. Dans le peuple on dit d’un vidangeur qu’il en prend plus avec son nez qu’avec une pelle (Argot du peuple).

Bonbonnière à filous

s. f. Omnibus, — dans l’argot des voyous, qui savent mieux que personne avec quelle facilité on peut barboter dans ces voitures publiques.

Bonbonnière à filous

Omnibus. (Colombey.)

Bonbonnière à filous

Omnibus. Les voyageurs sont serrés, le vol à la tire est facile ; il y a des voleurs qui n’ont que la spécialité de voler les morlingues en bonbonnière (Argot des voleurs). N.

Bonbons à liqueurs

Traces de scrofules sur le visage.

Elle est blécharde, elle a des bonbons à liqueurs autour de la tirelire.

Bonde

Maladie de Naples.

Bonde

Maison centrale.

Il a filé deux ou trois berges aux bondes.

(A. Humbert : Mon bagne.)

Bonde

Prison Centrale. Dans les prisons, le fromage réglementaire est le bondon, sorte de fromage rond qui se fabrique à Neufchâtel. La portion, une moitié, se nomme un système. Par corruption, on a fait bonde (Argot des voleurs).

Bonde

Prison centrale.

Bondes (aux)

Maison centrale.

Bondieusard

Marchand d’objets de dévotion. Le quartier St-Sulpice est peuplé de bondieusards. — Enlumineur d’images de sainteté.

Un bondieusard habile pouvait faire ses six douzaines en un jour. Un bondieusard passable, ni trop coloriste ni trop voltairien, pouvait gagner son salut dans l’autre monde et ses quarante sous dans celui-ci.

(J. Vallès, Les Réfractaires.)

Le mot a été créé par Gustave Courbet, qui l’employait souvent pour désigner soit un peintre de sujets religieux, soit un de ces peintres qui semblent s’inspirer des enlumineurs d’estampes. Par extension les libres-penseurs donnent du « bondieusard » à quiconque croit en Dieu, à quiconque fait montre de sentiments religieux.

Bondieusarderie

Dévotion, pratique religieuse, hommage à la religion, — dans le jargon des libres-penseurs.

Bondieuserie

Métier du bondieusard. — Commerce d’objets de sainteté, — dans le jargon des peintres réalistes.

C’étaient ces nombreuses boutiques, ces innombrables bondieuseries, dont la rue est pleine.

(Huysmans, Les sœurs Vatard, 1879.)

Bondieutisme

Pratique religieuse intermittente à l’usage des gens frileux.

J’en ai connu plusieurs qui, à l’époque des grands froids, se réfugiaient dans les bras de la religion, près du réfectoire, autour du poêle. Ils engraissaient là dans l’extase ! Quand ils avaient deux mentons, et qu’ils voyaient à travers les barreaux de la cellule revenir les hirondelles, ils sortaient et allaient prendre l’absinthe au caboulot.

(J. Vallès, Les Réfractaires.)

Bondon

Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

À peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent avoir le bondon.

Tabarin.

C’est mon tonneau, j’en porte le bondon.

Voltaire.


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